Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    Le Maître dans le Zen (sôtô)

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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Mar 5 Juil 2011 - 17:11

    Ho a écrit:STP Kaïkan, j'ai du mal à repérer dans tes mises en pages les transcriptions de Dogen et tes commentaires, peux-tu bien différencier ou m'expliquer les repères ? Merci. Smile
    Bonjour,

    A partir du message 74 ce sont les commentaires de sensei Deshimaru.
    Le message 1 de ce fil jusqu'au 70 c'est le raihai tokuzui de M° Dõgen.




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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Mar 5 Juil 2011 - 17:24



    Le symbole du bras coupé

    Le vrai Maître dont parle Dõgen est un héros. Il ne s'agit pas d'un héros qui recherche et aime le combat comme Napoléon, Reagan ou Mao, mais d'un grand homme spirituel qui recherche la paix, qui possède de grandes vertus et qui a l'esprit d'un renard sauvage. C'est l'essence dans l'obtention de la moelle du Maître à travers sampai. C'est raihai toku zui.

    « Après avoir rencontré le vrai Maître, il faut abandonner toutes vos relations ... » C'est le symbole du bras coupé d'Eka. Il faut tout abandonner, avoir l'esprit décidé. Ne gâchez pas votre temps. Poursuivez vos efforts et pratiquez zazen, sampai avec le Maître. Ne discutez pas, ne vous fâchez pas, mais continuez à pratiquer gyoji, dokan. Votre esprit doit être mushin, sans rien, mushotoku, même si vous avez des doutes.
    Ainsi vous ne souffrirez pas du démon, de la critique des autres, de la folie des imbéciles. Parfois, les amis influencent dans le mal et entraînent sur la voie erronée. Les amis idiots deviennent des démons. Lorsqu'il rencontra son vrai Maître, Eka se coupa le bras. Vous devez sentir, comprendre par vous-même. Et lorsque vous avez décidé, il vous faut toujours continuer. Il est difficile de continuer. Parfois, on est fâché et on veut se sauver. Même si le Maître se fâche après vous, vous devez faire sampai et continuer. C'est Raihai Tokuzui. Raihai dans le dictionnaire anglais-japonais signifie adoration, célébration. Mais l'adoration du Christianisme et raihai du Zen ne sont pas semblables. Si vous comprenez cela, vous saisissez la différence d'esprit et de coutumes entre l'Orient et l'Occident. En harmonisant les deux civilisations, on résoud la crise de la civilisation moderne.


      Rai: le comportement, les manières, l'attitude, les cérémonies, la gratitude, la récompense, parfois l'éthique, la protection, la courtoisie.Hai : s:incliner, vénérer, comme durant sampai.



    Raihai, c'est donc prosterner son corps, atteindre la moelle en se prosternant en sampai. Le Zen inclut zazen et raihai. Raihai est le comportement à travers le corps, pratiqué avec sincérité sinon cela devient du formalisme.



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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Mer 6 Juil 2011 - 11:00



    Zazen, Raihai

    Hier j'ai parlé des neuf méthodes de raihai. Dans le Zen, nous pratiquons zazen et sampai. Lorsque je suis arrivé à Paris, je disais que le Zen signifie uniquement zazen. Les Européens n'aiment pas trop se prosterner. Mais raihai n'est pas une prosternation pour Dieu. Cela signifie devenir unité avec le divin et ainsi la nature humaine devient ku. Son propre corps et celui des autres deviennent seulement un. Dans le San Sho Doei, Dõgen l'évoque à travers ce poème:





          « Comme l'herbe en hiverInvisible dans le champ couvert de neigeLe héron blanc dans sa propre formeGarde son corps caché.»







    Le héron est le symbole de la pureté, de raihai. En Europe, on a développé le savoir, la technologie, les discussions et les gens sont très habiles avec la parole. Souvent les discussions entraînent des disputes et mènent à la guerre, si on ne peut pas négocier un terrain d'entente. En Asie, on a développé les bonnes manières, un comportement délicat par le corps. Parmi les disciples de Bodhidharma, seul Eka a obtenu la moelle de Bodhidharma car, à l'inverse des autres disciples, il n'a jamais essayé de discuter en se servant du langage.
    Les personnes qui viennent faire zazen, recherchent la vraie Voie.
    Comment résoudre la crise de la civilisation actuelle? Il faut élargir son esprit au monde entier, à l'inverse de la plupart des gens qui ont une pensée étroite.
    Les animaux ne peuvent pas discuter et n'ont pas de bonnes manières. Ils sont seulement habiles pour manger, voler ou faire l'amour. Ils ne peuvent faire ni zazen, ni gassho. Toutefois, si on les éduque, leurs manières deviennent belles. L'an dernier, je suis allé dans un cirque où un tigre faisait gassho. Autrefois, les manières étaient plus belles que maintenant.
    Comment rendre notre comportement plus noble? Raihai Tokuzui, faire sampai, signifie obtenir la moelle du Maître.



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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Invité le Mer 6 Juil 2011 - 22:19








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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Jeu 7 Juil 2011 - 21:28


    L'homme du satori

    « Quand on pratique anutara sammyaku sanbodhi (le suprême et parfait satori, le satori le plus élevé), il est très difficile de recevoir l'instruction d'un vrai bon Maître. Un vrai Maître peut être indifféremment homme ou femme. Il doit seulement être un grand homme, au-delà des héros.
    Il doit être Inmo Nin, l'homme du satori. Il n'est ni un homme du passé ni un homme du présent (il est au-delà du temps, de l'ancien comme du moderne). Il sera, par exemple, pareil au grand moine à l'esprit de renard sauvage qui fut un jour transformé en un moine de haute vertu.
    Tel est son véritable aspect fondamental de vrai Maître qui donne sa moelle ".

    ... (Les gens malades brisent l'atmosphère en toussant. Ils ne suivent pas l'ordre cosmique. Les oiseaux, les canards sauvages qui volent en groupe dans le ciel ne brisent pas l'ordre cosmique. Si tout le monde se concentre, l'atmosphère du dojo est vraiment forte) ...

    « Lui seul peut donner de véritables bienfaits. Il ne sera jamais gouverné par aucun karma. Il ne sera jamais gouverné par aucune pensée personnelle ou émanant des autres ».

    « Puisque vous avez déjà rencontré le vrai Maître, vous devez abandonner toutes les vieilles relations et ne pas passer en vain votre temps. Vous devez vous concentrer à pratiquer la Voie avec effort. Avec la pensée u ou mu, la pensée ou la non-pensée, et même avec seulement la moitié de cet esprit (avec l'esprit u). Vous devez pratiquer comme s'il vous fallait éteindre le feu qui brûle sur votre tête. Vous devez étudier les mortifications de Shakyamuni Bouddha qui pratiqua dressé sur une jambe. » (Bouddha pratiqua cette mortification un an durant, debout sur une jambe comme un héron. Zazen n'est pas une mortification, mais il faut le pratiquer comme Bouddha pratiquait ses mortifications, fortement).

