Zen et nous

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    La mort en pratique

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    Fred
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    Annonce La mort en pratique

    Message par Fred le Ven 27 Jan 2012 - 13:52


    Accoutume-toi sur ce point à penser que pour nous la mort n'est rien, puisque tout bien et tout mal résident dans la sensation, et que la mort est privation de nos sensations. Dès lors la juste prise de conscience que la mort ne nous est rien autorise à jouir du caractère mortel de la vie: non pas en lui conférant une durée infinie, mais en l'amputant du désir d'immortalité. Il s'ensuit qu'il n'y a rien d'effrayant dans le fait de vivre, pour qui est radicalement conscient qu'il n'existe rien d'effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre.
    Stupide est donc celui qui dit avoir peur de la mort non parce qu'il souffrira en mourant, mais parce qu'il souffre à l'idée qu'elle approche. Ce dont l'existence ne gêne point, c'est vraiment pour rien qu'on souffre de l'attendre ! Le plus effrayant des maux, la mort, ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n'est pas là, et quand la mort est là, c'est nous qui ne sommes pas ! Elle ne concerne donc ni les vivants ni les trépassés, étant donné que pour les uns, elle n'est point, et que les autres ne sont plus.

    Epicure

    http://www.philonet.fr/ComText/EpicMort.html

    Bonjour, Smile

    Nous voyons dans cet exposé, que ce n’est pas la mort qui nous effraie, mais l’idée qu’on s’en fait, idée liée aux sensations qui ne sont en réalité que l’apanage de l’existence.

    Question : Quel rôle peut jouer notre pratique du zen devant cette grande question ?


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    Annonce Re: La mort en pratique

    Message par Kaïkan le Ven 27 Jan 2012 - 14:54



    Vivre comme s’il fallait mourir demain…



    Toute jeunesse finit par nous quitter, telle une vague douce quand elle se retire de la plage.


            L’ultime enseignement, c’est qu’au printemps, les fleurs éclosent.
            L’été, les rossignols chantent.
            Et à l’automne, les fleurs et les feuilles se fanent et tombent…
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    Message par Yudo, maître zen le Ven 27 Jan 2012 - 15:12

    "Chante, la vie, chante! Tout comme si tu devais mourir demain..."

    (Ouais, je sais, Fugain, c'est ringard mais bon...)

    Un vieux monsieur qui pratique ici régulièrement me disait que, lorsqu'il avait pensé mourir, s'était rendu compte que cela ne lui faisait ni chaud ni froid, et qu'il pensait que la pratique y était pour quelque chose.

    De toute façon, si l'on est convaincu de ne pas être séparé de cet Univers, alors le concept de mort a bien peu d'importance...
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    Message par tangolinos le Ven 27 Jan 2012 - 17:35

    Fred a écrit:

    Question : Quel rôle peut jouer notre pratique du zen devant cette grande question ?

    la pratique permet de regarder le fantastique déploiement des manifestations des multiples réponses à cette question.

    En effet soit heureux d'être vivant et de pouvoir être le serein spectateur de toutes ces impermanences.

    En effet la seule certitude que nous ayons c'est que la mort fait disparaître la question. Par le simple fait que après la mort, s' il n'y a aucune subsistance le défunt ne pourra plus se poser la question, et, s' il y a survivance c'est que la mort n'existe pas et le défunt ne se la posera plus.

    Sois heureux que cette question puisse te distraire. albino
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    Annonce Re: La mort en pratique

    Message par fonzie le Ven 27 Jan 2012 - 19:32

    Bonjour,

    Fred a écrit:La mort en pratique
    Shocked dans la série je remonte le moral pour le week-end, de mes amis de forum, qui ont eu une dure semaine de travail, merci Fred ! Smile
    Kaïkan a écrit:Toute jeunesse finit par nous quitter, telle une vague douce quand elle se retire de la plage.
    dis comme ça, c'est bien plus poétique que quand j'ai constaté mes premières ridules et cheveux blancs Rolling Eyes
    Yudo, maître zen a écrit:(Ouais, je sais, Fugain, c'est ringard mais bon...)
    Mais non ! pas du tout ! il a même sorti un disque en 2011, mais je crois que c'est plus avec le Big Bazar.
    tangolinos a écrit: s' il n'y a aucune subsistance le défunt ne pourra plus se poser la question, et, s' il y a survivance c'est que la mort n'existe pas et le défunt ne se la posera plus.
    si par hasard on arrive à se poser des questions quand on est sans substance, j'espère que c'est pas le même délire avec peur de la substancialisation, genre angoisse de naître, parce que sinon, ça peut durer longtemps d'angoisser à chaque fois d'un truc dont dans le présent, on ne peut se faire que l'idée.

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    Message par tangolinos le Ven 27 Jan 2012 - 19:49

    Bonsoir fonzie

    c'est chouette ton idée que l'angoisse de la mort de la substance se transforme en l'angoisse de redevenir substance....
    Comme quoi, s'il y a angoisse, le présent restera toujours angoissé du futur.
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    Annonce Re: La mort en pratique

    Message par Fred le Sam 28 Jan 2012 - 12:57

    Yudo, maître zen a écrit:

    De toute façon, si l'on est convaincu de ne pas être séparé de cet Univers, alors le concept de mort a bien peu d'importance...

