Zen et nous

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    Un muscle

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    Fred
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    Un muscle

    Message par Fred le Jeu 13 Nov 2014 - 15:08

    Bonjour,

    Je me rappelle qu'à mes début dans la pratique de zazen, et cela a duré longtemps, je m'asseyais en attendant que quelque chose se passe : une prise de conscience, une sensation, l'éveil etc.
    A présent je crois bien comprendre ce que veut dire "juste assis". Quand je dis comprendre, je veux dire juste que lorsque je m'assois en zazen je n'attends plus de sentir que quelque chose se passe, je ne suis plus à l'affût de la sensation, je ne fais plus non plus marcher cet étrange muscle pour tenter de m'évader d'une soit disant conscience ordinaire.

    Ce "muscle", je le conçois comme ce qui permet de rejeter ou d'adhérer et on pourrait dire qu'il est relâché dans ce qu'on pourrait définir comme étant une posture d'accueil de l'esprit.
    Dans ma première attitude en zazen, lorsque j'étais à l'affût de la sensation, je pense qu'il marchait de manière incontrôlée, et psychologiquement parlant de manière compulsive.

    Cet attribut de la conscience n'est sans doute pas inutile; je pense qu'il doit être propre à nous permettre également de faire des choix, de dire oui ou non à une chose, mais d'une certaine manière, il semblerait qu'il doive être contrôlé, qu'on doive apprendre à s'en servir, et zazen me semble aider à cela spontanément, justement sans qu'il n'y ait besoin de "faire" quelque chose étant dit que ce "faire" serait propre à l'activité de ce muscle et que le zazen enseignerait spontanément à nous permettre d'inhiber le systématisme de ses réactions face au flux continue d'informations qui parviennent à notre conscience.
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    Re: Un muscle

    Message par Kaïkan le Jeu 13 Nov 2014 - 22:24


    C'est comme l'histoire du chat endormi. Les souris ne s'en méfient plus, puis une passe à portée, il entrouvre un œil, un coup de patte et le déjeuner est servi.

    Tout ça pour dire que le non-choix engendre le choix juste au moment juste instinctivement. (Quand tout va bien Smile  )
    Donc ce n'est pas à proprement parler une inhibition ou bien elle est partielle donc consciemment surveillée en quelque sorte, Bon c'est pas facile d'expliquer son point de vue.  albino


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    Re: Un muscle

    Message par Fred le Jeu 13 Nov 2014 - 23:16

    Bonsoir Kaïkan,

    Je crois que nous disons à peu près la même chose :
    Tu dis : Donc ce n'est pas à proprement parler une inhibition ou bien elle est partielle donc consciemment surveillée en quelque sorte

    Oui, elle est partielle ; je dis en effet que le zazen enseignerait spontanément à nous permettre d'inhiber le systématisme [des réactions de ce muscle] face au flux continue d'informations qui parviennent à notre conscience.

    Et je dis également que ce muscle si on peut parler d'un muscle, a son utilité en ce qui concerne la possibilité de choisir, j'aurais du ajouter sans doute de choisir "judicieusement", ce que tu corrobores par :

    Tout ça pour dire que le non-choix engendre le choix juste au moment juste instinctivement. (Quand tout va bien Smile  )

    Le non choix qui pourrait en l'occurrence être comparé à la capacité (quand effectivement tout va bien) de décontracter ce muscle lorsque son action n'est pas véritablement nécessaire.

    Mais bon, effectivement tout cela est bien difficile à exprimer.

    kaïkan a écrit:
    C'est comme l'histoire du chat endormi. Les souris ne s'en méfient plus, puis une passe à portée, il entrouvre un œil, un coup de patte et le déjeuner est servi.

    Oui on retrouve cette image dans ce très beau recueil de contes que j'ai adoré lire :



    C'est amusant que tu l'utilises, ce n'est qu'à présent que je comprends que cette image se réfère à ce lâcher prise dont nous parlons.

      La date/heure actuelle est Lun 20 Nov 2017 - 7:06