Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    M° Nishijima et le Fukanzazengi

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    M° Nishijima et le Fukanzazengi

    Message par Yudo, maître zen le Sam 2 Avr 2011 - 12:11

    (Extrait du livre "Face au vrai dragon", Nanabozho (Gichi Wabush), Montpellier 2006)

    Face au vrai dragon

    Dans le dernier chapitre, je vous ai donné mon explication de la théorie de maître Dôgen sur zazen. Je voudrais maintenant laisser ce dernier parler de lui-même. Dans tout son oeuvre, l'explication la plus concise de la pratique bouddhiste se trouve peut-être dans le Fukan zazengi. Ce fut son premier ouvrage à son retour de Chine au Japon, et il contient l'essence de son entendement des aspects autant pratiques que théoriques de zazen. Au cours de sa carrière d'enseignant, maître Dôgen révisa le Fukan Zazengi à plusieurs reprises, produisant finalement ce qu'on appelle aujourd'hui l'édition populaire (rufubon). Dans la traduction qui suit de cette édition, j'espère que vous trouverez le sens véritable de zazen et l'esprit vrai des enseignements de maître Dôgen -- que ses paroles vous inspireront à rechercher le Vrai Dragon dans vos vies.

    FUKAN ZAZENGI -- RUFUBON
    Méthode de Zen assis, recommandée pour tous
    Edition populaire

    A cet instant, lorsque nous la recherchons, la Vérité est dès l’ori­gine tout autour de nous : pourquoi compter sur la pratique et l’expérience ? Le véhicule du fondamental existe naturellement : où est le besoin de faire des efforts ? Qui plus est, le corps entier transcende de loin la poussière et la saleté : qui pourrait croire aux moyens d’épousseter et de polir ? En général, nous ne nous écartons jamais de l’endroit où nous devrions être : à quoi servent, alors, les petits pas de l’entraînement ?
    Cependant, s’il y a un millième ou un centième d’espace, le ciel et la terre sont très éloignés l’un de l’autre, et si survient la trace d’un désaccord, nous perdons l’esprit en confusion. Même si, fiers de notre entendement et richement dotés de réalisa­tions, nous obtenons des états d’intuition spéciaux, accédons à la vérité, clarifions l’esprit, manifestons un zèle qui perce le ciel et nous promenons à travers ces sphères éloignées dans lesquelles nous pénétrons dans nos têtes, nous avons presque com­plètement perdu la route vigoureuse [qui consiste à] faire sortir le corps.

    Dans le paragraphe d'ouverture, maître Dôgen affirme l'attitude fondamentalement positive et optimiste de la théorie bouddhiste. La Vérité est partout. Toutes choses et toutes gens font partie du monde parfait, de l'Univers parfait, du parfait Dharma. Ainsi vivons-nous toujours dans l'état de perfection.

    Mais -- s'empresse-t-il de nous avertir -- il y a une différence entre le monde de la théorie bouddhiste et le monde réel tel que nous le vivons réellement. Dans la vie quotidienne, nous rencontrons de nombreuses situations confuses et contradictoires. Dans ces cas-là, il nous est difficile d'agir en confiance et dans le calme. Nous hésitons. Nous allons trop vite, ou trop lentement. Nous cessons d'être calés sur la loi cosmique, et tous nos efforts semblent ne rien faire d'autre qu'aggraver et exagérer notre sentiment de séparation d'avec le monde équilibré et harmonieux de la Vérité. Dans ce cas, les perceptions dualistes de l'intellect nous sont de peu de valeur. En fait, la tendance humaine à diviser et ranger en catégories, à discriminer entre le bien et le mal en toute situation, ne sert qu'à nous confondre et à nous rendre incapables d'action.

