Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    Zen et dépression

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    Zen et dépression

    Message par Madenn le Dim 19 Aoû 2012 - 15:10

    Bonjour à tous,
    J'ouvre ce sujet afin de faire une demande "publique" sur ce forum : j'ai brièvement évoqué dans ma présentation, lors de mon inscription, le fait que je sois dépressive.
    Il se trouve que je ressens le besoin de parler du drame que j'ai vécu récemment § n'osant pas ouvrir ce type de dialogue avec les personnes m'entourant, car la douleur est bien trop vive pour parvenir à m'exprimer, j'ai pensé à partager ici mon histoire, afin d'avoir peut-être des réactions, des conseils, et voire même des témoignages de personnes ayant vécu une situation similaire à la mienne... En très peu de temps j'ai pu constater qu'ainsi que je l'espérais, ce forum est fréquenté par des gens sages et sensés, qui ne portent pas de jugement hâtif et sont capables d'une réflexion poussée.
    C'est pourquoi je demande la permission de partager mon histoire ici, si les modérateurs ne trouvent pas cela inapproprié au inconvenant. Sans doute la plupart d'entre vous comprendront qu'il s'avère plus facile de s'exprimer sur des sujets très personnels en la compagnie de quasi-inconnus, et cela paradoxalement.

    Merci de m'avoir lue!


    Dernière édition par Madenn le Mar 28 Aoû 2012 - 11:19, édité 1 fois
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    Re: Zen et dépression

    Message par Leela le Dim 19 Aoû 2012 - 16:02

    pas de problème de mon côté: s'exprimer fait du bien, se savoir écoutée, partager ses expérience (j'ai aussi une légère tendance dépressive, et ma mère l'était en permanence).

    Cependant, il faut être consciente des limites de ce mode de communication: non seulement nos ne sommes pas des psys, mais même si nous l'étions, on ne pourrait te donner des conseils vraiment personnalisés que lors d'une consultation où l'on se voit: en effet, 90% de la communication est visuelle et auditive: expressions, inflexions de la voix, manière dont la personne entre, s'assied...

    Donc on te répondra, mais considère que c'est surtout le fait de t'exprimer qui te fera du bien.
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    Re: Zen et dépression

    Message par Fred le Dim 19 Aoû 2012 - 16:14

    Oui, et peut-être faut il considérer également qu'en donnant éventuellement nos opinions, nous nous ferons aussi à nous même une faveur. Donc, même s'il te semble qu'une oreille est quelque peu fermée à la problématique que tu exposes, il se pourra fort bien que la personne en question te soit, elle, redevable de quelque prise de conscience.

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    Re: Zen et dépression

    Message par Madenn le Dim 19 Aoû 2012 - 16:50

    Merci Leela pour ta gentillesse et ta compréhension! J'ai bien conscience que c'est le fait de parler, de partager cette histoire qui me soulagera, à court terme bien sûr. Aussi, je me lance.

