Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    A propos de l'égo

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    Kaïkan
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    Re: A propos de l'égo

    Message par Kaïkan le Dim 11 Déc 2011 - 12:32


    Mondo : Catherine Barry et Roland Rech.



    L’ EGO.


    R.R. : Le Bouddha n’a jamais défini l’ego, il n’a fait que de nier qu’il y ait un atman, un soi substantiel, parce qu’il n’a pas nié l’ego en tant que personne, mais il avait affaire à des spirituels qui avaient la croyance en un soi qui est l’atman, et qui est permanent et qui est éternel.
    Lui considérait que cette croyance en un atman était la base pour rester attaché au petit ego, et donc pour lui il était extrêmement important d’éliminer cette illusion qu’il y avait quelque part un soi ou un ego, que ce soit le grand soi ou le petit soi, à partir du moment où on s’attache à la notion d’un soi substantiel, qu’il soit grand ou petit, il y a là un facteur de souffrance et un facteur d’anxiété.

    C. B. : Alors certains disent que l’ego n’étant qu’une illusion il ne faut pas s’en préoccuper. Qu’est-ce que vous dîtes ?

    R. R. : Non, je crois au contraire que l’Eveil de Bouddha c’est en grande partie d’apprendre à éclairer son illusion, donc il faut s’en préoccuper, c’est-à-dire pour voir à quel point cette illusion de l’ego nous mène et pervertit énormément nos actions. Mais en même temps il est extrêmement utile, et si j’ai souhaité faire cette émission c’est parce que je pense qu’il ne faut pas diaboliser l’ego.

    C. B. : Oui justement, donc il ne faut pas dire que c’est notre ennemi.

    R. R. : Parce que sinon on fait encore de l’ego une sorte de péché originel, c’est-à-dire quelque chose d’extrêmement culpabilisant, et souvent dans les groupes spirituels bouddhistes les gens se reprochent les uns aux autres : « c’est encore ton ego, c’est la manifestation de ton ego ». C’est une manière de culpabiliser les autres et si on prend ça pour soi on se culpabilise soi-même, l’ego devient l’ennemi.
    Alors que l’ego en tant que soi-même est ce avec quoi nous pratiquons. Par exemple on a absolument besoin d’avoir une ferme décision pour pratiquer, et pratiquer avec volonté, c’est absolument indispensable, alors on peut dire que la pratique avec volonté est une pratique avec ego.
    L’ego c’est ce qui nous amène à rechercher la délivrance, à rechercher l’éveil, à venir pratiquer, et donc on en a besoin et jusqu’à un certain point, mais une fois qu’on est engagé dans la pratique et qu’on est dans la méditation par exemple, si cet ego qui nous a porté jusque là continue à se manifester, il va manifester l’avidité qui est une de ses caractéristiques propres, c’est-à-dire de vouloir saisir quelque chose, de vouloir s’emparer des mérites de zazen, de vouloir pratiquer pour obtenir des mérites, de vouloir obtenir l’éveil pour lui-même, de vouloir obtenir l’éternité. Il va bâtir des théories du style : « certes le petit ego n’a pas d’existence propre mais le grand soi est éternel ». Il y a encore là un facteur d’illusion.
    Donc l’ego il faut en voir tous les pièges, il faut en même temps se rendre compte qu’on ne peut pas s’en séparer, il nous accompagne, il faut faire en sorte qu’il se mette à fonctionner au service de la Voie. Je crois au fond que l’ego c’est un certain mode de fonctionnement qui dans certains cas peut être pervers et dans d’autres cas peut être bénéfique. Alors il faut rendre l’ego bénéfique à la Voie, c’est-à-dire l’utiliser pour qu’il nous mobilise en direction de la Voie.
    Et par exemple, vous avez fait allusion à l’attitude des Bodhisattvas, des êtres d’éveil qui consacrent leur vie à aider les autres à se délivrer de leurs souffrances, et bien il est clair qu’on ne peut pas avec son petit ego aider profondément spirituellement quelqu’un, tant qu’on est centré sur l’ego, ça veut dire tant qu’on centré sur l’attachement à une certaine forme d’illusion, qu’on est dans l’avidité, Il peut même y avoir une avidité à prétendre à être le sauveur des autres, c’est sécurisant, ça nous met dans une position élevée. Donc si vous voulez, l’ego devient aussi un empêchement pour aider les autres. Par contre si on parvient à le remettre à sa place, il va avoir sa propre utilité et il va nous donner d’abord un sens de notre identité personnelle dont on a besoin pour se repérer dans la vie sociale, sans quoi on ne sait plus où on en est et on est un peu fou. On a besoin de cet ego, mais on va l’assouplir, on va le rendre flexible, on va le rendre capable de se mettre à la place de l’autre, c’est-à-dire d’être dans le contact, le moi en contact avec le toi, le moi qui réalise qu’il n’existe pas sans toi, que donc il vit dans l’interdépendance, et là il s’agit finalement de mieux comprendre la véritable nature de soi-même et de façon à permettre à cet ego qui peut être illusoire de se mettre à fonctionner en harmonie avec la réalité telle qu’elle est et vivre notre solidarité avec les autres.

