Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    LES HUIT SATORI DU GRAND HOMME

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    Kaïkan
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    LES HUIT SATORI DU GRAND HOMME

    Message par Kaïkan le Ven 1 Avr 2011 - 19:30

    LES HUIT SATORI DU GRAND HOMME

    1 Shoyoku peu de désirs ;
    2 Chisoku comprendre assez ;
    3 Onrila joie tranquille, se détacher de la foule ;
    4 Shojinl’effort et gonsho : l’effort permanent ;
    5 Fumonenpas d’illusion ;
    6 Zen jole Samâdhi de la pratique de zazen, la stabilité du zen ;
    7Chi e la sagesse produite par zazen :
    8Fukeron la non discussion


    Pratiquer la sagesse. Voici les commentaires de Dõgen.

    Qu'est-ce que pratiquer la sagesse ?
    Elle s'élève, se développe, en entendant le kusen à travers zazen. La véritable sagesse, chie, passe par la vraie méditation. Il est donc nécessaire d'entendre un enseignement authentique. A l'écoute du
    kusen surgissent dans le cerveau des pensées: «Je ne suis pas content... Le kusen de Sensei n'est pas drôle.» On se prend en pitié ... Les pensées sont nécessaires... Puis on atteint shu, la pratique. Et sho : comprendre, consentir, être convaincu. Ces éléments sont obligatoires pour créer la vraie sagesse.
    Après avoir reçu un bon enseignement, on en vient à la compréhension authentique de ces éléments: penser, être convaincu, consentir, comprendre. Sans doute, sans scepticisme. C'est la vraie sagesse.
    Dõgen écrit : Ku - le vide - devient shiki - les phénomènes• - à travers zazen.
    On retourne à la condition normale. Alors la véritable intuition apparaît. A travers zazen, le vrai zazen, ou après zazen, l'authentique sagesse jaillit.
    Aussi, Bouddha dit-il•: «Mes chers disciples! Si nous avons la sagesse, nous n'avons pas d'attachement. Usant toujours de la réflexion, nous ne commettons pas d'erreur. Sans réflexion, les êtres humains se trompent.
    Si vous parvenez à la vraie sagesse par mon dharma, mon enseignement, vous pourrez atteindre le vrai satori.»

    Shin Jin datsu raku «Le corps et l'esprit• métamorphosés.»

    Si vous n'agissez pas ainsi, alors vous n'êtes ni de vrais chercheurs de la Voie, ni dignes de porter le kesa.
    Si vous ne pratiquez pas chie la sagesse, je ne puis pas vous appeler moines ou bodhisattvas.
    La vraie sagesse est comme un bateau résistant, un navire solide, un grand navire qui traverse l'océan, la mer de toutes les souffrances et de la mort.
    C'est la grande, la juste illumination, brillante, étincelante dans l'obscurité toute noire de mumyo, l'ignorance. C'est la bonne médecine pour tous les malades. C'est la hache qui tranche l'arbre des bonno, des illusions.

    Mes chers disciples, je vous en prie, accroissez par votre propre effort la sagesse de ces actions : entendre, penser, pratiquer.
    Lorsque quelqu'un a l'illumination de la sagesse, il a les yeux clairvoyants du corps et de l'esprit. L'oeil spirituel. Parfois nous regardons avec nos yeux réels, et nous pouvons comprendre: par exemple cette posture n'est pas bonne, il a l'air malade, son visage est pâle... Nous pouvons apprécier avec notre regard. Parfois aussi nous jugeons, nous comprenons avec l'œil de l'esprit par intuition, sans regarder.

    Quelqu'un entre dans ma maison, dans ma chambre, le responsable du kyosaku passe derrière moi... Inutile de regarder. Vous le sentez, avec votre intuition.
    Dans le Shodoka, Jo, le samadhi, la stabilité s'accompagne de e : la sagesse. Ainsi Jo et e forment un tout, complet. Ne restez pas sur ku, seul Jo devient ku et la sagesse est nécessaire pour créer.
    Si l'on se concentre sur l'expiration, surie kikai tanden (point situé à 3-4 centimètres sous le nombril.) l'énergie surgie. Pendant que l'on se concentre sur l'expiration, on ne pense pas, la pensée s'arrête, on est seulement concentré. Et l'énergie apparaît. Au moment de !'Inspiration, il redevient possible de penser.