    En septembre 2010, j'ai rencontré celui que j'appellerai Pierre. Nous sommes tombés amoureux instantanément, d'un amour sincère et profond : il avait 17 ans, moi 16. Malheureusement, cet amour s'est révélé destructeur. L'un comme l'autre, nous étions des personnes fragiles, ayant un vécu assez difficile pour notre jeune âge. Mais nous étions bien ensemble. Avec du recul, je me rend compte que notre bonheur était très fragile : il me suffisait d'un rien pour être très malheureuse subitement, et lui était quelqu'un d'extrêmement maladroit dans ses paroles.
    8 mois ont passé avant que nous nous séparions d'un commun accord, par ma faute. A l'époque, et deviens déjà plusieurs années, j'avais des tendances obsessionnelles et dépressives. Vous imaginez sans peine combien il est difficile d'être en couple avec une personne de ce type, d'autant que je n'avais pas encore conscience de toutes ces névroses, n'ayant consulté que de mauvais psys.
    Notre séparation, nous le savions, était temporaire. Au bout de seulement deux semaines, nous nous manquions bien trop, devenions odieux l'un avec l'autre de dépit, d'amertume. Notre réconciliation a été une solution temporaire.
    Régulièrement, je piquais des colères : des crises de jalousie insensées, des périodes de doute ("suis-je vraiment amoureuse ?"), des obsessions infondées... Qui ont fini par le faire céder, malgré tout son amour.
    Six mois après notre réconciliation, il me quittait, pourtant toujours amoureux, et nous nous promettions à nouveau de nous remettre ensemble lorsque "je me serai soignée". J'avais entamé une semaine plus tôt une psychothérapie pour lui (ce qui est idiot, on n'entreprend pas une psychothérapie pour quelqu'un d'autre que soi, je le sais à présent). J'ai pris pour une trahison le fait qu'il me quitte alors que je faisais cet effort pour lui, pour notre relation. De plus, quelques mois à peine auparavant, il m'avait demandée en fiançailles.
    Le lendemain de notre rupture, j'étais au plus mal. Au lycée, j'avais été incapable de tenir pour les deux heures de cours auxquelles je devais assister, et avait passé l'essentiel de mon temps chez l'infirmière.
    Le soir, fatiguée de mon intense détresse, j'ai pris un certain nombre d'anxiolytiques dans l'espoir de trouver la paix. M'endormir, peut-être pour ne plus me réveiller. Le médecin de garde s'est rendu chez moi après l'appel de mes parents, m'a parlé un certain temps, puis a conseillé à mes parents de m'emmener à l'hôpital. Ce qu'ils ont fait, après avoir obtenu mon accord.
    Le lendemain de mon internement, Pierre apparaissait à l'hôpital. Il voulait qu'on se remette ensemble. Le but de mon geste n'était pas cela. Il ne s'agissait en aucun cas de le faire revenir, bien qu'on m'ait accusé de cela.
    Aussi, stupidement, nous nous sommes à nouveau réconciliés. Mais mon séjour à l'hôpital m'a changée. Confrontée à moi-même, j'ai pris conscience de nombreuses choses. Je me suis remise en question, ainsi que la relation dans laquelle j'étais engagée à corps perdu. Après réflexion, j'ai compris, à grand regret, que Pierre et moi n'avions plus d'avenir ensemble, que nous serions voués à nous faire souffrir si nous demeurions ensemble, et cela jusqu'à ce que soit causée la perte de l'un ou l'autre.
    J'ai rapidement compris qu'il me faudrait mettre un terme à cette relation destructrice. La psychiatre que je voyais, les infirmiers, tous m'enjoignaient à prendre la décision que je jugerais la meilleure, et cela en pensant d'abord à moi, à mon bien-être.
    Durant les deux semaines passées à l'hôpital, tandis que je réfléchissais, Pierre enchaînait les maladresses, aggravant malgré lui mon état instable. Je ne pouvais plus rien manger, je vomissais constamment, et les antidépresseurs (plus haut "degré" existant) qu'on m'avaient prescrits n'aidaient pas. Les premiers temps, les antidépresseurs font l'effet inverse de ce pour quoi ils sont prescrits.
    Finalement sortie de l'hôpital, ma décision était prise. Je devais quitter Pierre, bien que cela me paraisse impossible.
    Et c'est ce que j'ai fait : durant mon séjour, j'avais appris à ne plus idéaliser les gens que j'aimais. Et je voyais alors les défauts de Pierre. Peu nombreux, mais incompatibles avec les miens. Aussi, mon amour pour lui faiblissait jour après jour, jusqu'à ce qu'il s'éteigne.
    A peine une semaine après ma sortie, je quittais Pierre. Je me suis sentie à la fois triste et soulagée. Lui était dévasté. Je ne savais pas quoi faire pour le soulager. Puis j'ai compris que ce n'était plus mon rôle.
    Mon histoire touche à sa fin. Le lendemain de notre rupture définitive, j'ai décidé de sortir, et pour la première fois depuis des mois, je suis redevenue un être sociable : je me suis rendue à un petit concert.
    Jamais je n'aurais pensé que cela puisse être possible. Je venais de quitter Pierre, et le lendemain même, je tombais amoureuse. Le même schéma se reproduisait : un coup de foudre inattendu mais partagé. Le jeune homme que j'ai rencontré et aimé dès ce soir là est depuis mon conjoint. Nous n'avons pas cherché à être raisonnables : nous nous sommes mis en couple, puis avons vécu ensemble au bout d'une semaine.
    Évidemment, Pierre avait été mis au courant de cette histoire. Il ne le supportait pas du tout. Il est devenu détestable avec moi, me harcelait de SMS, m'accusait de choses insensées...je ne savais plus quoi faire. Je le comprenais, je compatissais, mais je ne voulais plus être en lien avec lui : mon séjour à l'hôpital m'avait grandie subitement.
    Deux semaines après ma rencontre avec mon actuel conjoint, Pierre se donna la mort. Il avait 19 ans.
    Ses proches me jugèrent coupable de son geste, je fus calomniée : des rumeurs coururent sur moi. On dit que je l'avais incité à se tuer, que ma tentative de suicide était du bluff, que je l'avais manipulé. Je fus insultée, menacée de mort.
    Aujourd'hui, six mois ont passé. Je me sens coupable, bien sûr, ce qui est naturel dans le processus du deuil, a fortiori après le suicide d'un proche. Je connais le regret véritable, celui de n'avoir pas su l'aider.
    Je voudrais maintenant pouvoir honorer sa mémoire et trouver la paix après cette épreuve terrible.
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    Re: Zen et dépression