    C. B. : Alors justement pour terminer avec le vœu du Bodhisattva, la compassion est quand même au cœur de cet engagement, est-ce qu’on ne peut pas dire finalement que la première compassion que l’on doit éprouver c’est envers son ego ?



    R. R. : On peut dire effectivement que quelqu’un qui pratique la Voie espère être heureux, comme dit toujours le DALAÏ-LAMA, et sortir de la souffrance, donc c’est compassion pour soi-même,. Mais on ne peut pas se libérer soi-même sans s’oublier soi-même, sans oublier l’illusion d’un ego à quoi on s’attache, et c’est à ce moment là qu’on peut véritablement aider les autres, parce que ce n’est pas soi-même en tant qu’ego qui va aider les autres, mais en réalité c’est la nature de Bouddha, c’est-à-dire l’ego restitué dans sa véritable non substance et à condition de vivre en harmonie avec cela, qui va avoir un effet libérateur pour les autres avec lesquels on va être en contact, car ça va être, comment dire, communicatif, ça va être un exemple encourageant, et puis surtout ça va donner confiance aux autres qu’il ont en eux-mêmes et pas dans leur ego la capacité de s’éveiller.

    C. B. : Oui et ce que je voulais dire en fait c’était : arrêter de le traiter en ennemi, en éprouvant déjà de la compassion pour tout ce qu’on est, accepter ce que l’on est globalement.

    R. R. : Bien sûr, le premier enseignement du Zen c’est ni amour ni haine, ni avidité ni haine, et détester l’ego c’est une forme de haine, ça devient une cause de souffrance autant que l’avidité et l’attachement à l’ego.

    C. B. : Alors deux mots peut-être sur les agrégats dont vous parliez tout à l’heure, très vite.

    R. R. : Et bien les agrégats c’est les cinq fonctions que l’on observe quand on essaie de se regarder soi-même, c’est-à-dire son propre corps, les sensations agréables ou désagréables, nos perceptions qui nous permettent de reconnaître les objets, prendre conscience des objets qui nous entourent, et de nous-mêmes, surtout, le quatrième agrégat, là ou vient plutôt se nicher la fonction de l’ego, c’est-à-dire c’est tout ce qui est de l’ordre de la volonté, du désir, des intentions. C’est ce qui fait qu’on a des intentions qui déclenchent l’action. Puis ensuite il y a la conscience, la conscience qui est prendre conscience de quelque chose, alors qu’on a des fois tendance à croire, certains disciples de Bouddha l’ont fait, que la conscience était le véritable soi. Mais en fin de compte il n’y a pas de soi dans la conscience. La conscience, encore une fois est une fonction, il y a toujours conscience de quelque chose, donc la conscience est relative aux objets dont on est conscient. De même, dans le quatrième agrégat il y a des projets, il y a des désirs qui sont tournés vers des objets, ces projets et ces désirs peuvent être sublimés, peuvent nous faire désirer réaliser l’éveil, désirer aider les autres à s’éveiller eux-mêmes, mais cela ne va véritablement fonctionner que si on abandonne tout l’aspect d’avidité, qui est dans ce quatrième agrégat, siège de toutes les fabrications mentales.

    C. B. : Alors en conclusion, en deux mots, qu’est-ce que vous avez envie de souligner par rapport à tout ça ?

    R. R. : Ce que j’ai envie de souligner c’est qu’on ne peut pratiquer qu’à partir d’une connaissance réaliste de ce que nous sommes nous-mêmes, c’est au fond ça l’enseignement du Bouddha, c’est d’apprendre à se connaître soi-même et ensuite apprendre à harmoniser toutes nos fonctions, toutes les fonctions psychiques qu’on a évoquées, pour qu’elles fonctionnent souplement, qu’elles fonctionnent dans l’interdépendance, dans la compassion, dans un réalisme qui fait que finalement nous vivons d’une manière éveillée et non pas dans l’illusion.





