Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    Mahâmahopâdhyâya

    Partagez
    avatar
    shikantaza
    Amateur
    Amateur

    Nombre de messages : 323
    Date d'inscription : 19/10/2009

    Mahâmahopâdhyâya

    Message par shikantaza le Mer 29 Juin 2011 - 23:07

    J’ai fait ce qu’il y avait à faire.
    Je suis comblé.
    Je repose en moi-même, par moi-même.
    Bien que transmigrant et incarné,
    Je ne succombe pas à l’égarement.

    Je suis félicité et conscience, je suis toujours délivré.
    Mon corps est toujours plongé dans la félicité et la conscience.
    L’univers apparaît tel un tout de conscience et de félicité.
    Rien n’apparaît séparé de la félicité de la conscience.

    Ce que je désire être et percevoir encore et encore,
    Ce à quoi j’aspire tant et plus en vue d’une satisfaction toujours illusoire,
    Cela, ce filet de mes imaginations, je le laisse à présent :
    Je repose en ma propre essence éternelle, conscience immaculée,
    Belle, bonne et vraie (satyam shivam sundaram).

    Ce que je perçois chaque jour et que je m’efforce de comprendre,
    Ce que je désire goûter longtemps après l’avoir obtenu,
    Tout cela se révèle n’être que mon imagination,
    Un quasi-néant voué à disparaître.
    L’ayant laissé, je suis apaisé, immaculé, éternel, établi, sans rien à accomplir.

    Voici que j’ai passé ma soixante-et-unième année, et
    J’ai découvert la conscience.
    Nulle part, jamais je n’avais vu la paix
    Promise par les mots « pluie d’ambroisie ».

    Quoi qu’il apparaisse en moi dont le corps est Apparence limpide, libre et sans-second,
    C’est sous ces formes que j’apparais toujours, fulgurant en tant que corps.
    Mais délaissant la fragmentation engendrée par la durée, je me tiens en mon essence.
    Là, je suis établi dans la grande lumière, à la fois support de toutes choses et vide de toutes choses.

    Je ne suis ni le corps ni les organes ni le vide non plus.
    Je suis incolore, je suis sans savoir.
    Accompli, je ne suis pas une chose à accomplir.
    Je suis éternellement baigné de paix, loin de tout affairement et nécessité.
    Comblé, je suis plein à raz-bord de tout ce qui est désirable, je suis limpide, sans attentes.


    Certains te remémorent jours et nuit sous la forme du seigneur Rama.
    Certains vénèrent la lumière toujours sereine, le suprême firmament de la conscience.
    D’autres connaissent le Brahman suprême, leur esprit occupé par leur objet.
    Mais moi, ô Dieu ! je te vois ici-bas, éternel, un, pur, fait de tout.

    Quand une chose apparaît, j’apparais.
    Quand j’apparais, alors elle apparaît.
    Cette objectivité qui fragmente l’Apparence
    Repose en moi qui suis Apparence.
     
    Reposant dans le Soi, fait de tout de toutes les manières, je suis l'essence de l'épanouissement et de la contraction. Je n'appartient à personne. Personne ne m'appartient non plus. Bien que je me manifeste comme Un, je suis la forme du Multiple.

    Je suis le Voyant constant de l'apparition comme de la disparition (des choses). Je suis le Puissant, je ne suis affecté ni par l'apparition, ni par la durée, ni par la destruction (des choses).

    Je possède le "je" authentique grâce à la prise de conscience "je". Je suis toujours tout sans exception, dépourvu de la distinction entre le contenant et le contenu.

    J'existe ainsi et autrement aussi. Je suis Un, non-duel. Bien que je forge la division en "ainsi" et "autrement", je me tiens en leur centre.

    Oubliant mon propre Soi présent, doué de toutes les Puissances, je viens habiter spontanément le corps, le vide, etc., en personne.

    Celui qui se tient au présent dans le Présent, que ne jouit-il pas de toutes les Puissances ! Mais celui qui s'occupe du passé et du futur, oublieux de lui-même, que ne devient-il pas !

    Né du Soi, le monde n'existe que dans le Soi. Pour l'adepte toujours uni, il apparaît identique à sa propre essence.
    Le soleil, la lune, les étoiles, l’espace, l’air, le feu, l’eau et la terre, le « mien » et le « tien » - tout cela apparaît en moi. Je suis donc le fondement de la multitude des êtres.

    Je savoure l’Essence qui donne à la fois jouissance et délivrance, cette Essence qui brille, indéfinissable, qui embrasse tout, éternelle, débordante de la joie de n’être que Conscience.

    Je goûte sans trêve mon propre Soi impérissable, radieux, indéfinissable, qui embrasse tout, éternelle, débordante de la joie de n’être que Conscience.

    L’essence est éternellement réalisée. Elle n’est pas à atteindre ou à réaliser. Celui qui nourrit le désir de la réaliser ou de l’atteindre sera toujours autre que Shiva.

    Le gnostique qui demeure en son propre Soi n’entreprend jamais d’effort pour y demeurer. Au contraire, l’ignorant laborieux reste privé de la Connaissance, alors même qu’il est (cette) Connaissance !

    Ayant délaissé la contemplation du corps, abandonnant l’observation du souffle, je suis toujours sans penser, apparaissant plein de la félicité du Soi.

    Je suis pur, évident, toujours réalisé, affranchi des pensées. Mais lorsque je désire m’éveiller à moi-même par moi-même alors je me manifeste comme n’étant pas réalisé.
    avatar
    AncestraL
    petit fleuron
    petit fleuron

    Masculin Nombre de messages : 500
    Localisation : Lille
    Emploi/loisirs : éducateur/agent de probation
    Humeur : Sat Chit Ananda
    Date d'inscription : 01/10/2012

    Re: Mahâmahopâdhyâya

    Message par AncestraL le Lun 22 Fév 2016 - 15:42

    D'où vient ce texte ? Qui est l'auteur ?

      La date/heure actuelle est Jeu 17 Aoû 2017 - 9:59