Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    recherche d'un bon livre

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    Fa
    vrai fleuron
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    Re: recherche d'un bon livre

    Message par Fa le Dim 24 Jan 2010 - 21:09

    Candrakirti


    Qui voit une seule chose a la vision de toutes les choses.
    La vacuité d'une seule chose est la vacuité de toutes.
    Par une seule chose connue, il connaît tout.
    Par une seule chose vue, il voit tout.
    En lui l'ivresse du moi ne surgit pas,
    Quelque abondantes que soient ses imaginations.



    citation(s) / poeme(s) n° 781: Candrakirti, (fin VIe siècle), moine
    et philosophe indien, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

    Catuhsataka et Samadhirajasutra, cités dans le Mulamadhyamikakarikavrtti
    (ou Prasanapada), p. 128, cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources
    du Bouddhisme, Fayard, p.173

    Ainsi tous les profanes à l'esprit puéril ne discernent pas
    que [les deux extrêmes se rejoignent], l'extrême du désir
    et l'extrême du non-désir : effrayés par l'extrême
    du désir, ils cherchent l'évasion dans l'extrême du non-désir;
    et de même pour l'aversion et l'erreur.


    citation(s) / poeme(s) n° 703: Candrakirti, (fin VIe siècle), moine
    et philosophe indien, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

    Mulamadhyamikakarikavrtti (ou Prasanapada), I, p. 464, cité et traduit
    par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.183

    L'illusion que nous enseignons est un antidote à la croyance obstinée
    à la réalité du monde; mais les mystiques n'ont pas besoin
    d'un tel antidote, eux qui ayant atteint le but n'appréhendent rien qui
    puisse être une illusion ou son absence. Il n'y a donc plus pour eux ni
    action ni devenir
    . Mais si la réalité des choses n'est qu'illusion,
    celle-ci peut néanmoins produire souillure et purification comme l'apparition
    magique d'une belle femme inspire le désir à qui n'a pu réaliser
    sa nature, ou comme l'apparition évoquée par le Bouddha purifie
    ceux qui s'adonnent aux racines de vertu.


    citation(s) / poeme(s) n° 415: Candrakirti, (fin VIe siècle), moine
    et philosophe indien, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

    Mulamadhyamikakarikavrtti (ou Prasanapada), I, p. 44-46, cité et traduit
    par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.183
    Ainsi les yogin qui demeurent dans la vision de la vacuité ne perçoivent
    plus les éléments, les agrégats, les sphères sensorielles
    comme des essences, et ne les percevant plus comme des essences réelles,
    ils surmontent le bavardage (1) et de ce fait ils ne discriminent plus, car,
    par la suppression du bavardage, on s'abstient de pensées discriminatrices.


    citation(s) / poeme(s) n° 253: Candrakirti, (fin VIe siècle), moine
    et philosophe indien, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

    Mulamadhyamikakarikavrtti (ou Prasanapada), p. 351, cité et traduit par
    Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.170

    (1) Prapanca, tout le déploiement différencié qui n'est
    que discours.

    Manjusri, qui voit tous les dharma comme ne naissant pas connaît parfaitement
    la douleur. Qui voit tous les dharma comme ne surgissant pas élimine
    l'origine de la douleur. Qui voit tous les dharma comme parfaitement éteints
    réalise l'arrêt tranquille. Qui voit les dharma comme vides pratique
    mystiquement le chemin ; qui voit ainsi les quatre vérités mystiques
    ne forge rien: ni douleur à reconnaître, ni origine à éliminer,
    ni arrêt à réaliser, ni chemin à pratiquer..., car
    il n'accepte ni ne repousse aucun dharma et en conséquence sa conscience
    ne s'attache à rien... Sa conscience est comparable à l'espace;
    il ne voit plus ni le Bouddha, ni la Doctrine, ni la communauté; voyant
    que tous les dharma sont vides, il n'a plus de doutes, il ne s'approprie plus
    rien, il en donc complément éteint.



    citation(s) / poeme(s) n° 178: Candrakirti, (fin VIe siècle), moine
    et philosophe indien, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

    Mulamadhyamikakarikavrtti (ou Prasanapada), p. 517, cité et traduit par
    Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.182-183
    La vérité empirique, pratique ou de surface qui porte sur
    la connaissance et son objet cache la réalité des choses.
    En effet le Sens absolu [paramartha] doit être intérieurement éprouvé
    par les mystiques en une expérience personnelle au-delà de tout
    discours, elle ne peut être ni enseignée ni même connue :
    Non appréhendée par l'aide d'autrui, paisible, qui ne se déploie
    pas en discours,
    Indifférenciée, dénuée de sens multiples, telle
    est la définition de la Réalité absolue.



