Zen et nous

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    Samyutta Nikaya

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    Samyutta Nikaya

    Message par gigi le Mar 6 Juin 2017 - 21:27

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    (L'attention à L'inspiration Et à L'expiration)
    (Les Quatre Cadres De Référence)
    (Les Sept Facteurs D'Eveil)
    (Claire Connaissance Et Libération)


    Saṃyutta Nikāya
    54.13. Pour Ananda (sur l'attention à la respiration)

    J'ai entendu qu'en une occasion le Béni du Ciel demeurait près de Savatthi dans le bosquet de Jeta, le monastère d'Anathapindika. Alors le Vén. Ananda alla trouver le Béni du Ciel et, en arrivant, s'inclina devant lui et s'assit d'un côté. Une fois assis, il s'adressa au Béni du Ciel, en disant, «Y a-t-il une qualité qui, lorsqu'on la développe et la poursuit, en amène quatre autres jusqu'à leur complétion? et quatre qualités qui, lorsqu'on les développe et les poursuit, amènent sept qualités jusqu'à leur complétion? et sept qualités qui, lorsqu'on les développe et les poursuit, amènent deux qualités jusqu'à leur complétion?»

    «Oui, Ananda, il y a une qualité qui, lorsqu'on la développe et la poursuit, amène quatre qualités jusqu'à leur complétion; et quatre qualités qui, lorsqu'on les développe et les poursuit, amènent sept qualités jusqu'à leur complétion; et sept qualités qui, lorsqu'on les développe et les poursuit, amènent deux qualités jusqu'à leur complétion. Et quelle est cette qualité qui, lorsqu'on la développe et la poursuit, amène quatre qualités jusqu'à leur complétion? Quelles sont ces quatre qualités qui, lorsqu'on les développe et les poursuit, amènent sept qualités jusqu'à leur complétion? Quelles sont les sept qualités qui, lorsqu'on les développe et les poursuit, amènent deux qualités jusqu'à leur complétion?

    «L'attention à l'inspiration et à l'expiration, lorsqu'on la développe et la poursuit, amène les quatre cadres de référence (fondations de l'attention) jusqu'à leur complétion. Les quatre cadres de référence, lorsqu'on les développe et les poursuit, amènent les sept facteurs d'Eveil jusqu'à leur complétion. Les sept facteurs d'Eveil, lorsqu'on les développe et les poursuit, amènent la claire connaissance et la libération jusqu'à leur complétion.

    (L'attention à l'inspiration et à l'expiration)

    «Or, comment développe-t-on et poursuit-on l'attention à l'inspiration et à l'expiration afin d'amener les quatre cadres de référence à leur point culminant?

    «Il y a le cas où un moine, étant parti au désert, à l'ombre d'un arbre, ou dans un immeuble déserté, s'assied en croisant ses jambes, en maintenant son corps dressé, et en posant l'attention devant lui. Toujours attentif, il inspire; attentif il expire.

    «[1] En inspirant longuement, il discerne qu'il est en train d'inspirer longuement; ou en expirant longuement, il discerne qu'il est en train d'expirer longuement. [2] Ou en inspirant par petits coups, il discerne qu'il est en train d'inspirer par petits coups; ou en expirant par petits coups, il discerne qu'il est een train d'expirer par petits coups. [3] Il s'entraîne à inspirer d'un façon qui est sensible au corps tout entier, et à expirer d'un façon qui est sensible au corps tout entier. [4] Il s'entraîne à inspirer tout en calmant les processus corporels, et à expirer tout en calmant les processus corporels.

    «[5] Il s'entraîne à inspirer [tout en demeurant] sensible au ravissement, et à expirer [tout en demeurant] sensible au ravissement. [6] Il s'entraîne à inspirer [tout en demeurant] sensible au plaisir, et à expirer [tout en demeurant] sensible au plaisir. [7] Il s'entraîne à inspirer [tout en demeurant] sensible aux processus mentaux, et à expirer [tout en demeurant] sensible aux processus mentaux. [8] Il s'entraîne à inspirer tout en calmant les processus mentaux, et à expirer tout en calmant les processus mentaux.

    «[9] Il s'entraîne à inspirer [tout en demeurant] sensible à l'esprit, et à expirer [tout en demeurant] sensible à l'esprit. [10] Il s'entraîne à inspirer tout en satisfaisant l'esprit, et à expirer tout en satisfaisant l'esprit. [11] Il s'entraîne à inspirer tout en stabilisant l'esprit, et à expirer tout en stabilisant l'esprit. [12] Il s'entraîne à inspirer tout en libérant l'esprit, et à expirer tout en libérant l'esprit.

    «[13] Il s'entraîne à inspirer tout en se concentrant sur l'inconstance, et à expirer tout en se concentrant sur l'inconstance. [14] Il s'entraîne à inspirer tout en se concentrant sur l'impartialité [littéralement, la flétrissure], et à expirer tout en se concentrant sur l'impartialité. [15] Il s'entraîne à inspirer tout en se concentrant sur la cessation, et à expirer tout en se concentrant sur la cessation. [16] Il s'entraîne à inspirer tout en se concentrant sur l'abandon, et à expirer tout en se concentrant sur l'abandon.