    Message par Laurent le Dim 19 Aoû 2012 - 22:21

    Suit bien ton propre message Madenn car les réponses que l'ont pourraient formuler sont contenus dans ton propre message.
    Vous étiez 2, vous étiez relativement paumer suite à des blessures trop vite vécu et votre relation été destructrice dés le début avec de multiples séparations a la clef.

    Sans connaître aucun de vous deux il semble à te lire que Pierre avait aussi des ennuis de dépressions même si les symptômes était peut être moins visible en apparence, à te lire il semble même que vous vous compreniez grâce à cela et que ce fut le faire de lance de votre relation, ce qui vous à réuni et aussi séparé.

    Coupable non, dans de tel contextes on ne peu que se mettre à l’abri et se protégé soi-même, hélas,, c'est même ce que le personnelle médicale t'avait conseiller si j'ai bien suivit.


    Évidemment 19 ans c'est bien trop jeune pour mourir et que tu en vive un deuil est bien humain surtout avec les sentiments qu'il y eut longtemps, mais encore une fois la culpabilités n'as pas à y être méller.

    Aussi reçoit toutes mes condoléances.
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    Re: Zen et dépression

    Message par Madenn le Dim 19 Aoû 2012 - 23:31

    Merci Laurent pour cette réaction.
    Leela le disait à juste titre, c'est parler de cela et partager cette histoire qui me fait du bien. A chaque fois que je la raconte, je m'étonne moi-même : je me délivre des réponses toute seule. Mais l'échange est essentiel pour moi, sinon je ne ferai que me répéter inlassablement sans prêter aucune attention aux réactions des gens.
    Ma psy pense tout comme toi que mon ex fiancé souffrait de troubles dépressifs, voire même de bipolarité.
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    Re: Zen et dépression

    Message par Leela le Lun 20 Aoû 2012 - 9:03

    Madenn
    je n'ai pas beaucoup de temps aujourd'hui, donc je serai brève (j'y reviendrai plus tard).
    Tu as vécu un véritable drame, et il est normal que tu en sois profondément affectée.

    Mais tu n'as en effet pas à te culpabiliser. Tu n'es en rien responsable de l'état dépressif des autres, et c'est cet état dépressif qui se termine par un suicide. Si la décision finale est dûe à un chagrin amoureux, ce n'est pas le chagrin qui est la cause, mais encore et seulement l'état dépressif.
    Tout le monde vit des chagrins d'amour, et cela ne se termine pas par un suicide: il y a donc autre chose.