    « Pratiquant ainsi, vous ne pourrez être troublé par vos mauvais amis qui vous trompent et vous critiquent. L'histoire du Patriarche qui s'est tranché le bras et a atteint la moelle du Maître n'est pas l'histoire d'un homme autre que vous. Vous êtes déjà le Maître qui a rejeté son corps et son esprit. »




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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Ven 8 Juil 2011 - 20:03



    Sincérité et foi véritables

    « L'obtention de la moelle du Maître, ou la transmission du vrai Dharma, est accomplie par la sincérité et la foi véritables. La sincérité et la foi véritables ne peuvent venir ni de l'extérieur ni de l'intérieur. Le Dharma est bien plus important que votre petit corps. (Cette phrase vient de l'Agama Sutra. Kodo Sawaki la répétait toujours. Elle m'a beaucoup impressionné). Vous devez vous appesantir sur le Dharma et alléger votre corps. Abandonnez le monde et suivez la Voie, l'ordre cosmique. Vous ne pouvez aucunement transmettre votre corps. Si vous pensez que votre corps est plus important que le Dharma, il ne sera jamais transmis et la Voie ne pourra être atteinte. »
    Si on pense à son propre corps, on se dit : "Aujourd'hui je suis enrhumé, je ne veux pas aller au zazen, sinon je serai fatigué" ; si nous donnons un tant soit peu d'importance à notre corps, et prenons le Dharma à la légère, le Dharma ne pourra pas être transmis, ni la vraie Voie obtenue. Tel est le sens de cette phrase. J'en ai reçu un grand choc. Je répète ces phrases, mais personne n'en reçoit le moindre choc. En lisant ce texte, à moins d'être idiot, tout le monde devrait recevoir un choc ...

    « Vous ne devez attendre aucun autre enseignement. » (Les sutras ne sont pas tellement importants, vous devez simplement suivre le vrai Dharma).

    Mais - dans la pensée de Dõgen, il y a toujours deux aspects – considérons les cas de personnes qui mettent le Dharma au-dessus d'elles.
    Eka obtint la moelle du Dharma. Si vous comprenez Raihai Tokuzui, vous pouvez comprendre tout le Shobogenzo. Traduire le Shobogenzo est très difficile et la plupart des Japonais n'y comprennent rien. Le sens des phrases est très difficile mais très profond. Nishiyama et John Stevens en ont fait une traduction. C'est écrit en bon anglais mais le sens est parfois erroné (1). Si vous comprenez Raihi Tokuzui, vous pouvez saisir la véritable essence du Zen.

    Obtenir la moelle du Maître suppose le vrai Dharma accompli dans la sincérité et la vraie foi. La sincérité parfaite ne peut provenir ni de l'extérieur, ni de l'intérieur du corps. Le Dharma est infiniment plus important que votre petit corps. Donnez tout le poids au Dharma et rendez léger votre corps, et autant que possible, s'il vous plaît, retirez vous des affaires mondaines et installez votre demeure sur la Voie.

    Pourquoi avoir l'esprit du samourai, animé par une forte volonté? Pour alléger son propre corps et donner tout le poids au Dharma. Il existe beaucoup de méthodes mais il faut pratiquer de sa propre initiative, sans dépendre d'un autre enseignement. Vous devez apprécier le Dharma par dessus toute chose. Si une pierre, une colonne, un renard sauvage, possèdent le vrai Dharma et ont atteint la moelle du Maître, il faut faire d'ultimes efforts pour les servir, même au prix du sacrifice de votre corps et esprit. Si on ne pratique pas ainsi, on ne peut pas obtenir le shiho. Il est très difficile de trouver le vrai Dharma
    ____________________________________________________________________________

    (1) : Les deux premiers essais de traduction intégrale du SHÕBÕGENZÕ sont dus à Kôsen Nishiyama, John Stevens et alt. (4 volumes chez Nakayama Shobô, 1975-1983) et Yuho Yokoi (chez Sankibo Busshorin, 1988) mais ces deux essais, qui paraphrasent plus qu’ils ne traduisent le texte original, ne peuvent être à proprement parler considérés (par les chercheurs exigeants) comme de véritables traductions. Ces auteurs ont souhaité privilégier l’accessibilité du texte au détriment des références scripturaires et surtout de l’écriture proprement philosophique de Dôgen.

    Et puis vint la traduction complète en quatre volumes de Gudô Nishijima et de Mike Cross (chez Windbell Publications). Cette version, dotée d’un bon appareil critique, reste à ce jour inégalée. Dans un bel anglais, la traduction suit très fidèlement le texte original. Quelquefois, des phrases de Dôgen à la syntaxe contournée ou en langue vulgaire sont difficiles. Les traducteurs les omettent tous... sauf Nishijima et Cross qui, seuls, rendent le sens exact phrase après phrase.



    M°Gudo Nishijima (célèbre traducteur du Shõbõgenzõ)



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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Invité le Sam 9 Juil 2011 - 8:09







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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Dim 10 Juil 2011 - 16:18



    Respecter le Maître

    Lorsque vous rencontrez un vrai Maître, vous ne devez pas vous attacher à sa classe sociale, sa nationalité, ni trop regarder son visage, son comportement. Il doit être uniquement respecté pour sa sagesse. Vous devez le servir avec respect et lui offrir la meilleure nourriture que vous puissiez trouver pour sa vie quotidienne. Il faut le servir en répandant des fleurs célestes, faire trois fois par jour sampai devant lui et ne pas lui créer de soucis. En général, mes disciples font l'inverse, si bien que personne ne peut recevoir le shi ho.