    Hachi : huit,
    Dai: grand,
    Nin : homme,
    Kaku : satori.

    C'est le sutra du testament du Bouddha.
    Bouddha, avant de mourir, s'adressa encore une fois à ses disciples. Ce fut son ultime conférence, son dernier enseignement.
    Dõgen, de même, juste avant sa mort, donna son dernier enseignement à ses propres disciples. «Le plus Important, dit-il, le seul point Important: les huit satori du 'grand homme. Si vous suivez cette éducation du Bouddha, seulement cela, vous pourrez devenir totalement libre et complètement heureux. C'est l'enseignement le plus élevé.»
    Dans le dernier chapitre du Shobogenzo, Dõgen écrit: «Comprendre ce dharma devient origine de nirvana. Mon vrai grand maître, le Bouddha Sâkyamuni, lorsqu'il fut sur le point d'entrer, au plus profond de cette nuit, dans le nirvana, dédia à ses disciples son dernier testament.»

    Premier satori - Shoyoku : peu désirer

    Qu'est-ce que le satori ? C'est shoyo : peu désirer.
    «Ne soyez pas ambitieux, ne courez pas après de trop nombreux désirs. Ayez peu de désirs.»
    Bouddha dit: «Mes chers disciples, vous devez comprendre que ceux qui sont ambitieux, ceux qui recherchent trop les honneurs et les profits, ceux-là devront souffrir. Ceux au contraire qui limitent leurs désirs, qui n'ont pas• besoin de courir après quelque chose, de toujours être à la recherche d'autres objets, qui désirent peu; ceux-là ne souffriront pas tellement.»
    Nous devons donc pratiquer shoyoku.Tel est le premier grand satori. Avoir peu de désirs ou les limiter. Exactement, de grands mérites apparaîtront dans le futur.
    C'est donc là finalement le plus haut des désirs. Ceux qui ne nourrissent pas de souhaits excessifs, ceux-là n'ont ni besoin de flatterie, ni de coquetterie. Ils ne cherchent pas à capter l'esprit des gens en les adulant ou en les séduisant. C'est inutile.
    Ne soyez pas conduits, dirigés, par de nombreux bonno, par beaucoup d'illusions. Votre karma pourra décroître.
    Ceux qui pratiquent shoyoku, qui ont peu de désirs, vivent toujours avec un esprit tranquille et sans crainte. Ils sont satisfaits de tout et même s'ils perdent leur travail «tant pis». Un peu de temps et le travail reviendra. La civilisation moderne va exactement à l'encontre de ceci. Elle ne conduit pas au satori. On excite sans cesse les désirs, on provoque les grèves, on brise les portes, les murs... Telle est la crise de la vie humaine.

    Second satori - Chisoku : comprendre suffisamment

    Chi : comprendre,
    Soku : suffisamment.

    Lorsque nous recevons quelque chose, si nous l'acceptons, c'est suffisant. Alors aucun désir n'est engendré.
    Certains pensent toujours: encore, encore, et n'ont jamais assez. C'est la crise du monde moderne. Les grèves en témoignent. Sûrement Bouddha avait pu prévoir que la civilisation future serait exactement opposée à la décroissance des désirs et que de ce fait, s'élèveraient de grandes crises.
    Ainsi Bouddha dit: «Mes chers disciples. Si vous voulez échapper aux multiples souffrances, vous devez observer le dharma de chisoku. Si vous comprenez ceci, vous pouvez devenir véritablement riches, pacifiques, tranquilles et libres. Celui qui le comprend, qùi a atteint ce satori, même s'il dort à même le sol, se sentira paisible, libre et joyeux. Celui qui ne comprend pas soku, et qui n'atteint pas ce satori, même s'il dort dans le plus grand des palais, ne sera jamais satisfait. Celui qui n'est pas soku, même s'il est riche, se sentira toujours pauvre.»
    Ceux qui comprennent ce dharma, ce satori, même s'ils sont pauvres deviendront tout-à-fait riches dans l'avenir; c'est l'ordre cosmique. Au contraire, ceux qui ne comprennent pas soku, qui n'ont pas ce satori, souffrent perpétuellement. Ils déclenchent des grèves, brisent tout et ne sont jamais satisfaits. Leur esprit n'est pas clair, et leur karma évolue de mal en pis. Ils ont des accidents, tombent malades, sombrent dans l'enfer ... Par contre, ceux qui ont atteint le satori chisoku sont remplis de compassion envers• les autres et sont très heureux...