    Nombreux sont ceux qui n'ont pas conscience de ce fait. Ils confondent théorie et réalité, pensée et action. Cette confusion peut les mener à l'illusion ultime : la croyance d'avoir atteint l'Eveil. Ne faisant pas la distinction entre la théorie et le monde réel, ils pensent que l'Eveil est affaire de connaissances et d'entendement. Ils peuvent bien comprendre la théorie bouddhiste, ou croire qu'ils l'ont comprise, mais en fait, ils sont pris dans le domaine de la pensée : seules leur têtes sont entrées dans le domaine de la Vérité. Ces gens ne connaissent rien au domaine de la Vérité qui comprend tout le corps-et-esprit. Ils ne savent rien du vigoureux monde de l'action.
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    Re: M° Nishijima et le Fukanzazengi

    Message par Kaïkan le Sam 2 Avr 2011 - 12:43


    Fukanzazengi

    Après le décès de M° Taisen Deshimaru, Stépnane un disciple proche qui devint M°Kosen par la suite, fit des kusen à ce sujet en disant à peu près ceci:

    "Tant que l'on cherche quelque chose, ou que l'on croit avoir trouvé quoi que ce soit, en fait on lutte inconsciemment contre zazen... Quand on perd toute intention, et que l'on est simplement "assis", et cela à tout moment de notre vie, alors zazen se manifeste dans tous nos actes de la vie quotidienne, spontanément et complètement."


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    Re: M° Nishijima et le Fukanzazengi

    Message par Yudo, maître zen le Sam 2 Avr 2011 - 14:19

    Qui plus est, en nous souvenant du sage naturel du Parc de Jetavana, nous pouvons [toujours] voir les traces des six années à s’asseoir bien droit. Nous pouvons toujours entendre les rumeurs de qui a transmis le sceau de l’esprit à Shaolin [maître Bod­hidharma], passant neuf ans face au mur. Les saints de l’antiquité étaient déjà ainsi : comment les contemporains pourraient-ils manquer de pratiquer de tout coeur ?
    Cessez donc le travail intellectuel de l’étude des récits et de la chasse aux mots. Apprenez ce pas en arrière qui est le retourner la lumière et la réfléchir. Le corps-et-esprit tombe naturellement, et le visage d’origine apparaît. Si on veut atteindre l’affaire de l’ineffable, on doit sans délai pratiquer l’affaire de l’ineffable.

    Même le Bouddha Gautama et Bodhidharma pratiquaient zazen. Il nous faut donc suivre leur exemple. Nous devons cesser de tenter de ne découvrir la Vérité que grâce à des efforts intellectuels, et travailler, en fait, dans la direction opposée. Maître Dôgen croyait que nos efforts dans la vie peuvent nous mener dans deux directions différentes. Habituellement, nous n'en reconnaissons qu'une seule en tant qu'alternative positive. Nous voulons progresser, aller de l'avant, en avoir plus ou en savoir plus -- en avant, toujours en avant. Mais maître Dôgen sentait que, pour découvrir la Vérité, il nous faut en fait virer de bord, faire un pas en arrière. En pratiquant zazen, nous faisons un pas en arrière pour revenir à un état bien plus simple et primitif. En zazen, nous cessons de tenter d'obtenir ou de nous accrocher à quelque chose. En zazen, on peut tout perdre, et quand on a tout perdu, on est « juste assis ». C'est alors qu'apparaît notre visage originel. Nous nous exposons à nous-mêmes. Nous sommes baignés dans notre propre lumière réfléchie. Ceci n'est pas une expérience qu'on puisse décrire. L'état en zazen est ineffable. Pour atteindre l'état ineffable, il faut simplement qu'on le fasse.