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    Re: A propos de l'égo

    Message par Kaïkan le Dim 11 Déc 2011 - 15:11

    Fa a écrit: Bonjour,

    Fondamentalement l'adavaîta de Klein, et le Bouddhisme, sont bonnet blanc et blanc bonnet.
    Je crois avoir lu, que l'advaïta avait été influencé, par le Bouddhisme.
    Mais là où l'Adavaîta dit : Tout est Un,
    Bouddha répond, Tout est vide.
    Kaïkan a écrit:C'est inexact.
    La réponse a toujours été le pouce dressé (qui veut dire : non-dualité)
    Il y a une approche positive, centrée sur le "1", et un approche négative centrée sur le "0".
    L'approche centrée sur le "1", présente comme risque le fait de réifier le "1" et d'en faire quelque-chose...
    L'approche négative, centrée sur le "0", évite le piège de la réification du "1",mais peut mal interprétée déboucher,
    sur une forme de nihilisme, une réification du vide, plutôt qu'une expérimentation directe de la réalité.
    Kaïkan a écrit:Le Bouddhisme n'a pas une approche négative mais non-duelle.
    Le vide est la forme et la forme est le vide ku soku ze shiki shiki soku ze ku
    Il n'y a pas deux choses.
    On ne dit pas le Un pour ne pas faire de séparation (le Un et le multiple).
    On dit : non-deux.
    Ou bien on brandit le pouce levé.
    FA


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    Re: A propos de l'égo

    Message par Franck Barron le Dim 11 Déc 2011 - 17:03

    Kaïkan a écrit:

    R.R. :
    L’ego c’est ce qui nous amène à rechercher la délivrance, à rechercher l’éveil, à venir pratiquer, et donc on en a besoin et jusqu’à un certain point, mais une fois qu’on est engagé dans la pratique et qu’on est dans la méditation par exemple, si cet ego qui nous a porté jusque là continue à se manifester, il va manifester l’avidité qui est une de ses caractéristiques propres, c’est-à-dire de vouloir saisir quelque chose, de vouloir s’emparer des mérites de zazen, de vouloir pratiquer pour obtenir des mérites, de vouloir obtenir l’éveil pour lui-même, de vouloir obtenir l’éternité. Il va bâtir des théories du style : « certes le petit ego n’a pas d’existence propre mais le grand soi est éternel ». Il y a encore là un facteur d’illusion.
    Donc l’ego il faut en voir tous les pièges, il faut en même temps se rendre compte qu’on ne peut pas s’en séparer, il nous accompagne, il faut faire en sorte qu’il se mette à fonctionner au service de la Voie. Je crois au fond que l’ego c’est un certain mode de fonctionnement qui dans certains cas peut être pervers et dans d’autres cas peut être bénéfique. Alors il faut rendre l’ego bénéfique à la Voie, c’est-à-dire l’utiliser pour qu’il nous mobilise en direction de la Voie.

    Il faut oublier son égo si on veut progresser spirituellement, cela montre tout le niveau du personnage ce genre de réflexion. Quant on fait une recherche on ne va pas dans l'optique d'obtenir quelque chose mais dans une manière désintéressé.
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    Re: A propos de l'égo

    Message par Fa le Dim 11 Déc 2011 - 17:58

    Bonsoir Kaîkan,

    Le Bouddhisme n'a pas une approche négative mais non-duelle.

    D'un point de vue formel c'est bien un approche négative : Le non-soi, c'est formellement négatif.

    Evidemment dans l'esprit du Bouddha, ce non-soi, a valeur d'anti-dote. L'assimilation

    de l'antidote doit conduire à l'expérience de la non-dualité.

    Si je prêche la voie du tata, Bouddha va me contrecarrer, avec la voie du non-tata.

    Et si le processus est mené à bien, je vais expérimenter la réalité par moi-même en me libérant de l'attachement

    à tata/non-tata

    Malin le Bouddha... Laughing

    Fa





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    Re: A propos de l'égo

    Message par Kaïkan le Dim 11 Déc 2011 - 18:16

    Fa a écrit:Bonsoir Kaîkan,

    Le Bouddhisme n'a pas une approche négative mais non-duelle.

