Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    camp d'été ?

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    camp d'été ?

    Message par michel le Dim 4 Avr 2010 - 20:26

    Bonjour,

    comment ça se passe, un camp d'été ? Est-ce notablement différent d'une session de quelques jours ? Quelque chose de spécifique ?

    Michel (curieux)
    Je sais, j'ai qu'à y aller pour voir :-)
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    Re: camp d'été ?

    Message par Invité le Lun 19 Avr 2010 - 21:08

    Hello,

    je devrais certainement commencer par vous dire que ça dépend certainement de chez qui vous allez. Si le Maître chez qui vous vous rendez a un temple ou non, si c'est le sien, etc...

    Un camp d'été est différent d'une sesshin en ce sens que c'est beaucoup plus long, surtout si vous décider de participer à l'entier du camp d'été et de prendre des responsabilité de samu...

    euh, vous parlez bien d'un camp d'été zen?

    Généralement, un camp d'été zen compte des jours de préparation et des jours de sesshin. La prépa, c'est cool, on rencontre des gens, on a le temps de se promener, et puis il y a la buvette pour les acharnés...

    A la fin de la prépa vient la sessin, alors là c'est parti... on plonge dans le zazen.

    Au bout d'un mois, on a une sacrée patate... ou les jambes détruites, suivant quoi.

    Où comptiez vous vous rendre?
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    Re: camp d'été ?

    Message par michel le Mar 20 Avr 2010 - 12:24

    G-Ni a écrit:
    Où comptiez vous vous rendre?

    A court terme, nulle part, et à moyen terme, il sera bien temps de voir.
    Juste un accès de curiosité. Merci pour les renseignements !
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    Re: camp d'été ?

    Message par Yudo, maître zen le Sam 24 Juil 2010 - 22:01

    G-Ni a écrit:
    euh, vous parlez bien d'un camp d'été zen?
    Généralement, un camp d'été zen compte des jours de préparation et des jours de sesshin. La prépa, c'est cool, on rencontre des gens, on a le temps de se promener, et puis il y a la buvette pour les acharnés...

    La buvette... On voit qu'on nage en plein deshimarisme...
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    Re: camp d'été ?

    Message par TARA le Sam 24 Juil 2010 - 22:11

    Oui, et il y a aussi les plans culs en sesshin, super les gars allez y foncé!
    Vous avez remarqué que beaucoup dans ces seshins n'ont pas ou plus d'alliance, non vous n'avez pas remarqué et bien voilà une nouvelle chasse aux trésors non zen dans le zen!
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    Re: camp d'été ?

    Message par michel le Dim 25 Juil 2010 - 13:43

    J'ai trouvé un blog (http://horyu.8h10.be) qui parle du camp d'été de Maredsous, éditions 2009 et 2010.

    Bonne lecture.

    Pas exactement l'ambiance Sex, drugs & R'nRoll :-)
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    Re: camp d'été ?

    Message par lausm le Lun 26 Juil 2010 - 0:14

    Cela dit, personne n'est obligé d'aller en camp d'été pour se torcher la gueule, ni forniquer à tour de bras.
    Mais quand rien n'est interdit, ça veut dire que si on ne le fait pas, c'est parce qu'on l'a choisi.

    Cela dit, chez Roland, c'est effectivement pas dans le trip sex drugs et rock n roll.
    Peut-être même parfois trop enfant sage.

    Sinon, sur ce blog, j'ai trouvé un truc que je trouve encore plus intéressant : un film sur Dogen.

    Là : http://horyu.8h10.be/?p=2304
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    Re: camp d'été ?

    Message par shikantaza le Lun 26 Juil 2010 - 21:38

    Maître yudo,

    L'histoire de la buvette repose sur le système de l'imitation.
    On se donne des allures d'authenticité en imitant sois le sage, soit le Maître...

    Maître Untel au 9eme Siècle aimait s'enivrer après Zazen et comme c'était un éveillé il nous faut faire de même et donc nous aussi aller se finir à la buvette.