    Jadis en Inde, le deva Taishaku-Ten fit sampai devant un renard sauvage et l'interrogea au sujet du Dharma. Taishaku-Ten est un dieu du ciel qui protégeait le Bouddha. Le renard sauvage ne dépendait ni d'un karma noble ou vulgaire ni d'un vernis social.
    Ensuite Dogen donne sept exemples d'imbéciles qui n'ont jamais connu le Dharma et se considèrent comme suit : « Je suis un grand moine, aussi dois-je refuser de faire sampai devant un moine ancien, même s'il a atteint le Dharma... »
    Joshu, un grand Maître de l'époque Tang, de la Dynastie Ta, s'était engagé sur la Voie du satori. Nansen coupa un chat en deux devant lui et lui demanda :
    - Qu'en pensez-vous?
    Il mit une sandale sur sa tête et s'en alla.
    Ou bien une autre histoire :
    - Avez-vous pris votre petit déjeuner ?
    - Oui, bien sûr!
    - Eh bien, lavez vos bols.
    Si un enfant de sept ans vous enseigne le Dharma, il vous faut faire sampai devant lui. Tel est le splendide esprit moral des Bouddhas, des Patriarches. Mon Maître Kodo Sawaki répétait toujours ces phrases. Si vous pratiquez ainsi, vous pouvez réaliser le Dharma. Zazen sans raihai est incomplet.
    Hier, j'ai reçu un magazine féminin très célèbre au Japon. C'est un magazine traditionnel qui est intitulé : " L'ami des femmes". Quand j'étais enfant c'était le seul magazine féminin japonais. Aujourd'hui, il en existe un grand nombre. Mais celui-ci est le plus lu. Ma mère le lisait déjà et elle me montrait les photos de personnalités éminentes qui figuraient dedans. J'étais très impressionné. Un jour, je lui dis : "Certainement, plus tard, je pourrai moi aussi figurer dans ces pages ".
    Cela la fit rire. Mais hier, en l'ouvrant, quelle surprise! Il y avait une photo de moi et un long article l'accompagnait. Ma mère s'est sûrement réjouie dans sa tombe ... C'est une très belle photo. Le titre de l'article est le suivant : " Numéro de la Nouvelle Année, numéro spécial de janvier ... En cette occasion, nous avons voulu donner un nouvel aspect au journal et l'avons intitulé --'- au lieu du titre habituel - Qui est un vrai religieux ? Qui est vraiment en bonne santé ? " ... Aussi un grand nombre de personnes ont voulu le lire, pas seulement les lecteurs habituels mais des médecins, des psychologues et beaucoup d'autres personnes, qui souhaitent recouvrer ou conserver la santé. L'article est sous-titré: "Soigner l'esprit ". C'est ce qui est écrit en grosses lettres sur le bandeau du journal. Chaque mois ce bandeau est différent.

    Je suis la première personne désignée comme celui qui soigne d'abord l'esprit ! C'est très intéressant. On y découvre quatre pages concernant la "Gendronnière", le château, la posture de zazen. Et, en conclusion: " Le nouveau siècle attend d'être appréhendé comme le fait ce moine. Le monde attendait la venue d'un tel moine ". C'est une bonne conclusion. Ils sont diplomates pour la Nouvelle Année. Mais je crois que les Japonais commencent à comprendre. Après quinze ans ! Au début ce n'était que critiques et jalousie.
    Les Japonais ne pratiquent plus zazen, les Européens si. Le journal juge sévèrement les moines japonais qui ne peuvent plus enseigner le zazen, et qui disent: " Les Européens aiment les antiquités japonaises ". C'est stupide! Maintenant les Japonais commencent à comprendre. Ce magazine et d'autres imitent mon éducation: "Zazen est la meilleure méthode pour devenir neuf, avoir un cerveau frais et retrouver de l'énergie",
    C'est ce que j'enseigne durant les kusens. J'ai enseigné cela le premier.
    Maintenant les médecins psychologues le disent à leur tour, tel le Docteur Ikemi. Recevoir le kyosaku est aussi une des meilleures méthodes : les tendons retrouvent une juste tension, la nuque, la taille se redressent, les jambes et un grand nombre de points sont stimulés en même temps. Dans la journée, lorsque vous marchez, votre cerveau devient clair, il s'éveille. Il faut entraîner le cerveau. Dormir est excellent, mais il faut aussi stimuler le cerveau. Chaque jour, le nombre de neurones diminue et s'affaiblit. Si l'on stimule le cerveau, les neurones retrouvent du tonus, sont rafraîchis, renouvelés, et l'hypothalamus devient fort, favorisant ainsi une bonne santé.




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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Invité le Dim 10 Juil 2011 - 16:50

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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Mar 12 Juil 2011 - 8:49




    Pas de différence entre homme et femme


    Dans le Shobogenzo, Dõgen utilise toujours le kanji Jodo. Il s'agit de l'autel du Bouddha, dans le Bouddha hall. Quand le Maître veut faire une conférence ou un mondo, il monte sur l'estrade de l'autel, devant la statue de Bouddha recouverte d'un tissu. Jodo signifie: monter devant l'autel. « Devant l'autel, il prononce telle et telle paroles ... "

    « A l'époque de l'Empereur de la dynastie Song, une nonne était devenue célébre pour sa pratique et sa réalisation du Dharma. Elle avait été nommée Maître d'un célèbre monastère. A la demande de l'Empereur, elle fit de nombreuses conférences dans la salle du Dharma. »

    Dans les petits temples, le dojo, la salle du Dharma (salle des conférences) et la salle du Bouddha (salle des cérémonies) sont réunis en une seule pièce. A la Gendronnière comme à Paris, tout se fait dans le seul dojo. Le salon fait parfois office de Bouddha hall. Mais un dojo est suffisant. Dans les temples traditionnels, il y a ces trois pièces.
    Jodo s'accomplit dans le dojo ou dans la salle du Dharma.

    « Le chef de temple et tous les autres moines rassemblés dans le Dharma hall ou dans le dojo écoutent ses proclamations du Dharma. Le mondo sera mené à la manière des bikkhus, moines. La se•sshin sera dirigée à la manière des bikkhus. C'est la règle traditionnelle. Après que quelqu'un ait réalisé le Dharma du Bouddha et qu'il soit devenu un Bouddha du passé, on ne doit pas penser aux réunions qui ont eu lieu avec lui avant qu'il soit devenu un Bouddha du passé. Si on rencontre cet homme après qu'il ait eu le satori (cela semble faire allusion à un satori qui n'a lieu qu'une fois, au shihoJ. cette réunion aura lieu sur des bases nouvelles; il ne faut penser alors qu'aux nouvelles circonstances.
    C'est pourquoi la nonne qui transmit le Shobogenzo, la véritable essence du Zen, le trésor de la vraie loi, du vrai Dharma, a été honorée et instruite par arhat. Les trois sages et les dix saints de la tradition taoiste devraient être honorés par sampai et raihai.

    Quand la vacuité universelle est la vacuité universelle, les quatre éléments sont les quatre éléments, les cinq agrégats sont les cinq agrégats, le cosmos est le cosmos. Shiki ju so gyo shiki, tout ce qui constitue le corps et l'esprit, sont les cinq agrégats. Homme et femme sont identiques. La Voie peut être réalisée aussi bien par un homme que par une femme. Il faut respecter également leur réalisation du Dharma.
    Il ne faut pas faire cas de la différence entre homme et femme. Ceci est un principe fondamental de la suprême Voie du Bouddha. »

    Telle est la véritable essence. Il n'y a pas de séparation entre homme et femme. Il n'en allait pas ainsi dans les autres religions, pas même dans le Bouddhisme. Mais Dõgen accueillait les femmes. Il ne respectait pas les aristocrates. Il aimait beaucoup le peuple. Dõgen a influencé les Japonais jusqu'à nos jours. La moitié des Japonais pratiquant le Zen sont rattachés au Soto Zen, l'autre moitié est pour un tiers Nembutsu, un tiers Shingon, un tiers Tendai, Sokagakai, etc. Les membres de la Sokagakai sont fous. Un article du « Monde» les accusait d'être fous et corrompus ... Quoi qu'il en soit, Dõgen accueillait les femmes.

