par Invité le Lun 19 Jan - 16:33
Si on pense comme Krishnamurti, il est clair qu'on doit se détacher de tout lien à quelque mouvement que ce soit, à quelque maître que ce soit et se débrouiller tout seul. De mon point de vue, quand on est libre de choisir, quand on a examiné en conscience les différentes disciplines métaphysiques, on peut choisir d'appartenir à un mouvement sprirituel dans lequel on se reconnaît ou bien décider de n'appartenir à aucun. Récemment, je parlais de bouddhisme zen avec un collègue. Un autre s'approche, nous écoute et déclare : "le bouddhisme, ce n'est pas pour moi. Je suis contre les dogmes". J'ai simpement répliqué que le bouddhisme zen ne s'appuie sur aucun dogme. C'est une chose difficile à comprendre, vu de l'extérieur, qu'il puisse exister un bouddhisme non dogmatique. Je paraphraserai simplement Jyoji sur ce point : "Jésus n'était pas chrétien, Gautama n'était pas bouddhiste".
En d'autres termes, le fait de se déclarer bouddhiste ne revient pas à adhérer à la lettre mais à refaire, en soi, le chemin qui a conduit Çakiamuni à proclamer le Dharma. Mais, on me dira, que l'entrée dans le courant implique une certaine foi, laquelle foi doit se référer à des dogmes. Pour ma part, je ne dirais pas cela. Je dirai que l'appel de la foi répond à un écho intérieur et inconscient qui fait que, dès qu'on entend le Dharma, on le comprend (ou on a le sentiment de le comprendre). J'y vois là un travail "antérieur" qui a été fait, certes inexplicable au plan scientifique. On ne nait pas "vide" de sapience. Prajna brillait dans le mental de Houie Neng bien avant qu'il soit reconnu comme 6ème patriarche. Son éveil daterait d'une simple écoute du sutra du diamant chanté par une nonne alors qu'il était un simple (et très jeune) laïc illettré. Pourquoi Houei Neng a-t-il eu cette intiution précoce alors que des moines passent 50 ans ou plus en méditation sans percer le "mystère" du Dharma ?
Bien sûr, il ne faut pas et ne suffit pas d'être bouddhiste pour comprendre le Dharma. Mais être bouddhiste, pour moi, c'est simplement se reconnaître dans un courant spirituel. Je ne suis pas très amateur de japonaiseries ou parfum d'encens et je regrette parfois que le bouddhisme emprunte cette voie en Europe (et en France en particulier). C'est ce genre de comportement qui apporte de l'eau au moulin des "Krisnamurtistes", si j'ose m'exprimer ainsi. Pour autant, je ne saurais critiquer un mouvement spirituel par le comportement de ses adeptes même si, bien évidemment, les adeptes sont la "vitrine" de ce mouvement.