Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

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    HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par Kaïkan le Jeu 17 Fév 2011 - 22:15


    HOKYO ZANMAI

    Le samadhi du miroir précieux.

    Nyo ze no hõ, busso mitsu ni fusu. Nanji ima kore o etari ; yoroshiku yoku hõgo subeshi. Ginwan ni yuki o mori, meigetsu ni ro o kakusu. Rui shite hitoshikarazu ; konzuru tokinba tokoro o shiru. Kokoro kotoni arazareba, raiki mata omomuku. Dõzureba kakyû o nashi, tagaeba kocho ni otsu. Haisoku tomoni hi nari ; taikaju no gotoshi.Tada monsai ni arawaseba, sunawachi zenna ni zokusu. Yahan shõmei, tengyõ furo. Mono no tame ni nori to naru ; mochiite shoku o nuku. Ui ni arazu to iedomo, kore go naki ni arazu. Hõkyõ ni nozonde, gyõyõ ai miru ga gotoshi. Nanji kore kare ni arazu, kare masani kore nanji. Yo no yõni no gosõ gangu suru ga gotoshi. Fuko furai fuki fujû ; baba wa wa ; uku muku. Tsuini mono wo ezu, go imada tadashi karazaru ga yue ni. Jû ri rikkõ, henshõ ego, tatande san to nari; henji tsukite go to naru. Chisõ no ajiwai no gotoku, kongõ no cho no gotoshi. Shõchû myõkyõ, kõshõ narabi agu. Shû ni tsûji to ni tsûzu, kyõtai kyõro. Shakunen naru tokinba kitsu nari; bongo subekarazu. Tenshin ni shite myõ nari, meigo ni zoku sezu. Innen jisetsu, jakunen to shite shõcho su. Sai ni wa muken ni iri,dai ni wa hõjo o zessu. Gõkotsu no tagai, ritsuryo ni õzezu. Ima tonzen ari, shûshu o rissuru ni yotte. Shûshu wakaru, sunawachi kore kiku nari. Shû tsûji shu kiwamaru mo, shinjõ ruchû. Hoka jaku ni uchiugoku wa, tsunageru koma, fukuseru nezumi. Senshõ kore o kanashinde, hõ no dando to naru. Sono tendõ ni shitagatte, shi o motte so to nasu. Tendõ sõ messureba, kõshin mizukara yurusu. Kotetsu ni kanawan to yõseba, kõ zenko o kanzeyo. Butsudõ o jõzuru ni nannan to shite, jikkõju o kanzu.
    Tora no kaketaru ga gotoku, uma no yome no gotoshi. Geretsu aru o motte, hõki chingyo. Kyõi aru o motte, rinu byakko. Gei wa gyõriki o motte, ite hyappo ni atsu. Senpõ ai õ, gyõriki nanzo azukaran. Bokujin masa ni utai, sekijo tatte mõ. Jõshiki no itaru ni azaru, mushiro shiryo wo iren ya. Shin wa kimi ni bushi, ko wa chichi ni junzu. Junzezareba kõ ni arazu, busezareba ho ni arazu. Senkõ mitsuyõ wa, gu no gotoku ro no gotoshi. Tada yoku sõzoku suru o, shuchû no shu to nazuku.


    Version française


    Le samadhi du miroir précieux

    Ainsi est le Dharma que le Bouddha et les Patriarches ont transmis intimement. Maintenant vous l’avez, alors protégez-le bien. Comme un bol rempli de neige, comme un héron caché dans le clair de lune, ils sont semblables mais non identiques ; rapprochés leurs différences apparaissent. Le sens ne réside pas dans les mots, mais le moment décisif le fait apparaître. Si vous les suivez vous êtes pris au piège, si vous les négligez vous tombez dans le doute. Rejeter les mots et s’y attacher sont des erreurs, car c’est comme un grand feu, qui est utile mais dangereux. Le décrire de façon littéraire c’est le tacher de souillures. Dans l’obscurité de la nuit cela est parfaitement clair ; à la lumière du jour cela est caché. C’est la Loi qui gouverne toutes choses ; utilisez-le pour déraciner toutes les souffrances. Bien que cela ne soit pas fabriqué, ce n’est pas au-delà des mots. C’est comme devant le miroir précieux ; la forme et le reflet se regardent. Vous n’êtes pas cela mais cela est vous. C’est comme un bébé nouveau-né, il est pourvu des cinq organes des sens. N’allant ni ne venant ; n’apparaissant ni ne demeurant ; "baba, wawa" est-ce que cela dit quelque chose ou pas ? À la fin, il ne dit rien, car ses mots ne sont pas encore justes. En doublant le trigramme du feu, les lignes intérieures et extérieures interagissent. Empilées elles deviennent trois, permutées elles deviennent cinq. Comme le goût de la plante aux cinq saveurs, ou comme les cinq branches du sceptre vajra. Harmonieusement réunis au centre, le tambour et le chant arrivent ensemble. Pénétrer la source et aller sur la voie, embrasser le paysage et apprécier le chemin. Respectez cela et ne le négligez pas. Naturel et subtil, ce n’est ni l’ignorance ni l’éveil. Parmi les causes et les conditions, le temps et les saisons, il est serein et illumine. Il est si pur qu’il pénètre là où il n’y a pas d’espace, il est si vaste qu’il est au-delà de toute dimension. Si vous vous en écartez de la distance d’un cheveu, vous n’êtes plus en harmonie. Maintenant il y a le soudain et le graduel, dans lesquels les enseignements et les approches apparaissent. Quand ils se différencient chacun possède ses normes. Mais que ces enseignements et ces approches soient maîtrisés ou non, la réalité s’écoule constamment. À l’extérieur le calme, à l’intérieur l’agitation, c’est comme le cheval entravé ou le rat caché. Les sages d’autrefois eurent pitié d’eux et leur offrirent le Dharma. Conduits par leurs vues erronées ils prirent le noir pour le blanc. Quand ces vues erronées cessent, ils réalisent l’esprit qui s’harmonise naturellement. Si vous voulez suivre la voie ancienne, je vous en prie, observez les sages d’autrefois. Celui qui est sur le point de réaliser la voie de Bouddha a contemplé l’arbre pendant dix kalpas. C’est comme la blessure du tigre ou le boitillement du cheval. Parce que certains ont un manque ils cherchent le siège précieux et les vêtements décorés. Parce que d’autres ont une vision large, ils réalisent qu’ils sont comme le bœuf brun et le bœuf blanc. Hïeï par sa grande habileté atteignit la cible à cent mètres. Mais quand les flèches se touchent en plein vol, comment cela peut-il être une question d’habileté ? L’homme de bois se met à chanter, la femme de pierre se lève et danse. Cela n’est pas atteint par les sensations ni la conscience, comment cela pourrait-il concerner les discriminations ? Les ministres servent le seigneur, les enfants obéissent à leurs parents. Ne pas obéir est contraire au devoir filial, ne pas suivre n’est pas être un véritable ministre. Cachez votre pratique, agissez discrètement, apparaissez comme un fou ou bien un idiot. Juste continuer ainsi est appelé être un maître parmi les maîtres.