    « En Chine, des laïcs n'ayant pas renoncé au monde se sont pourtant consacrés à la Voie du Bouddha. Des célibataires ou des couples mènent des vies pures au sein des souillures et des souffrances de ce monde ».
    Certains bodhisattvas, kojis, sont mariés, d'autres non. Certains sont très pauvres. Ou divorcés: leur femme est partie. Certains sont célibataires. Il y a de nombreuses situations. A l'époque moderne, c'est encore plus compliqué. Certains ont deux femmes, ils sont assis sur deux chaises, d'autres n'ont pas de chaise. Dõgen a voulu évoquer toutes les situations. A son époque, au Japon, c'était très simple : soit on était marié, soit on ne l'était pas. On ne pouvait pas avoir de rapports sexuels avant le mariage. Les moines et les nonnes ne se mariaient pas. Il était difficile de prendre la femme d'un autre. Avant la guerre, la loi était très dure, les amants adultères allaient tous deux en prison.

    « Ils tentent de clarifier la même chose que les moines qui sont devenus Maîtres et ont rassemblé beaucoup de monde pour faire sampai devant eux et recevoir leur instruction. Qu'importe qU'ils soient homme, femme ou animaux. Ainsi, même ceux qui sont moines depuis cent ans, et qui n'ont pas vu le Dharma du Bouddha dans leurs rêves, ne peuvent surpasser ces laïcs, hommes ou femmes. »

    ... Hier j'ai parlé des kojis. L'exemple suivant est tiré de la Chine. En Chine, il y avait des kojis, c'est-à-dire des bodhisattvas comme Daichi qui, bien que n'ayant pas renoncé au monde, continuaient zazen, même n'ayant pas reçu l'ordination, et qui étaient amis intimes avec leur Maître.
    Jadis en Chine, on trouvait ainsi beaucoup de gens cultivés, des responsables, des gouverneurs, des professeurs, tout à fait intimes avec un Maître Zen et continuant "étude du Zen dans les livres. C'est être koji. Ce sont aussi de grands hommes qui se sont consacrés à la Voie de Bouddha, sans pour autant recevoir "ordination de moine.
    Célibataires ou mariés, ils pratiquent une vie morale et pure au milieu des souillures et des souffrances du monde social. Ces personnes essayent de comprendre les mêmes choses que les moines qui eux se réunissent pour faire des études et pratiquer raihai. Il n'y a pas de différence entre les hommes, les femmes et mêmes les animaux. Ceux qui n'ont pas entrevu le Dharma du Bouddha, même en rêve, seraient-ils moines et âgés de cent ans, ils ne peuvent dépasser les bodhisattvas qui ont atteint le vrai Dharma, et n'ont pas à être vénérés. On ne peut que les saluer comme quelqu'un salue son hôte.

    Dõgen continue: « Qui que ce soit, par contre, qui pratique et réalise la vraie Voie de Bouddha - même une petite fille de sept ans – sera le père compassionné de tous les moines, nonnes et êtres vivants.
    Dans le Sutra du Lotus, il est dit que la fille du roi du dragon devint nonne. Elle dut être respectée comme tous les Bouddhas et Tathagata.
    Ceci est la pratique et l'attitude traditionnelle de la Voie du Bouddha.
    Ceux qui ne savent pas cela et à qui manque la vraie transmission, sont dignes d'une grande pitié ».
    Hier, j'ai traduit jusque-là. Dõgen termina d'écrire ce texte par line belle journée de mars 1240 au Dojo de Eiheiji. Le texte du Raihai continue encore avec l'analyse concernant plus spécialement les femmes (à ce moment-là au Japon, dans beaucoup de religions, les femmes n'étaient pas tellement importantes). Dõgen s'est opposé ce système: la femme pour lui était l'égale de l'homme. Elles pouvaient bien être impératrices, princesses, pourquoi pas nonnes, et respectées de tous.
    La femme et l'homme sont semblables. Ce sont les gens les plus stupides, qui ne peuvent changer leurs opinions erronées, qui pensent que la femme n'est qu'un objet sexuel pour l'homme. S'il en est ainsi, l'homme est aussi un objet de désir sexuel pour la femme.

    Dõgen, jusqu'à sa mort, ne connut pas de femme. Mais il les respectait et les louait, et il enseignait que les disciples ne doivent pas avoir de telles opinions. Si l'homme, disait-il, crée un mauvais karma à cause des femmes, il devient lui-même un objet sexuel. Et bien d'autres rêves, illusions, erreurs deviennent cause de mauvais karma. A l'époque du Bouddha, il était dit qu'une femme qui contemplait l'image de son organe génital dans le miroir créait un mauvais karma, et le moine réchauffant son organe sexuel au soleil créait aussi un mauvais karma. Même Dieu ou le Diable peuvent devenir objet du désir sexuel. Tout peut devenir cet objet. Les exemples en sont innombrables.

    Dans la nature, il y a quatre-vingt-quatre mille objets. Nous devons donc abandonner tous les objets. Le pouvons-nous ? C'est la loi de Bouddha.
    La femme possède un orifice de plus que l'homme et ce petit objet devient la source bien souvent d'un karma brisé. C'est pourquoi, ceux qui en viennent à cela ne peuvent être autorisés à vivre dans la Sangha.
    J'ai lu derrière les mots. Dõgen a écrit beaucoup de choses.

    « Dans les temps anciens, comme à l'époque moderne, il y a des femmes qui sont devenues Impératrices et la terre leur appartient. Tout le monde respecte leur position, comme celle d'un roi ou d'un empereur.
    Les nonnes ne sont pas respectées pour elles-mêmes, mais pour avoir atteint le Dharma, pour être devenues comme des Arakans et pour avoir réalisé toutes les vertus des Sages et des Ancêtres. Elles doivent suivre ces vertus. Tous les êtres peuplant la terre ne peuvent être au-delà des ascètes, des arhats et ne peuvent les surpasser. Les sept Sages doivent les respecter dans la mesure où ils sont mushotoku et ont abandonné tout attachement à leurs vertus. Oublier ses propres vertus est être mushotoku. Dire : « Je ne me trompe pas ", ce n'est pas être mushotoku. Nous devons respecter plus encore ceux qui ont transmis le vrai Dharma du Bouddha et qui ont produit le grand esprit de Bouddha. Ils sont de grands bodhisattvas. Si on ne les respecte pas, c'est que l'on est stupide et que l'on ne se respecte pas soi-même.
    Celui qui ne respecte pas l'esprit de Bouddha est un imbécile qui critique la vérité de Bouddha... ".