    Troisième satori - Onri : la joie tranquille, sans bruit

    Cela signifie : fuir les endroits surpeuplés, les rues encombrées, les foules, les villes. Vivre en un lieu tranquille, paisible.
    Mais ceci ne veut pas dire qu'il faille réellement s'en aller vivre seul. C'est inutile. Pendant une sesshin, vous quittez votre ville, la foule, votre famille, votre travail, et vous rejoignez vos amis spirituels, pour jouir de la véritable paix.

    Bouddha dit : «Mes chers disciples, si vous souhaitez, espérez, désirez atteindre la véritable tranquillité, la vraie paix, le véritable nirvana, le satori, vous devez vivre séparés de la foule, de la rue. Vous devrez vivre seul. Ceux qui vivent dans un lieu tranquille, sont respectés par les nombreux dieux du ciel.» (En Inde, il est toujours question de nombreux dieux.)
    Mais ceci ne veut pas seulement dire habiter dans un ermitage. C'est bien plutôt un problème d'esprit. Certains en effet se retirent seuls dans la montagne profonde, mais songent sans cesse à revenir en ville ; dans cette attitude, il n'y a ni authenticité, ni vérité. Même si l'on vit à Paris, si l'esprit est tranquille, c'est la vraie paix. Inutile de changer de lieu. Mais en général il est difficile d'atteindre cette sérénité. Pourtant, cette condition d'esprit est le satori. Ce satori est un problème d'esprit intérieur.

    «Alors, moines, par cet esprit il est possible d'éteindre la source de la souffrance.»

    Ceux qui veulent toujours fréquenter les lieux surpeuplés, aller dans la foule, en subissent de nombreuses souffrances. Certains recherchent toujours les lieux surchargés de monde: les restaurants, les cabarets, les cinémas, etc. Cela fait penser à l'arbre couvert d'oiseaux. Même si l'arbre est grand, un jour il s'effondre sous le poids et il meurt.

    Quatrième satori " Shojin : l'effort

    «Mes chers disciples, en permanenêe faites des efforts», dit le Bouddha. De même que l'eau qui coule toujours au même endroit peut creuser un trou dans la pierre, continuer est nécessaire. Si on agit trop avec la volonté on se fatigue vite. L'habitude est nécessaire. Chaque jour répéter est important. Chaque jour faire zazen. Pas besoin de s'asseoir en posture du matin au soir, seulement durant une heure c'est suffisant. Ainsi est-il possible de progresser et d'arriver. Où ?...

    Souvent l'esprit et le corps sont paresseux et l'on s'arrête rapidement. Autrefois pour faire du feu on frottàit deux morceaux de bois ou deux silex. Si on s'arrêtait; l'étincelle, la flamme ne pouvait jaillir. De même pour coudre un rakusu il faut continuer exactement point après point. Avec l'habitude l'effort permanent est possible. Le corps de ceux qui pratiquent zazen depuis longtemps réclame la posture. Ils n'agissent plus avec la volonté. Le corps veut aller en sesshin, veut faire zazen. Souvent on tombe malade ouon s'arrête car on est fatigué. Mais si le corps dicte automatiquement ce que l'on doit faire, on est heureux.

    - Shojin : L'effort infini, continuel, permanent.

    Certains se concentrent sur un effort pendant un mois, ou même une semaine, puis sont fatigués. Ou bien ils se concentrent profondément toute une nuit et le matin suivant dorment. Cela n'est pas authentique. Ce n'est pas shojin. Ecrire toute .Ia nuit puis dormir pendant zazen n'est pas un mérite, ce n'est pas shojin.

    - Shojin est l'effort régulier, poursuivi jour après jour.

    Je le compare toujours à une goutte de pluie ou au courant de l'eau.

    Sho veut dire: ne pas mélanger. Aucune autre préoccupation de l'esprit ne s'y mêle.
    Aujourd'hui je pratique le yoga, demain je fais de la gymnastique ... On ne fait pas seulement zazen, on mélange, et on ne suit pas seulement une voie droite.