    Plus en profondeur il y a Zazen d'un côté et la buvette de l'autre...
    (Zazen) entre parenthèses et à l'autre bout la buvette sans parenthèses.
    Zazen ne devient-il pas une simple formalité dans l'attente d'aller ensuite boire un coup ?

    Car a ces buvettes parle-t-on encore de Zen ? Sont-elles une prolongation sincère de la méditation ?
    Et dans ce cas Zazen ne devient-il plus qu'un prétexte ?

    On pourra me reprocher d'être encore une fois fort critique. Mais le temps dont nous disposons est si court et si précieux… le temps consacré à la buvette est du temps qui n'est pas consacré à l'amélioration de la pratique, à l'exploration de l'infini et salutaire "ici et maintenant" etc …

    J'avoue modestement que je ne comprend plus très bien le sens de tout cela.
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    Re: camp d'été ?

    Message par Yudo, maître zen le Lun 26 Juil 2010 - 22:00

    shikantaza a écrit:Maître yudo,
    L'histoire de la buvette repose sur le système de l'imitation.
    On se donne des allures d'authenticité en imitant sois le sage, soit le Maître...
    Maître Untel au 9eme Siècle aimait s'enivrer après Zazen et comme c'était un éveillé il nous faut faire de même et donc nous aussi aller se finir à la buvette.
    Plus en profondeur il y a Zazen d'un côté et la buvette de l'autre...
    (Zazen) entre parenthèses et à l'autre bout la buvette sans parenthèses.
    Zazen ne devient-il pas une simple formalité dans l'attente d'aller ensuite boire un coup ?
    Car a ces buvettes parle-t-on encore de Zen ? Sont-elles une prolongation sincère de la méditation ?
    Et dans ce cas Zazen ne devient-il plus qu'un prétexte ?
    On pourra me reprocher d'être encore une fois fort critique. Mais le temps dont nous disposons est si court et si précieux… le temps consacré à la buvette est du temps qui n'est pas consacré à l'amélioration de la pratique, à l'exploration de l'infini et salutaire "ici et maintenant" etc …
    J'avoue modestement que je ne comprend plus très bien le sens de tout cela.

    Je pense que c'est exactement comme tu le dis. Pour ma part, si je bois encore du vin aux repas, je me suis juré de ne jamais plus me retrouver bourré comme j'ai pu l'être il y a encore une quinzaine d'années, avant que de m'engager dans la Voie. Et ce que j'ai vu à la buvette de la Gendronnière (un godo bourré en train de fricoter) ne m'a pas encouragé à penser autrement.

    Je pense qu'une buvette n'a pas sa place dans un temple bouddhiste. Point barre. A la limite, comme dans les monastères chrétiens, un verre de vin par personne au repas, et pas plus. Mais les débiles vont m'objecter qu'un repas zen se fait sans alcool. Je pose alors la question : pourquoi? Et pourquoi cette césure si franche entre la pratique et le "reste"?
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    Re: camp d'été ?

    Message par shikantaza le Lun 26 Juil 2010 - 23:17

    Merci de ta réponse et je suis pleinement en accord avec le fait que les buvettes et les enivrements n'ont aucune place dans un temple et dans tout ce que l'on peut considérer comme temple.

    En dehors d'un temple, dans la vie quotidienne, un verre de vin est une bonne chose.
    C'est sain, et si ce vin trouve sa place au cours d'un repas ce n'est plus sain mais Saint.
    Saint parce que cela est à sa juste place, là où il faut.

    Ainsi naît l'ordre véritable qui est harmonie.
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    Re: camp d'été ?

