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    TRAITE DE L'EVEIL SUBIT (extraits) de Pai-Tchang

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    AncestraL
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    TRAITE DE L'EVEIL SUBIT (extraits) de Pai-Tchang

    Message par AncestraL le Lun 10 Juil 2017 - 12:38

    Bonjour à tous !
    Je vous partage ce texte, suite à l'intervention de Kaikan au sujet du samadhi dans mon "partage d'une expérience" : http://zen-et-nous.1fr1.net/t2125p25-partage-d-une-experience#38306
    En effet, ce texte ci-dessous m'y a fait penser.

    TRAITE DE L'EVEIL SUBIT (extraits) de Pai-Tchang
    traduit par Jacques Brosse in Les Maîtres Zen, éditions Albin Michel « spiritualités vivantes », 2001.

    2. « Quelle méthode devons-nous pratiquer pour parvenir à la délivrance ?
    _ On ne peut l'atteindre que par l’Éveil subit.
    _ Qu'est-ce que l’Éveil subit ?
    _ Subit veut dire se débarrasser d'un coup de toute pensée erronée. L’Éveil, c'est comprendre que l’Éveil n'est pas quelque chose que l'on puisse atteindre.
    _ Quel point de départ de la pratique ?
    _ Vous devez partir de la racine.
    _ Qu'est-ce que la racine ?
    _ La racine, c'est le mental.
    _ Comment le sait-on ? »
    […]
    3. « Par quels moyens peut-on observer la racine ?
    _ Seulement en vous asseyant en méditation, car cette observation ne peut être menée à bien que grâce au dhyana (tch'an) et au samadhi (ting). Le Dhyanaparamita Sutra dit : « Dhyana et samadhi sont essentiels dans la recherche de la connaissance sacrée des Bouddhas ; sans eux, les pensées restent perturbées et les racines en souffrent [avec] dommage ».
    _ Veuillez exposer ce que sont dhyana et samadhi.
    _ Quand cessent les pensées disturbantes, c'est dhyana. Quand vous êtes assis contemplant votre nature originelle, c'est samadhi. Grâce au samadhi, vous retirez votre esprit de ce qui vous entoure, vous le rendez impénétrable aux huit vents, c'est à dire au gain et à la perte, à la calomnie comme à la louange, à l'approbation comme au blâme, au chagrin comme à la joie. En se concentrant ainsi, même un homme ordinaire peut entrer dans l'état de boddhéité..., autrement dit trouver la délivrance, passer sur l'autre rive, transcender les six conditions mortelles et les trois mondes, devenir un Boddhisattva accompli, un Sage tout-puissant, un Conquérant.
    […]
    9 « Comment atteindre à l’Éveil subit ? Quel est son but, sa nature et les moyens pour l'obtenir ?
    _ Son but est d'arrêter le flux des pensées * et de ne plus se laisser troubler par les illusions quelles qu'elles soient. Sa nature est la pureté, et la sagesse (prajna) le moyen de l'obtenir.
    _ Pour ce qui est d'arrêter le flux des pensées, de quoi devons-nous nous abstenir ?
    _ De la pensée erronée, non de la pensée juste.
    _ Comment distinguer pensée erronée et pensée juste ?
    _ Penser en termes d'existence et de non-existence est appelé pensée erronée. S'abstenir de penser de telle manière est la pensée juste. S'en tenir au bien et au mal est erroné, ne pas s'y attacher est juste. Pareillement se laisser troubler par la tristesse ou la joie, la naissance ou la mort, l'acceptation ou le rejet, le plaisir ou le déplaisir, voilà les pensées erronées. Ne pas s'attacher à ces idées, telle est la pensée juste.
    _ Pourriez-vous définir plus clairement la pensée juste ?
    _ La pensée juste, c'est ne plus penser qu'à l’Éveil.
    _ L’Éveil peut-il s'acquérir ?
    _ Non.
    _ S'il ne s'acquiert pas, comment peut-on parler de penser uniquement à l’Éveil ?
    _ L’Éveil lui-même n'a qu'une valeur relative. En fait, il n'a jamais été et ne sera jamais atteint. Puisqu'il n'y a rien à atteindre, il ne peut être matière à pensée. De sorte que l’Éveil n'est pas quelque chose sur quoi notre pensée pourrait s'appuyer, puisque fondamentalement il ne demeure sur rien. L'expression « n'être pas matière à pensée » s'applique à toutes ces fausses notions dont je viens de parler, elles ne sont que des noms, utiles seulement dans certaines circonstances. Toutes émanent de la substance unique en laquelle résident différences et diversités. Être conscient de son esprit sans s'attacher à aucune pensée conduit naturellement à la délivrance ».

    NB : * C'est donc le même but que le yoga selon Patanjali !


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