    (Les quatre Cadres de Référence)

    «[1] Ou, en quelque occasion un moine en train d'inspirer long discerne qu'il est en train d'inspirer long; ou en train d'expirer long, discerne qu'il est en train d'expirer long; ou en train d'inspirer court, discerne qu'il est en train d'inspirer court; ou en train d'expirer court, discerne qu'il est en train d'expirer court; s'entraîne à inspirer… et… expirer [tout en demeurant] sensible au corps tout entier; s'entraîne à inspirer… et… expirer tout en calmant les processus corporels: En cette occasion le moine demeure concentré sur le corps en et par lui-même—ardent, vigilant, et attentif— réprimant l'avidité et l'angoisse par rapport au monde. Je vous dis que ceci—l'inspir et l'expir—est classé comme un corps parmi les corps, et c'est pourquoi le moine en cette occasion demeure concentré sur le corps en et par lui-même—ardent, vigilant, et attentif—tout en mettant de côté l'avidité et l'angoisse par rapport au monde.

    «[2] En une quelconque occasion un moine s'entraîne à inspirer… et… expirer [tout en demeurant] sensible au ravissement; s'entraîne à inspirer… et… expirer [tout en demeurant] sensible au plaisir; s'entraîne à inspirer… et… expirer [tout en demeurant] sensible aux processus mentaux; s'entraîne à inspirer… et… expirer tout en calmant les processus mentaux: En cette occasion le moine demeure concentré sur les sensations en et par elles-mêmes— ardent, vigilant et attentif—réprimant l'avidité et l'angoisse par rapport au monde. Je vous dis que ceci—l'attention rapprochée à l'inspir et l'expir—est classée comme une sensation parmi les sensations, et c'est pourquoi le moine en cette occasion demeure concentré sur les sensations en et par elles-mêmes—ardent, vigilant et attentif—tout en mettant de côté l'avidité et l'angoisse par rapport au monde.

    «[3] En une quelconque occasion un moine s'entraîne à inspirer… et… expirer [tout en demeurant] sensible à l'esprit; s'entraîne à inspirer… et… expirer tout en satisfaisant l'esprit; s'entraîne à inspirer… et… expirer tout en stabilisant l'esprit; s'entraîne à inspirer… et… expirer tout en libérant l'esprit: En cette occasion le moine demeure concentré sur l'esprit en et par lui-même—ardent, vigilant et attentif—réprimant l'avidité et l'angoisse par rapport au monde. Je ne dis pas qu'il y a attention à l'inspiration et à l'expiration chez quelqu'un dont l'attention est confuse et qui n'est pas du tout vigilant, et c'est pourquoi le moine en cette occasion demeure concentré sur l'esprit en et par lui-même—ardent, vigilant et attentif— tout en mettant de côté l'avidité et l'angoisse par rapport au monde.

    «[4] En une quelconque occasion un moine s'entraîne à inspirer… et… expirer tout en se concentrant sur l'inconstance; s'entraîne à inspirer… et… expirer tout en se concentrant sur l'impartialité; s'entraîne à inspirer… et… expirer tout en se concentrant sur la cessation; s'entraîne à inspirer… et… expirer tout en se concentrant sur l'abandon: En cette occasion le moine demeure concentré sur les qualités mentales, en et par elles-mêmes—ardent, vigilant et attentif—réprimant l'avidité et l'angoisse par rapport au monde. Celui qui voit clairement avec discernement l'abandon de l'avidité et de l'angoisse en est un qui considère avec équanimité, et c'est pourquoi le moine en cette occasion demeure concentré sur les qualités mentales en et par elles-mêmes—ardent, vigilant et attentif—tout en mettant de côté l'avidité et l'angoisse par rapport au monde.

    «C'est ainsi qu'on développe et qu'on poursuit l'attention à l'inspiration et à l'expiration afin d'amener les quatre cadres de référence à leur point culminant.

    (Les sept facteurs d'Eveil)

    «Et comment développe-t-on et poursuit-t-on les quatre cadres de référence afin d'amener les quatre cadres de référence à leur point culminant?

    «[1] En une quelconque occasion le moine demeure concentré sur le corps en et par lui-même—ardent, vigilant et attentif—tout en mettant de côté l'avidité et l'angoisse par rapport au monde, en cette occasion son attention est stable et sans défaut. Lorsque son attention est stable et sans défaut, alors l'attention en tant que facteur d'Eveil est suscitée. Il la développe, et pour lui elle arrive au comble de son développement.

