Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    Shinji Shôbôgenzô, livre II

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    Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Yudo, maître zen le Sam 30 Sep 2017 - 22:45

    SEPT

    Maître Unmon dit : Lorsque la lumière ne pénètre pas librement, il y a deux sortes de maladie. Quand nous ne pouvons rien comprendre, mais qu’il y a quelque chose en face de nous – c’en est une. Et quand nous considérons l’Univers tout entier comme s’il était vide, il semble encore qu’il y ait des choses concrètes. Dans cette situation, la lumière ne pénètre pas librement.
    En même temps, il y a aussi deux sortes de maladies dans le corps de Dharma. Même si nous pouvons atteindre le corps de Dharma, comme nous n’oublions pas l’attachement au Dharma, les opinions égoïstes demeurent, et nous ne pouvons qu’errer dans le voisinage du corps de Dharma. C’en est une. Mais si on étudie ces problèmes en détail et qu’on s’accroche à ses propres idées, alors cela ne signifie plus rien. c’est là l’autre maladie.

    Maître Nishijima a écrit:Commentaire
    Maître Unmon décrit quatre erreurs ou « maladies » dans lesquelles tombent les gens lorsque « la lumière ne pénètre pas librement », c’est-à-dire lorsque la réalité elle-même ne se manifeste pas dans notre esprit et notre corps, et que notre état est obscur.
    Lorsque les enseignements bouddhiques ne sont pas bien compris, il y a deux problèmes qui surgissent : l’un est que rien n’est clarifié – c’est-à-dire l’état où nous savons ce qui est devant nous, mais que nous ne savons pas ce que c’est réellement. Ceci nous renvoie à l’état ordinaire des gens – les gens ne savent pas ce qu’est le monde – mais en même temps, ils ne peuvent nier qu’il y a quelque chose de concret devant eux. Ceci est une des maladies. Une autre maladie suggère l’état de quelqu’un qui a étudié le Bouddhisme, mais se méprend sur les concepts de shunyata ou vacuité. Même si nous croyons que toutes choses sont vides, nous ne pouvons nier les phénomènes concrets devant nous.
    Maître Unmon discute ensuite d’une maladie à propos du « Corps de Dharma ». Dans certaines théories bouddhiques, il y a un concept des « Trois Corps ». L’un d’eux est ce corps de Dharma – la vue selon laquelle nous pouvons voir le monde en tant que Dharma existant depuis le passé infini jusuq’au futur infini. Le second corps fait référence au corps physique qui est le résultat d’action dans le passé.  Le troisième est celui qui agit à l’instant présent. La maladie du corps de Dharma de maître Unmon fait référence au fait de s’accrocher à nos propres idées et opinions, même sur le Dharma. Le second problème est lorsqu’on croit avoir atteint un état de liberté grâce à la pratique bouddhique, mais que, cependant, cette idée de liberté te conduit à nier la réalité. Cela aussi est une maladie. Cette dernière erreur est donc d’abandonner ou de nier la valeur des enseignements bouddhiques.
    Les théories bouddhiques ne sont pas la réalité qu’elles décrivent. Certains croient que cela signifie que nous devrions les abandonner entièrement ou que nous pouvons nous comporter comme il nous plait, une fois qu’on a eu un aperçu de la réalité. Cependant, il faut toujours qu’il y ait un équilibre. Nous ne devons pas nous attacher aux enseignements sans quoi nous ne pourrons jamais « entrer » dans la réalité. D’un autre côté, nous ne devons pas rejeter les enseignements, sinon nous deviendrons arrogants et nous prendrons au piège de nos propres situations. Cette discussion un peu abstruse de maître Unmon  concerne ces types de problèmes.
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par tangolinos le Dim 1 Oct 2017 - 20:15

    Salut Yudo

    on peut remarquer que ton intention est de préserver la voie du milieu… (ni trop, ni trop peu)
    je dirais que la réalité apparait telle un phénomène stroboscopique (comme diraient les physiciens quantiques: tantôt la particule est là, et tantôt elle n’ est pas là).
    Alors peut-être qu’ en extrapolant (fractalement) on pourrait dire qu’il s’agirait de ne pas se cramponner sur l’ existence de la réalité, ni sur son absence.