    D'un point de vue formel c'est bien un approche négative : Le non-soi, c'est formellement négatif.

    Evidemment dans l'esprit du Bouddha, ce non-soi, a valeur d'anti-dote. L'assimilation

    de l'antidote doit conduire à l'expérience de la non-dualité.

    Si je prêche la voie du tata, Bouddha va me contrecarrer, avec la voie du non-tata.

    Et si le processus est mené à bien, je vais expérimenter la réalité par moi-même en me libérant de l'attachement

    à tata/non-tata

    Malin le Bouddha... Laughing

    Fa

    Bonsoir Fa,

    Ah oui !... Very Happy Je ne l'avais pas vu de cette façon. Merci...


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    Re: A propos de l'égo

    Message par Kaïkan le Dim 11 Déc 2011 - 19:32

    FB a écrit:Il faut oublier son égo si on veut progresser spirituellement, (...) Quant on fait une recherche on ne va pas dans l'optique d'obtenir quelque chose mais dans une manière désintéressé.

    Bonjour tout le monde,

    Pour voir la réponse, laissez le curseur de la souris sur Bonjour tout le monde (en bleu)


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    Re: A propos de l'égo

    Message par fonzie le Dim 11 Déc 2011 - 21:39

    Bonjour Franck,
    Franck Barron a écrit:
    Il faut oublier son égo si on veut progresser spirituellement, cela montre tout le niveau du personnage ce genre de réflexion. Quant on fait une recherche on ne va pas dans l'optique d'obtenir quelque chose mais dans une manière désintéressé.
    c'est non-tonton ! Very Happy
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    Re: A propos de l'égo

    Message par Franck Barron le Lun 12 Déc 2011 - 7:58

    message modéré:
    Kaïkan a écrit:
    FB a écrit:Il faut oublier son égo si on veut progresser spirituellement, (...) Quant on fait une recherche on ne va pas dans l'optique d'obtenir quelque chose mais dans une manière désintéressé.

    Bonjour tout le monde,

    Pour voir la réponse, laissez le curseur de la souris sur Bonjour tout le monde (en bleu)

    Oublier son égo pour être en unité avec le cosmos, le discours new ageux, je rêve !
    la réalisation de Kaikan est d'être en unité avec le cosmos Very Happy Very Happy Very Happy parce qu'il a oublié son ego, fait croire cela à d'autre pas à moi Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy
    Tu n'as aucune réalisation et tu te permets de donner des leçons.
    Pratiquer sur le corps c'est s'attacher à la forme, le savoir est basé sur l’expérience, c'est la différence entre quelqu'un d'intelligent et quelqu'un qui pérore sur ce qu'il ne connait pas.


    fonzie a écrit:Bonjour Franck,
    Franck Barron a écrit:
    Il faut oublier son égo si on veut progresser spirituellement, cela montre tout le niveau du personnage ce genre de réflexion. Quant on fait une recherche on ne va pas dans l'optique d'obtenir quelque chose mais dans une manière désintéressé.
    c'est non-tonton ! Very Happy


    Oui tonton, c'est la différence entre ceux qui obtiennent quelque chose et ceux qui valent pas grand chose.
    Merci d'éviter les attaques personnelles.
    Vous pouvez débattre des idées, mais sans faire de jugement ou procès d'intention aux participants.
    Merci sunny
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    Re: A propos de l'égo

    Message par Kaïkan le Lun 12 Déc 2011 - 9:58

    (citation d'un message modéré):
    FB a écrit:Oublier son égo pour être en unité avec le cosmos, le discours new ageux, je rêve !
    la réalisation de Kaikan est d'être en unité avec le cosmos parce qu'il a oublié son ego, fait croire cela à d'autre pas à moi
    Tu n'as aucune réalisation et tu te permets de donner des leçons.
    Pratiquer sur le corps c'est s'attacher à la forme, le savoir est basé sur l’expérience, c'est la différence entre quelqu'un d'intelligent et quelqu'un qui pérore sur ce qu'il ne connait pas
    .
    Bonjour tout le monde,