    Mais tu es jeune, tu t'exprimes, tu vois clair, donc tu t'en sortiras. Surtout fais toi aider (comme tu le fais déjà, je vois).

    L'avantage des caractères qui ont tendance à la dépression, c'est qu'ils sont aussi des créateurs, des artistes. Pour en bénéficier, il faut apprendre à gérer ses émotions.

    Et c'est là que le zen peut t'aider, mais pas maintenant ! Il faut d'abord te soigner, sinon tu risques d'aggraver ton problème. Par contre tu pourrais faire de la sophrologie ou un yoga "classique" (hata-yoga), qui sont d'ailleurs d'excellentes préparations à la méditation.

    A bientôt, bonne journée à tous ! sunny


    Dernière édition par Leela le Lun 20 Aoû 2012 - 14:11, édité 1 fois (Raison : correctipns orthographiques)
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    Re: Zen et dépression

    Message par Madenn le Lun 20 Aoû 2012 - 11:41

    Leela
    Merci pour ces conseils éclairés ; actuellement, c'est surtout de la sophrologie que je pratique, et cela m'aide déjà beaucoup! Zazen s'avère très difficile pour moi ces temps ci : lorsque que je commence à me concentrer sur ma respiration, sur mon corps, bien souvent des images de mon ex fiancé m'apparaissent et alors il m'est impossible de continuer.

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    Re: Zen et dépression

    Message par early le Lun 20 Aoû 2012 - 11:44

    ,


    Dernière édition par early le Ven 16 Nov 2012 - 0:01, édité 1 fois
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    Re: Zen et dépression

    Message par Yudo, maître zen le Lun 20 Aoû 2012 - 11:48

    Madenn a écrit:Leela
    Merci pour ces conseils éclairés ; actuellement, c'est surtout de la sophrologie que je pratique, et cela m'aide déjà beaucoup! Zazen s'avère très difficile pour moi ces temps ci : lorsque que je commence à me concentrer sur ma respiration, sur mon corps, bien souvent des images de mon ex fiancé m'apparaissent et alors il m'est impossible de continuer.

    Un des aspects méconnus de Zazen, c'est que cela fait remonter les choses. Dans un cas comme le tien, cela veut dire que ta pratique mérite d'être suivie avec plus d'attention que pour le pékin moyen.

    Mais je plussoie ce que t'ont dit Leela et Laurent. Ce garçon s'est manifestement donné la mort pour te punir. c'est extrêmement dommage pour lui comme pour toi, mais tu n'y peux rien changer.
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    Re: Zen et dépression

    Message par Madenn le Lun 20 Aoû 2012 - 12:04

    Yudo
    J'avoue que je connaissais assez mal ces aspects de Zazen, c'est pourquoi j'y étais mal préparée. J'ignore encore comment lutter contre cela.
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    Re: Zen et dépression

    Message par naitsirhc le Mar 21 Aoû 2012 - 4:13

    bonjour Madenn ... Il arrive parfois qu un choc émotionnel, soit déclencheur d'un lâcher prise total qui ouvre l'esprit de la personne,d une manière irréversible.En général, quand cela arrive, on est incapable de donner une explication rationnelle à ce qui nous arrive, et il n'est pas étonnant de chercher une réponse dans la spiritualité. tu verras que bien des gens qui ont une connaissance réelle de leur pratique spirituelle n'ont pas encore réaliser ce lâcher prise, d'autre part si celui ci n'est pas expliqué et compris intimement: il peut s'estomper et disparaitre laissant l'individu avec le souvenir d'un nirvana inaccessible. Leela à dit une chose, que je crois essentielle; le zen peut aider mais tu ne peux guérir tes blessures que par l'aide et les soins de spécialistes, dont le but sera de réadapter ta souffrance à notre monde et faire en sorte que la jeune femme que tu es sois le plus heureuse dans sa vie . Le zen (et ses maitres pour ce qui est des vrais) est sans but et sans profit . Maintenant, l'expérience de ce lâcher prise t'apportera un autre type de joies et aussi de sagesse quand le temps sera venu.
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    Re: Zen et dépression