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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par Fa le Sam 19 Fév 2011 - 14:02

    Le samadhi du miroir précieux

    Le sens ne réside pas dans les mots, mais le moment décisif le fait apparaître. Si vous les suivez vous êtes pris au piège, si vous les négligez vous tombez dans le doute. Rejeter les mots et s’y attacher sont des erreurs, car c’est comme un grand feu, qui est utile mais dangereux.Dans l’obscurité de la nuit cela est parfaitement clair ; à la lumière du jour cela est caché.Conduits par leurs vues erronées ils prirent le noir pour le blanc. Quand ces vues erronées cessent, ils réalisent l’esprit qui s’harmonise naturellement.Parce que certains ont un manque ils cherchent le siège précieux et les vêtements décorés. Cela n’est pas atteint par les sensations ni la conscience, comment cela pourrait-il concerner les discriminations ? Les ministres servent le seigneur, les enfants obéissent à leurs parents. Ne pas obéir est contraire au devoir filial, ne pas suivre n’est pas être un véritable ministre.

    L'invité ne doit pas prendre la place de l'hôte.
    La pensée est un outil dont nous devons rester maître.
    Prendre le noir pour le blanc,
    C'est comme prendre le mot pour la chose,
    La carte pour le territoire,
    Dans l'obscurité de la nuit,
    yin et yang retournent à l'unité,
    L'esprit discriminateur,
    Ne trouve plus rien
    à quoi s'accrocher,
    Plus de miroir,
    Ni de reflet,
    Plus de leurres,
    Baba, Wawa...


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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par fonzie le Sam 19 Fév 2011 - 15:25

    Bonjour Fa,

    C'est bien cette image:
    "L'invité ne doit pas prendre la place de l'hôte"
    ils sont semblables mais non identiques...
    Le sens ne réside pas dans les mots, mais le moment décisif le fait apparaître...
    Comme le goût de la plante aux cinq saveurs, ou comme les cinq branches du sceptre vajra. Harmonieusement réunis au centre, le tambour et le chant arrivent ensemble...
    ...
    Quand ces vues erronées cessent, ils réalisent l’esprit qui s’harmonise naturellement.

    quand on dit "ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas", ça veut aussi dire que c'est semblable mais pas identique.

    http://video.google.com/videoplay?docid=5723561670355520874#
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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par tangolinos le Dim 20 Fév 2011 - 16:27

    Kaïkan a écrit:Cachez votre pratique, agissez discrètement, apparaissez comme un fou ou bien un idiot.
    FA a écrit:L'invité ne doit pas prendre la place de l'hôte.
    La pensée est un outil dont nous devons rester maître.

    "Ce qui se compte ne compte pas, et, ce qui compte ne se compte pas"

    Il me semble que ce soit Albert Einstein, qui ait écrit ça.

    Il semblerait que sa maîtrise de la relativité, lui est permis d'appréhender l'absolu...
    à moins que ce soit son appréhension de l'absolu, qui lui ait permis de maîtriser la relativité...
    ou probablement les deux à la fois.
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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par Kaïkan le Dim 20 Fév 2011 - 17:30

    Hokyo zanmaï signifie : le samâdhi du Miroir Trésor. Samâdhi veut dire concentration (absorption) en zazen. On ne peut devenir moine soto si on ne connaît pas ce livre. Il fut écrit par Maître Tozan, onzième patriarche depuis Bodhidharma avec la filiation suivante : Eka, Sozan, Doshin, Konin, Eno, Seigen, Sekito, Yakusan, Ungan et Tozan. On peut dire Tozan ou Dozan. Il y a de nombreuses prononciations différentes en Chine, selon les districts. En chinois moderne, nous dirions Tung Shan Liang Chieh et en japonais Tozan Ryokai. Né en 807, il est mort en 869.
    L’Hokyo zanmai est composé de 308 idéogrammes. Il traite de la conscience en zazen en l’analysant d’un point de vue religieux avec une pointe de philosophie. Ce livre est le livre des maîtres zen car il est composé de koan très difficiles et, rien que sur l’introduction, Maître Kodo Sawaki a écrit des commentaires d’une centaine de pages.
    Le Samâdhi du Miroir Trésor est le chant de la concentration en zazen. Comprendre ce livre, c’est comprendre la psychologie du Zen pendant zazen. La plupart des personnes font des erreurs pendant zazen au sujet de cette psychologie et ces erreurs deviennent des makyo. Aussi la compréhension réelle et profonde de ce texte vous amènera à l’état HISHYRIO, la véritable attitude de l’esprit pendant zazen.
    L’école rinzaï a débuté avec l’enseignement de Maître Rinzaï (en chinois Lin-chi I-shuan) et le soto avec les maîtres Tozan et Sozan, son disciple (en chinois Tung-shan Liang-chieh et Ts’ao-shan Pen-chi). Ce chant est composé de trente-cinq poèmes.

    Tout est Samâdhi.
    Dans le sutra du nirvana, on distingue cinq sortes de Samâdhi.
    1. Suramgama samadhi (sanscrit)
    2. Hannya haramita samadhi.
    3. Samâdhi du diamant coupeur.
    4. Samâdhi du rugissement du lion.
    5. Samâdhi de la nature du Bouddha.

    Pendant une conférence, le Bouddha Sâkyamuni prit une fleur et la fit tourner délicatement entre ses doigts. Ses disciples présents ne comprirent pas ce geste, seul Mahakashyapa sourit… Alors le Bouddha lui dit : « Le secret du nirvana, mon merveilleux esprit, toi seul l’a réalisé, je te le donne… »
    C’est le Samâdhi de l’esprit du Bouddha.