    Zazen est shojin, répétait toujours Kodo Sawaki. Nous devons continuer, sans dévier, à pratiquer zazen.
    Jin: progrès. Sans revenir en arrière, sans regarder de côté. On va tout droit ..
    Bouddha dit: «Mes chers disciples, si vous pratiquez toujours shojin, si vous faites des efforts pour une chose, vous pourrez exactement réussir toutes choses. Vous' devez donc atteindre ce satori et faire un effort permanent.»
    Durant zazen ne pensez pas: «L'heure approche, j'ai faim, que va-t-on nous servir au déjeuner ?...»





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    Re: LES HUIT SATORI DU GRAND HOMME

    Message par tangolinos le Ven 1 Avr 2011 - 21:02

    Bonsoir Kaïkan
    tu t'es lancé dans la grande cuisine.... et tu nous fais un service au compte-goutte, pour que la digestion se fasse à la bonne mesure.

    C'est combien d' étoile la note maxi ?
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    Re: LES HUIT SATORI DU GRAND HOMME

    Message par tangolinos le Sam 2 Avr 2011 - 14:35

    Bonjour Kaïkan

    C'est pour quand la suite du service ?... albino
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    Re: LES HUIT SATORI DU GRAND HOMME

    Message par Kaïkan le Sam 2 Avr 2011 - 15:33

    Cinquième satori - Fumonen : pas d'illusion

    Fu : non,
    Monen :. illusion,
    Fumonen : ne pas se faire d'illusions, conserver une pensée juste.

    Protéger la vérité authentique, le dharma. Le contraire c'est l'illusion. A l'époque actuelle beaucoup de gens vivent dans l'illusion ou suivent des méditations erronées qui deviennent cause de troubles et de maladies. Il en est ainsi de beaucoup de religions modernes telle la méditation transcendantale.

    Le satori signifie revenir à la condition normale. Cela n'a rien à voir avec l'obtention d'un état extraordinaire. Le Dr Paul Chauchard est venu nous rendre visite et nous avons parlé de la méditation transcendantale. Le créateur de cette secte est un Indien. Paul Chauchard fut invité à un de leurs congrès. Il a regardé et nous a raconté que le fondateur s'assied sur la scène et médite. Progressivement, il lévite. Sûrement il va jusqu'au ciel !
    «Ils sont fous, malades, nous a dit Paul Chauchard. Cette nouvelle religion se répand en France, en Allemagne, en Angleterre ... et les jeunes se trompent complètement.»
    Ces méditations sont des erreurs, des drogues, des religions illusoires. De même que pour ceux qui prennent des drogues, les illusions apparaissent, puis les maladies, à travers ces méditations les gens perdent leur temps et perturbent les autres. La vraie méditation est revenir à la condition normale, tranquille, du corps et de l'esprit, à la conscience hishiryo.

    Lorsque je parle de l'au-delà de la pensée, cela ne veut pas dire léviter. Penser au sujet de la non-pensée. Ne pas penser au sujet de la pensée.
    C'est hishiryo; au-delà de la pensée. Penser mais ne pas penser. Ne pas penser mais penser.

    Durant zazen certains sont somnolents ou dorment. Parfois ils pensent à la nourriture. L'esprit ne doit ni être distrait ni sombrer dans la pensée.
    Hishiryo n'est ni kontin ni sanran.
    Bouddha à dit: «Mes chers disciples, si vous voulez rechercher le véritable maître, le vrai ami spirituel, ne vous illusionnez pas. Allez tout droit sur la Voie. Ne doutez pas. Ceux qui réalisent fumonen sont sans illusion et aucun voleur, aucun bonno voleur ne peut entrer dans leur maison. Vous devez toujours contrôler votre esprit et garder l'esprit et la conscience justes. Si vous vous trompez, de nombreux mérites s'échapperont. Si votre pouvoir de conscience est fort vous ne pouvez pas être pénétré par les cinq bonno voleurs: sexe, trop manger, obtenir des honneurs, avoir des désirs, devenir fou ...» (II n'en existe pas seulement cinq mais beaucoup plus : le monde de la pornographie, de la drogue, du jeu ...)