    Message par Madenn le Mar 21 Aoû 2012 - 11:57

    Merci naitsirhc d'avoir donné ton avis...ce que tu dis est très intéressant.
    Vos commentaires s'accordent tous : il faut que je me soigne dans un premier temps. Ne pensez-vous pas que la pratique de la méditation et de la sophrologie peut se faire en parallèle avec des soins médicaux ? Ou bien faut-il dissocier l'une des autres ?
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    Re: Zen et dépression

    Message par Kaïkan le Mar 21 Aoû 2012 - 12:33

    Madenn a écrit:Merci naitsirhc d'avoir donné ton avis...ce que tu dis est très intéressant.
    Vos commentaires s'accordent tous : il faut que je me soigne dans un premier temps. Ne pensez-vous pas que la pratique de la méditation et de la sophrologie peut se faire en parallèle avec des soins médicaux ? Ou bien faut-il dissocier l'une des autres ?

    Bonjour Madenn,

    Il ne faudrait pas oublier que chacun est libre de faire ce qu'il entend de son "corps-esprit". Autrement dit : personne n’est à la place de Madenn si ce n'est Madenn elle-même.

    Pour répondre à la question, je vais citer Leela dans son message n°7 :

    Leela a écrit:L'avantage des caractères qui ont tendance à la dépression, c'est qu'ils sont aussi des créateurs, des artistes. Pour en bénéficier, il faut apprendre à gérer ses émotions.

    Et c'est là que le zen peut t'aider, mais pas maintenant ! Il faut d'abord te soigner, sinon tu risques d'aggraver ton problème. Par contre tu pourrais faire de la sophrologie ou un yoga "classique" (hata-yoga), qui sont d'ailleurs d'excellentes préparations à la méditation.

    Ces quelques mots; à mon humble avis, sont pleins de bon sens. Leela a de l'expérience et connait très bien ce "problème"... étoile
    Donc : soins médicaux et sophrologie,yoga...




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    Re: Zen et dépression

    Message par naitsirhc le Mar 21 Aoû 2012 - 12:57

    Madenn.. La pratique de la méditation est la meilleur des choses qui soit, je t'encourage à ne pas y renoncer, il faut juste que tu sois vigilante pour résoudre le conflit psychologique douloureux que tu as vécue, et le mieux je pense, comme leela te le dit, est de faire appel aux gens compétents dont c'est le métier.
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    Re: Zen et dépression

    Message par lausm le Mar 21 Aoû 2012 - 14:09

    Bonjour.
    Je soutiendrai toutes les choses déjà dites.
    Car et je vais aussi répéter ce qui est déjà dit : c'est réellement dramatique ce que tu as vécu.
    Cependant, quand on te lis sans te connaître, il y a un recul dans ta façon de le relater qui montre que tu as une capacité à regarder avec la distance. Ce qui peut être réellement utile. Je t'aurais même donné bien plus que ton âge vu la sagacité avec laquelle tu présenter les choses.
    Mais peut-être ressens-tu qu'il y a cette vielle âme qui voit clair, ce vieux sage en toi, puis la Madenn de vingt ans. Donc deux polarités à accorder.