    Message par lausm le Mar 27 Juil 2010 - 0:06

    Je ne suis pas sûr qu'il y ait une recette définitive à ce propos.
    Parce que certains en ce cas, se bourrent la gueule dans leur cellule monastique.
    Je pense qu'il y a plus de problèmes d'alcool qu'on ne croit dans certains communautés monastiques, mais comme partout, c'est caché.
    Pour ma part, avoir vu le bar à ma première sesshin, m'a foncièrement rassuré.
    Il m'est arrivé parfois d'y boire un peu beaucoup, mais jamais je n'ai ressenti le côté glauque de certaines cuites que j'ai pu prendre auparavant.
    Car quand il faut aller au zazen le lendemain matin, faut assumer!
    Par contre, Deshimaru disait très clairement à ses disciples qu'il ne fallait pas suivre ses erreurs.
    Après, ceux qui se cachent derrière le comportement du maître pour ne pas vouloir évoluer ni changer, c'est leur responsabilité qui est en jeu.
    Et comme il disait, le problème n'est pas de boire, m'ais de s'enivrer, et le seuil de tolérance est variable pour chacun.

    Par contre, il est clair, que les godos bourrés qui fricotent au bar, sont souvent ceux qui parlent, le lendemain matin, de pureté et d'harmonie.
    et que donc je n'interdis ni ne cautionne.
    Ce n'est pas pire que d'apprendre qu'un gofo fait usage du cannabis, ou pire, comme j'ai rencontré, qu'on demande à une jeune pratiquante d'en ramener au temple.
    Ce que ça me confirme, c'est qu'il ne faut compter sur aucun garde fou, aucune règle, pour se contrôler, hormis soi-même.
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    Re: camp d'été ?

    Message par Yudo, maître zen le Mar 27 Juil 2010 - 12:51

    lausm a écrit:(...)
    Ce que ça me confirme, c'est qu'il ne faut compter sur aucun garde fou, aucune règle, pour se contrôler, hormis soi-même.

    Sur le blog de Brad Warner, il y a eu il y a peu une grosse discussion pour rapportée d'autres sites. En effet, Eido Shimano roshi, maître rinzaï aux EUA, a accumulé au cours des trente dernières années une masse d'abus sexuels sur de jeunes femmes. Jusque là, cela a été plutôt étouffé, mais la cocotte minute menace maintenant d'exploser. Il y a donc aux EUA (USA) des discussions pour savoir si une structure de surveillance pourrait empêcher cela. L'attitude de Brad (ce en quoi je le soutiens) c'est que les exemples sont nombreux qui montrent qu'une structure est bien plus à l'aise pour étouffer les scandales que pour mettre de l'ordre. C'est pourquoi nous souhaitons que l'aspect structurel du Dogen Sangha International reste le plus minimaliste possible selon de bonnes normes anarchiques.
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    Re: camp d'été ?

    Message par shikantaza le Mar 27 Juil 2010 - 17:13

    Ce fil de discution pose la question suivante : qu'est-ce que fuir ?

    Pourquoi prenons nous refuge dans l'alcool, le sexe ou le cannabis ?

    Et que s'agit-il de fuir ?

    On désire s'oublier soi-même, se déresponsabiliser un instant, s'offrir des évasions intérieures n'est-ce pas ? Et grâce à ces ailes intérieures on a la sensation de pouvoir partir, s'envoler …. et ce désire d'évasion devient dépendance.
    La dépendance devient plus forte, la fuite plus nécessaire, selon le degré de la peur de ce qui est.

    A la base de ces comportement il y a un terrible mensonge fait aux autres et à soi-même.
    C'est cette non sincérité qui conduit des êtres de second choix à parler de pureté alors qu'eux mêmes se laissent aller à toutes les dérives.


    La recherche obstinée du merveilleux rendra encore richissimes les vendeurs de drogues, les gourous de bas étages, les sectes de tout poil.

    Aujourd'hui la recherche du Satori est devenue à la mode, c'est nouveau, exotique, et les centres aidant à cette recherche pullulent comme les restaurants japonnais.


    La solitude, cause de cette affolement frénétique vers les plaisirs, cet isolement profond, est l’ombre qui assombrit nos vies.
    Nous faisons n’importe quoi pour y échapper, et plongeons tête première dans toutes les formes de fuite, mais elle nous poursuit et ne nous quitte pas. L’isolement caractérise notre forme de vie.

    Compassion.
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    Re: camp d'été ?