    La phrase :
    « Étudier la voie du Bouddhisme, c'est étudier l'ego. Étudier l'ego, c'est s'oublier soi-même. S'oublier soi-même, c'est être en harmonie avec toutes les existences du cosmos. » Il faut pratiquer avec le corps. Le savoir n'est pas efficace. Il faut se connecter avec toutes les existences, être relié à elles, s'harmoniser avec le cosmos entier, devenir unité avec lui. Lorsque l'ego disparaît, on peut devenir unité avec la vie cosmique. "
    , est de M° Taisen Deshimaru. ( amusant non ? )
    La première partie : « Étudier la voie du Bouddhisme, c'est étudier l'ego. Étudier l'ego, c'est s'oublier soi-même. S'oublier soi-même, c'est être en harmonie avec toutes les existences du cosmos. » est une citation de M°Dõgen, tous les lecteurs (à part ceux qui ignorent tout du bouddhisme zen) auront reconnu cette célèbre phrase... étoile

    Frank B croit-il que Kaïkan parle de lui-même ? Non bien sûr... Laughing
    Lorsqu'il dit : "je rêve", là par contre, il a un éclair de lucidité ! Une fois n'est pas coutume... lol!




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    Re: A propos de l'égo

    Message par Franck Barron le Lun 12 Déc 2011 - 10:58

    Que ce soit de Deshimaru ne change rien.
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    Re: A propos de l'égo

    Message par lausm le Jeu 15 Déc 2011 - 14:54

    FB, tu as écrit: "Pratiquer sur le corps c'est s'attacher à la forme, le savoir est basé sur l’expérience, c'est la différence entre quelqu'un d'intelligent et quelqu'un qui pérore sur ce qu'il ne connait pas."

    Par quel moyen est connue l'expérience??? Par quel moyen lis-tu ces lignes?? Par quel moyen réponds-tu à ces lignes pour que nous puissions prendre connaissance de ta réponse??
    Tu m'expliqueras comment on peut arriver à énoncer un savoir à partir d'une expérience sans avoir un corps....cela m'intéresserait de me débarrasser de ce problème, mais la pratique que j'ai apprise ne m'a rien appris d'autre que de l'assumer.
    J'ai fais une sesshin avec quelqu'un qui disait que si dans le zen on mettait une telle insistance à tous les gestes, ce n'était pas par formalisme : c'était pour qu'on soit vraiment là dans tout ce qu'on fait...ou sinon cela devient une formalité.
    On ne pratique pas seulement sur le corps...on pratique avec lui, on l'utilise comme moyen de pratique.
    Car ce corps n'est pas séparé de cet esprit, ce corps esprit expérimente le réel, ce corps esprit "sait" le réel...et il peut apprendre à le parler.
    Donc qui sait qui a une réalisation ou pas??
    C'est une question qu'a clairement évacuée le maitre que j'ai vu...pour renvoyer au fait que l'important était de revenir à la pratique silencieuse sur le coussin.
    Pas besoin de se disputer donc à ce propos, l'intelligence et la stupidité coexistent sans cesse en nous, le voir est à mon sens plus bouddhique alors que se croire éveillé et vacciné contre l'ignorance est à mon avis risquer la maladie mentale durable.
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    Re: A propos de l'égo

    Message par Franck Barron le Jeu 15 Déc 2011 - 17:39

    "C'est une question qu'a clairement évacuée le maitre que j'ai vu."
    T'as vraiment besoin d'un maitre pour savoir penser, vous êtes graves, mais je pense que c'est cela votre problème, vous n’êtes pas capable de vous faire des idées des choses par vous mêmes en dehors de vos soi disant maitres. On expérimente par le mental, le corps n'est qu'un réceptacle, c'est le mental qui créent les souffrances, c'est la croyance en un soi qui crée la souffrance, ce n'est qu'en pensant à soi-même et à son petit ego que l'on souffre, tous se joue au niveau du mental, le corps n'est qu'un accessoire. C'est vos soi disant maitres qui se croient éveillés alors ce sont des charlots qui parlent de ce qu'ils ne connaissent pas, zazen n'est pas l'éveil, ne pas avoir d'égo n'est pas se fondre dans une unité cosmique, ou je ne sais quel autre charlatanerie zen. Siddhartha n'a jamais raconté cela, cela n'a rien avoir avec le bouddhisme qu'il a enseigné et qui ont produit des arahants alors que vous rien du tous. Vous prêtez un savoir a des gens qui n'en ont pas, il suffit qu'ils aient un titre pour vous les prenez en considération, ils en abusent et après vous finissez dans une secte et vous finissez par pleurer, moi personne ne me dicte ma conduite, je me suis fais tout seul, tous ce que je sais je l'ai appris par moi même. Vous avez besoin de quelqu'un pour vous guidez, vous êtes des irresponsables.
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    Re: A propos de l'égo

    Message par Kaïkan le Jeu 15 Déc 2011 - 18:21

    lausm a écrit:Donc qui sait qui a une réalisation ou pas??
    C'est une question qu'a clairement évacuée le maitre que j'ai vu...pour renvoyer au fait que l'important était de revenir à la pratique silencieuse sur le coussin.