    Il est normal que pendant zazen tu aies ces images qui viennent : "ça"s'exprime.
    Donc faut faire avec.
    On peut faire peu à peu : quand ce truc vient, concentre toi sur rester consciente de ce à quoi ça se relie : sensations physiques, sentiments, émotions, etc etc........c'est une façon de dénouer des processus cognitifs où la culpabilité est présente en fond, enkystée dans ton corps....une digestion émotionnelle si tu veux.
    Ce truc est long, mais c'est vraiment d'écouter le corps comment il digère, fige, se coagule sur tout ça. Le corps est l'esprit.
    je ne pense pas qu'il y a d'ordre entre méditation et thérapie. Ce sont des choses à la fois différentes et en même temps reliées. La spiritualité ne règle pas tout : il y a le monde des phénomènes différenciés, qui concerne plus les thérapies, même si elles auront aussi un impact sur le spirituel. Parfois l'un est plus nécessaire à certains moments, parfois l'autres, parfois les deux, parfois plus rien de spécial que vivre.
    toi seule trouveras la réponse car c'est ta vie. Mais la réponse se trouve dans le lien avec ce qui nous entoure, les autres.
    Concerètement, je pense que des thérapies s'adressant au corps, shiatsu, fasciathérapie, etc....peuvent aider vraiment à dénouer les trucs émotionnels.
    Et puis, pour Pierre, tu peux un jour demander à faire faire une cérémonie pour lui.
    Si tu me le demandes, un jour pendant zazen ici là où je suis, on mettra un encens pour lui et lui souhaiter bonne route.
    Tu peux aussi lui écrire une lettre et la poser sur sa tombe. Avec un cadeau de ton choix, et lui exprimer tes souhaits positifs pour la route qu'il continue là où on ne peut savoir ce que c'est. Peut-être cela peut t'aider, et lui aussi d'une certaine manière.
    Laisse l'amour non attaché te guider.
    Bon courage.
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    Re: Zen et dépression

    Message par Yudo, maître zen le Mar 21 Aoû 2012 - 14:21

    lausm a écrit:Bonjour.
    (...)Mais la réponse se trouve dans le lien avec ce qui nous entoure, les autres.
    Concerètement, je pense que des thérapies s'adressant au corps, shiatsu, fasciathérapie, etc....peuvent aider vraiment à dénouer les trucs émotionnels.(...)

    Un ami médecin très compétent en qui j'ai grande confiance dit que l'EMDR est d'une efficacité étonnante pour les traumatismes.
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    Re: Zen et dépression

    Message par Leela le Mar 21 Aoû 2012 - 14:50


    C'est chouette de voir que les avis convergent...

    Pour la méditation zen, j'insiste (et je vois que je ne suis pas la seule), pour ne pas trop en faire (ou même pas du tout pour le moment), tant que les émotions sont trop fortes: il vaut mieux faire d'autres sortes de "méditations", par exemple s'imaginer sous une "douche" de Lumière, ou mettre ses soucis et idées noires dans des bulles de savon et les laisser s'envoler dans l'espace, ou se mettre soi-même dans une bulle et imaginer que tout le mal extérieur rebondit sur sa surface et est transformé en amour... C'est très très efficace, guérisseur et sans danger.
    Si tes émotions sont supportables, la technique expliquée par Lausm est très bonne.

    La dépression, c'est aussi l'occasion rêvée d'abandonner nos "valises" qu'on traîne parfois depuis la naissance. Revoir son échelle des valeurs, se consacrer à ce qui en vaut vraiment la peine.

    Bon courage sunny



    Dernière édition par Leela le Mar 21 Aoû 2012 - 15:46, édité 1 fois
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    Re: Zen et dépression

    Message par Yudo, maître zen le Mar 21 Aoû 2012 - 15:07

    Apprendre à s'estimer soi-même est une entreprise difficile et délicate. Nombreux/ses sont ceux/celles qui croient que cela consiste à faire preuve d'indulgence pour tout ce qu'on fait; loin de là! On ne peut avoir un sens de l'éthique que si on s'estime soi-même, et donc qu'on a envie de ne pas avoir envie de se cracher à la gueule dans un miroir.
    Les personnes pour qui leur façade sociale est plus importante que la véritable estime de soi n'ont généralement que peu d'éthique.
    Il y a en plus une grande quantité de pervers narcissiques (et je me demande même s'ils ne sont pas en augmentation) parce que ce sont des gens qui "n'existent pas". Autrement dit qui n'arrivent à se donner l'impression d'exister qu'en faisant du tort autour d'eux. Car, derrière le mal, se cache souvent l'illusion de la puissance. Les effets du bien se manifestant souvent à long terme, ils sont moins évident que ceux du mal, dont l'immédiateté tend à faire oublier la stupidité.
    Donc, apprendre à s'estimer est un pas nécessaire.