    L’esprit du bouddha est comme un miroir et l’esprit de Mahakashyapa se reflétait dedans. Cette image qui se reflétait était un esprit parfaitement pur, l’esprit originel, en parfaite et totale unité avec l’esprit du Bouddha.Le Bouddha était le miroir. L’esprit de Mahakashyapa pénétra dans le miroir. Seul le karma, seul la forme de Mahakashyapa regardait le miroir mais le reflet du miroir n’était pas Mahakashyapa, c’ètait l’esprit parfaitement originel, pur, en unité parfaite avec l’esprit du Bouddha, avec la lumière de Bouddha.
    Le reflet de Mahakashyapa était devenu le Bouddha. Mahakashyapa regardait objectivement son esprit dans celui du Bouddha. Et cela Mahakashyapa l’avait compris.
    C’est le point fondamental de l’Hokyo Zan Maï.
    "L’image dans le miroir est vous,
    Mais vous n’êtes pas l’image. "

    Votre existence propre n’est pas l’image du miroir. Mahakashyapa sourit et s’harmonisa totalement, devint unité, esprit originel et esprit du Bouddha.
    C’est la parfaite transmission "de mon âme à ton âme". I shin den shin. Réaliser cette harmonie parfaite avec l’esprit du maître permet de recevoir la transmission.



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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par Kaïkan le Lun 4 Avr 2011 - 23:43


    Tourner le dos, toucher, ni l’un ni l’autre ne valent,
    C’est comme une boule de feu.



    Qu’est-ce que cette boule de feu qu’on ne peut saisir, qu’on ne peut toucher, et dont on ne doit pas non plus s’éloigner? Qu’est-ce que cette juste distance?

    La notion de justesse, d’exactitude est très importante dans notre pratique, dans l’enseignement que nous avons reçu. Je sais que les mones enseignants insistent beaucoup là-dessus, Deshimaru le faisait aussi, Kodo Sawaki également. Dans les commentaires du Shodoka par Kodo Sawaki, il y a une phrase qui dit: «À chaque instant, je fais simplement ce qu’il y a à faire.» Comment fait-on à chaque instant ce qu’il y a à faire? Comment se comporte-t-on exactement, avec justesse?
    Il y a un enseignement qu’aimait bien donner Étienne Mokusho Zeisler et que je trouve éclairant à ce sujet. Étienne aimait commenter des phrases comme «Le grand oiseau Garuda ne se nourrit pas de souris mortes» ou «L’éléphant ne joue pas sur le sentier des lapins.» Nous pouvons comprendre ce que cela veut dire. Le disciple de la Voie ne perd pas son temps en mondanités, en tricheries, en faux-semblants. Il n’a rien à montrer, rien à cacher. Cela vaut bien entendu pour nos comportements dans la vie quotidienne, mais la source de l’exactitude de nos comportements, nous la trouvons dans zazen. Cela veut dire qu’en zazen nous ne vagabondons pas, nous ne suivons pas nos pensées vagabondes, nous ne les entretenons pas. Huang Po écrit: «Si votre esprit vagabond veut vagabonder, ne le suivez pas et il cessera tout naturellement de vagabonder.»

    Tout l’enseignement de l’Hokyozanmai concerne cette juste distance — la forme et le reflet, le héron blanc et la lumière de la lune, la neige et le plateau d’argent. Il y a similitude mais chacun garde sa juste place. Jamais l’ego ne pourra saisir, embrasser l’ordre universel. «C’est comme une boule de feu.» Mais jamais non plus l’ego ne pourra sortir de l’ordre universel. S’il choisit de l’ignorer, il va se perdre dans ses rêves, ses illusions, il va passer la vie comme un songe, sans jamais accéder à sa vraie nature, sans jamais toucher du doigt la réalité.
    Ne pas se brûler, ne pas mourir de froid. «Trouver, disait Dogen, sa juste place dans l’ordre naturel des choses.»


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    Le Recueillement accompli dit "Miroir précieux"

    Message par gigi le Dim 23 Fév 2014 - 7:28

    Hokyozanmai - Le Recueillement accompli dit "Miroir précieux"

    Hôkyôzanmai

    (Maître Dongshan Liangjie [Tôzan Ryôkai]
    Chine, 807-869)

    Traduit du Sino-japonais par le maître-zen Kengan D. Robert



    La  Réalité d’un éveillé telle quelle,
    Les bouddhas patriarches l’ont touchée en secret.
    Vous qui maintenant l’avez obtenue,
    Je vous en prie, conservez-la intacte.

    Comme pour un bol d’argent couvert de neige,
    Ou une grue cachée dans l’éclat de la lune,
    Les choses s’y ressemblent sans être égales.
    Même confondues, on sait où elles sont.

    Son sens ne se trouve pas dans les mots,
    Il évolue au fil des occasions.
    Emu, et vous voici au fond d’un trou.
    En contradiction, et vous voilà hésitant.

    S'en écarter ou l'approcher,
    Ni l’un ni l’autre l'on ne peut.
    Elle est comme un soleil !

    Exprimez-la en langue ornée,
    Et la voilà souillée !
    Le mitan de la nuit la fait luire en plein,
    Et elle s’évanouit aux lueurs de l’aube.

    Elle est la norme qui régit les choses,
    Usez-en pour abolir la souffrance.
    Même si elle n’est pas conditionnée,
    Les mots ne manquent pas pour en parler.

    Tout comme vos traits et leur reflet
    S’entre-regardent dans un miroir précieux.
    Vous n’êtes pas elle,
    Mais elle est bien vous.

    Elle a les cinq marques d’un nouveau né,
    Qui ne s’en va ni ne s’en vient,
    Qui ne se lève ni ne reste en place.
    Et dont le babil, phrase ou non,
    N’obtient finalement rien :
    Les mots n'y étant pas encore justes.

    Elle mute comme, de l’hexagramme 'Feu',
    Les traits qu'on arrange,
    Et qui, superposés, donnent trois,
    Et cinq quand ils sont permutés.

    Elle embrasse l’interdépendance merveilleuse
    De l’infinie variété des choses du monde.
    Comme les cinq goûts de l’herbe shiso,
    Comme le sceptre diamant.

    Elle est le tambour
    Qui accompagne un chant,
    A l'unisson.

    Elle passe par l’origine,
    Elle parcourt les voies,
    Elle s’insère dans toute zone,
    Elle s’insinue par tout passage.

