Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Invité le Ven 22 Juil 2011 - 10:07



    Ce matin, je vois
    la spirale de l'encens
    La flamme tranquille






    Danse dans l'anneau
    Fleur de volutes bleues
    laissant sa cendre
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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Invité le Ven 22 Juil 2011 - 22:28




    A Fukushima
    Les enfants lisent, comptent
    sur un dosimètre





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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Invité le Ven 22 Juil 2011 - 22:49



    Portable strident
    Une passagère pleurait
    dans le bus désert



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    Fred
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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Fred le Sam 23 Juil 2011 - 19:46

    Comme une main qui se retire, laissant un souvenir de brume.
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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Invité le Sam 23 Juil 2011 - 23:41

    comme un souvenir de brume... comme


    Un frôlement d'aile
    doux regard pour l'égarée
    Coeurs voyageurs









    Merci à chacun pour ces échanges... sunny

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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par fonzie le Dim 24 Juil 2011 - 10:32

    bonjour Yudo,
    Yudo, maître zen a écrit:
    On prenait les loups pour des chiens
    les gens de la ville,
    pas les Bergers:
    http://zen-et-nous.1fr1.net/t154-une-bien-jolie-experience#12046
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    Sylvie
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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Sylvie le Dim 24 Juil 2011 - 13:19

    fonzie a écrit: Bergers
    Nom propre.

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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Kaïkan le Dim 24 Juil 2011 - 20:42


    Soirée tranquille





      Par-dessus la mer
      Dans le filet de la brume
      Le soleil couchant



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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Kaïkan le Jeu 28 Juil 2011 - 20:50


    Tanka : espoir


            Laisser le vulgaire,
            Quitter formes et couleurs :
            Tout n'est que poussières...

            Mais sans formes ni couleurs,
            Il n'est plus rien de réel.







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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par fonzie le Sam 30 Juil 2011 - 15:54

    l'oiseau qui prend les cailloux
    pour miettes de pain
    a du mal à digérer

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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Kaïkan le Dim 31 Juil 2011 - 17:57




          Le chat baille Car il sait Ne rien faire








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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Invité le Dim 7 Aoû 2011 - 9:13



    Lueurs scintillantes,
    le store en mauve, puis bleu...
    L'ouvrage du jour



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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Kaïkan le Dim 14 Aoû 2011 - 18:03


       Le vieil arbre





          Le vieil arbre est calme
          Restant droit  face à sa mort
          Sans regrets, sans feuilles.







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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Fred le Dim 14 Aoû 2011 - 18:35

    Les veines du ciel


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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Kaïkan le Dim 14 Aoû 2011 - 19:16


    Fred a écrit:
    Les veines du ciel
    Merci Fred, tu m'offres un moment d'inspiration poétique... étoile



      Haïku de l'arbre dans le ciel




          En levant la tête
          Au pied d'un arbre, je vois...
          Les veines du ciel






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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Invité le Mer 17 Aoû 2011 - 19:10


    Cet arbre déborde
    bien au-delà du portail
    Ombre dans la rue



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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Kaïkan le Mer 17 Aoû 2011 - 21:10



      Seul en marchant à travers bois.






          Marcher dans la forêtLes pas assourdis de feuilles et mousses mêlées.
          Marcher et respirer l'écorce des grumes au sol,
          Les narines dilatées le cœur battant, lentement, apaisant,
          Marcher sans s'arrêter, porté, enchanté, émerveillé...
          La clairière, le petit lac, les oiseaux, est-ce un rêve ?…
          Voir, entendre, sentir, toucher d'un même élan
          Comme un enfant
          Larme de bonheur
          Évanescent
          Disparaissant
          Infiniment...





       Kaïkan Taïshin




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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par tangolinos le Mer 17 Aoû 2011 - 22:22

    Kaïkan a écrit:

      Seul en marchant à travers bois.





      La clairière, le petit lac, les oiseaux, est-ce un rêve ?…


    Si la réalité était un rêve, pourquoi un rêve ne deviendrait-il pas réalité ?

    Le miracle serait que la réalité se déforme sous nos yeux, mais comme celle-ci se déforme perpétuellement sous nos yeux, nous ne voyons plus le miracle.
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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par lerouge le Mer 17 Aoû 2011 - 23:32

    Comme dit un maître célèbre:


    MONTER, DESCENDRE,
    CA GLISSE PAREIL
    DE TOUTE FACON.

    le troisième vers est de moi et j'en suis pas peu fier. J'aurais vouluuu être un artisssssste....
    le maître en question est F'murr
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    m'enfin je suis qui?
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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par m'enfin je suis qui? le Jeu 18 Aoû 2011 - 9:10

    lerouge a écrit:Comme dit un maître célèbre:


    MONTER, DESCENDRE,
    CA GLISSE PAREIL
    DE TOUTE FACON.