    @ FB

    1. Il est toujours utile de lire les phrases en entier.
    2. Ce que l'on refuse de lire c'est souvent ce qui nous dérange vraiment. (zazen est aussi une auto-analyse).
    3. Pratiquer le bouddhisme (faire zazen) c'est tourner le regard à 180°, cesser toute critique extérieure et s'observer soi-même.


    Je sais c'est difficile, et ça fait peur de regarder la vérité en face. Mais il faut bien commencer un jour.
    Pendant zazen la bouche est fermée, le menton rentré et la pointe de la langue est retournée contre le palais au dessus des incisives centrales supérieures.

    Bon zazen...
    Very Happy


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    Re: A propos de l'égo

    Message par lausm le Jeu 15 Déc 2011 - 21:59

    Ce qui est bien avec toi, Frank Barron, c'est qu'on n'a pas besoin de penser pour que tu saches mieux que nous où on en est, qui nous sommes, et comment nous pratiquons, et comprenons la réalité.
    C'est bien, très bien, puisque tu n'as pas besoin de maître, contrairement à ce que tu penses de nous (car quand je parle d'un maître, cela ne signifie pas pour autant que je goberai tout sans discrimination, et peu importe qui pense que c'est de l'ego-mais que je peux reconnaître que quelqu'un a un expérience).
    Je peux t'assurer que celui-là s'est distingué de tous ceux qui portent ce titre (ceux que je connais sont dans l'AZI, pour tout balancer)parce que lui n'a rien revendiqué, ni rien imposé, seulement proposé de partager sa pratique, sans dogme, sans dire ce qu'est la vérité, sans engueuler personne pour enseigner, mais juste montrant ce qu'il pratique.
    Oui, il a dit que la question de l'éveil, n'était pas importante : l'important étant de continuer à s'asseoir.
    Il disait qu'il a entendu des tonnes de conférences de Kodo Sawaki...mais qu'un jour, kyosaku dans une sesshin (où Sawaki n'était pas), il a halluciné sa voix disant "...pratiquer zazen en silence avec le grand kesa...."Il a retenu l'essentiel, qui s'est exprimé comme un rève, plus réel que des milliers de mots oubliés.
    Il a dit à un moment que le bouddhisme n'était pas une religion...donc à un moment je lui ai demandé pourquoi il disait cela. Alors il a rigolé en me disant que les mots n'étaient pas si importants.
    Certes, ils étaient fort relatifs : la pratique avec, dans, et par ce corps, les ramenait à leur juste dimension : un outil pour dénommer quelque chose et pouvoir le communiquer selon une convention commune.
    Tu aurais dit à un maître ancien que le corps est un accessoire, il est probable qu'il aurait testé ta réalisation par le mental en te donnant une magistrale baffe, et en te disant que c'est le mental qui crée la souffrance!!
    C'est bien que tu te fasses tout seul...cela n'exclue pas cependant la possibilité d'une relation avec l'autre.
    D'ailleurs, ce maître dont je parle n'a fait que parler de cela : il a dit très clairement qu'on pouvait par la lecture, la pratique seul, avancer loin...mais que confirmer l'expérience auprès d'un autre était utile...sur ce point je pense qu'il a raison.
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    Re: A propos de l'égo

    Message par fonzie le Jeu 15 Déc 2011 - 23:00

    Franck Barron a écrit:...je me suis fais tout seul, tous ce que je sais je l'ai appris par moi même.
    là, au moins, on peut pas te reprocher d'être hors sujet Laughing
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    Re: A propos de l'égo

    Message par fonzie le Sam 23 Jan 2016 - 13:33

    lausm a écrit:(...) il a dit très clairement qu'on pouvait par la lecture, la pratique seul, avancer loin...mais que confirmer l'expérience auprès d'un autre était utile...sur ce point je pense qu'il a raison.
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