    Un autre exemple se situe au Japon. La fille d'un Empereur était devenue Impératrice et avait aussi reçu le nom le plus élevé de Bodhisattva, celui de ln, décerné aux grands moines et jadis aussi aux aristocrates, ou à ceux qui bâtissaient un temple. Je pourrais recevoir ce nom pour la Gendronnière. Aujourd'hui, 'il est possible d'acheter ce nom avec de l'argent. Lorsque des gens riches meurent, les temples leur dédient souvent ce nom de ln. J'ai écrit ce nom sur la tombe de Rose-Marie: Shogetsu-In. L'impératrice reçut donc ce nom, le plus haut du Bouddhisme.
    Certains moines avaient rasé leur tête, l'Impératrice non. Mais les moines flatteurs se prosternaient devant elle,  touchaient ses pieds de leur tête, se montraient obséquieux comme des serviteurs et devenaient jusqu'à leur âge le plus avancé comme des esclaves en face d'elle.
    C'est grand dommage et c'est très triste. Bien qu'ayant rasé leur tête, ils avaient brisé le vrai Dharma du Bouddha. Leur faute est lourde et très profonde.

    Dõgen continue ainsi son récit, en droite ligne. Seul est important le Dharma. Seulement continuer zazen et pratiquer raihai devant un vrai Maître qui comprend et enseigne le vrai Dharma, et fait zazen. Celui-là seul est à respecter. Les autres, inutile de se prosterner jusqu'à terre devant eux. Les hommes politiques par exemple, inutile de faire raihai pour eux. Seuls ceux qui continuent zazen doivent recevoir raihai.

    Il n'y a pas de classes dans le dojo: ni hommes ni femmes, ni jeunes ni personnes âgées. Les classes sociales ne sont à respecter que dans le social.

    Pratiquer zazen sans faire sampai ou gassho reste une méthode de santé. C'est seulement écologique.

    Pourquoi Eka reçut-il le shiho de Bodhidharma ? Bodhidharma fit un mondo avec ses disciples. Certains connaissaient tout le Confucianisme, l’histoire chinoise et se montrèrent très érudits. Chacun parla beaucoup. Seul Eka se tut. Il se leva, fit sampai et kin-hin. Bodhidharma lui dit: « Vous avez obtenu ma moelle, l'essence du Zen. "

    En pratiquant raihai, on abandonne son ego, on se rejette soi-même.
    On peut remarquer que depuis l'époque préhistorique, l'homme n'a pas beaucoup changé. Il est toujours motivé par la nourriture, le sexe et la lutte. J'ai vu hier soir un film: « La guerre du feu ", montrant combien jadis les manières de l'homme étaient simples et naturelles. Lorsqu'il voulait faire l'amour, l'homme arrivait derrière la femme qui faisait la vaisselle et la prenait. La nourriture et la lutte étaient simples et naturelles.
    La bombe atomique n'existait pas. Tout au cours du film, on montre le comportement de l'homme devant la nourriture, le sexe et la lutte, et la recherche du feu, exactement semblable à la science aujourd'hui. Puis la femme tombe enceinte et regarde son ventre rond. L'homme regarde la lune... Jadis, lorsque quelqu'un mourrait, on faisait sampai autour du cadavre. Le plus important est de pratiquer raihai et la méditation.

    Do : la Voie, parfois la parole. Dans le Christianisme on dit: " Au commencement était le Verbe ". En Chine, on parle de la Voie; en sanscrit, du Dharma.
    Bodhidharma. Bodhi : satori. Dharma : Ho, l'ordre cosmique, la Loi universelle.





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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par fonzie le Mar 12 Juil 2011 - 9:51

    Bonjour Kaïkan,

    ...Après que quelqu'un ait réalisé le Dharma du Bouddha et qu'il soit devenu un Bouddha du passé, on ne doit pas penser aux réunions qui ont eu lieu avec lui avant qu'il soit devenu un Bouddha du passé. Si on rencontre cet homme après qu'il ait eu le satori (cela semble faire allusion à un satori qui n'a lieu qu'une fois, au shihoJ. cette réunion aura lieu sur des bases nouvelles; il ne faut penser alors qu'aux nouvelles circonstances...
    Hier soir j'ai vu un film (c'était violent mais un peu avec des agents secrets, alors j'ai regardé).
    Le titre: "sans identité" et il y avait un amnésique. Quand il retrouve la mémoire, il est dégoûté !
    Une jeune femme (qui entre temps, de sa perte de mémoire jusqu'à ce qu'il se souvienne) a sauvé plusieurs fois la vie de cet homme;
    la jeune femme dit à cet instant (quand il lui explique qui il est vraiment): " l'important, c'est ce que vous allez faire maintenant."
    http://www.youtube.com/watch?v=8D9nifWeqhI
    J'étais en train de me poser la question si c'est correct de parler de ce film dans ce sujet, mais je viens de lire la suite de ton message:
    J'ai vu hier soir un film: « La guerre du feu ",
    Shocked (c'est qui qui parle, là ?)
    comme j'avais pas lu cette fin de message avant d'écrire ce que je viens d'écrire et que j'hésitais à envoyer.
    montrant combien jadis les manières de l'homme étaient simples et naturelles
    j'envoie ! "sans l'ombre d'une hésitation".

    Bonne journée.
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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Mar 12 Juil 2011 - 15:53



    La juste direction


    Dans la première moitié du Raihai Tokuzui, Dogen parle de raihai puis des femmes. Dõgen n'avait jamais eu d'expérience sexuelle avec les femmes. Une histoire humoristique raconte que lorsque Dogen vit le sexe d'une femme, il tomba dans le coma. Mais Dõgen aimait beaucoup les femmes et les respectait énormément. Se marier ou ne pas se marier n'est pas important. Il faut être au-delà de l'homme et de la femme, et ne pas faire de différence. L'un comme l'autre peuvent atteindre la réalisation de la Voie. Telle est la suprême magnificence de la Voie.

    Dõgen écrit: « Les gens les plus idiots pensent que la femme n'est qu'un objet sexuel. " La femme nous relie avec toutes les existences.
    Elle est le trait d'union entre le blanc et le noir, le Yin et le Yang. C'est toujours la femme qui veut arrêter la lutte, la guerre et faire progresser la religion. Parfois, si elle reste trop concentrée sur elle-même, elle commet des erreurs. Tout comme dans le film « La Guerre du Feu ", la femme regarde son ventre rond, l'homme regarde la lune.

    Lorsque la femme engendre un mauvais karma pour l'homme, cela devient réciproque. Tout ce qui ne suit pas l'ordre cosmique engendre un mauvais karma.

    A l'époque du Bouddha, un jour, une nonne contemplait son sexe dans le reflet de la rivière. Cela engendra un mauvais karma. Dans le Christianisme, certaines nonnes rêvent qu'elles font l'amour avec le Christ.
    Elles avancent dans une direction erronée. La direction, dans toutes nos actions et comportements, est très importante. Et si on se trompe de direction, même si on pratique zazen, ce n'est pas efficace. Un Sutra dit qu'il faut abandonner les quatre-vingt-quatre mille objets pour atteindre la loi bouddhique.

    Comment se servir du sexe ? Il ne faut pas y être trop attaché. Agir naturellement est mieux. A l'époque moderne, cela devient compliqué et beaucoup d'erreurs naissent à partir du trou et du bâton. Même si on pratique zazen, il ne faut pas se tromper de direction. Les technologues, malgré leur concentration, ne fabriquent que des armes pendant toute leur vie. Quelle est la vraie civilisation? Comment faire?

