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    Enseignement de Keizan : "Denkoroku"

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    Kaïkan
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    Enseignement de Keizan : "Denkoroku"

    Message par Kaïkan le Lun 18 Jan 2016 - 14:12


    Keizan Zenji ou Taiso Jōsai Daishi

    (1268-1325)

    Keizan est le troisième successeur après Dõgen. Il est très vénéré dans l'école Sõtõ du Japon. Il naquit en 1268 dans l'actuelle préfecture de Fukui, située le long de la mer du Japon. Dès l'âge de six ans il éprouva le désir de devenir moine à la vue d'une statue de Kannon.

    Le Denkoroku 伝光録 « Recueil de la transmission de la lumière », a été écrit par Keizan Jokin fondateur de Sojiji, l’un des deux grands monastères de l'école Sõtõ. Ce livre retrace la «transmission de la lampe » entre les 52 patriarches de la lignée sõtõ, de Mahakashyapa jusqu’à Dõgen.


    Keizan Zenji
    disait :
    « N'est-il pas évident pour toi que, quand quelqu'un t'appelle, tu réponds et que, quand quelqu'un te montre quelque chose du doigt, tu regardes dans cette direction? »
    Cette activité ne se manifeste pas à travers des jugements de valeur dogmatiques ou à travers un effort conscient - c'est l'activité «naturelle» de l'ancien Bouddha, disons l'«ancien camarade».
    Cet «ancien camarade» n'a aucune caractéristique physique, pas de visage ni de corps, et pourtant son activité ne s'arrête jamais. Elle est au-delà du mouvement et du repos.

    Du fait de cette activité insaisissable apparaît l'«esprit de maintenant», et c'est ce qu'on appelle le corps. Quand ce corps apparaît, apparaissent les quatre grands éléments, les cinq skandhas, les myriades de cellules ainsi que les trois cent soixante os, et tu es corps. C'est comme une pierre précieuse qui irradie la lumière ou comme le son et son écho.

    De la naissance jusqu'à la mort, rien ne manque, rien n'est en trop. Dans une telle naissance et une telle mort, ta naissance n'a pas de début, bien qu'il y ait naissance, et ta mort ne laisse pas de trace, même si tu dois mourir maintenant.





    C'est comme les vagues qui émergent de l'océan et y retournent sans laisser de trace. Bien que les vagues disparaissent, elles ne retournent nulle part. C'est parce que l'océan est tel qu'il est que les vagues, suivant les conditions, apparaissent et disparaissent.

    Ton vrai esprit (vrai soi) est ainsi. L'esprit, la vie en soi sont ainsi. Il progresse sans s'arrêter jamais, il se transforme sans cesse, sans jamais arriver à une fin, et ainsi il se manifeste en tant que peau, chair, os et moelle. Il fonctionne en tant que quatre éléments et cinq skandhas. Il apparaît aussi sous forme de fleurs de prunier et de bambou verdissant. Il réalise l'éveil en entrant dans la Voie (en pratiquant la Voie) et en s'éclairant (s'illuminant soi-même).

    Il se différencie en tant que sons et formes et dans l'activité de voir et entendre. Porter des vêtements et se nourrir sont ses fonctions vitales, de même que langage et action. Il n'est cependant en soi-même jamais divisé. Se transformant encore et encore, il n'est pourtant jamais limité par des caractéristiques corporelles.
    Il est comme un magicien qui fait apparaître un nombre infini de formes, comme les images dans un rêve. En dépit des dix mille images, reflétées par le miroir dans leur million de transformations, le miroir reste le miroir. Si tu n'as pas saisi cela dans le fond de ton cœur et que tu perds ton temps dans l'étude d'une voie étroite, tu n'as aucune chance d'être libéré.

    Disciples, vous n'êtes pas enchaînés, comment pourriez-vous donc vous libérer? Illusion et éveil sont originellement non existants. Vous êtes libres des chaînes et de la libération depuis l'origine. N'est-ce pas cela qu'on appelle «non-né», «non-destructible»? N'est-ce pas cela le «grand océan»? Où pourrait-on trouver de petits affluents? Les terres aussi nombreuses que des grains de poussière ou des atomes sont toutes l'océan de l'univers. Le cours des rivières dans les vallées, les chutes d'eau abondantes et les courants furieux sont tous la rotation vitale du grand océan. Voilà pourquoi il n'y a ni «petite rivière» à quitter ni «grand océan» à atteindre.





    Du fait qu'il en est ainsi, vos difficultés devraient disparaître d'elles-mêmes et vos anciennes «conceptions limitées» peuvent être tranchées d'un seul coup d'épée. Vous devez faire l'expérience d'un changement profond (d'une révolution) au plus profond de l'esprit.


    Extrait de : Dentoroku (chap. 7), trad. L. Tenryu Tenbreul.
    Source du texte : Les deux versants


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