    «[2] Tout en demeurant attentif de cette manière, il examine, analyse, et en arrive à une compréhension de cette qualité grâce au discernement. Lorsqu'il demeure attentif de cette manière, en examinant, en analysant, et en en arrivant à une compréhension de cette qualité avec discernement, alors l'analyse des qualités en tant que facteurs d'Eveil est suscitée. Il les développe, et pour lui elles arrivent au comble de leur développement.

    «[3] Chez qui examine, analyse, et en arrive à une compréhension de cette qualité grâce au discernement, une persistance inébranlable est suscitée. Lorsque la persistance inébranlable est suscitée chez qui examine, analyse, et en arrive à une compréhension de cette qualité grâce au discernement, alors la persistance en tant que facteur d'Eveil est suscitée. Il la développe, et pour lui elle arrive au comble de son développement.

    «[4] Chez celui dont la persistance a été suscitée, un ravissement qui-n'est-pas-de-la-chair surgit. Lorsqu'un ravissement qui-n'est-pas-de-la-chair surgit chez celui dont la persistance a été suscitée, alors le ravissement en tant que facteur d'Eveil est suscité. Il le développe, et pour lui il arrive au comble de son développement.

    «[5] En celui qui est ravi, le corps se calme et l'esprit se calme. Lorsque le corps et l'esprit de d'un moine ravi se calment, alors la sérénité en tant que facteur d'Eveil est suscitée. Il la développe, et pour lui elle arrive au comble de son développement.

    «[6] Pour qui est à l'aise—son corps calmé —l'esprit devient concentré. Lorsque l'esprit de qui est à l'aise—son corps calmé—devient concentré, alors la concentration en tant que facteur d'Eveil est suscitée. Il la développe, et pour lui elle arrive au comble de son développement.

    «[7] Il considère l'esprit ainsi concentré avec équanimité. Lorsqu'il considère l'esprit ainsi concentré avec équanimité, l'équanimité en tant que facteur d'Eveil est suscitée. Il la développe, et pour lui elle arrive au comble de son développement.

    [Il en va de même des trois autres cadres de référence: les sensations, l'esprit, et les qualités mentales.]

    «Voici donc comment on développe et poursuit les quatre cadres de référence afin d'amener les sept facteurs d'Eveil à leur point culminant.

    (Claire Connaissance et Libération)

    «Et comment développe-t-on et poursuit-t-on les sept facteurs d'Eveil afin d'amener la claire connaissance et la libération à leur point culminant ? Il y a le cas où un moine développe l'attention en tant que facteur d'Eveil au moyen de l'isolement… de l'impartialité… de la cessation, avec pour résultat le détachement. Il développe l'analyse des qualités en tant que facteurs d'Eveil… la persistance en tant que facteur d'Eveil… le ravissement en tant que facteur d'Eveil… la sérénité en tant que facteur d'Eveil… la concentration en tant que facteur d'Eveil… l'équanimité en tant que facteur d'Eveil au moyen de l'isolement… de l'impartialité… de la cessation, avec pour résultat le détachement.

    «Voici donc comment les sept facteurs d'Eveil, lorsqu'on les développe et les poursuit, la claire connaissance et la libération à leur point culminant.»

    Voilà ce qu'exposa le Béni du Ciel. Gratifié, le Vén. Ananda se réjouit des paroles du Béni du ciel...

    https://suttacentral.net/fr/sn54.13

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    Re: Samyutta Nikaya

    Message par Kaïkan le Mer 7 Juin 2017 - 22:09



    La respiration pendant l'assise en dhyāna est décrite de façon détaillée dans le sutra anapanasati.
    Voir → http://www.dhammadelaforet.org/sommaire/sutta_tipaka/txt/anapanasati_sutta.html

    On peut tout simplement observer sa respiration et c'est même recommandé avant d'essayer d'agir sur celle-ci, afin de bien la comprendre et voir comment elle réagit selon les circonstances.
    Par la suite on peut allonger l'expiration mais il ne faut rien forcer et surtout ne pas se contraindre dans un exercice pénible pour le corps et l'esprit.
    Je crois que le meilleur est d'utiliser l'imagination pour que, pendant l'expiration on visualise l'énergie se rassemblant dans le bas-ventre, environ trois travers de doigts sous le nombril.
    Avec le temps les sensations et les perceptions se développant, on sentira vraiment cette énergie, le ki (prāṇa) qui est liée à la respiration.
    Il faut vraiment que la respiration soit lente, calme et facile. Elle doit s'écouler naturellement dans le va-et-vient de l'inspiration/expiration, comme des vagues sur une plage par temps calme.
    C'est par la répétition des zazen et le temps passé à se concentrer, que l'expiration s'allongera jusqu'à s'établir sur un rythme lent de trois ou quatre respirations par minute pour les moines.
    De toute façon ce n'est pas une compétition et il n'y a pas de médaille à obtenir. Tout va aussi très bien si on a un rythme plus rapide de cinq ou six respirations par minute. Cependant la tendance va dans le sens d'un ralentissement de la respiration pendant les périodes de pratique intensive.





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