    Ne commettez pas d'erreurs. Certains font la course aux armements ou pratiquent la compétition avec leur cerveau ou leur sexe. C'est idiot.
    Agir exactement est simple, mais l'homme ne peut pas comprendre.
    Les politiciens, les éducateurs, les militaires ... tous les dirigeants se trompent...



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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par fonzie le Mar 12 Juil 2011 - 23:08


    Agir exactement est simple, mais l'homme ne peut pas comprendre.


    http://www.dailymotion.com/video/x99ng8_definition-du-mot-empathie_animals
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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Mer 13 Juil 2011 - 20:07


    Tout le monde est identique : ici et maintenant

    Akuni sont les êtres démoniaques.

    « S'il a l'esprit démoniaque, le démon est en l'homme. L'homme bon est bon même s'il est une femme. »  
    L'homme et la femme peuvent être soit démoniaques soit bons.

    « Aussi entendre le Dharma, rechercher le Dharma, devenir moine, recevoir l'ordination, tout cela ne dépend pas de notre état d'homme ou de femme. Il n'y a pas de différence. Hommes et femmes sont identiques.»  
    Quand on n'a pas coupé les bonnos, quand on n'a pas le satori, l 'homme et la femme ne sont pas identiques. Mais quand on a déjà coupé les bonnos et obtenu le satori, il n'y a plus de différence entre homme et femme. Si un homme refuse de regarder une femme de toute éternité (dans l'Hinayana, il est interdit de regarder ou de toucher une femme), comment pourrait-il pratiquer le Shujo muhen seigando qui est le premier des vœux du Bouddhisme ?  

    « Les êtres sensibles infinis, je fais le vœu de les sauver tous". La femme ne serait-elle pas un être sensible ? Si vous abandonnez les femmes, vous ne pouvez être un bodhisattva. La compassion doit être totale, universelle. Ainsi pense le moine Hinayana qui a bu du saké, moine à l'esprit étroit, qui divague. Les vrais êtres célestes ne font pas cas de son opinion, ramassis de pensées stupides.»  

    Dans certaines religions, on fait erreur au sujet de la femme, des crimes. Les prisonniers ne pensent pas recevoir l'ordination. Ici et maintenant est important. Si l'esprit du prisonnier se transforme ici et maintenant, même s'il a tué mille personnes, s'il est parricide, il peut recevoir l'ordination.
    Si, ici et maintenant, il fait zazen, son esprit change, son cerveau revient à la condition normale et il est pareil aux autres. Le Bouddhisme Mahayana dit la vérité. Ici et maintenant tout le monde est identique.
    « Chaque bodhisattva a autrefois enfreint des préceptes ou commis des crimes. Donc aucun d'entre eux n'aurait pu recevoir l'ordination. A l'avenir, ils les enfreindront encore certainement. »

    Tel est l'avis des Hinayana. Il s'agit là des femmes. Elles ne peuvent devenir nonnes. Si on raisonne de la sorte, rien n'est possible. Car on ne peut pas savoir comment agiront les bodhisattvas et les moines dans le futur. On ne peut pas le voir, on ne peut pas le dire. Il faut accepter tout le monde, sans choisir. Si on fait zazen, tous les êtres sont identiques.
    Même si je me fâche contre un disciple, tous ceux qui font zazen dans le dojo sont pareils. Même si quelqu'un se trompe, s'il continue zazen, il est pareil aux autres. Rien.


    Daruma (Bodhidharma)



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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Invité le Mer 13 Juil 2011 - 21:40

    fonzie a écrit:
    Agir exactement est simple, mais l'homme ne peut pas comprendre.


    http://www.dailymotion.com/video/x99ng8_definition-du-mot-empathie_animals







    Atteindre l'autre rive à chaque pas de la traversée est la voie de la vraie vie.
    Shunryu Suzuki
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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Jeu 14 Juil 2011 - 21:08



    Maku Mozo. Pas d'illusion

    Maku Mozo. Ne créez pas d'illusions. Ne vous faites pas d'illusions.
    En 766, le disciple Muju demande à Maître Muso :
    - Qu'est-ce que Maku Mozo ?
    - Commander toutes les femmes, c'est Maku Mozo.

    Cela signifie qu'il ne faut pas s'attacher aux femmes, à leur état de femme. " C'est une femme, je dois l'éviter ". Commander signifie observer.
    Avoir son propre chemin. Il faut savoir observer. Quand on regarde l'objet, la femme, quand on la sent, quand on entend sa voix (" Je vous aime "), quand on la ressent à travers les cinq sens, il ne faut ni la fuir, ni la poursuivre. Telle est la conclusion de Dõgen.

    Il faut observer, comprendre profondément. Quand on regarde l'objet, il ne faut ni l'éviter ni courir après lui, mais l'observer et le comprendre, sans s'y attacher. Que ce soit une femme ou du whisky ... Il faut avoir de la sagesse. Trop boire est mauvais. Aimer une femme mariée rend les choses compliquées. Il est important d'observer et de sublimer. Si quelqu'un est gentil avec moi, c'est qu'il a un but: il veut m'emporter de l'argent ou m'embrasser. Si quelqu'un m'aime, il ne faut ni se sauver, ni lui courir après. Comment faire ? Ne pas s'échapper, ne pas courir après, c'est l'observation, Kan. S'échapper, c'est l'Hinayana. Courir après, c'est être obsédé sexuel. Il faut revenir à la condition normale. Homme ou femme peu importe. Accepter les femmes ne veut pas dire faire l'amour avec elles.

    Alors Muju dit : " Le vrai satori, le vrai Zen, c'est entendre la voix sans la voix ".



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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Invité le Jeu 14 Juil 2011 - 22:36

    Bonsoir,

    Les femmes ouvrent leurs bras. Et on sait que les femmes ont plus besoin que les hommes, de parler. De parler profondément, de mettre des mots sur les émotions, les sentiments, un besoin impérieux de comprendre et d'être écoutée vraiment. Le silence de l'homme s'harmonise bien parfois... Et le silence de la solitude, se comprendre avec les silences est très apaisant. Ou comme le silence d'une feuille blanche accueille l'encre et la lumière...


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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Jeu 14 Juil 2011 - 23:51



        Bonsoir kay,La méditation, quelle que soit sa forme ou son origine, est un élan qui part des profondeurs de soi, pour mieux s'ouvrir vers le monde.Pour le Dalaï Lama, le but de la méditation est la maîtrise, la discipline et l’entraînement de l’esprit. Et, il affirme que pour progresser intérieurement, cet effort doit être quotidien et soutenu. Il ajoute également que la méditation sur le calme mental facilite la concentration et aide à comprendre que la nature des phénomènes est illusoire.«Se plonger dans le silence de la méditation, c’est comme s’immerger dans une eau claire et fraîche. On se débarrasse de la poussière et des souillures, on se lave de toute trivialité. Cette purification a lieu, qu’on en ait conscience ou non. Le choix même du silence, le désir de retrouver la sérénité, nous purifie des miasmes du quotidien», affirme Sœur Wendy.