    citation(s) / poeme(s) n° 140: Candrakirti, (fin VIe siècle), moine
    et philosophe indien, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

    glose des sqq. 1 à 15 du Madhyamakarika de Nagarjuna, p.493, cité
    et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.180
    Comme nous ne pouvons faire comprendre ce qu'est la nature propre sans recourir
    à des paroles, nous en parlons à l'aide de métaphores du
    point de vue de la vérité mondaine, afin de nous conformer à
    la connaissance des gens à convertir et en nous exprimant à la
    façon de ce sutra. Nous ne déclarons donc pas que tout est vide
    ni que tout est non vide puisqu'il y a existence, non-existence et la voie du
    milieu."



    citation(s) / poeme(s) n° 92: Candrakirti, (fin VIe siècle), moine
    et philosophe indien, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

    Mulamadhyamikakarikavrtti (ou Prasanapada), p. 443-444, cité et traduit
    par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.178
    En vérité, toutes les choses sont ineffables, indicibles,
    vides, apaisées et pures. Ceux qui les voient ainsi sont [dignes] d'être
    nommés bouddha et bodhisattva.


    citation(s) / poeme(s) n° 86: Candrakirti, (fin VIe siècle), moine
    et philosophe indien, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

    glose du Madhyamakarika, chap XXV, sqq 24 de Nagarjuna, cité et traduit
    par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.194


    La plus élevée des Réalités est en même
    temps la vacuité absolue. Mais alors, à quoi bon enseigner les
    vérités mystiques, l'enchaînement causal, les données
    empiriques... puisqu'ils ne correspondent pas au Sens absolu et qu'il faut rejeter
    ce qui n'est pas la Réalité absolue ? C'est que, sans cet enseignement,
    on ne saurait enseigner le Sens absolu ni le pénétrer ni parvenir
    de ce fait à l'extinction.


    citation(s) / poeme(s) n° 82: Candrakirti, (fin VIe siècle), moine
    et philosophe indien, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka

    glose des sqq. 1 à 15 du Madhyamakarika de Nagarjuna, chap XXIV, p.493,
    cité et traduit par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard,
    p.180
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    fonzie
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    Re: recherche d'un bon livre

    Message par fonzie le Sam 12 Juin 2010 - 14:29

    Très belles citations, Fa !

    Cause l'Océan, je cherchais "Perle" en pensant au nom.
    Huanshen a écrit:Exactement! Hui Neng définit ainsi le Zen comme union de samadhi et prajna qui ne sont ultimement que les deux facettes dynamiques de "l'esprit qui ne repose sur rien" du Sutra du Diamant.

    Se sont certes des concepts, mais ils ont un usage pratique. Même à un niveau bien inférieur au degré de réalisation du 6ème patriarche, nous pouvons observer la source des pensées. Cette méthode de shamatha conduit rapidement à une pacification de l'esprit. Une fois l'esprit dégagé des pensées, nous pouvons alors pratiquer vipashyana en cherchant la forme, la couleur et le lieu de cet état de calme. Nous arrivons vite à la conclusion que l'esprit n'a ni forme, ni couleur, ni lieu de résidence. Il est vide (essence ou forme). Vide est pourtant non-vide, car sa nature est lumineuse (fonction ou usage), ce qui signifie qu'il a la capacité de connaitre et de réfléchir les phénomènes. Ainsi, toutes nos pensées et perceptions prennent place dans l'espace vide et lumineux de l'esprit sans pouvoir le souiller, comme des images réfléchies sur la surface d'un miroir dont la forme est vide alors que sa fonction et de réfléchir les phénomènes.

    En poussant l'investigation à la nature des pensées (esprit en mouvement), nous constatons qu'elles sont elles aussi de nature vide et lumineuse. Elles naissent et retournent dans la base de la conscience sans affecter la pureté du miroir. Idem pour les perceptions des cinq autres sens (la pensée étant un 6ème sens dans le Bouddhisme). Ainsi, nous commençons à réaliser qu'il n'est pas nécessaire de chasser ou de suivre les pensées, car elles ne souillent pas le "miroir", tout en étant de la même nature vide et lumineuse. Alors, progressivement, la totalité de la conscience ainsi unifiée devient comparable à une grande perle brillante. C'est la méthode de Hui neng. La voie progressive consiste à pratiquer shamatha d'abord, suivit de vipashyana (comme indiqué plus haut), avant d'alterner et finalement d'unir les deux. La voie subite consiste à réaliser subitement la nature de l'esprit et s'y maintenir directement, sans passer par samatha et vipashyana.
    Ultimement, shamatha mène à samadhi et vipashyana à prajna. Le Zazen de Hui neng est ainsi union de samadhi et prajna, essence et fonction unifiées dans l'Esprit Un dont Huang po parlera abondamment.
    Mais c'était oublier le verbe !
    Aussi les Haïkus de Hikari:

    Bon ! sur la "maturation"... c'est comme pour le vin.

    Sylvie

      La date/heure actuelle est Dim 25 Juin 2017 - 7:22