    Bonjour,
    Cela va paraître un peu new-age mais ce que tu dis me fait penser à ce qu’un ami de ma connaissance nommait « la sensation primordiale ». Au-delà de ce qui fait la spécificité de chaque être dans son mode d’existence, (ce qui particulièrement chez l’être humain se traduit par l’attachement à son histoire personnelle dans le renouvèlement de celle-ci par le biais de son activité mentale), et d’une manière plus générale, au-delà de l’expression de la relativité au sein du Grand Tout, il y’aurait cette sensation, dite primordiale, qui serait commune à tous les êtres. Vus au travers de cette commune sensation, tous les êtres seraient une réplique du –même- qui ne serait en rien altéré par la spécificité des distinctions apparentes liées à la forme empruntée. Si l’on en croit cette « théorie », la sensation d’être, la « sensation primordiale », ne serait altérée ni par la mort ni par la vie, ni par l’identité des êtres, ce que nous ressentons au plus profond de nous étant identique à ce que tous les êtres ressentent et ce de toute éternité. De ce fait la « sensation primordiale », serait la sensation d’être du Grand Tout, le Soi de tous les êtres qui peut être qualifié d’impersonnel. Se libérer de la limitation imposée par son histoire personnelle, lieu dans lequel peut effectivement être ressentie la peur de la mort, serait pour l’être humain en effet, comme la réalisation du fait qu’il ne fait qu’un avec tous les êtres et avec l’Univers. Dans le zen, on dirait peut-être que de nos pensées serait soustraite toute volonté de démarcation ou d’assimilation du moi au Soi, du moi à l'Univers.
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    Annonce Re: La mort en pratique

    Message par Fred le Sam 28 Jan 2012 - 17:50

    Selon Maître Engo Kokugon : " La vie est l’expérience globale de la vie. La mort est l’expérience intégrale de la mort. " Ces deux dimensions ne s’opposant pas, elles existent ensemble dans l’expérience de l’univers tout entier. Elles n’ont aucun rapport avec l’espace et le temps. L’expérience universelle se réalise dans la vie et la mort, et rien ne peut faire obstruction. Mais individuellement, chaque expérience de vie et de mort, bien qu’elle ne soit pas totalement différente, n’est pas comparable à une expérience universelle. A chacun sa propre vie, à chacun sa propre mort. Par cela, nous pouvons découvrir la véritable nature de notre existence. C’est comme un homme qui étire ses membres ou bien qui dort agrippé à son oreiller. C’est l’actualisation de la divine lumière et de l’activité tout entière.
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    Annonce Re: La mort en pratique

    Message par Fa le Sam 28 Jan 2012 - 22:50


    Où irons-nous après le trépas ?
    Où étions-nous avant la naissance ?
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    Annonce Re: La mort en pratique

    Message par tangolinos le Sam 28 Jan 2012 - 23:14

    Bonsoir FA
    Fa a écrit:
    Où irons-nous après le trépas ?
    Où étions-nous avant la naissance ?
    Probablement au même endroit.
    Sauf qu'à cet endroit, je ne pense pas qu'il y ait ni le temps ni l'espace.
    En effet le temps est la quatrième dimension de l'espace, et permet de situer chaque chose manifestée en l'espace à chaque instant.
    Et d'autre part en tenant compte de la réalité de la relativité, la fluctuation de la vitesse de l'écoulement du temps peut aller de 0 à l'infini. Aussi l'expérience du trépas, étant la fin de la ou de l'une de nos manifestations, nous ouvre la porte d'une expérience qui nous est à ce jour inconcevable.
    Bref, sans vouloir le souhaiter, tout est possible. albino
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    Annonce Re: La mort en pratique

    Message par Invité le Dim 29 Jan 2012 - 15:21

    Fa a écrit:
    Où irons-nous après le trépas ?
    Où étions-nous avant la naissance ?
    Bonjour,
    Le concept de renaissance ne répond-il pas à cette question dans le bouddhisme?
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    Annonce Re: La mort en pratique

    Message par Fa le Dim 29 Jan 2012 - 19:49

    Le concept de renaissance ne répond-il pas à cette question dans le bouddhisme?

    En effet ! Vaste sujet,(renaissance), qui a fait couler beaucoup d'encre, et qui selon les écoles, admet plusieurs nuances d'interprétations.

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    Annonce Re: La mort en pratique

    Message par Kaïkan le Dim 29 Jan 2012 - 19:58

    tangolinos a écrit:Bonsoir FA
    Fa a écrit:
    Où irons-nous après le trépas ?
    Où étions-nous avant la naissance ?
    Probablement au même endroit.
    Sauf qu'à cet endroit, je ne pense pas qu'il y ait ni le temps ni l'espace.

    Bien vu tangolinos...

    Bonne intuition : Le monde des Bouddhas est au-delà de l'espace et du temps...
    En effet le temps est la quatrième dimension de l'espace, et permet de situer chaque chose manifestée en l'espace à chaque instant.
    Et d'autre part en tenant compte de la réalité de la relativité, la fluctuation de la vitesse de l'écoulement du temps peut aller  de 0 à l'infini. Aussi l'expérience du trépas, étant la fin de la ou de l'une de nos manifestations, nous ouvre la porte d'une expérience qui nous est à ce jour inconcevable.
    Bref, sans vouloir le souhaiter, tout est possible. albino




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    Annonce Re: La mort en pratique

    Message par Kaïkan le Dim 29 Jan 2012 - 20:11

    Fa a écrit:
    Où irons-nous après le trépas ?
    Où étions-nous avant la naissance ?

          Nulle part...
          Nulle part...





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