    Si l'on s'applique à bien la respecter,
    L’augure sera heureux.
    Rien ne peut s’opposer
    A son ordre des choses.

    Mystérieuse par son état naturel,
    Elle ne relève ni de l’illusion, ni de l’éveil.

    Selon les causes-et-conditions et les occasions,
    Elle brille en silence.
    Si mince, qu’elle s’insère où il n’y a pas de faille,
    Si grande, qu’elle dépasse toutes les limites.

    Pourtant, dès le plus infime écart,
    On se désaccorde de son harmonique.

    Aujourd’hui existent
    Un éveil immédiat et un éveil graduel.
    Des systèmes religieux apparaissent,
    Et, à cause de cela, se divisent.
    Aussitôt, ils en font des normes.
    Que les religions qui suivent ces normes,
    Arrivent à l’appréhender ou non,
    La réalité, elle, poursuit son cours.

    Calmes au dehors, vibrants en dedans,
    Comme un cheval entravé ou un rat tapi,
    Les bouddhas du passé poussés par la pitié,
    Ont fait don de la Réalité de bouddha.
    Car à suivre des idées erronées,
    On prend de la soie noire pour de l’écrue.
    Mais ces idées erronées une fois entre-détruites,
    Les esprit abusés se réforment d’eux-mêmes.

    Si vous aspirez à suivre la piste ancienne,
    Je vous en prie contemplez les sages d’antan,
    Comme ce bouddha qui, sur le point de réaliser son Eveil,
    A contemplé un arbre durant dix éons.

    Une vie de misère,
    Fait se révéler le trésor de la nature de bouddha,
    Comme l’oreille manquante d’un tigre,
    Comme les balzanes d’un cheval.

    Son prodige fait que même les êtres obtus en sont touchés
    Comme par des flèches tirées à cent pas par Yi l'expert.
    Et si une lance atteint sa flèche en plein vol,
    En quoi son expertise est-elle neutralisée ?

    Qu’une femme stérile se lève et danse
    Quand un nigaud chante,
    Ne relève ni du sentiment ni de la conscience.
    Mieux ! a-t-elle même besoin d’y réfléchir ?

    Un vassal sert son suzerain,
    Un fils obéit à son père.
    Ne pas obéir ce n’est pas être bon fils,
    Ne pas servir ce n’est pas aider.

    La pratique des bouddhas patriarches
    Quotidienne, sérieuse et sans ostentation
    Dans les comportements ordinaires
    Semble niaise ou absurde.
    Pourtant le fait qu’elle se perpétue
    Par exacte transmission mutuelle,
    L'a fait nommer :
    « Souveraine parmi les souverains. »

    http://www.denshinji.fr/Hokyozanmai.html

    ***
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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par fonzie le Dim 23 Fév 2014 - 8:21

    Bonjour,


    gigi a écrit:(...) Comme pour un bol d’argent couvert de neige,
    Ou une grue cachée dans l’éclat de la lune,
    Les choses s’y ressemblent sans être égales.
    Même confondues, on sait où elles sont.

    Son sens ne se trouve pas dans les mots,
    Il évolue au fil des occasions. (...)
    A ce propos, d'abord dire que j'ai rectifié dans ce message:
    http://zen-et-nous.1fr1.net/t1594-encore-le-sectarisme-azedique-grrrrrr#27395
    suite à:
    http://zen-et-nous.1fr1.net/t1593-encore-brad-warner-le-cercle-de-la-voie-de-maitre-dogen#27396
    car de toute évidence, ce qui se passe dans l'invisible n'a rien à voir avec ce qui se passe dans le visible.

    Ensuite, c'est comme dans:
    Le mitan de la nuit la fait luire en plein
    j'ai d'abord cru qu'il voulait dire le "matin", mais ça doit être le "mitan".

    Et par ailleurs, je trouve que la "grue" "ressemble" à l'ibis (sacré en Egypte ancienne) et à la cigogne (des légendes européennes).


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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par gigi le Dim 23 Fév 2014 - 8:37

    Fonzie dit:


    Et par ailleurs, je trouve que la "grue" "ressemble" à l'ibis (sacré en Egypte ancienne) et à la cigogne (des légendes européennes).

    gigi dit:

    C'est un texte qui en dit si long que l'on ne peut rien en dire, je l'aime beaucoup, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas relu,

    J'adore les grues, j'ai un grand tableau qui me sert de tête de lit, ce sont les mêmes grues que sur ton image, ce sont des êtres fidèles, un couple reste ensemble toute leur vie  Smile 
    Tu as fais de bons  parallèles  Smile 
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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par Kaïkan le Dim 23 Fév 2014 - 19:39

    Autre version extrait du site des deux versants : http://deuxversants.com/wp/?page_id=307


    Hokyozanmai


    Le Samadhi du miroir précieux
    Tozan Ryokai

    L'auteur
    Tozan Ryokai (ch. Tung-shan Liang-chieh, 807-869), patriarche du chan, disciple de Ungan donjo. On le considère comme le cofondateur de l'école soto, avec son disciple Sozan Honjaku (Ts'ao-shan Pen-chi). Dans l'ordre chronologique, l'Hokyozanmai est le quatrième et dernier des grands textes fondateurs du chan.