    Pour un de mes disciples, le jeu est plus intéressant que zazen. Son cerveau est faible et le jeu le fait s'échapper du zazen.
    Si le pouvoir de la conscience et l'effort sont justes, on n'est jamais dérangé par les bonno voleurs. De même si on porte une armure et que l'on entre sur un champ de bataille, pas besoin d'avoir peur.
    Pendant zazen la conscience est juste. Elle ne l'est plus après avoir absorbé des drogues.
    Conserver une pensée juste, ne pas se créer d'illusions c'est comme revêtir une armure. La non-illusion est le grand satori, la conscience juste, le cinquième satori du grand homme.




    Mokudo Taisen Deshimaru au milieu des moutons.


    Sixième satori - Zenjo : samadhi de la pratique de zazen

    Zen : zen de zazen,
    Jo : samadhi, stabilité, immobilité.

    Rester dans le dharma, jamais en sanran, jamais distrait, tel est zenjo.

    Bouddha a dit : «Mes chers disciples, si vous contrôlez votre esprit à travers zazen et le samâdhi, vous pouvez comprendre hosho (l'ordre cosmique, l'ordre naturel, l'aspect naturel), le véritable aspect de shumetsu, l'échange avec le monde, l'interdépendance avec le mouvement du monde.»

    Durant une sesshin, on peut contrôler son esprit, se rapprocher, entrer en contact avec le véritable esprit. Et si on contrôle son esprit, à ce moment là l'esprit reste immobile. Telle est la condition du samãdhi. Par zazen l'esprit devient stable et on entre dans la condition de samadhi. Pour ceux qui ne pratiquent pas zazen il. est difficile de comprendre la véritable nature de Bouddha. Lorsqu'après une sesshin, vous retournez dans la société, sûrement vous la trouvez un peu folle. La civilisation moderne est erronée. Par exemple, dans les rues du matin au soir circulent beaucoup de voitures et souvent dans une voiture il n'y a que le chauffeur. .. Les motos aussi roulent à toute allure. Où vont-elles ?

    Avant d'arriver à la sesshin sur la route nous avons vu un accident entre deux motos. Les casques s'étaient brisés, deux jeunes gens étaient morts ... Cela ne sert à rien de vouloir aller aussi vite.
    Après unesesshin on devient calme ainsi peut-on voir le véritable aspect du monde. Regardez l'Iran, l'Irak, l'Afrique, la Chine... Dans la monde entier il y a beaucoup de problèmes et de combats stupides. Beaucoup de crises se déclenchent. Et la plus dangereuse est à l'intérieur de l'esprit des êtres humains. Si l'homme ne reste pas tranquille, tout deviendra de  plus en plus difficile. Si on retrouve la condition normale, plus besoin de combats, de compétitions, et le monde demeure paisible. Je vous en prie" faites toujours des efforts et pratiquez zazen, ainsi, vous obtiendrez Jo : la stabilité, la condition du samadhi.

    Bouddha a dit: «L'eau de la sagesse doit être protégée par les digues du Samâdhi.»

    De même que le fermier qui protège l'eau qui servira à irriguer ses champs (au Japon en particulier), protégez l'eau delà sagesse: zazen par zenJo. Sans zazen, sans zenJo, la direction est erronée. On se disperse, on se trompe. Même les gens très intelligents parlent, combattent, discutent, perdent leur temps et se trompent de direction. Se battre n'est pas tellement intelligent. On peut toujours convaincre son partenaire par d'autres moyens. Si on lâche prise on est, gagnant.

    La sagesse à travers zazen est très profonde. La véritable méditation est revenir à la condition normale. Il ne s'agit ni de léviter, ni d'aller au ciel.
    Tout cela n'est que du cirque. La véritable méditation ne relève pas des pouvoirs magiques. Les 'mérites du kesa ne sont pas des pouvoirs magiques. Mais si ceux qui portent le kesa ont l'esprit mushotoku, des mérites infinis apparaissent. Certains hommes d'affaires pensent: «Zazen est bien pour la santé, pour obtenir la sagesse... » Ils ont toujours un but.
    Si vous limitez, les mérites s'en vont. Si vous pratiquez zazen avec un esprit mushotoku des mérites infinis apparaitront. Pourquoi revêtir le kesa ? Le kesa n'est pas un vêtement à la mode. C'est l'habit du satori. Si ' vous le respectez et avez foi en lui vous en recevrez de grands mérites...
    Mais il ne faut pas avoir de but, ni rechercher les effets de la religion. Les mérites proviennent directement de l'ordre cosmique, de Dieu ou de Bouddha.