    Quant à lui, Arnaud Desjardins nous invite à observer ce qu’on peut trouver dans la méditation :


    «Ce que vous pouvez chercher de plus haut, de plus parfait dans la méditation est déjà là; et vous l'êtes déjà. Vous cherchez à découvrir en vous cette Réalité qui échappe à la durée, au changement, qui est invulnérable, indestructible, qui est votre essence et votre nature réelle. Il y a en vous une telle Énergie, une telle ressource de Force. Votre faiblesse vient de ce que vous fonctionnez mal et que vous ne pouvez pas utiliser cette énergie. C'est un océan absolument calme, mais très profond. Si vous êtes dans ce Silence, vous le sentirez à la fois comme absolument paisible et comme un formidable réservoir de Force. C'est une immensité d'Énergie, de Puissance, sans comparaison avec tout ce que vous avez connu de vous-mêmes jusqu'à aujourd'hui. Il n'y a pas de différence fondamentale entre ce qu'on appelle méditation et le courant de l'existence. La véritable méditation est celle qui s'inscrit et se poursuit toute la journée pendant que vous êtes actifs».


    « Je me centre en moi, stable, serein, pour mieux m'épanouir et m'ouvrir vers autrui......
    Non pas pour établir avec l'autre un rapport de dépendance,
    mais pour lui permettre, à son tour de retrouver son centre,
    de s'y sentir bien, et de partager sans se disperser, son énergie vitale.
    Peu importe qui je suis en termes de culture, d'âge de religion ou de race,
    je rentre en contact avec le centre de mon être, siège de mes qualités uniques,
    de mes valeurs, mémoire de mon histoire,
    là où tout se fait et se défait au gré des transformations
    que suscite en moi la vie ».

    Osho



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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Invité le Ven 15 Juil 2011 - 9:20

    Bonjour Kaïkan,

    Oui, et par la méditation, c'est bien ainsi que je "purifie mon karma", véritablement. Il y a beau y avoir toutes sortes de difficultés, d'entraves et d'embûches, rien, ni quoique ce soit, ni personne, ne m'empêche d'être dans cette voie. D'être dans cette eau claire vers la lumière.
    Et c'est vrai que mon premier silence solitaire, indépendant, a été une page blanche. Je n'ai pas trouver de meilleur paix, de meilleure force que celles-là, ces deux choses.
    C'est certain que de cette manière tout s'harmonise, l'ouverture au monde et le bien-être avec les autres et les plus proches. Un partage, une offrande direct du coeur. Il n'est rien besoin d'autre que la simple présence, la chaleur, le silence, parfois. C'est ce qu'on retrouve dans la méditation.
    Pendant des années, c'est ce que je me suis tuée à dire, à faire comprendre, intuitivement, ce besoin. Cet essentiel, ce vital. Alors, à force d'incompréhension, j'ai marché seule... envers et contre tout. Maintenant, je marche simplement...

    Aussi, je ne vais pas raconter trop en détail, comment il y a un mois, j'ai vu un homme, un clochard déjà ivre-mort, se faire fracasser sous mes yeux, sur une place public, devant tous, dont une bande de caïds de rappeurs qui ne bougeait pas un poil, tout ça devant un manège pour enfant. Comment la stupeur, la colère, la souffrance sont montés en moi, en fléche, avant que ne s'échappe le cri rentré, comment j'aurai voulu me mettre en travers et que je n'ai pas pu, comment je serrai mon portable...
    Mais plutôt, avant-hier, lorsque je marchais dans une rue, je remarque ce qui brille, les choses insolites et j'ai trouvé une petite clé, une jolie petite clé argentée en pendentif. Je l'ai gardé dans ma poche...
    Je sais que du message initial sont faite toujours toutes sortes de différentes interprétations. Mais je ne dis que ce que je dis et il n'y a à entendre que ce qu'il y a à entendre, tout ce que le coeur reçoit et les yeux du coeur voit.

    Encore merci Kaïkan, d'offrir ces lectures, aussi je lis, Shunryu Suzuki...
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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Invité le Ven 15 Juil 2011 - 9:55


    "On peut se passer de religion
    mais pas d'amour ni de compassion."
    Dalai Lama





    Fais de ta plainte un chant d’amour pour ne plus savoir que tu souffres.

    Proverbe touareg







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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par fonzie le Ven 15 Juil 2011 - 14:52

    Bonjour Kaïkan,
    Kaïkan a écrit:(...)

    Do : la Voie, parfois la parole.
    Dans le Christianisme on dit: " Au commencement était le Verbe ".
    En Chine, on parle de la Voie; en sanscrit, du Dharma.
    Bodhidharma. Bodhi : satori.
    Dharma : Ho
    , l'ordre cosmique, la Loi universelle.
    oui, merci Kaïkan.
    J'ai pris du retard pour lire, mais je prends des notes.
    "Dharma" en sanskrit, c'est comme "Ho" en japonais ?
    et "Fa" en mandarin Very Happy (je rigole parce que c'est presqu'une orange: mandarin(e))

    Je précise parce que j'ai failli confondre le "Ho" en chinois Rolling Eyes
    http://www.fengshuitrad.com/pages/histoire/page1.htm
    le sage Fu Tsi, découvrit le Hetu ; pagua du ciel antérieur, symbolisant l'ordre cosmique ou l'univers parfait. On raconte, qu'en longeant le fleuve Ho, un cheval émergea de l'eau avec les signes du Hetu inscrit sur son dos.
    Yu, un autre roi-chamane, dévia, à l'aide de canaux et de pouvoirs magiques, les eaux de crue d'un fleuve qui allaient noyer les villages d'une tribu ainsi que tous ses habitants. C'est alors qu'il découvrit le Loshu, pagua du ciel postérieur : l'univers en perpétuel changement.
    L'histoire raconte, que c'est sur la carapace d'une tortue qu'il le vit inscrit.
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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Sam 16 Juil 2011 - 16:24


    La voix sans voix : le Kusen


    Tout le monde n'écoute que la voix. Il faut entendre le tréfonds de la voix. Les voix changent tout le temps. Quand on l'entend, la voix s'est déjà évanouie, elle est déjà passée, c'est déjà le son suivant qu'on entend. C'est un changement incessant.
    Une femme m'a demandé en mondo : " Pourquoi faites-vous des kusens ? Cela m'empêche de me concentrer." Elle n'a pas l'expérience du vrai zazen. Les gens qui pensent pendant zazen ont un ego trop fort. Ils veulent poursuivre leurs pensées, faire leurs propres catégories. L'enseignement du Maître les gêne, cela fait du bruit. C'est pourquoi le kusen est très efficace. Il nous ramène à la condition normale. La voix sans voix ...