    Message par lausm le Mar 27 Juil 2010 - 17:54

    Yudo, maître zen a écrit:
    lausm a écrit:(...)
    Ce que ça me confirme, c'est qu'il ne faut compter sur aucun garde fou, aucune règle, pour se contrôler, hormis soi-même.

    Sur le blog de Brad Warner, il y a eu il y a peu une grosse discussion pour rapportée d'autres sites. En effet, Eido Shimano roshi, maître rinzaï aux EUA, a accumulé au cours des trente dernières années une masse d'abus sexuels sur de jeunes femmes. Jusque là, cela a été plutôt étouffé, mais la cocotte minute menace maintenant d'exploser. Il y a donc aux EUA (USA) des discussions pour savoir si une structure de surveillance pourrait empêcher cela. L'attitude de Brad (ce en quoi je le soutiens) c'est que les exemples sont nombreux qui montrent qu'une structure est bien plus à l'aise pour étouffer les scandales que pour mettre de l'ordre. C'est pourquoi nous souhaitons que l'aspect structurel du Dogen Sangha International reste le plus minimaliste possible selon de bonnes normes anarchiques.

    M'étonne pas!
    Je le vois à l'oeuvre avec l'AZI.
    Simplement, j'observe la façon dont a été gérée notre exclusion, prononcée en son nom par un responsable de province, alors qu'il a utilisé le nom de dirigeants même pas au courant de la chose, dans un courrier à valeur légale.
    et de toute part, je n'ai vu que l'absence, sauf de la part d'un godo encore humain, qui a essayé de nous aider alors qu'on ne pratiquait pas avec lui, et qu'il n'y avait aucun intérèt.
    COurage fuyons, chacun préservant ses intérets propres, dans une gestion bien propriétaire des choses où détachement, compassion et désintéressement sont fort absents! Par contre, deux fois qu'on me demande ma cotisation, on voir où est l'intérèt pour les structures!
    Pourtant, comme le mot sectaire est de plus en plus dans les bouches des pratiquants eux-mêmes, ils devraient faire attention!
    A force de mettre la poussière sous le tapis, ça fait des bosses énormes!
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    Re: camp d'été ?

    Message par Frantzus-Magnus le Mar 27 Juil 2010 - 19:15

    Yudo, maître zen a écrit:
    lausm a écrit:(...)
    Ce que ça me confirme, c'est qu'il ne faut compter sur aucun garde fou, aucune règle, pour se contrôler, hormis soi-même.

    Sur le blog de Brad Warner, il y a eu il y a peu une grosse discussion pour rapportée d'autres sites. En effet, Eido Shimano roshi, maître rinzaï aux EUA, a accumulé au cours des trente dernières années une masse d'abus sexuels sur de jeunes femmes. Jusque là, cela a été plutôt étouffé, mais la cocotte minute menace maintenant d'exploser. Il y a donc aux EUA (USA) des discussions pour savoir si une structure de surveillance pourrait empêcher cela. L'attitude de Brad (ce en quoi je le soutiens) c'est que les exemples sont nombreux qui montrent qu'une structure est bien plus à l'aise pour étouffer les scandales que pour mettre de l'ordre. C'est pourquoi nous souhaitons que l'aspect structurel du Dogen Sangha International reste le plus minimaliste possible selon de bonnes normes anarchiques.

    Concrètement "rester le plus minimaliste possible selon de bonnes normes anarchiques" ça veut dire quoi ?
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    Re: camp d'été ?

    Message par Yudo, maître zen le Mar 27 Juil 2010 - 22:03

    Frantzus-Magnus a écrit:
    Concrètement "rester le plus minimaliste possible selon de bonnes normes anarchiques" ça veut dire quoi ?

    Ne pas avoir de hiérarchie à proprement parler, mais seulement des réunions (réelles ou virtuelles) entre les enseignants pour remettre les choses à leur place si besoin était.
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    Re: camp d'été ?