    - Jo riki : l'énergie produite par zazen.
    Jo : samadhi, stabilité du zazen.
    Riki : le pouvoir, la force.

    Lorsqu'on fait une sesshin ce pouvoir augmente. A l'époque actuelle, la plupart des gens ont perdu cette force. Il ne s'agit pas d'un pouvoir magique mais de la vraie énergie, de l'énergie juste.


    Dernière édition par kaïkan le Sam 2 Avr 2011 - 16:31, édité 2 fois


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    Re: LES HUIT SATORI DU GRAND HOMME

    Message par Franck Barron le Sam 2 Avr 2011 - 16:28

    On pourrait savoir a quel âge Dogen a réalisé l'éveil ??? Parce que Siddhartha lui on sait a peut prés a quel âge il y est arrivé, je dis cela parce Dogen n'y est jamais arrivé. Il n'y a qu'un seul satori l'éveil qui est permanent, une absence de flux mentaux, de souffrances (de fermentation mental donc d'angoisse), de désirs, dans l'ordre, mais cela n'est pas donné à tout le monde. L'éveil est un état non un discours philosophique.
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    Re: LES HUIT SATORI DU GRAND HOMME

    Message par Kaïkan le Sam 2 Avr 2011 - 16:40

    Franck Barron a écrit:On pourrait savoir a quel âge Dogen a réalisé l'éveil ??? Parce que Siddhartha lui on sait a peut prés a quel âge il y est arrivé, je dis cela parce Dogen n'y est jamais arrivé. Il n'y a qu'un seul satori l'éveil qui est permanent, une absence de flux mentaux, de souffrances (de fermentation mental donc d'angoisse), de désirs, dans l'ordre, mais cela n'est pas donné à tout le monde. L'éveil est un état non un discours philosophique.
    Dans la "Section Zen" il y a une rubrique : "Les questions" ...


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    Re: LES HUIT SATORI DU GRAND HOMME

    Message par Kaïkan le Sam 2 Avr 2011 - 20:10

    Septième satori - Chie : la sagesse produite par zazen

    Chi est la connaissance intellectuelle, la sagesse cérébrale, du cerveau frontal.

    E est la sagesse du thalamus, la sagesse profonde, non seulement intellectuelle, mais aussi pensée par le corps, par le hara, par le kikai tanden.

    Jo : samãdhi. L'énergie du hara, du kikai tanden.

    Ainsi l'intelligence de la sagesse cérébrale sans Jo n'est pas complète. A l'inverse, Jo sans la sagesse de l'intelligence est également incomplète. Mais à partir de Jo, même les gens simples, peuvent aussi créer de la sagesse.
    Si l'intelligence est dépourvue de Jo, elle n'est que distraction, elle ne serapporte qu'au monde extérieur. La sagesse s'échappe. C'est là un point très important, tout spécialement à l'intention dès européens, de tous les intellectuels. Car l'intellectualisme ressemble aux eaux sans digue, à des flots de savoir encyclopédique.

    Avec Jo, l'intelligence devient de plus en plus forte par zazen. Alors que l'intelligence sans Jo s'affaiblit de plus en plus. A la fin, elle se complique; et engendre la folie.
    Dans la philosophie occidentale, Jo est exclu, même Nietszché a sombré dans la folie. C'est la crise de la civilisation moderne. Jo est très important.

    Le véritable Jo est créé à travers la posture de zazen, il est votre zazen. Une sesshin est par conséquent quelque chose de fondamental. Vous êtes vraiment des hommes et des femmes saints et saintes au milieu de cette civilisation en crise, et qui se trompe. Les sesshins sont des éléments essentiels dans l'histoire de la civilisation.

    Sesshin signifie revenir à la condition normale du corps et de l'esprit. La plupart des gens dans la civilisation moderne vivent dans un environnement erroné et ne sont plus dans la condition normale. Ils se trompent de direction. Durant une sesshin, si vous vous concentrez, vous pouvez retrouver la condition normale.