    Le texte


    L’enseignement de l’ainsité authentique
    Est transmis intimement par les bouddhas et les patriarches.
    Il est à vous maintenant,
    Préservez-le soigneusement.
    Un bol en argent rempli de neige,
    Un héron blanc enveloppé par la clarté de la lune.
    Ils sont similaires mais non identiques.
    Mêlés intimement chacun connaît sa place.
    Le vrai sens ne réside pas dans les mots,
    Il se manifeste au moment opportun.
    Piégés par les mots vous tombez dans un gouffre,
    En désaccord avec les mots vous sombrez dans le doute.
    Tourner le dos, toucher, ni l’un ni l’autre ne valent,
    C’est comme une boule de feu.
    Limiter cela à l’aspect littéraire,
    C’est le souiller et le ternir.
    Minuit est la vraie lumière,
    L’aube n’est pas claire.
    Cette règle vaut pour toutes choses,
    Elle abolit toutes les souffrances.
    Bien que cela ne soit pas construit,
    Ce n’est pas sans langage.
    Comme dans le miroir précieux,
    La forme et le reflet se regardent,
    Vous n’êtes pas le reflet,
    Mais le reflet est vous.
    Comme est le nouveau-né dans le monde,
    Doté des cinq caractéristiques:
    Il ne va ni ne vient,
    Il n’apparaît ni ne reste
    Et ne parle pas.
    Babawawa.
    Mots ou pas mots ?
    Finalement il ne peut obtenir son objet,
    Car ses mots ne sont pas exacts.
    Les six lignes de l’hexagramme du feu interagissent,
    L’oblique et le droit se succèdent.
    Empilés ils donnent trois,
    Permutés ils donnent cinq.
    Comme les cinq saveurs de la plante chisso,
    Comme les cinq branches du sceptre de diamant (vajra).
    Le droit et l’oblique merveilleusement embrassés,
    Le rythme et la mélodie apparaissent de concert.
    Être intime avec l’origine, parcourir la Voie,
    Se pénétrer de cela et rester sur le chemin.
    Dans la fusion et l’harmonie, il y a bonheur
    Et aucune erreur n’est commise.
    Innocent et mystérieux,
    Cela ne relève ni de l’ignorance ni de l’éveil.
    Au sein des causes et des conditions, du temps et des saisons,
    Cela brille tranquillement.
    Si petit que cela pénètre là où il n’y a pas d’interstice,
    Si vaste que cela transcende la dimension.
    Il suffit d’un écart infime
    Pour ne plus être en harmonie.
    Maintenant il y a le subit et le graduel
    Avec les principes et les méthodes qui en découlent.
    Lorsqu’on distingue les principes et les méthodes,
    Les normes apparaissent.
    Que les principes et les méthodes soient ou non maîtrisés
    Le flux du réel est constant.
    Extérieurement calme, intérieurement agité,
    Comme le cheval entravé ou le rat caché.
    Les anciens sages se sont affligés de cela,
    Aussi nous ont-ils fait don de la Loi.
    Conduit par une vue inversée des choses,
    On confond le noir et le blanc.
    Quand la vue inversée des choses disparaît,
    La compréhension apparaît spontanément.
    Si vous voulez marcher sur les traces anciennes,
    Étudiez attentivement l’exemple des anciens.
    Pour que se réalise la Voie du Bouddha
    L’arbre a été contemplé pendant dix kalpa.
    Comme les oreilles lacérées du tigre,
    Comme les poils blancs du cheval.
    Pour les hommes aux capacités inférieures,
    Les objets précieux et les décorations.
    Pour ceux qui sont dans l’effarement,
    Le chat et le bœuf blanc.
    L’archer habile et fort
    Atteint le milieu de la cible à une très longue distance.
    Mais quand deux pointes de flèche se rencontrent en plein vol,
    À quoi serviraient la technique et la force ?
    L’homme de bois chante,
    La femme de pierre se lève et danse.
    C’est au-delà des sentiments et des pensées,
    À quoi bon faire des considérations ?
    Le suivant sert le roi,
    L’enfant obéit à son père.
    Ne pas obéir est indigne d’un enfant,
    Ne pas suivre est un gâchis inutile.
    Cachez votre pratique, fonctionnez secrètement,
    Comme un idiot, comme un fou.
    Continuer de la sorte
    Est appelé le principe au sein du principe (l’hôte dans l’hôte).

    PS :
    Comme les oreilles lacérées du tigre,
    Comme les poils blancs du cheval.

    En fait il s'agit des tâches blanches derrière les oreilles du tigre et des balzanes (blanches) des chevaux. On fait allusion à ces petits défauts qui permettent de les repérer la nuit.
    Les traductions sont très souvent douteuses et il faut lire plusieurs versions à moins qu'on apprenne le japonais ou bien qu'on trouve un traducteur émérite qui connaisse le zen et le pratique. C'est pas gagné...
     Laughing 





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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par Yudo, maître zen le Lun 24 Fév 2014 - 11:08

    Kaïkan a écrit:
    Les traductions sont très souvent douteuses et il faut lire plusieurs versions à moins qu'on apprenne le japonais ou bien qu'on trouve un traducteur émérite qui connaisse le zen et le pratique. C'est pas gagné...

    Je voudrais quand même signaler que l'original est en chinois, pas en japonais...
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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par Kaïkan le Lun 24 Fév 2014 - 11:15


    Une autre version pas mal du tout ♥ extrait de → : http://www.bouddha.ch/Zanmai.htm



    Hokyo Zan Mai


    Nyo ze no hõ, busso mitsu ni fusu. Nanji ima kore wo etari. Yoroshiku yoku hõgo subeshi. Ginwan ni yuki wo mori.Meigetsu ni ro wo kakusu. Ruishite hitoshikarazu. Konzuru tokinba tokoro wo shiru. Kokorokoto ni arazareba, raiki mata omomuku. Dõzureba kakyu wo nashi, tagaeba kocho ni otsu. Haisoku tomoni hi nari. Daijaku no gotoshi.Tada monsai ni arawaseba, sunawachi zenaa ni zokusu Yahan shõmei, tengyõ furo Mono no tameni nori to naru. Michite shoku wo nuku. Ui ni arazu to iedomo, kore go naki ni arazu.

    Hõkyõ ni nozonde, gyõ-yõ aimiru ga gotoshi. Nanji kore kare ni arazu, kare masani kore naji. Yo no yõji no gosõ gangu suruga gotoshi. Fukyo furai, fiku fuju, baba wa wa, uku muku, tsui ni mono wo ezu. Go imada tadashikarazaru-ga yueni. Ju-ri rikkõ hen-shõ e-go, tatande san to nari, henji tsukite go to naru. Chisõ no ajiwai no gotoku. Kongõ no cho no gotoshi. Shõ-chû myõ-kyõ, kõshõ narabi agu Shû ni tsûji to ni tsûzu, kyõtai kyõ-ro.

    Shakunen naru tokinba kitsu nari. Bongo subekarazu. Tenshin ni shite myõ mari. Meigo ni zoku sezu. Innen jisetsu, jaku-nen to shite shõ-cho su. Sai ni wa muken ni iri,dai ni wa hõjo wo zesu. Gõkotsu no tagai, ritsuryo ni ozezu. Ima tõzen ari. Shu-Shu wo rissuru ni yotte, shû-shu wakaru. Sunawachi kore kiku nari. Shû tsûji shu kiwamaru-mo, shinjõ ruchû. Hoka jaku ni, uchiogoku wa, tsunageru koma, fukuseru nezumi. Senshõ kore wo kanashide hõ no dando to naru. Sono tendõ ni shitagatte, shi wo motte so to nasu. Tendõ sõ-messu reba, kõshin mizukara yurusu.Kotetsu ni kanawan to yõseba,kõ zenko wo kanzeyo.