    Message par michel le Jeu 5 Aoû 2010 - 22:26

    Pour l'histoire de la consommation d'alcool dans les communautés monastiques, voir la règle de Saint Benoit, au VIe siècle

    http://www.scourmont.be/scriptorium/rb/fra/index.htm , chap 40, la boisson

    <<
    6. Pourtant, voici ce que nous lisons : « Le vin n'est absolument pas
    fait pour les moines. » Mais, aujourd'hui, on ne peut pas les convaincre de cette
    vérité. Alors, mettons-nous d'accord au moins pour dire : il ne faut pas en boire trop,
    mais avec mesure.
    >>
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    Re: camp d'été ?

    Message par fonzie le Jeu 5 Aoû 2010 - 23:37

    Bonsoir Michel,

    Le Miroir de la Charité
    Vie Monastique
    Livre Troisième
    Aelred de Rievaulx
    (secrétaire de Saint Bernard)
    " Je te prescrit donc, au nom de Jésus Christ et dans l'Esprit de notre Dieu, de ne pas différer de mettre par écrit ce qu'une longue méditation t'a appris de l'excellence de la charité, de son fruit, de ses degrés, afin que (...)
    (...) Par ailleurs pour ménager ta modestie, que cette lettre figure donc en tête d'ouvrage afin que ce qui déplairait à un lecteur du "Miroir de la Charité", (tel est en effet le nom que nous donnons à ce livre) soit imputé non à toi qui auras obéi mais à moi qui t'ai contraint contre ton gré.
    A toi dans le Christ, frère bien aimé.

    Saint Bernard
    "


    " Chapitre XXXII
    Commençant à traiter de la mesure dans la vie humaine, on montre quelle sobriété est à garder dans un ordre naturel.

    Ainsi donc, trois ordres se rencontrent dans la conduite humaine: un ordre naturel, un ordre nécessaire, un ordre volontaire. le premier est concédé, le second est exigé, le troisième est offert. Le premier relève de la possibilité, le second de la nécessité, le troisième de la volonté. Au premier est due la grâce, au second, la miséricorde, au troisième la gloire.
    Mais exposons avec toute la clarté possible ce qu'il faut dire au sujet de chacun.

    L'ordre naturel consiste en ce que celui qui n'a commis aucun acte illicite use lui-même, s'il le veut, des choses licites, licitement toutefois.
    Il est licite, par exemple, de manger de la viande, de boire du vin, d'user du mariage, de posséder des richesses. En effet, comme le dit l'Apôtre, "tout est pur pour les purs et rien de ce qui est pris avec action de grâce ne doit être rejeté"(I Tim 4.4). Le même Apôtre condamne comme hérétique "ceux qui interdisent le mariage et ordonne de s'abstenir des aliments que Dieu a créés pour qu'ils soient pris par les fidèles avec action de grâce"(I Tim 4.3).
    Pour que l'usage de ces choses puissent être licite, il faut y garder la mesure et tenir soigneusement compte des circonstances de temps, de lieu et de genre.
    Une certaine mesure doit être raisonnablement gardée en toute chose et ne doit être en aucune manière dépassée par quiconque.
    Le Sauveur lui-même l'a prescrit:
    "Tenez-vous sur vos gardes, dit-il, de peur que vos coeurs ne s'appesantissent par l'indigestion, l'ivresse et les soucis de la vie."
    (...)

    Chapitre XXXIII
    On décrit la mesure de la satisfaction et de la purification dans l'ordre nécessaire.