    Comment faire ? Maître Dôgen nous donne des instructions très concrètes :
    En général, une pièce tranquille convient pour faire l’expérience de l’équilibre de Zazen, et on mange et on boit avec modération. Abandonnez tout engage­ment. Laissez reposer les dizaines de milliers de choses. Ne pensez ni au bien ni au mal. Ne vous préoccupez ni du correct ni de l’erroné. Mettez fin au mouvement d’entraînement de l’esprit, de la volonté, de la conscience. Cessez l’activité intellectuelle des images, des pensées et des réflexions. N’essayez pas de devenir un bouddha. Quel rapport pourrait-ce avoir avec le fait de s’asseoir ou de se coucher ?
    Habituellement, à l’endroit où on s’assied on étend une natte épaisse et on se sert d’un coussin rond posé par-dessus. Soit on s’assied en lotus, soit on s’assied en demi-lotus. Pour s’asseoir en lotus on met d’abord le pied droit sur la cuisse gauche, puis le pied gauche sur la cuisse droite. Pour s’asseoir en demi lotus, on presse simplement le pied gauche sur la cuisse droite.
    Laissez les vêtements pendre librement et correcte­ment. Puis posez la main droite sur le pied gauche, et placez la main gauche sur la paume droite. Les pouces s’effleurent et se maintiennent mutuellement. Asseyez--vous simplement droit, ni penché à gauche ni à droite, ni penché en avant ni en arrière. Les oreilles doivent être alignées avec les épaules, et le nez aligné avec le nombril. Laissez la langue s’étendre contre le palais. Laissez les lèvres et les dents se rejoindre. Gardez les yeux ouverts. Laissez passer le souffle doucement par le nez.
    Lorsque la posture est prête, faites une expiration complète, et balancez vous de droite et de gauche. Assis en équilibre dans l’état d’immobilité de la montagne, « Pensez à l’état concret de non pensée. Comment peut -on penser l’état de non-pensée ? C’est différent de la pensée ». Ceci est le secret du Zen assis.
    Ce qu’on appelle Zen assis n’est pas apprendre la méditation Zen. Ce n’est qu’un portail paisible et sans effort vers la réalité. C’est la pratique-et-expérience qui réalise parfaitement l’éveil du Bouddha.
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    Re: M° Nishijima et le Fukanzazengi

    Message par Kaïkan le Sam 2 Avr 2011 - 19:46


    Faites connaissance avec:

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    Re: M° Nishijima et le Fukanzazengi

    Message par Yudo, maître zen le Sam 2 Avr 2011 - 21:04

    En zazen, on n'a pas besoin de penser, ni de ressentir. On est simplement assis. On s'assied avec sincérité, avec tout son corps-et-esprit. S'asseoir n'est pas penser et ce n'est pas nonpenser. C'est quelque chose qui transcende autant la pensée que la sensation, et qui est l'action. C'est « différent de la pensée ». Tel est le secret de zazen.
    L’Univers [en Zazen] est réalisé ; restrictions et obstacles ne l’atteignent pas. Saisir ce sens, c’est être comme un dragon qui a trouvé de l’eau ou comme un tigre dans son refuge de montagne. Rappelez-vous, [en Zazen] la véritable réalité se manifeste naturellement devant nous, et la mélancolie et la distraction disparaissent d’un seul coup.
    En Orient, dragons et tigres sont des symboles de pouvoir et de dignité, mais ils n'ont de pouvoir que dans leur envi­ronnement naturel. Les dragons tirent leur pouvoir de l'eau. Un tigre se tenant dans l'ombre d'une montagne est fier et invincible. En pratiquant zazen, nous regagnons le pouvoir et la dignité de notre état naturel. Nous devenons forts -- prêts à agir ou à ne pas agir selon ce que requiert la situation. Dans cet état disparaissent les conditions déséquilibrées du corps-et-esprit qui sont cause de ce que nous soyons soit trop passifs, soit trop agressifs et confus.
    Si on se lève de la position assise, il faut bouger le corps lentement. Levez-vous avec une calme confiance. Vous ne devez être ni pressé ni violent. On voit dans le passé que ceux qui ont transcendé l’ordinaire et transcendé le sacré, et ceux qui sont morts assis ou debout, dépendaient totalement de ce pouvoir. Qui plus est, le changement du moment, dans l’action d’un doigt, d’un mât, d’une aiguille ou de claquettes en bois ; et l’exacte expérience de l’état [de bouddha] par la manifestation d’un chasse-mouches, d’un poing, d’un bâton, ou d’un cri ne sont en rien des objets que puisse comprendre la discrimi­nation intellectuelle. Comment pourrait-on les connaître grâce aux pouvoirs supranormaux ou à la pratique ou à l’expérience ? Ils peuvent être le digne comportement qui est au-delà du son et de la forme. Comment pourraient-ils être quoi que ce soit d’autre que les critères qui précèdent la connaissance et la vue ?
    En conséquence, nous ne parlons pas de l’intelligence comme étant supérieure, ni de la stupi­dité comme étant inférieure. Ne choisissons pas entre les gens avisés et les sots. Se vouer à l’effort, ce n’est que la poursuite de grand coeur de la vérité. La pratique-et-expérience [en Zazen] est naturellement sans tache. La direction de l’effort devient plus équilibrée et constante.
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    Re: M° Nishijima et le Fukanzazengi