    Dhammapada, Versets sur le Moi

    157: Si l'on sait que le moi est cher (à soi-même), l'on doit bien protéger le moi. Pendant chacune des trois veilles, le sage doit rester vigilant.

    160: Le moi est le protecteur du moi, car quoi d'autre pourrait être son protecteur? Par un moi pleinement contrôlé, on obtient un refuge qui est dur à gagner.

    163: Faciles à faire sont les choses qui sont mauvaises et non bénéfiques au moi. Mais vraiment très, très dur à faire ce qui est bénéfique et bon.

    166: A cause du bien-être des autres, quelque grand qu'il puisse être, le propre bien-être de soi-même ne doit pas être négligé. Connaissant profondément bien son propre bien-être, qu'il soit fortement appliqué au but.
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    Re: Zen et dépression

    Message par Madenn le Mar 21 Aoû 2012 - 19:06

    Je suis très touchée de vous voir aussi nombreux à me conseiller, je vous remercie tous profondément! J'ai lu chacun de vos messages avec une grande attention.
    Je suis suivie par une très bonne psy depuis six mois et sous traitement antidépressif depuis presque aussi longtemps : mais depuis un ou deux mois, j'aimerais arrêter ce traitement très lourd, progressivement, puisqu'il m'empêche d'être vraiment "vivante", je ne supporte plus d'être à moitié anesthésiée.
    Aussi, maintenant que ma psychothérapie est bien entamée, je compte me lancer vraiment dans le yoga, la sophrologie, etc... Et je n'abandonnerai la méditation pour rien au monde Smile
    J'avais pris quelques renseignements sur l'EMDR, qui m'avait semblé alors être une bonne méthode. J'ai cru comprendre qu'il était possible de pratiquer cette méthode assez facilement. Si l'un de vous connaît un bon livre, ou un site à me conseiller pour en savoir plus, je vous serai reconnaissante de me le faire partager ! Il en va de même si vous avez déjà pratiqué cette méthode ou connaissez quelqu'un qui la pratique!
    Yudo : Merci pour ces quelques versets qui en disent long! Very Happy
    Lausm : Je te remercie par ce que tu me proposes pour Pierre, c'est infiniment généreux de ta part. J'y penserai et sans doute aurons-nous l'occasion d'en parler à nouveau!
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    Re: Zen et dépression

    Message par hinin le Ven 24 Aoû 2012 - 12:01

    bonjour Madenn,

    ça fais mal...

    j'ai connu l'internement moi aussi. j'ai failli mourir,une nuit, attaché en chambre d'isolement dans un lit ,d'une occlusion intestinale engendrée par des médicaments puissants.

    même si cela est douloureux, je pense qu'il faut que tu ai le courage d'aller au fond de tes abîmes, si ce n'est pas déjà fait. Ce que tu as pris pour de l'amour n'en était pas: c'était une forme de dépendance. La preuve, tu as cherché a combler ce vide affectif chez un autre, sans penser au mal qui pourrait en découler, sans penser a ta blessure profonde.

    ai la force de voyager en toi, au bout de toi et ta souffrance pour que jamais plus tu ne sois confrontée à ce genre de situation. car, il y a une loi cosmique, au même titre que la gravité par exemple, qui sans cesse, te confronte a tes problèmes...pour les résoudre.
    tant que tu n'auras pas été au plus profond de toi, dans ta blessure, tu répéteras les même erreurs.

    ta relation avec l'amour va s'assainir progressivement, alors écoute l'enfant qui pleur au fond de ton coeur.
    Fais confiance à l'autre aspect de toi, un aspect jamais entaché par la blessure profonde, sans passé ni futur; dans le ici et maintenant: c'est de cet aspect inaltérable que peut venir la guérison.