    C’est marrant puisque les physiciens quantiques disent qu’on ne peut saisir que les traces résiduelles d’une éventuelle particule ( et/ou pourquoi pas d’une éventuelle réalité).

    Comme tu l’ évoques, le malade serait celui qui s’attache, trop et/ou trop peu, à la forme et/ou à la non-forme.

    Et vois-tu, je soupçonne fortement qu’on soit tous des malades, condamnés à assumer notre chute de l’ intangible Absolu, en le tangible relatif.
    Cependant, il y a bien un observateur qui se croit être dans l’ absolu, et qui regarde les apparences relatives…Et il y a bien, de manière absolue, des apparences…
    Pour revenir dans le sujet je dirais que la lumière est évoquée comme étant l’ origine et la finalité de toutes choses… et je suis bien d’accord avec cette idée, aussi je souhaite que mes propos ne soient interprétés que comme une périlleuse tentative de me laisser prendre pour un fragile miroir, face à cette indestructible lumière.
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Kaïkan le Mar 3 Oct 2017 - 20:42

    bonjour

    Bonjour Yudo,

    J'espère que la suite va venir...
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Yudo, maître zen le Mer 4 Oct 2017 - 20:05

    VINGT-NEUF

    Alors que le grand maître Yakusan Igen était assis en Zazen, un moine lui demanda : A quoi pensez-vous dans l’état immobile-immobile ?
    Le maître répondit : Je pense à ne pas penser.
    Le moine dit : Comment peut-on penser à ne pas penser ?
    Le maître répondit : C’est différent de la pensée.
    Commentaire de maître Nishijima a écrit:Commentaire
    Maître Yakusan Igen et le moine discutent de l’essence de Zazen. Leur discussion suit la logique des quatre points de vue ; c’est-à dire, les vues basées sur l’idéalisme, le matérialisme, l’action et la réalité. Le moine demande à quoi pense le maître lorsqu’il pratique Zazen. Le maître répond qu’il pense la non-pensée, c’est-à-dire qu’il nie être engagé dans une pensée délibérée. En Zazen, même si nous ne pensons pas de façon délibérée, notre conscience est claire et des pensées surgissent naturellement. Le moine est perplexe et pose une question plus détaillée : comment peut-on penser et ne pas penser tout à la fois ? Le maître répond que son état réel quand il est assis en Zazen est différent de l’état de pensée, et différent de l’état de non-pensée. c’est un autre état, c’est-à-dire l’état d’être simplement assis dans la réalité – l’état de juste agir.
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Kaïkan le Mer 4 Oct 2017 - 20:47

    Nishijima a écrit:Le maître répond que son état réel quand il est assis en Zazen est différent de l’état de pensée, et différent de l’état de non-pensée. c’est un autre état, c’est-à-dire l’état d’être simplement assis dans la réalité – l’état de juste agir.

    Cet état est aussi, suivant ma modeste opinion, un état de non-agir en même temps qu'un état d'action juste. (l’état de juste agir.)


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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par tangolinos le Mer 4 Oct 2017 - 21:03

    VINGT-NEUF
    VIN-NOUVEAU
    VAIN-NOUVEAU
    Depuis bien longtemps les maîtres disent des choses qui se pérennisent… Un peu comme  si plus rien n’ était à découvrir… Or le doigt que tendent tous ces maîtres est de découvrir les choses par soi-même… Il ne s’agit donc pas de saisir ces choses par l’ intellect, mais de se laisser saisir par l’ expérience.

    ‘’des pensées surgissent naturellement’’’
    voili-voilà la réalité !… les pensées surgissent bien dans notre conscience, au delà de notre bon vouloir…Un peu comme si le ‘’Grand Machin Truc’’ et/ou la ‘’Nature’’ choisissaient pour nous.