    Message par Yudo, maître zen le Sam 2 Avr 2011 - 22:26

    Les maîtres bouddhistes ont, par leur pratique de zazen, récupéré ces pouvoirs qui sont un droit de naissance de tous les êtres humains. Parmi eux, le plus important est la transcendance du relativisme, retour à l'état qui est au-delà des perceptions et des interprétations dualistes de la réalité. Ceci est l'état de bouddha, l'état d'unité avec le monde réel. Lorsque les grands maîtres du passé sont entrés dans cet état, toutes leurs actions sont devenues des expressions directes de la Vérité. C'est ainsi qu'ils ont souvent exprimé la Vérité de façons peu conventionnelles. Le maître Gutei levait toujours son doigt lorsqu'on lui demandait d'expli­quer l'inexplicable. Le bodhisattva Mañjuçri tapait sur un bloc de bois avec un maillet en criant « Ceci est la Vérité! » D'autres maîtres se servaient d'un hossu (un chasse-mouches), de leurs poings ou d'un cri soudain pour transmettre la Vérité qui existe ici et maintenant.
    Les circonstances dans lesquelles ces actions étaient accom­plies et la capacité de ces maîtres eux-mêmes à entrer pleinement dans les circonstances, tout en les transcendant pourtant, resteront toujours un mystère pour nous tant que ne retournerons pas nous-mêmes au même état. Pour ce faire, nous n'avons qu'à pratiquer zazen. Quand nous sommes assis sincèrement en zazen, nous pouvons réaliser la Vérité sur le champ, car agir sincèrement sur le moment, est en soi transcendance de la dualité. Donc, la pratique et l'expérience, ou la pratique et l'éveil, doivent ne faire qu'un. Il ne peut pas y avoir de séparation entre la pratique et l'expérience quand on agit de tout coeur à l'instant présent.

    Dans les grandes lignes donc, en ce monde et dans les autres, en Inde et en Chine, tous [les patriarches] maintiennent de la même manière la posture du Bouddha, et ne se plaisent que dans la coutume fondamentale : nous nous vouons tout simplement à nous asseoir, et sommes pris par l’état d’immobilité.
    Quoiqu’il y ait des dizaines de milliers de distinc­tions et des milliers de différences, nous devons seulement poursuivre la Vérité grâce à l’équilibre zen. Pourquoi devrions-nous abandonner notre propre estrade d’assise, pour aller et venir sans but par de poussiéreux pays étrangers ? Si on fait un seul faux pas, on passe par-dessus l’instant présent.