    le troisième vers est de moi et j'en suis pas peu fier. J'aurais vouluuu être un artisssssste....
    le maître en question est F'murr
    de toi, de toi, c'est vite dit !
    moi, je trouve que tu t'es un peu inspiré de Maitre Yudo:
    http://zen-et-nous.1fr1.net/t112p15-y-a-t-il-un-choix-avant-de-naitre#12830


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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Invité le Jeu 18 Aoû 2011 - 9:50



    Toute ma vie trop paresseux pour me conformer aux règles
    Joyeux, toujours joyeux, suivant librement ma nature
    Dans ma besace trois mesures de riz
    Près du foyer un fagot de bois
    Pourquoi se préoccuper de l'éveil ou de l'illusion ?
    Pour ce qui est de rechercher les honneurs ou la fortune, je n'en parle même pas.
    La pluie nocturne tombe sur ma cabane au toit de paille
    Détendu, j'allonge les deux jambes.
    Mille sommets figés par le froid
    Dix mille sentiers sans trace d'homme
    Chaque jours je ne fais que méditer face au mur
    Parfois j'entends la neige qui frappe la fenêtre.
    Quand on abandonne le désir tout est bien
    Quand le désir est là dix milles choses ne peuvent le satisfaire
    Quelques légumes nourrissent
    Une robe de moine est suffisante pour vêtir le corps
    Je me promène seul au milieu des cerfs
    Je chante avec les enfants du village
    Je lave mes oreilles dans l'eau qui coule au pied des rochers,
    Je contemple la beauté des pins au sommet de la montagne.
    Une lampe à la main, nuit de neige en montagne
    Dans le silence nocturne les flocons s'envolent librement
    Le vrai, le faux, quelle importance ?
    Une nuit paisible derrière ma cabane au toit de paille
    Je joue du luth sans corde
    Sa musique, portée par le vent disparait dans les nuages
    Elle devient celle du ruisseau
    S'étend toujours plus loin et remplit la vallée,
    Traverse montagne et forêts
    Seul un être fermé aux bruits du dehors
    Peut entendre cette musique merveilleuse.
    Les quatre saisons et les oiseaux vivent en harmonie
    Continuellement s'entend le bruit de la source froide
    Je dis à ceux qui peuvent oublier leur fardeau
    Venez errer librement au sommet des montagnes émeraudes.

    C'est la fin de l'automne, le neuvième mois, le ciel est bleu
    Seul avec mon bol, sans prévenir, je frappe à ta porte
    Moi, un moine libre des désirs du monde
    Toi, un homme oisif vivant dans une époque de paix
    Toute la journée sans rien faire
    A boire du saké en riant face aux montagnes.

    La grande voie n'a pas de chemin
    Je ne sais où se trouve la paix du coeur
    On considère la vacuité ou l'existence comme des buts
    Quelle différence entre un homme ordinaire et un éveillé
    Si l'on s'attache au monde, poursuivant son ombre
    L'ombre s'éloigne toujours plus
    Si l'on chasse le faux et recherche le vrai
    Le vrai devient cicatrice
    Comprend cela par expérience et profondément
    Si tu tombes même d'un cheveu dans le mental,
    Tu t'éloigneras de la vérité d'une distance de mille univers
    J'ai appris autrefois la quiétude de la concentration et je sais contrôler mon souffle
    Traversant les étoiles et le givre blanc
    J'en oubliais presque le sommeil et la nourriture
    Si je connais la paix
    C'est peut-être grâce à ma pratique
    Mais si je n'agis pas
    Qui me prouve qu'elle demeurera toujours ?

    Depuis l'origine la grande voie n'a pas de chemin
    Je ne sais quel est son accomplissement
    Si on on la poursuit, elle s'éloigne de plus en plus.
    Si on la recherche, on ne peut la trouver
    Même si on prêche aux hommes l'identité du vide et des phénomènes,
    Et qu'on suit la voie du milieu, on se retrouve dans une impasse
    Cela est indicible
    Si on veut l'exprimer par la parole, il perd son sens.
    L'éveil et l'illusion dépendent l'un de l'autre
    Le dharma et les phénomènes sont liés
    La journée je récite des sutras sans paroles
    La nuit je médite sans pratiquer la méditation
    Le coucou chante près de la rivière, là où baigne le saule
    Un chien aboie dans la nuit à la clarté de la lune
    La loi du Bouddha n'est pas contraire à l'harmonie de la nature
    Qu'ai-je à transmettre ?
    Il y a un joyau qui existe depuis toujours
    Jour et nuit, il illumine l'obscurité du monde
    Quant du le possèdes, tu ne peux le confier à un autre
    Contemple le sans douter et sans hésiter
    Quand l'ami de la Voie le montre, l'homme obscure titube
    Si la fille du dragon le donne, les vieux moines sont embarrassés
    Ah ! Ah ! Ah ü Un tel joyau existe dans le ciel ou sur la terre, mais qui le sait ?