    L'ordre nécessaire consiste en ce que celui qui a commis des actes illicites se restreigne dans l'usage des choses licites. En cette restriction, deux choses sont à considérer: la mesure de la satisfaction et la nécessité de la purification. La mesure de la satisfaction consiste en ce que la rigueur de la privation soit proportionnée à la mesure de la faute de telle sorte que, obéissant à la voix du Baptiste, nous fassions de dignes fruits de pénitence (Matth 3.8 ) (...)
    Mais il ne suffit pas de s'en tenir à la mesure de la satisfaction, il faut aussi examiner la nécessité de la purification. Il ne faut pas seulement se priver de choses licites en vue de faire satisfaction, il faut aussi s'appliquer à des oeuvres pénibles en vue d'extirper ou d'affaiblir les passions enracinées en nous par de mauvaises habitudes. Les exercices de l'homme extérieur sont en effet des instruments pour l'homme intérieur grâce auxquels les mauvaises passions qui empoisonnent l'âme sont plus facilement retranchées, et les souillures du visage intérieur sont plus complètement effacées, comme par une potion amère.
    C'est pourquoi celui qui est soucieux de sa purification doit d'abord déceler les passions qui l'assaillent, puis regarder de près celles qui le harcèlent davantage. Ensuite, il recherchera avec une sage attention les instruments qui pourront le mieux contrecarrer ces passions. Après examen de ces choses, qu'il lutte contre chaque passion avec un instrument approprié et qu'il s'applique, avec une ardeur soutenue, à terrasser celle qui l'assaille davantage. Ainsi mâter le ventre ("restrictio ventris"), c'est réfréner aisément la passion du désir sensuel; accabler le corps par les veilles ("afflictio vigiliarum"), c'est donner de la fermeté au coeur instable et vagabond; le silence apaise la colère, l'application au travail réprime l'acédie de l'âme. Il ne faut pourtant pas dépenser toute son énergie à éteindre une seule passion au point que l'instrument qu'est le corps ne soit plus à même de réfréner les autres. Il ne faut pas non plus se mettre fâcheusement en peine pour ne plus ressentir aucune passion; mais dès qu'elle surgit, qu'on la réprime d'après le jugement de la raison.
    (...) celui qui désire en savoir plus long sur la lutte contre les vices et leurs remèdes, qu'il lise le livre de Jean Cassien intitulé "De la formation de ceux qui renoncent". Dans un style admirable, il y a parlé de l'origine des vices, de la manière de lutter contre eux et des remèdes pour les extirper.

    Chapitre XXXIV
    Ce qu'est l'ordre volontaire et quelle est la mesure à y garder.

    (...)"

    La suite peut-être plus tard si ça intéresse quelqu'un, je suis fatiguée d'avoir coupé des bambous.

    Bonne soirée.

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    Re: camp d'été ?

    Message par Yudo, maître zen le Ven 6 Aoû 2010 - 10:01

    zaza a écrit:
    (...)"

    La suite peut-être plus tard si ça intéresse quelqu'un, je suis fatiguée d'avoir coupé des bambous.


    En tout cas, moi, ça m'intéresse.

    Mxl
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    Re: camp d'été ?

    Message par fonzie le Ven 6 Aoû 2010 - 14:21

    Bonjour Yudo,


    Chapitre XXXIV
    Ce qu’est l’ordre volontaire et quelle est la mesure à y garder
    Vient ensuite l’ordre volontaire (qu’il nous faut maintenant examiner) à propos duquel le psalmiste dit :
    "C’est volontairement que je t’offrirai le sacrifice" (Ps. 53.8 )
    Il s’agit d’un holocauste gratuit, d’une offrande agréable, d’un sacrifice volontaire, lorsque quelqu’un, à partir de choses concédées, en passant par les choses commandées, s’élève par la liberté de l’esprit aux choses proposées à ceux qui soupirent après la récompense d’une gloire plus grande. Le Sauveur appelle les plus fervents à ce sommet de perfection lorsqu’il dit :
    " Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres ; puis viens, suis-moi." (Matth. 19.21)
    Et ailleurs :
    " il y a des eunuques qui se sont rendus tels à cause du royaume des cieux. Comprenne qui pourra."(Matth. 19.21)
    De sorte que le renoncement au monde, le propos de chasteté, la profession d’une vie plus austère sont comptés comme sacrifices volontaires.
    Bien que l’entrée du royaume des cieux ne soit pas ouverte à celui qui regarde en arrière après le renoncement au monde (Lc 9.62), bien qu’aucune souillure de la chair ne soit licite après le vœu de chasteté, bien que ce soit désastreux de revenir à une vie plus relâchée après le propos de vie plus austère, cependant, loin de nous de compter cette perfection de vie (à laquelle on se soumet volontairement, non par contrainte) parmi les choses nécessaires et contraignantes. Elle est bien plutôt à compter parmi les choses volontaires puisque la nécessité (celle qui consiste à s’acquitte de son vœu) même (que l’on n’impose à personne contre son gré mais à laquelle on se soumet spontanément par désir de perfection) doit être appelée volontaire, non pas contraignante.