    « Voyager en vain par de poussiéreux pays étrangers » est une allusion à une histoire fameuse du Sûtra du Lotus. Il s'agit du fils d'un riche seigneur qui vivait et errait loin du pays de son père, inconscient de sa véritable identité ni de son rang social. Un jour, il se trouva être revenu dans son pays natal. Lorsque le seigneur le vit, il sut de suite qu'il s'agissait là de son fils depuis si longtemps perdu. Il n'osa pourtant pas s'approcher directement de lui, de peur qu'il ne prenne peur et quitte à nouveau le pays. Il l'employa donc comme un travailleur ordinaire et puis lui donna graduellement des promotions jusqu'à ce qu'il devienne son surintendant. A ce moment-là, le fils avait presque retrouvé son état normal. Il avait récupéré son esprit humain normal, de sorte que le seigneur put lui parler de leur véritable relation sans crainte de le reperdre.
    Le sens de cette histoire, c'est que tous les êtres humains ont la Nature-de-Bouddha, mais qu'ils n'en sont générale­ment pas conscients. Ils ont erré dans les lointains pays de l'illusion depuis si longtemps qu'ils ne peuvent même plus reconnaître leur pays natal, même s'ils y sont à tout moment. La pratique de zazen nous permet de revenir en un instant au pays natal. Il est possible que nous ne nous en apercevions pas immédiatement, mais si nous poursuivons longtemps nos efforts, nous pourrons un jour voir que nous étions « à la maison » tout ce temps. Nous verrons que nous avons effectivement la Nature-de-Bouddha, que cette dernière existe ici et maintenant à notre place de pratique, où qu'elle se situe.
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    Re: M° Nishijima et le Fukanzazengi

    Message par Kaïkan le Sam 2 Avr 2011 - 22:30





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    Re: M° Nishijima et le Fukanzazengi

    Message par Yudo, maître zen le Lun 4 Avr 2011 - 9:53

    Nous avons déjà reçu ce pivot essentiel qu’est le corps humain : nous ne devons pas passer le temps en vain. Nous maintenons cette essence cardinale qu’est la vérité bouddhiste et nous en dépendons : qui pourrait vouloir futilement prendre plaisir aux étincelles [qui volent] d’un silex ? Qui plus est, le corps est comme une goutte de rosée sur un brin d’herbe. La vie passe comme un éclair. Soudain, elle disparaît. En un instant elle est perdue.
    Je vous en prie, nobles compagnons d’apprentissage par l’expérience, ne vous habituez pas tant aux images que vous prendrez peur face à un vrai dragon. Appliquez-vous à la Voie qui est directement indiquée, et sans détours. Honorez ceux qui sont au-delà de l’étude [intellectuelle] et qui sont libres de l’intention de réussir. Accordez-vous à l’état éveillé des bouddhas. Devenez un authentique successeur de l’état équilibré des ancêtres. Si vous pratiquez l’ineffable pendant longtemps, vous serez ineffable. La chambre au trésor s’ouvrira naturellement et vous serez libres de recevoir et d’utiliser [son contenu] à votre guise.
    Fin du Fukan zazengi.
    Il était une fois un homme qui était fasciné par les dragons. Les murs de sa maison étaient tapissés de peintures de dragons et chaque étagère était remplie de figurines et de statues de dragons. Un jour, un vrai dragon se trouva à regarder par sa fenêtre. Lorsqu'il vit toutes ces images de dragons, il déborda de joie, car ici, clairement, habitait quelqu'un qui aimait les dragons. Il serait sûrement très heureux qu'un vrai dragon vienne lui rendre visite. Mais lorsque l'homme regarda dehors et vit le dragon, il eut si peur qu'il s'évanouit sans attendre.

    L'avis de maître Dôgen est donc très clair. Nous ne devons pas courir après les images de la Vérité. Nous ne devons pas nous attacher aux théories ou aux explications intellec­tuelles. Il vaut mieux rencontrer directement la Vérité. Pra­tiquer zazen, c'est rencontrer la Vérité des bouddhas. Prati­quer zazen, c'est rencontrer un vrai dragon -- face à face.
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    Re: M° Nishijima et le Fukanzazengi

    Message par Yudo, maître zen le Lun 4 Avr 2011 - 10:07





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