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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Kaïkan le Jeu 5 Oct 2017 - 8:57


    En zazen la pensée surgit involontairement et n'est pas sollicitée ni entretenue.
    Par conséquent il ne s'agit pas de "pensée sauvage" ou de délires surréalistes comme dans la méthode dite paranoïaque-critique → https://fr.wikipedia.org/wiki/Méthode_paranoïaque-critique

    Certaines personnes s'imaginent que lorsqu'on laisse la pensée se développer sans entraves ils font du zen alors qu'ils ne font qu'entretenir l'agitation mentale.

    L'état d'être dans la réalité, l'état de juste agir, dont parle Nishijima, est à la fois action et non-action. C'est une non-action en ce qui concerne notre personnalité et c'est simultanément la manifestation d'une pensée juste, d'une action qui nous dépasse en tant qu'individu et qui est en phase avec l'univers entier ; ce que T. Deshimaru se plaisait à nommer : "L'ordre cosmique".


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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Kaïkan le Dim 8 Oct 2017 - 17:21


    Kaïkan a écrit:Par conséquent il ne s'agit pas de "pensée sauvage" ou de délires surréalistes comme dans la méthode dite paranoïaque-critique → https://fr.wikipedia.org/wiki/Méthode_paranoïaque-critique
    La méthode dite  paranoïaque-critique, est comme on a pu voir grâce au lien, une méthode qui a permis à Salvador Dali d'exprimer tout son talent artistique ; ce qu'il appelait son "génie".
    C'est le mouvement surréaliste, au siècle dernier, qui a pris son essor avec toute une pléiade d'artistes qui a, par cette méthode, puisé son inspiration dans les profondeurs du subconscient. On peut, en effet, avoir accès à son subconscient, à travers diverses techniques. Les artistes qui avaient recours à cette méthode (paranoïaque critique) avaient pour but de puiser dans une source d'inspiration qui paraît être sans limites. Les dangers d'une telle méthode sont aussi sans limites.

    Par la pratique de zazen on a aussi accès à son subconscient, mais ce n'est certes pas pour l'utiliser même à des fins artistiques, mais plutôt pour laisser passer tout ce qui a été refoulé depuis des lustres et qui produit de l'anxiété en permanence.
    Donc on peut très bien comprendre comment avoir accès au subconscient par la méditation, cela ne veut pas dire qu ce ne soit pas dangereux d'être trop fasciné par les processus mentaux. Il faut apprendre à laisser passer, sans le saisir, ce qui surgit. Et puis il faut aussi apprendre à ne pas être trop affecté  par les obscurités qui sont enfouies et cachées au fond du subconscient parce qu'il en est de même pour tout un chacun.



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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Yudo, maître zen le Jeu 26 Oct 2017 - 9:12

    HUIT

    Un moine demanda à maître Baso : Dites-moi, je vous prie, quelle était l’intention de maître Bodhidharma en venant de l’Inde en Chine, sans avoir recours aux poèmes de quatre versets ou au « cent négations ».
    Maître Baso répondit : Je suis très fatigué aujourd’hui, je ne saurais vous l’expliquer. Demandez à maître Chizô.
    Le moine fit la même demande à maître Chizô.
    Maître Chizô lui dit : Pourquoi ne demandez-vous pas au maître ?
    Le moine répondit : C’est lui qui m’a dit de vous demander à vous.
    Maître Chizô dit : J’ai mal à la tête aujourd’hui, je ne peux donc vous l’expliquer. Demandez donc à mon frère aîné Kaï, je vous prie.
    Le moine demanda alors à maître Hyakujô Ekaï.
    Maître Ekaï lui dit : En dépit de ce que je sois arrivé à l’ici et maintenant, c’est un fait étrange que je sois incapable de comprendre pleinement ce qui s’est produit.
    Le moine rapporta ces paroles à maître Baso.
    Maître Baso répondit : La tête de Chizô est blanche. Celle d’Ekaï est noire.