    Butsu-dõ wojõzuru ni nannan to shite jukkõ ju wo kanzu.Tora no kaketaru ga gotoku, uma no yome no gotoshi. Geretsu aru wo motte, hõ kichingyo, kyõri aru wo motte rinu byakko.Gei wa gyõriki wo motte iti hyappo ni atsu, senpõ aiõ, gyõ riki nanzo azukaran. Bokujin masani utai, sekijo tatte mau. Jõshiki itaru ni azaru, mushiro shiryo wo irenya. Shin wa kimi ni bushi, ko wa chichi ni junzu.Junzezareba kõni arazu, buse-zareba ho ni arazu.Senkõ mitsuyõ wa gu no gotoku, ro no gotoshi. Tada yoku sõzuku suru wo, shu-chû no shu to nazaku.


    Hokyo Zan Mai



    Sans erreur et sans doute, tel est le Dharma.
    Le Bouddha et les Maîtres de la transmission n'en ont pas parlé,
    À l'instant, vous pouvez l'obtenir,
    Aussi, je vous en prie, conservez-le intact.
    La neige sur le plateau d'argent,
    La lune qui éclaire le héron blanc sont proches, mais non identiques,
    Intimement mêlés, mais chacune persévère en son être.
    La conscience n'est point langage,
    Mais, s'il le faut, nous devons nous exprimer.
    Troublés par les mots, vous ne pouvez éviter le gouffre,
    En désaccord avec les mots, vous arrivez à l'impasse du doute.
    S'éloigner ou toucher, l'un et l'autre sont erronés,
    Cela est comme une boule de feu.

    Minuit est la vraie lumière, l'aube n'est pas claire.
    Ce précepte doit devenir la règle :
    Si vous savez l'utiliser, Vous éliminez souffrances et difficultés.
    Sans langage, cela peut devenir conscient,
    Si cela est inconscient, cela devient langage.
    Quand vous vous regardez dans un miroir,
    Forme et reflet se font face.
    Vous n'êtes pas le reflet, mais le reflet est vous.
    Quand le droit et l'oblique se rencontrent et se croisent,
    Demande et réponse coïncident exactement.
    Cela est intime avec l'origine, familier avec la Voie.
    Si le mélange s'accomplit, naît la félicité,
    Mais ne doit pas subsister la moindre erreur.
    C'est innocent et mystérieux,
    Ce n'est ni illusion ni illumination.
    La loi d'interdépendance se réalise dans le silence et la clarté du cœur.
    Le microcosme pénètre dans l'infini,
    Le macrocosme ne connaît point de limites.
    Mais que surgisse la moindre différenciation, et se rompt l'harmonie musicale.
    De nos jours, coexistent le subit et le graduel,
    II y a "séparation et comparaison".
    Quelle que soit la compréhension de chacun,
    Quelle que soit sa réalisation,
    Même le véritable Éveil n'échappe pas à la souillure.
    Au-dehors, le calme, au-dedans, le mouvement,
    C'est comme le cheval entravé et le rat qui se cache.
    Tous les maîtres de la transmission s'en sont affligés
    Aussi, ont-ils divulgué le Dharma.
    Chacun suit l'illusion et se fourvoie,
    II ne distingue plus le blanc du noir
    Mais, quand l'illusion se dissipe,
    Chacun peu comprendre par lui-même.
    Si vous désirez suivre Les anciennes traces transmises
    Je vous en prie, examinez avec attention l'exemple des anciens.
    L'arbre a été observé depuis dix millions d'années pour réussir la Voie du Bouddha.
    Comme le point faible du tigre, comme les yeux nocturnes du cheval,
    Parce qu'ils se sous-estiment, les êtres humains croient Inaccessible le trésor
    Et leur esprit rôde dans l'horreur.
    Aussi, pour eux, le maître doit-il se changer en chat ou en bœuf blanc.  
    Le maître du tir à l'arc grâce à sa technique parfaite
    Peut atteindre la cible même à la plus grande distance.
    Mais si la flèche et la lance se heurtent en plein vol
    II n'est plus question de technique.
    L'homme de bois chante, la femme de pierre se lève et danse.
    Les suivants doivent obéir au souverain, le fils doit suivre le père.
    Ne pas suivre est contraire au devoir familial,
    Ne pas obéir serait contraire à l'ordre.
    L'action cachée, intime et secrète, du dehors paraît stupide et bornée,
    Cela s'appelle le sujet dans le sujet,
    Cela seulement réussit.



    Voir aussi ce lien pour chinois, japonais et anglais → ICI


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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par Kaïkan le Sam 29 Oct 2016 - 20:02


    Et voici la version des Deux versants : http://deuxversants.com/wp/?page_id=307


    Les grands textes fondateurs




    Hokyozanmai





    Le Samadhi du miroir précieux, de Tozan Ryokai


    L’auteur
    Tozan Ryokai (ch. Tung-shan Liang-chieh, 807-869), patriarche du chan, disciple de Ungan donjo. On le considère comme le cofondateur de l’école soto, avec son disciple Sozan Honjaku (Ts’ao-shan Pen-chi). Dans l’ordre chronologique, l’Hokyozanmai est le quatrième et dernier des grands textes fondateurs du chan. Des commentaires de ce texte rédigés par Luc Boussard ont été publiés chez Deux versants éditeurs sous le titre Le Samadhi du miroir précieux(1). On peut le commander en ligne.