    Les maladies apparaissent toujours à partir des déformations du corps et de l'esprit. A travers la posture de zazen on peut repérer ses déformations et ses points faibles. Zazen signifie se regarder, comprendre son ego, son mauvais karma, et les mauvaises habitudes du corps et de l'esprit.
    Lorsque vous pratiquez zazen vous gardez une posture juste. Du subconscient apparaissent désirs et pensées. Ainsi vous pouvez vous observer vous-même. Si' vous ressentez certains points douloureux à travers votre corps ou bien un déséquilibre entre le côté droit et le côté gauche, cette déformation peut devenir la cause d'une maladie future.
    Pendant zazen, le déséquilibre se manifeste surtout dans la nuque, le cou, les jambes, les genoux, les pieds. En recevant le kyosaku vous pouvez rééquilibrer ces points faibles.

    Les maladies proviennent toujours d'une vie déséquilibrée. Même si on comprend ses erreurs, il est difficile de pratiquer. Durant une sesshin, suivez exactement Ie programme, les horaires.
    Le Zen signifie pratiquer à partir du corps. Même si on a de bonnes idées, sans pratique, elles n'ont aucune efficacité. Cela reste de l'idéalisme. Si on pratique durant un jour ou deux d'une manière consciente, progressivement, le corps s'habitue et suit l'ordre cosmique.

    Quand se coucher? Quand manger? Quand se laver? Quand aller aux toilettes ? Quand prendre le petit déjeuner ? L'heure, le temps sont importants. Si on se trompe sur les horaires, des déformations apparaissent. Les animaux, les oiseaux suivent exactement l'ordre cosmique. Ils n’ont pas de montre et pourtant chaque matin ils se réveillent. Certaines personnes font sonner leur réveil mais ne se lèvent pas du tout et dorment pendant zazen. Il faut se concentrer et être exact dans chacun des gestes de la vie quotidienne,



    Huitième satori - Fukeron : la non-discussion

    Les discussions vaines sont inutiles.

    Qu'est-ce que fukeron ? Comprendre et accepter l'enseignement du Bouddha, se séparer de ses propres catégories, de sa conscience personnelle. Comprendre vraiment l'aspect véridique du cosmos.

    Bouddha a dit: «Mes chers disciples, si vous discutez trop avec les autres, votre esprit deviendra compliqué et de nombreux troubles se produiront.»
    Certains aiment discuter. Ils veulent montrer leur savoir et faire de la compétition. Ce n'est pas nécessaire. Cela reflète un état d'esprit un peu fou. Puis le cerveau se fatigue. Discuter au sujet de problèmes importants, d'accord. Mais souvent les discussions sont vaines et sans importance.

    Bouddha continue : «Même si vous devenez moine et avez reçu l'ordination, si vous discutez vous n'avez pas le satori. Alors vite, chers disciples moines, abandonnez les troubles et discussions, et parvenez au plaisir de la tranquillité.»

    C'est fukeron : le satori de fa non-discussion.

    Tels sont les huit satori du grand homme.


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    Re: LES HUIT SATORI DU GRAND HOMME

    Message par Kaïkan le Dim 3 Avr 2011 - 17:46

    Dans l'école soto, au Japon, la nuit de la mort de quelqu'un, lorsqu'un moine rend visite à la maison du défunt, devant le mort, il récite ce sutra.

    Dogen parle de ce sutra dans le 95e volume du Shobogenzo. C'est son dernier testament. Puis il continue: «Je vous ai expliqué: hachidaininkaku : les huit satori du grand homme. chacun d'entre eux inclut tous les autres. Par exemple le premier satori : shoyoku , avoir peu de désirs, comprend aussi tous les autres. Tous ces satori sont interdépendants. donc il existe 8 x 8 = 64 satori. Et si on les étudie profondément ils deviennent un enseignement infini.»

    Ces huit satori sont les points les plus importants de mon enseignement, les clés essentielles de l'enseignement mahãyãna (
    महायान skt.). Ce texte fut écrit à minuit, la dernière nuit de février, durant laquelle le Bouddha Shakyamuni est mort.

    Puis il entra dans le nirvãna.


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    Re: LES HUIT SATORI DU GRAND HOMME

    Message par AncestraL le Mar 9 Oct 2012 - 13:54

    Bonjour.

    J'ai du mal à comprendre ce texte... Il est peu fluide et intelligible.
    Serait-il possible de le résumer, s'il-vous-plait ? Merci d'avance.

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