    Par rapport à Pierre, je te donne ce conseil qui , je l'espère, te plaira car tu aimes écrire:
    imagine un dialogue entre vous et écris tout ce que tu as envi de lui dire. Imagine ses réponses, continu jusqu’à ce que vous puissiez vous pardonner.
    ça peut t'aider.
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    Re: Zen et dépression

    Message par Yudo, maître zen le Ven 24 Aoû 2012 - 13:08

    Madenn a écrit:
    J'avais pris quelques renseignements sur l'EMDR, qui m'avait semblé alors être une bonne méthode. (...) Si l'un de vous connaît un bon livre, ou un site à me conseiller pour en savoir plus, je vous serai reconnaissante de me le faire partager !
    Voir
    http://www.emdr-france.org

    Il en va de même si vous avez déjà pratiqué cette méthode ou connaissez quelqu'un qui la pratique!
    Cet ami médecin qui m'en a parlé m'a mentionné les effets extraordinairement probants de la méthode. Donc, vois ce site, cherche dans ta ville et va voir.
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    Re: Zen et dépression

    Message par Madenn le Dim 26 Aoû 2012 - 14:13

    Merci Yudo pour ces informations complémentaires, je ne manquerai pas de me renseigner ! Peut-être que ma psy ou bien mon médecin généraliste connaissent cette méthode et pourront m'orienter.
    J'ai pu constater que mon mal-être s'oriente sur divers sujets d'une façon totalement illogique : s'alternent périodes de sérénité, périodes de tristesse intense concernant le sort de Pierre et de très fréquentes périodes de doute et d'angoisses infondés concernant mon couple. Ce sont des angoisses récurrentes, qui existaient déjà du temps où j'étais avec Pierre : ces angoisses consistent en un questionnement perpétuel qui revient à de la torture psychologique ("et si je n'aime plus mon conjoint ?", "est-ce que je suis sûre de l'aimer ?", "et si on se sépare par ma faute?", "et si je veux le quitter un jour?" etc...). Ces questionnements me plongent dans une détresse intense. Ils m'empêchent de pratiquer zazen et de trouver la paix.
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    Re: Zen et dépression

    Message par Kaïkan le Dim 26 Aoû 2012 - 15:13


    Bonjour Madenn,

    Quelques précisions... Smile

    D'abord il y aura toujours des obstacles à la pratique de la méditation. Il faut bien le comprendre et ne pas penser qu'un jour le soleil brillera dans un ciel tout bleu. Les Bouddhas se font dans le feu.
    M° Deshimaru nous disait : "Vous devez faire zazen comme si un feu brulait sur votre tête."

    L'important c'est d'arrêter de se poser des questions, de ne plus entretenir le dialogue intérieur. Ramener sa concentration sur la posture du corps et la respiration et laisser passer les pensées comme des vagues qui reviennent toujours avec régularité.
    Ne pas se laisser impressionner, ne pas se laisser entraîner, rester indépendant. Évidemment cela se travaille... Smile ça ne tombe pas comme ça tout rôti dans le bec... Wink

    Mais acquérir une certaine indépendance par rapport aux pitreries de sa propre activité mentale, n'est-ce pas déjà jouir d'une certaine liberté ?

    Bonne pratique... sunny


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    Re: Zen et dépression

    Message par Invité le Dim 26 Aoû 2012 - 17:10

    Madenn a écrit: Ne pensez-vous pas que la pratique de la méditation et de la sophrologie peut se faire en parallèle avec des soins médicaux ? Ou bien faut-il dissocier l'une des autres ?
    Perso j'ai fait une psychanalyse et de la méditation za zen, mon psy trouvait ça trés bien et moi aussi...
    (les psy aiment qu'on ne se renferme pas sur soi et qu'on cotoit un groupe et aiment qu'on pratique yoga, méditation, théatre, chant ce genre d'activité quoi trés bon pour le lacher prise)

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    Re: Zen et dépression

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