    Le texte
    L’enseignement de l’ainsité authentique
    Est transmis intimement par les bouddhas et les patriarches.
    Il est à vous maintenant,
    Préservez-le soigneusement.
    Un bol en argent rempli de neige,
    Un héron blanc enveloppé par la clarté de la lune.
    Ils sont similaires mais non identiques.
    Mêlés intimement chacun connaît sa place.
    Le vrai sens ne réside pas dans les mots,
    Il se manifeste au moment opportun.
    Piégés par les mots vous tombez dans un gouffre,
    En désaccord avec les mots vous sombrez dans le doute.
    Tourner le dos, toucher, ni l’un ni l’autre ne valent,
    C’est comme une boule de feu.
    Limiter cela à l’aspect littéraire,
    C’est le souiller et le ternir.
    Minuit est la vraie lumière,
    L’aube n’est pas claire.
    Cette règle vaut pour toutes choses,
    Elle abolit toutes les souffrances.
    Bien que cela ne soit pas construit,
    Ce n’est pas sans langage.
    Comme dans le miroir précieux,
    La forme et le reflet se regardent,
    Vous n’êtes pas le reflet,
    Mais le reflet est vous.
    Comme est le nouveau-né dans le monde,
    Doté des cinq caractéristiques:
    Il ne va ni ne vient,
    Il n’apparaît ni ne reste
    Et ne parle pas.
    Babawawa.
    Mots ou pas mots ?
    Finalement il ne peut obtenir son objet,
    Car ses mots ne sont pas exacts.
    Les six lignes de l’hexagramme du feu interagissent,
    L’oblique et le droit se succèdent.
    Empilés ils donnent trois,
    Permutés ils donnent cinq (2).
    Comme les cinq saveurs de la plante chisso  (3),
    Comme les cinq branches du sceptre de diamant (vajra)note (4).
    Le droit et l’oblique merveilleusement embrassés,
    Le rythme et la mélodie apparaissent de concert.
    Être intime avec l’origine, parcourir la Voie,
    Se pénétrer de cela et rester sur le chemin.
    Dans la fusion et l’harmonie, il y a bonheur
    Et aucune erreur n’est commise.
    Innocent et mystérieux,
    Cela ne relève ni de l’ignorance ni de l’éveil.
    Au sein des causes et des conditions, du temps et des saisons,
    Cela brille tranquillement.
    Si petit que cela pénètre là où il n’y a pas d’interstice,
    Si vaste que cela transcende la dimension.
    Il suffit d’un écart infime
    Pour ne plus être en harmonie.
    Maintenant il y a le subit et le graduel  (5)
    Avec les principes et les méthodes qui en découlent.
    Lorsqu’on distingue les principes et les méthodes,
    Les normes apparaissent.
    Que les principes et les méthodes soient ou non maîtrisés
    Le flux du réel est constant.
    Extérieurement calme, intérieurement agité,
    Comme le cheval entravé ou le rat caché.
    Les anciens sages se sont affligés de cela,
    Aussi nous ont-ils fait don de la Loi.
    Conduit par une vue inversée des choses,
    On confond le noir et le blanc.
    Quand la vue inversée des choses disparaît,
    La compréhension apparaît spontanément.
    Si vous voulez marcher sur les traces anciennes,
    Étudiez attentivement l’exemple des anciens.
    Pour que se réalise la Voie du Bouddha
    L’arbre a été contemplé pendant dix kalpa (6).
    Comme les oreilles lacérées du tigre,
    Comme les poils blancs du cheval.
    Pour les hommes aux capacités inférieures,
    Les objets précieux et les décorations.
    Pour ceux qui sont dans l’effarement,
    Le chat et le bœuf blanc.
    L’archer habile et fort
    Atteint le milieu de la cible à une très longue distance.
    Mais quand deux pointes de flèche se rencontrent en plein vol,
    À quoi serviraient la technique et la force ?
    L’homme de bois chante,
    La femme de pierre se lève et danse.
    C’est au-delà des sentiments et des pensées,
    À quoi bon faire des considérations ?
    Le suivant sert le roi,
    L’enfant obéit à son père.
    Ne pas obéir est indigne d’un enfant,
    Ne pas suivre est un gâchis inutile.
    Cachez votre pratique, fonctionnez secrètement,
    Comme un idiot, comme un fou.
    Continuer de la sorte
    Est appelé le principe au sein du principe (l’hôte dans l’hôte).

    Notes :
    1. Samadhi: concentration, recueillement.
    2. Ces vers font référence au Yi-king, très ancien traité de divination.
    3. Chisso: herbe utilisée dans lacuisine chinoise et japonaise.
    4. Vajra: diamant, symbole de la vacuité.
    5. Référence à la querelle entre l’école du sud et l’école du nord à propos du « gradualisme » ou du « subitisme » de l’illumination.
    6. Période de temps incalculable.





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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par gigi le Sam 29 Oct 2016 - 20:24

    Ce magnifique texte dit tout et ne dit rien, voilà sa force Smile
    Merci kaikan
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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par zanshin le Dim 30 Oct 2016 - 5:50

    tao
    On avait déjà la version des Deux versants dans le message n° 10. Sauf que cette fois-ci il y a les notes et donc c'est plus complet.
    Mais ça ne fait rien c'est un très beau texte (comme le mentionne gigi) et on ne se lasse pas de le relire. Very Happy
    T. Deshimaru disait que pour devenir maître zen au japon il fallait avoir résolu tous les kôan de l' Hokyo zanmai.

    J'ai trouvé une nouvelle version de M. Kengan D. Robert.
    Il parait que c'est traduit directement du sino-japonais. (une langue zen je suppose  Laughing )


    Hôkyôzanmai - Le Recueillement accompli dit « Miroir précieux »