    Maître Nishijima a écrit:Commentaire
    Le moine demande à maître Baso de lui enseigner l’essence du Bouddhisme sans citer des textes traditionnels ou sans utiliser la logique négative. Comme il est impossible d’exprimer cette essence par des mots, maître Baso, tout comme maître Seido Chizô, refuse de répondre à la question. Maître Hyakujô Ekaï est plus avenant, mais guère. Il dit que, quoiqu’il soit arrivé à l’état de vérité, il ne peut pas vraiment le comprendre de façon rationnelle. La réalité ne peut pas être comprise ainsi.
    Quand le moine rapporte ces paroles à maître Baso, il dit que la tête de Chizô est blanche et que celle d’Ekaï est noire. Habituellement, les cheveux blancs son associés à l’âge et à la sagesse, donc il est possible que le patriarche « Cheval » (« Ba » pour cheval, « so » pour patriarche) indique par là sa préférence pour la réponse de Chizô, vu que ce dernier a refusé de répondre à la question d’aucune façon. Cependant, les deux réponses sont également excellentes, c’est pourquoi il est aussi possible que maître Baso ne fasse qu’indiquer les différences entre le caractère de chacun des maîtres. Deux réponses différentes qui expriment un seul et même fait : qu’il n’est aucun moyen de décrire ce moment en mots.
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Fred le Jeu 26 Oct 2017 - 12:22

    yudo a écrit:(...) qu’il n’est aucun moyen de décrire ce moment en mots.

    Il m'apparaît que seul ce qui a été objectivé peut être décrit.
    Or, ce moment dont on parle tient sa réalité du fait que justement il est non objectivable.
    Plus, il est en soi non objectivation et peut-être même, pratique spontanée de la non objectivation, ou mieux, cessation de la pratique de l'objectivation pour des fins autres que fonctionnelles et conventionnelles.



    -Qu'est-ce que c'est ?
    -Baso a entendu la réponse de la tête noire et celle de la tête grise.


    Dernière édition par Fred le Ven 27 Oct 2017 - 12:38, édité 1 fois
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Yudo, maître zen le Ven 27 Oct 2017 - 8:41

    NEUF

    Un jour, maître Seppô dit au grand maître So-itsu du temple Gensa de Fukushu : Lorsque la largeur du monde est de dix pieds, la largeur du miroir éternel est de dix pieds.
    Maître Gensa, indiquant le brasero, dit : Quelle est la largeur du brasero ?
    Maître Seppô répondit : La même que celle du miroir éternel.
    Maître Gensa dit alors : Il semble bien que les talons du vieux maître ne touchent pas le sol.

    Commentaire
    Le miroir éternel a une longue histoire dans le discours bouddhique. Il sert à représenter un certain nombre de concepts apparentés. La fonction d’un miroir est de refléter ce qui se trouve devant lui. Si c’en est un bon, il remplira sa fonction sans distorsion. Le miroir sert donc souvent de métaphore du fonctionnement de l’esprit réflexif, ou, plus précisément dans cette histoire-ci, de l’intuition. Dans le Bouddhisme, l’intuition est appelée prajñâ, littéralement « avant de savoir », ou « pré-cognition ». Ceci renvoie à notre sagesse naturelle originelle avant que nous ne conceptualisions le monde. On peut dire qu’elle réflète la situation réelle sans distorsion. Cependant, la prajñâ ou miroir éternel, ne se contente pas de refléter la réalité : elle est la réalité même. Maître Dôgen disait que le miroir éternel était chaque endroit et chaque temps concrets à travers tout le splendide Univers.
    L’unité du subjectif et de l’objectif peut se voir dans l’affirmation de maître Seppô : « Lorsque la largeur du monde est de dix pieds, la largeur du miroir éternel est de dix pieds ». Maître Gensa indique un objet concret et demande sa largeur. Maître Seppô explique qu’elle est la même que celle du miroir. Maître Gensa critique cette affirmation. Il s’agit d’une personne très terre-à-terre, et il a pu penser que l’attitude de Seppô est un peu trop abstraite ; il veut entendre une réponse plus concrète, plus factuelle, comme sept pieds ou huit pieds. Maître Dôgen discute de ce récit en détail dans le Shôbôgenzô Kôkyô (Le miroir éternel).
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par tangolinos le Ven 27 Oct 2017 - 18:47

    HUIT
    Maître Baso répondit : La tête de Chizô est blanche. Celle d’Ekaï est noire.