    Ne demande pas s'il vient du Mont Kunlun ou de Gepu
    Le joyau est en toi
    Sa lumière efface celle du soleil et de la lune
    et rayonne au-delà des quatre limites de l'univers
    Ses couleurs sont si intenses qu'on ne peut le fixer
    S'il est perdu on plonges dans l'océan de la souffrance
    Si on le possède on travers immédiatement sur l'autre rive
    Je le montre et l'offre
    Mais je ne peux rien faire si les hommes n'en veulent pas.


    Extrait de : Ryokan, le Chemin vide



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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Invité le Jeu 18 Aoû 2011 - 20:53


    Crack ! une allumette
    première lueur, silence
    Assise dans l’aube





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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Kaïkan le Jeu 6 Oct 2011 - 17:29


    TANKA au bord de l'étang





        Auprès de l'étang
        S'asseoir et se délasser
        Mais quel est ce bruit?
        Côa, côa, la grenouille?
        Ou rinzaï et son kôan?






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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Kaïkan le Ven 11 Nov 2011 - 13:33


       Alphonse de LAMARTINE   (1790-1869)


    Le lac



    Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
    Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
    Jeter l'ancre un seul jour ?

    Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
    Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
    Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
    Où tu la vis s'asseoir !

    Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
    Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
    Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
    Sur ses pieds adorés.

    Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
    On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
    Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
    Tes flots harmonieux.

    Tout à coup des accents inconnus à la terre
    Du rivage charmé frappèrent les échos ;
    Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
    Laissa tomber ces mots :

    " Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours :
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours !

    " Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
    Coulez, coulez pour eux ;
    Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
    Oubliez les heureux.

    " Mais je demande en vain quelques moments encore,
    Le temps m'échappe et fuit ;
    Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
    Va dissiper la nuit.

    " Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
    Hâtons-nous, jouissons !
    L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
    Il coule, et nous passons ! "

    Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
    Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
    S'envolent loin de nous de la même vitesse
    Que les jours de malheur ?

    Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
    Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
    Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
    Ne nous les rendra plus !

    Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
    Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
    Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
    Que vous nous ravissez ?

    Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
    Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
    Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
    Au moins le souvenir !

    Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
    Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
    Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
    Qui pendent sur tes eaux.

    Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
    Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
    Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
    De ses molles clartés.

    Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
    Que les parfums légers de ton air embaumé,
    Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
    Tout dise : Ils ont aimé !






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    Re: Haikus, tankas, renkus et poésie en toutes langues

    Message par Afterlife le Ven 11 Nov 2011 - 19:11

    Lamartine, magnifique poète Smile

    Voici du Goethe Very Happy


    MaifestFête de mai
    1771 1771
    Wie herrlich leuchtet
    Mir die Natur !
    Wie glänzt die Sonne !
    Wie lacht die Flur !

    Es dringen Blüten
    Aus jedem Zweig
    Und tausend Stimmen
    Aus dem Gesträuch

    Und Freud und Wonne
    Aus jeder Brust.
    O Erd’, o Sonne !
    O Glück, o Lust,

    O Lieb’, o Liebe,
    So golden schön
    Wie Morgenwolken
    Auf jenen Höhn,

    Du segnest herrlich
    Das frische Feld -
    Im Blütendampfe
    Die volle Welt !

    O Mädchen, Mädchen,
    Wie lieb’ ich dich !
    Wie blinkt dein Auge,
    Wie liebst du mich !

    So liebt die Lerche
    Gesang und Luft,
    Und Morgenblumen
    Den Himmelsduft,

    Wie ich dich liebe
    Mit warmem Blut,
    Die du mir Jugend
    Und Freud’ und Mut

    Zu neuen Liedern
    Und Tänzen gibst.
    Sei ewig glücklich,
    Wie du mich liebst !
    Comme resplendit
    A mes yeux la nature !
    Comme le soleil brille !
    Comme rit la campagne !

    Les fleurs jaillissent
    De chaque rameau
    Et mille voix
    Hors des buissons

    Et joie et délices
    De tous les cœurs.
    O terre, ô soleil,
    O bonheur, ô plaisir

    O amour, amour,
    Splendeur dorée
    Comme là-haut, sur ces collines
    Les nuages au matin,

    Tu bénis magnifique
    Le champ verdissant -
    Dans la brume de fleurs
    Le monde gonflé de sève !

    O jeune fille, jeune fille
    Combien je t’aime !
    Comme ton regard luit
    Comme tu m’aimes !

    Comme l’alouette aime
    L’air et les champs,
    Et les fleurs du matin
    La rosée du ciel,

    Ainsi je t’aime
    D’un sang plein de vie,
    Toi qui me donnes
    Jeunesse et joie, et le désir

    De chants nouveaux
    Et de danses nouvelles
    Eternellement sois heureuse
    Comme tu m’aimes.




      La date/heure actuelle est Mar 17 Oct 2017 - 6:09