Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    Le doigt et la lune

    Partagez
    avatar
    Fa
    vrai fleuron
    vrai fleuron

    Masculin Nombre de messages : 1450
    Date d'inscription : 10/08/2008

    Le doigt et la lune

    Message par Fa le Lun 7 Nov 2011 - 9:34

    Bonjour,

    Un doigt pointe vers la Lune,
    L'insensé louche sur le doigt et rate le spectacle de l'astre nocturne.
    Dans le Bouddhisme la difficulté est que le doigt, pointe vers ce"rien de spécial".
    C'est une porte sans porte, la voie négative du sans objet.
    avatar
    Kaïkan
    Admin
    Admin

    Masculin Nombre de messages : 5430
    Age : 70
    Localisation : Jura-alsacien
    Emploi/loisirs : Moine zen enseignant, disciple de T. Deshimaru depuis -1978 -
    Humeur : insaisissable
    Date d'inscription : 19/11/2009

    Re: Le doigt et la lune

    Message par Kaïkan le Lun 7 Nov 2011 - 15:09






    _________________
    - - Kaïkan - -
    - étoile - Kyo gyo sho itto - étoile -
    L’enseignement, la pratique et le satori sont unité.

    " L 'univers entier est l'éternel présent "
    avatar
    Fred
    Animateur
    Animateur

    Nombre de messages : 3213
    Date d'inscription : 17/11/2008

    Re: Le doigt et la lune

    Message par Fred le Lun 23 Avr 2012 - 17:18

    Bonjour,

    Il est dit :
    « Le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt »


    Quelle est la méthode pour ne pas s’encombrer de son propre doigt ?

    Désigner cette méthode n’est-il pas s’encombrer de la méthode, alors comment faire ?

    Smile
    avatar
    lausm
    vrai fleuron
    vrai fleuron

    Nombre de messages : 1461
    Date d'inscription : 08/02/2010

    Re: Le doigt et la lune

    Message par lausm le Lun 23 Avr 2012 - 17:23

    Certains l'ont coupé!
    Une autre méthode consiste à brandir le majeur vers le ciel en proférant des mantras mystérieux.

    J'ai coupé du bois tout à l'heure. En faisant bien gaffe à mes doigts. Là on voit qu'ils servent à quelque chose, et on ne pense pas trop à une méthode autre que les préserver si on veut ne pas avoir trop froid en ces journées venteuses.
    Et c'est juste être attentif.
    avatar
    Fred
    Animateur
    Animateur

    Nombre de messages : 3213
    Date d'inscription : 17/11/2008

    Re: Le doigt et la lune

    Message par Fred le Lun 23 Avr 2012 - 18:10

    Merci Lausm,

    Cette méthode du majeur levé en direction du ciel à de quoi nous faire rougir, cela ne fait cependant pas de nous des tomates Smile

    J'ai trouvé un texte de Hui Neng très intéressant sur ce sujet, le voici :


    "Mahâprajnâpâramitâ", Hui Neng

    Ch'an Master Hui Neng



    « Qu’appelle-t-on Prajnâ ? La connaissance. Constamment pratiquer la connaissance sans un seul instant d’ignorance, c’est ce qu’on appelle « pratique de prajnâ ». Un instant d’ignorance interrompt la prajnâ ; un instant de sagesse la suscite. Je dirais que mon exercice de la prajnâ n’a aucune forme et que la connaissance, c’est mon essence.
    Que signifie pâramitâ . Par ignorance, l’homme se méprend et ne voit pas la prajnâ – c’est pour cela qu’il ne fait qu’en parler. Pâramitâ peut se traduire par « transcendant » et signifie « libre de la production et de la destruction », car production et destruction n’existent que lorsqu’il y a attachement à l’existence réelle des objets.
    Ces derniers sont comme des vagues sur l’eau ; la conscience se tient sur la rive. Si elle se détache des objets, il n’est plus pour ceux-ci de production ni de destruction ni de destruction. C’est comme si l’eau s’étirait en un seul flux : la conscience s’est transcendée – en sanskrit : pâram-itâ.
    Les égarés ne font que réciter, les sages pratiquent avec l’esprit. A l’instant même de la pensée, il y a illusion, et du fait même qu’il y a illusion, ce qu’il y a n’est pas réel. La pratique poursuivie d’instant en instant porte le nom d’ « existence réelle ». Qui comprend ce point comprend la méthode de prajnâ et s’exerce à la pratique de prajnâ. Qui ne s’y exerce pas est un être ordinaire, bien que, un seul instant se livrer à cette pratique, c’est en corps absolu le Bouddha.
    La Mahâprajnâpâramitâ, mes amis, est ce qu’il y a de plus vénérable, de plus élevé – la première des choses, et elle ne se trouve nulle part, ne va nulle part et ne vient de nulle part. Les bouddhas des trois temps en jaillissent tous et, armés de cette grande connaissance, ils transcendent : pour détruire les cinq agrégats et les passions – ces souillures qui nous confondent.
    La plus vénérable, la plus élevée, la première : chantons la louange de la Méthode du Véhicule Suprême et de sa pratique qui, pour sûr, permet de devenir Bouddha. Elle ne nous quitte pas, ne se trouve pas en nous et ne viendra pas nous rejoindre, cette égalité du recueillement et de la connaissance ; elle ne souille aucun phénomène, et les Bouddhas des trois temps en jaillissent, transformant les trois poisons en discipline, recueillement et connaissance. »

    http://kalyanamitra-fasheng.blogspot.fr/2011/01/linji-lu-linji-yixuan-rinzai-26.html


      La date/heure actuelle est Mer 26 Juil 2017 - 6:34