    ‘’Nishijima dit :Cependant, les deux réponses sont également excellentes, c’est pourquoi il est aussi possible que maître Baso ne fasse qu’indiquer les différences entre le caractère de chacun des maîtres. Deux réponses différentes qui expriment un seul et même fait : qu’il n’est aucun moyen de décrire ce moment en mots.’’

    Tangolinos dit : comme le dit Nishijima, ce moment est inénarrable.
    Cependant, tout comme l’ évoque Nishijima, il y a plusieurs interprétations des dires de Maître Baso…
    Je soupçonne fortement que Maître Baso ait saisi cette occasion pour brandir un koan au moine… Un peu comme si son intention était de ramener son élève sur la voie du milieu en l’ invitant à trouver par lui-même le ‘’fameux gris perle fine’’,  en espérant qu’il puisse se laisser saisir par ce petit éclat inénarrable de la ‘’perle fine’’.
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par tangolinos le Dim 29 Oct 2017 - 10:29

    HUIT

    Bavard comme vous me conaissez, et soucieux comme je suis de vouloir partager nos expériences, je vous propose de revenir sur les dires de Maitre Ekaï:

    Maître Ekaï lui dit : En dépit de ce que je sois arrivé à l’ ''ici et maintenant'', c’est un fait étrange que je sois incapable de comprendre pleinement ce qui s’est produit.

    Je dirais que Maître Ekaï sans s' en rendre compte, nous donne un précieux renseignement qui est le fait qu'il  soit arrivé à l' ''ici et maintenant''.

    J' interprète cette arrivée comme le retour de ce moment inénarable... un peu comme si dans ce moment, nous n' étions pas ici et que le temps nous échappait.

    Par ailleurs je me souviens d' un témoignage disant que pendant ce moment, on quittait notre corps et qu'on se retrouvait dans la peau d'un atome pour faire le tour entier du cosmos.
    Cette façon de dire évoque bien l' imensité du voyage, un peu comme si nous avions été partout et que donc au retour le ICI prend un tout autre relief qu'auparavant.

    Le fait étrange est que pour faire ce voyage il aurait fallu disposer de l' éternité, alors même que ce moment est d'une extrême fugacité...
    Ce qui explique bien qu'il soit impossible d' en parler... comment l' éternité pourrait-elle être contenue dans une fraction de seconde ?

    C'est pourquoi le ''ici et maintenant'', n' est pas seulement un aboutissement, mais aussi un salut... un peu comme si après la tempête on se retrouvait sur une bouée qu'il ne s'agit plus de lâcher.
    Chinois-salut
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Fred le Dim 29 Oct 2017 - 14:58

    J'ai juste pas compris la dernière phrase Tango, mais pour le reste, cela a pleinement résonné/raisonné en moi.
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par tangolinos le Dim 29 Oct 2017 - 19:29

    Fred a écrit:J'ai juste pas compris la dernière phrase Tango, mais pour le reste, cela a pleinement résonné/raisonné en moi.
    Tout d'abord, je te remercie pour le partage que tu témoignes en reconnaissant des ''vibrations'' communes.
    Ensuite, je dirais que je reçois ton message comme une invitation à aller encore plus loin...
    Et vois-tu, je dirais que ce que je vais me laisser dire n' appartient ni à l 'un ou à l' autre d'entre nous... il est ce qui est, point barre !