    Celui donc qui s’est orienté vers ces hauteurs, vers ces sommets, qu’il examine d’abord soigneusement la norme de son vœu ou propos, en quoi il consiste et quelle est son étendue ; qu’il pèse (sur la balance de l’expérience) et discerne les forces de l’homme intérieur et extérieur (Cassien, Confér. XXIV,8 )
    J’appelle forces intérieures celles par lesquelles il lutte par des exercices quotidiens contre les tentations qui lui font la guerre ; et forces extérieures celles par lesquelles il supporte avec une infatigable persévérance le poids des labeurs corporels. Bien que le labeur de l’homme intérieur et extérieur soit nécessaire au progressant (dans quelque état qu’il soit), néanmoins les exercices corporels débarrassant tout spécialement l’âme des souillures des passions ; les exercices spirituels, eux, comme de célestes parfums, l’imprègnent de la suavité des senteurs spirituelles. Mais puisque la douceur de cette onction ne convient pas à celui qui est souillé par la saleté des vices, la mortification de l’homme extérieur est davantage nécessaire à celui qui est encore assailli par les passions de la chair. Une fois ces passions apaisées ou éteintes, il lui est permis de modérer un peu les exercices extérieurs et de s’adonner plus assidûment et avec plus d’ardeur aux exercices spirituels. Il ne doit cependant pas dépasser présomptueusement la norme de sa profession ni supprimer ou mettre ans dessus dessous les distinctions des temps qui sont prescrits dans la Règle pour celui qui s’est soumis à elle. Mais, après avoir réservé à chaque activité le temps qui lui est assigné, que chacun s’adonne, tantôt plus posément, tantôt avec plus d’empressement, à ce qu’il sait lui être utile.
    Chapitre XXXV
    Réfutation d’une lettre de quelqu’un à propos de la règle et de la profession des moines.
    (...)
    S’il entend par là ce qui a rapport à la charité, à l’humilité, à la patience et autres vertus, qui (je ne dis pas quel chanoine, mais même quel chrétien) n’est soumis à ces préceptes ?
    Benoît dans sa Règle recommande-t-il une autre charité qu’Augustin dans la sienne ?
    Ne s’agit-il pas plutôt, dans l’une et l’autre, de la charité que le Christ recommande dans la loi et l’Evangile ? et l’on peut se poser la même question à propos des autres vertus.
    Quel homme sensé, exhortant (les autres) aux vertus, irait dire que ce sont ses préceptes à lui et non pas plutôt ceux du Christ ? Alors, quelle différence y-a-t-il entre les préceptes des diverses règles ? Assurément, elle réside dans la manière de se nourrir, de s’habiller, de travailler, de lire, de veiller, de psalmodier, de corriger et d’être corrigé, et autres choses du même genre qui se trouvent être différentes dans les diverses règles.
    Par conséquent, quand nous parlons de particularités propres à Basile, Augustin ou Benoît, c’est parce qu’elles ne sont pas imposées à tous les chrétiens par l’autorité de l’Evangile mais seulement proposées ; par contre, à ceux qui font profession selon une de ces règles, elles ne sont plus seulement proposées mais également imposées.
    (...)
    Chapitre XXXVI
    La mesure à garder dans l’ordre volontaire est pareillement décrite.