    Maître Muju ne stagne pas, il ne s'attache pas. Un disciple dit:
    - J'ai étudié de nombreux livres de commentaires et beaucoup de sutras. Sans aucun doute, j'ai obtenu le satori et je deviendrai un grand Maître.
    -Pas du tout.
    - Pourquoi ?
    - Écrire des livres n'est bénéfique que dans le domaine intellectuel.

    Mais on ne fait qu'écrire avec sa conscience personnelle, avec le cerveau gauche. Le travail intellectuel n'est pas le vrai Dharma. Zazen est très important. Vous pouvez le comprendre. Des professeurs qui n'ont pas l'expérience du zazen le critiquent. Ils comparent Rinzai et Soto. On les croit. C'est pourquoi on fait des erreurs. Ils font leurs propres catégories avec des bribes de savoir. Le Dharma est infini Hishiryo. Le Dharma sans pratique n'est pas du tout le vrai Dharma. L'académie, les lettrés, les érudits ne comprennent pas du tout le vrai zen.
    Donner à manger à un vrai bodhisattva est plus efficace que donner à manger à un million de sages Hinayana. Lorsqu'on veut offrir des mets délicieux à quelqu'un, mieux vaut faire ce fuse (ce don) à un bodhisattva du Mahayana. Mais mieux vaut encore faire ce don à un être munen (sans rien), muju (qui ne demeure pas), mushu, muso, qu'à un seul milliard de bodhisattvas. Cet être est celui qui fait zazen.

    Mu signifie non. Nen : la pensée. Munen : la pensée Hishiryo.
    Mushu : pas attaché. Muso : sans forme, sans limite…



    MU- (rien)




    Mur-du-son


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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Lun 18 Juil 2011 - 12:37


    Abandonner son corps

    Raihai est sampai. Tokuzui, c'est obtenir la moelle du Maître. En définitive, comment le disciple peut-il recevoir la moelle du Maître, c'est-à-dire son enseignement essentiel ? Par zazen, mais pas seulement par zazen. L'ultime action est sampai devant le Maître. Zazen sans le sampai n'est qu'une gymnastique, une méthode de santé.

    A l'époque moderne, apparaît un grand nombre de maladies. La meilleure méthode pour les guérir, c'est la méditation. Tous les médecins et scientifiques le certifient. Parmi les méditations, zazen est la meilleure.
    C'est certifié par la science et par de nombreux docteurs japonais ou européens. Qu'est-ce que la véritable religion ? Cette question est importante. La méditation n'est pas uniquement une méthode pour la santé, mais aussi un moyen de soigner l'esprit. Etant donné que l'esprit et le corps sont unité, avoir l'esprit de gratitude est fondamental. Abandonner l'ego. Suivre absolument l'ordre cosmique. Cet esprit suit la vérité, l'ordre cosmique véritable. Il ne suit pas l'ego mais l'esprit du bien, pas l'esprit démoniaque, l'esprit du mal. Découvrir la nature de Bouddha, l'esprit de Dieu, le trouver en soi, c'est la même chose que suivre l'ordre cosmique. Nous ne devons pas être guidés uniquement par le cerveau gauche, mais équilibrer celui-ci avec l'hémisphère droit. C'est Raihai Tokuzui. C'est la conscience Hishiryo. Raihai Tokuzui, de toutes façons, c'est jeter notre corps à terre. Les êtres humains refusent de le faire. Ils pensent que cela les fait ressembler aux animaux. Ils veulent regarder les étoiles, étant les seuls créatures à se tenir debout. Mais il nous faut aussi parfois revenir à la terre, jeter notre corps sur la terre. C'est la plus haute posture, la posture de gratitude pour tout le Cosmos et toute la Nature. C'est devenir humble devant l'ordre cosmique.
    Si vous avez un ego fort, vous devenez fier, dogmatique et égoïste. Mais si l'on fait sampai, on peut abandonner son ego, jeter son corps. Alors, l'esprit démoniaque s'enfuit. Il ne reste que le véritable ego, pur et saint. C'est ceci qui est sampai, raihai, gassho. Si vous ne pouvez pas faire sampai, ou même zazen, alors faites seulement gassho. Si vous ne voulez pas le réaliser devant le Bouddha, vous pouvez le faire face au Christ ou devant la photo de vos parents. L'objet n'est pas le plus important. Le plus important est la question : « Qu'est-ce que l'ordre cosmique ? Qu'est-ce que la nature ? « Aussi je dis toujours : Après avoir fini votre toilette, le matin, regardez un instant votre visage dans le miroir, non pas votre visage négatif, diabolique, mais votre visage pur et sincère, authentique. Chacun peut découvrir ce côté-là car tout le monde l'a en lui, mais nous ne le découvrons pas la plupart du temps.
    C'est là l'enseignement essentiel de la religion, de toutes les religions. Gassho, sampai sont très importants. Dõgen l'a écrit dans le Shobogenzo.
    Les femmes ont un esprit religieux plus fort et davantage de gratitude que les hommes. Mais la plupart des religions se trompent. On a cru longtemps que les femmes ne pouvaient trouver la vraie Voie et on leur interdisait l'entrée dans le dojo. Au Japon, à l'époque de Dõgen, il en était ainsi. Dõgen, lui, le leur a permis. Dans toutes les écoles, Shingon, Koyasan, etc., les temples étaient interdits aux femmes, même aux nonnes. Dõgen a changé cette règle. Pourquoi les femmes ne pourraient- elles atteindre le satori ? L'Inde aussi s'est trompée. C'est le Bouddhisme Hinayana.
    Dõgen, lui, a expliqué: « En pratiquant Raihai Tokuzui, soyez anonymes. Les femmes pratiquent mieux que les hommes. Nous devons transcender le féminin et le masculin. Les femmes elles-mêmes peuvent devenir de grands Maîtres et ne sont pas des démons. Dans la vie sociale, dans les provinces, les femmes peuvent devenir impératrices, gouverneurs, ministres. Dans la religion, elles peuvent être encore plus grandes.
    Bouddha était un homme, certes, mais il était au-delà.» Puis Dõgen explique plus encore: « Pourquoi les femmes ne pourraient-elles entrer dans les dojos? Pourquoi serait-ce un lieu tabou ?». Il en était ainsi au temps de Dõgen, mais aujourd'hui, en France, ce n'est pas important.
    Dõgen ouvrit son dojo de Koshoji aux femmes.





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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Fred le Lun 18 Juil 2011 - 13:10

    Je crois que c’est S.Suzuky qui disait qu’il entendait très souvent son maître le gronder, son maître qui n’était plus de ce monde.

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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par fonzie le Lun 18 Juil 2011 - 13:59

    Bonjour Fred,
    Fred a écrit:Je crois que c’est S.Suzuky qui disait qu’il entendait très souvent son maître le gronder, son maître qui n’était plus de ce monde.

    c'est bien dit: "la voix sans la voix".


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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

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