    La dernière phrase de ''Tango sur le lino'':
    ''C'est pourquoi le ''ici et maintenant'', n' est pas seulement un aboutissement, mais aussi un salut... un peu comme si après la tempête on se retrouvait sur une bouée qu'il ne s'agit plus de lâcher.


    Tango dit: oui, je me suis laissé dire que ce moment n' avait pas forcément l' aspect que les illuminés brandissent en disant que ce n' est que lumière, et qu'il fallait de manière déterminée tout faire pour le vivre.

    Vois-tu, je soupçonne fortement qu'il y ait un autre aspect à ne pas négliger, et qui serait du style: une fois rassuré de la présence de l' insaisissable chose qui nous aime de façon infinie, on pourrait bien se laisser emporter à dire n'importe quoi.
    Oui je sais bien, que les bouddhistes refusent de parler de cette éventuelle chose qui nous anime, puisque d'accepter sa présence comme étant autre que nous-même nous replonge dans la dualité.
    Mais vois-tu, ça ne me dérange pas vraiment qu' on me reproche cette attitude, puisque pour moi elle est devenue authentique, à mon insu.
    En effet, il me serait incompréhensible que je puisse me prendre pour Dieu, parce que ce n' est vraiment pas moi qui a crée le monde, puisque suite à diverses expériences, je me considère comme une victime qui se retrouve contrainte d' élucider le mystère qui l' environne sans l' avoir préalablement délibérement choisi.

    Vois-tu, l' expérience de ce moment évoqué dans ce HUIT, peut nous laisser croire qu'on est Dieu, or quand on remet les pieds sur Terre, dans l'  ''ici et maintenant'', on reste toujours aussi nul puisqu'il nous est impossible de décrire la chose qui nous a donné une grande baffe, ni même de décrire cette baffe.

    Je ne me souviens plus qui, mais qui disait que Dieu avait pour attribut la discrétion absolue, et que conformément à sa générosité absolue, il nous laissait croire ce que bon nous semble.
    AMEN
    Chinois-salut
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Fred le Mar 31 Oct 2017 - 11:55

    Tango a écrit:Je ne me souviens plus qui, mais qui disait que Dieu avait pour attribut la discrétion absolue, et que conformément à sa générosité absolue, il nous laissait croire ce que bon nous semble.

    Un peu comme le miroir éternel (NEUF).

    Le brasero, combien avait-il de pieds ? (TROIS)
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Yudo, maître zen le Mer 1 Nov 2017 - 21:40

    DIX

    Un jour, maître Isan Reiyû demanda à ses étudiants d’exprimer la vérité avec leurs propres mots, en disant : J’aimerais vous rencontrer dans l’aire qui se trouve hors du son et de la forme.
    L’acarya Kanko de Yushu était là. Il dit : Je ne refuse pas de le faire, mais je me demande si quelqu’un aurait les yeux pour voir ce que je dis ?
    Maître Isan ne confirma pas ces mots.
    Maître Kyôzan présenta son expression de la vérité à quatre reprises, en tout. Tout d’abord, il dit : Je regarde ce qu’il est impossible de regarder.
    Maître Isan répondit : Votre expression est aussi fine que de la poudre, et aussi froide que de la neige ou du givre.
    Maître Kyôzan dit une seconde fois : En quoi aurions-nous besoin de rencontrer quelqu’un en dehors de la perception ?
    Maître Isan répondit : Vous êtes assis en plein sur l’étrange chaise du sravaka.
    Maître Kyôzan dit pour la troisième fois : C’est comme deux miroirs qui se reflètent mutuellement, mais il n’y a aucune image entre les deux miroirs.
    Maître Isan dit : Ces paroles sont justes. Je suis d’accord avec les mots, mais vous ne pouvez pas être en accord avec eux parce que vous avez placé une image entre les deux miroirs.
    Maître Kyôzan demanda donc à maître Isan : Mon esprit est obscurci et troublé, c’est pourquoi mes réponses ne sont pas bonnes. Je me demande ce que vous utilisiez comme mots quand vous étudiiez avec maître Hyakujô ?
    Maître Isan répondit : Lorsque j’étudiais avec feu mon maître, Hyakujô Ekaï, voici comment je l’exprimais : Lorsque des centaines de milliers de miroirs polis réflètent les images, la lumière et les images se réflètent mutuellement, mais en même temps, chaque infime molécule est totalement indépendante et ne compte pas sur les autres.
    En entendant ces mots, maître Kyôzan se prosterna.