    (...)
    " La méditation sur les mœurs, dit-il, considère d’abord les devoirs résultant d’un précepte ou d’un vœu, et elle juge qu’il faut s’acquitter en premier lieu des obligations qui, remplies, comportent un mérite, mais non remplies, entraînent une culpabilité. On doit donc faire d’abord ce que l’on ne peut omettre sans faute. Cela fait, si l’on ajoute volontairement quelque pratique de surérogation, ce doit être sans mettre obstacle à notre devoir. Les uns veulent bien faire ce qui n’est pas leur devoir, mais ne sont pas capables de faire leur devoir. D’autres, même s’ils sont capables de faire leur devoir, se créent eux-mêmes des obstacles, en voulant faire ce qui n’est pas leur devoir. Encore : il y a deux défauts à éviter par-dessus tout dans l’action bonne : l’accablement et l’accaparement.
    Par l’accablement, la douceur de l’esprit devient amère ; par ‘accaparement, la tranquillité s’évapore.
    Il y a accablement quand on se consume d’impatience pour ce dont on est incapable ; il y a accaparement lorsque, pour réaliser ce dont on est capable, on se laisse aller à une activité démesurée.
    Ainsi donc, pour éviter une fâcheuse amertume, que l’âme accepte patiemment ses impuissances ; pour éviter un fâcheux affairement, qu’elle n’étende pas ses possibilités au-delà de ses limites."

    Chapitre XXXVII
    On montre ce que l’homme se doit à lui-même et ce qu’il doit au prochain, et l’on dit s’il doit faire passer le prochain avant lui ou bien avant le prochain.
    (...)
    "


    La suite plus tard, parce que je dois aller couper les bambous sous le

    Bonne journée.
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    fonzie
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    Re: camp d'été ?

    Message par fonzie le Ven 6 Aoû 2010 - 21:34

    ils sont tous coupés, ils repousseront mais c'est pas grave, en fait j'aime bien faire le défrichage... je fais genre "Léon"...
    http://www.youtube.com/watch?v=nfJDAHj9aIg

    Pour en revenir à la "buvette", j'ai lu tellement d'énormités dans la "buvette" du forum anarchiste, que je l'ai rebaptisée la "vue bête".
    Mais je suppose que la buvette des camps d'été zen, c'est pas pareil. Quoique des fois, ça fait du bien, en occident, ils ont ce qu'ils appellent les "agapes" après une journée de méditation, où ils mangent bien, picolent et disent des trucs qui font rigoler:
    - quel est le plus vieux fromage du monde?
    -c'est le rompit ! parce que Jésus prit le vin, le pain et le rompit.
    C'est peut-être une façon de revenir sur terre.
    (J'ai lu que "camps d'été" se dit "ango", si c'est ça, je suis intéressée par toute signification précise et origine de ce mot.)
    ----------------------------------------------------
    Chapitre XXXVII
    On montre ce que l’homme se doit à lui-même et ce qu’il doit au prochain, et l’on dit s’il doit faire passer le prochain avant lui ou bien avant le prochain.

    Ceci a été dit à propos de la mesure à garder en chacun des échelons par lesquels, tendant vers Celui que nous percevons comme devant être aimé par dessus tout, nous prenons soin du salut de notre âme en même temps que nous accordons à notre corps ce qui lui est dû selon sa nature.
    Puisque l'autorité divine nous enseigne à aimer notre prochain comme nous-mêmes, il est d'abord nécessaire que notre intelligence sache quel ordre convient à chacun. Il faut ensuite mettre tout en oeuvre pour que personne n'outrepasse la mesure de vivre prescrite dans chaque ordre.
    (...)
    Car il ne faut pas écouter ceux qui pensent que les mots "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Mc 12.31) doivent être pris au sens où l'on devrait aimer une seule personne autant que soi-même, et deux ou plusieurs personnes plus que soi-même; par conséquent, on devrait plutôt vouloir sa propre perte que celle des autres ! "Mais que donnera l'homme en échange de sa propre vie ? Que lui sert-il de gagner l'univers (fut-ce pour le sauver) s'il ruine sa propre vie ?"( Matth. 16.26)
    (...)
    L'Ecriture, délibérément, ne dit pas: "tu aimeras ton prochain" autant que toi-même, mais "comme toi-même". Elle prescrit la mesure de l'amour, elle n'en indique pas la quantité.
    (...)"


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