    La Réalité de bouddha telle quelle,
    Les bouddhas patriarches l’ont touchée en secret.
    Vous qui maintenant l’avez obtenue,
    Je vous en prie, conservez-la intacte.
    Comme pour un bol d’argent couvert de neige,
    Ou une grue cachée dans l’éclat de la lune,
    Les choses s’y ressemblent sans être égales.
    Même confondues, on sait où elles sont.
    Son sens ne se trouve pas dans les mots,
    Il évolue au fil des occasions.
    Emu, et vous voici au fond d’un trou.
    En contradiction, et vous voilà hésitant.
    Lui tourner le dos
    Ou s’en approcher,
    Ni l’un ni l’autre, il ne faut.
    Elle est une masse ardente !
    Exprimez-la en langue ornée,
    Et la voilà souillée !
    Le mitan de la nuit la fait luire en plein,
    Et elle s’évanouit aux lueurs de l’aube.
    Elle est la norme qui régit les choses,
    Usez-en pour abolir la souffrance.
    Même si elle n’est pas conditionnée,
    Les mots ne manquent pas pour en parler.
    Tout comme vos traits et leur reflet
    S’entre-regardent dans un miroir précieux.
    Vous n’êtes pas elle,
    Mais elle est bien vous.
    Elle a les cinq marques d’un nouveau né,
    Qui ne s’en va ni ne s’en vient,
    Qui ne se lève ni ne reste en place.
    Et dont le babil, phrase ou non,
    N’obtient finalement rien :
    La parole n’étant pas encore juste.
    Elle interagit comme, de l’hexagramme « Feu »,
    Les traits que l’on arrange,
    Et qui, superposés, donnent trois,
    Et cinq quand ils sont permutés.
    Elle embrasse l’interdépendance merveilleuse
    De l’infinie variété des choses du monde,
    Comme les cinq goûts de l’herbe shiso,
    Comme le sceptre diamant.
    Elle est le tambour accompagnant
    Le chant à l’unisson.
    Elle passe par l’origine,
    Elle parcourt les voies,
    Elle s’insère dans toute zone,
    Elle s’insinue par tout passage.
    Si l’on s’applique à bien la respecter,
    L’augure sera heureux.
    Rien ne peut s’opposer
    A son ordre des choses.
    Mystérieuse par son état naturel,
    Elle ne relève ni de l’illusion, ni de l’éveil.
    Selon les causes-et-conditions et les occasions,
    Elle brille en silence.
    Si mince, qu’elle s’insère où il n’y a pas de faille,
    Si grande, qu’elle dépasse toutes les limites.
    Pourtant, dès le plus infime écart,
    On se désaccorde de son harmonique.
    Aujourd’hui existent
    Un éveil soudain et un éveil graduel.
    Des systèmes religieux apparaissent,
    Et, pour cette raison, se divisent.
    Aussitôt, ils en font des normes.
    Que les religions qui suivent ces normes,
    Arrivent à l’appréhender ou non,
    La réalité, elle, poursuit son cours.
    Calmes au dehors, vibrants en dedans,
    Comme un cheval entravé ou un rat tapi,
    Les bouddhas du passé poussés par la pitié,
    Ont fait don de la Réalité de bouddha.
    Car à suivre des idées erronées,
    On prend de la soie noire pour de l’écrue.
    Mais ces idées erronées une fois entre-détruites,
    Les esprit abusés se réforment d’eux-mêmes.
    Si vous aspirez à suivre la piste ancienne,
    Je vous en prie contemplez les sages d’antan,
    Comme ce bouddha qui, sur le point de réaliser son Eveil,
    A contemplé un arbre durant dix éons.
    Qu’une vie de misère,
    Fasse se révéler le trésor de la nature de bouddha,
    Comme l’oreille manquante d’un tigre,
    Comme les balzanes d’un cheval.
    Son prodige fait que même les êtres obtus en sont touchés
    Comme par des flèches tirées à cent pas par Yi l’expert.
    Et si une lance atteint sa flèche en plein vol,
    En quoi son expertise est-elle neutralisée ?
    Qu’une femme stérile se lève pour danser
    Quand un nigaud chante,
    Ne relève ni du sentiment ni de la conscience.
    Mieux ! A-t-elle même besoin d’y réfléchir ?
    Un vassal sert son suzerain,
    Un fils obéit à son père.
    Ne pas obéir ce n’est pas être bon fils,
    Ne pas servir ce n’est pas aider.
    La pratique des bouddhas patriarches
    Quotidienne, sérieuse et sans ostentation
    Dans les comportements ordinaires
    Semble niaise ou absurde.
    Pourtant le fait qu’elle se perpétue
    Par exacte transmission mutuelle,
    L’a fait nommer « Souveraine parmi les souverains. »

    Traduit du sino-japonais par Kengan D. Robert


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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par Yudo, maître zen le Dim 30 Oct 2016 - 8:48

    Ici, sino-japonais fait référence à une technique de lecture des Japonais pour les textes chinois.

    Ces textes chinois, sont évidemment rédigés en chinois et donc avec une grammaire et une syntaxe qui n'ont rien de japonais.

    En conséquence, on met des petits numéros aux caractères dans une phrase, ce qui indique l'ordre dans lequel le Japonais doit les lire, y ajoutant automatiquement les désinences grammaticales et syntaxiques du japonais.

    Par exemple, le début du texte est:

    HO-KYO ZAN-MAI
    宝 鏡 三 昧
    Trésor-Miroir Samadhi

    Nyoze no hō,
    1 如是之法。( 如是の法。)
    Nyo ze shi hô: La Loi (le Dharma) [de] Ainsi (l'ordre est renversé, en latin et en allemand on aurait un génitif)

    Busso mitsu ni fusu,
    2 仏祖密附。( 仏祖密に附す。)
    Butsu so mitsu fu: Bouddha Ancêtres [en] secret [ont] transmis

    nanji ima kore o etari,
    3 汝今得之。( 汝今之を得たり。)
    ju kon toku shi : vous maintenant profit, génitif

    yoroshiku yoku hogo subeshi,
    4 宜能保護。( 宜しく能く保護すべし。)
    gi nô ho go : vraiment talent protéger protéger

    ginwan ni yuki o mori,
    5 銀椀盛雪。( 銀椀に雪を盛り、)
    gin wan sei jô: argent bol rempli neige

    meigetsu ni ro o kakusu,
    6 明月蔵鷺。( 明月に鷺を蔵す。)
    mei getsu zô ro: clair lune magasin héron

    rui shite hitoshi-karazu,
    7 類而不斉。( 類して斉からず。)
    rui ji fusei : espèce pourtant non-égal

    Si vous observez bien vous verrez que dans la version japonaise, (entre parenthèses), l'ordre des caractères chinois n'est parfois pas le même. Dans le verset 7, par exemple, deux des caractères sont même éliminés. Et vous pouvez voir à la traduction littérale (à gauche, le son "chinois" des caractères) qu'il faut bien un peu d'interprétation, le japonais étant, à certains égards, plus proche du français que du chinois.
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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

    Message par zanshin le Lun 31 Oct 2016 - 6:23

    tao
    Lire les vieux textes c'est encore plus compliqué que ce que je pensais. Il suffit pas de connaître (seulement) le japonais. Donc il y a quand même des connaissances en chinois et en plus des astuces de traduction. Faut donc essayer de voir à travers les "images" des signes, ce qu'à voulu dire l'auteur il y a des siècles passés. Bravo à ceux qui font ce travail. bravo
    C'est aussi une des raisons que chaque traducteur donne une version différente. Wink


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    Re: HOKYO ZANMAI Le samadhi du miroir précieux

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