    Commentaire
    Nishijima rôshi a écrit:Maître Isan veut tester ses étudiants. Il leur dit donc qu’il aimerait les rencontrer dans l’aire, qui est hors du son et de la forme, c’est-à-dire la zone qui est extérieure à la perception.
    Le premier étudiant lui dit qu’il pourrait représenter la vérité, mais qu’il doutait que quiconque pusse le comprendre. Maître Isan ne confirma pas cette phrase.
    L’étudiant suivant, Kyôzan tente à plusieurs reprises de donner une réponse adéquate. Sa première réponse renvoie au monde subjectif. Le maître lui dit que sa réponse est très précise, mais manque de chaleur, de vitalité.
    Maître Isan rejette la seconde réponse de Kyôzan comme étant similaire aux idées des sravakas qui étudient le Bouddhisme de façon théorique, intellectuelle.
    Dans sa troisième réponse, Kyôzan se sert de la métaphore des deux miroirs qui se font face. Le premier miroir représente la fonction de la pensée ou le domaine subjectif. L’autre représente la perception sensorielle, ou domaine matériel, subjectif. La métaphore des deux miroirs face à face montre comment la réalité est reflétée de ces deux différentes façons. Maître Isan confirme cette phrase, mais doute que Kyôzan la comprenne réellement. Il pense que même si les paroles sont justes, elles représentent une image intellectuelle du cerveau de Kyôzan et non son état réel. Maître Isan présente alors sa propre phrase. Il s’était alors servi de l’image de centaines de milliers de miroirs brillants chacun reflétant la lumière de l’autre. Ceci représente le vaste kaléidoscope de la réalité : toutes choses en relation et dépendance avec tout le reste. Cependant, ce n’est là qu’un aspect de la réalité, ou une seule façon de la considérer. Nous pouvons aussi dire que même la plus petite particule et chaque moment est complet discret, c’est-à-dire indépendant en soi.
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Yudo, maître zen le Ven 3 Nov 2017 - 9:03

    ONZE

    Un jour, maître Hôgen nettoyait le sol autour d’une source qui s’était remplie de sable. Il dit à un moine qui l’accompagnait : L’oeil du printemps s’est fermé parce qu’il était bloqué. Lorsque les yeux pour voir la vérité sont fermés, qu’est-ce qui les bloque ?
    Le moine ne sut que répondre.
    Maître Hôgen répondit à sa place : Ils sont bloqués par les yeux.

    Nishijima rôshi a écrit:Commentaire
    Les yeux qui cherchent la vérité ne peuvent la voir à cause de ces yeux. L’esprit qui cherche la vérité ne peut la trouver à cause de cet esprit.
    Les yeux qui cherchent la vérité sont eux-mêmes la vérité. Ils ont leur propre vérité en tant qu’yeux. L’esprit qui cherche la réalité vit dans la réalité à chaque instant de sa quête.
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Yudo, maître zen le Dim 12 Nov 2017 - 11:15

    TRENTE-HUIT

    Maître Chimon Shikan revenait à son temple après une promenade dans la montagne. Le moine en chef et une foule d’autres moines sortirent pour venir à sa rencontre alors qu’il arrivait seul. Le moine en chef dit : Maître, votre promenade dans la montagne a dû vous fatiguer et vous avez dû vivre des difficultés.
    Le maître leva son bâton de marche et dit : Toute mon énergie vient de ce bâton !
    Sur ce, le moine en chef s’avança, lui déroba le bâton, et le jeta dans un coin.
    Le maître s’écroula (comme si toute l’énergie s’était vidée de son corps).
    La foule des moines se précipita pour aider le maître à se relever. Le maître reprit le bâton et s’enfuit en courant. Puis, s’arrêtant, et se retournant face à ses assistants, il dit : Toute mon énergie vient de ce bâton !
    Nishijima rôshi a écrit:Commentaire
    Maître Chimon (Sôsen) Shikan indique qu’il tire toute son énergie de son bâton de marche, mais le moine en chef le critique pour s’appuyer sur un objet extérieur, et lui dérobe son bâton. Le maître fait ensuite semblant de tomber puisque sa source d’énergie n’est plus là. Après que les autres moines le lui aient rendu, il affirme à nouveau tirer toute son énergie de son bâton.
    Cette histoire montre un maître bouddhiste et ses disciples dans leur vie de tous les jours. Le maître et les moines s’amusent. Même dans leur jeu, il présentent l’attitude bouddhiste.
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par tangolinos le Dim 12 Nov 2017 - 19:02

    TRENTE-HUIT
    Je dirais que nul n' échappe au principe de s' appuyer sur des fondations... un peu comme si paradoxalement ces fondations ne pouvaient d'aucune manière être démontrées....
    Disons alors que chacun s'assoit sur sa foi.
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Kaïkan le Dim 12 Nov 2017 - 21:49


    Le moine en chef était vraiment stupide.
    Dans une autre histoire je crois que c'est Hyakujo - Ekai (720-814), à qui on avait essayé de cacher ses outils de jardinage sous prétexte qu'il était vieux. Il a fait la grève de la faim jusqu'à ce qu'on lui rende ses outils.  Smile
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Yudo, maître zen le Lun 13 Nov 2017 - 7:41

    Non, moi je pense plutôt que tous ils déconnent ensemble.

    Pour une fois qu'on n'est pas dans le grave et l'abscons...
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par tangolinos le Lun 13 Nov 2017 - 20:42

    Salut Yudo
    je doute fort qu'ils déconnaient ensemble comme tu le dis.
    Je suis bien d'accord avec l' idée que tu voudrais brandir et qui ne serait que bonheur.
    Or quand on déconne, on clame n'importe quoi, pour ne pas dire que tout ce qu'on clame n' est que sottise.
    Alors comment expliquerais-tu que ces sottises ont été ècrites dans des textes sacrés, pour se péréniser en tant que vérités ?
    Vois-tu, je soupçonne fortement que le maître avait vraiment quelque chose à dire à ses élèves pour accepter et faire accepter l' idée de se soumettre à quelque chose (le bâton) qu'ils dénigraient.

    Le grand machin truc, Dieu et/ou la Nature, n' utilisent-ils pas un bâton pour nous ramener dans la juste voie ?
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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par Kaïkan le Lun 13 Nov 2017 - 21:38

    Yudo, maître zen a écrit:Non, moi je pense plutôt que tous ils déconnent ensemble.

    Pour une fois qu'on n'est pas dans le grave et l'abscons...

    Je ne pense pas que le moine en chef plaisantait lorsqu'il a dérobé le bâton pour le jeter dans un coin. Par contre Shikan a transformé tout ça en plaisanterie en faisant semblant de s'écrouler comme dans une pièce de théâtre. Tous les moines se sont précipités pour le relever et il a profité de la confusion pour récupérer son bâton et lancer une dernière boutade en s'esquivant...
    Même si on conteste Shikan, Shikan ne perd pas la tête et se sort habilement des situations délicates.
    Donc laissez Shikan et son bâton.   Laughing


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    Re: Shinji Shôbôgenzô, livre II

    Message par tangolinos le Lun 13 Nov 2017 - 21:59

    Je ne pense pas que Shikan se soit soucié d' éberluer ses auditeurs, tant je soupçonne fortement qu'il était investi par l' idée de transmettre quelque chose.

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