Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Mar 11 Déc 2012 - 20:33

    Non, le texte anglais donne "Who". Il s'agit autant de "Qui?" que de "qui", au sens de "celui qui" , pronom relatif. Le texte original est en chinois, de toute façon, pas en japonais.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Mer 12 Déc 2012 - 9:24

    SOIXANTE-TROIS

    Maître Seikatsu du temple Hofuku dans le district de Shoshu devint le disciple de maître Suiryu Dofu. Un jour, le maître lui demanda: Patriarche Seikatsu, vous êtes maintenant mon élève. Avec quel maître avez-vous étudié avant de venir ici? Avez-vous atteint la vérité ou pas?

    Maître Seikatsu répondit: Par le passé, j'ai visité maître Daisho et atteint quelque chose en quoi je pouvais croire.

    Maître Suiryu se rendit alors dans la Salle de Conférences et rassembla tous les disciples du temple avant de dire: Patriarche Seikatsu, avancez-vous et faites face à l'assemblée. Après avoir brûlé de l'encens, veuillez parler de ce que vous avez atteint. Moi, ce vieux moine, je vous jugerai.

    Maître Seikatsu, en prenant l'encens, dit: J'ai déjà pris de l'encens. Cependant, l'obtention de la vérité est différente de l'obtention de la vérité.

    Maître Suiryu en fut énormément ravi et confirma sur le champ son disciple.
    _________________________________________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    Le disciple prend l'encens pour l'allumer, ce qui donne le signal du début de la conférence, mais il ne peut expliquer ce qu'il a atteint. La réalité est différente des concepts et des idées sur la réalité.
    Les mots et les concepts peuvent être expliqués; la réalité ne le peut. On ne peut qu'en faire directement l'expérience. La méthode pour faire directement l'expérience de la réalité est Zazen.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Kaïkan le Mer 12 Déc 2012 - 10:53


    La réalité n'est pas la réalité, on l'appelle réalité... étoile




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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Mar 18 Déc 2012 - 18:31

    SOIXANTE-QUATRE

    Un jour, en voyant maître To Inpo s'approcher, maître Nansen pointa un vase en terre plein d'eau pure et dit: Ce vase d'eau pure fait partie de son environnement. Il y a de l'eau dans le vase. Sans perturber l'environnement, veuillez m'apporter de l'eau à moi, votre vieux maître.

    Maître To Inpo prit le vase et renversa l'eau devant maître Nansen.

    Maître Nansen ne dit rien.
    ______________________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    Maître Nansen voulait tester la capacité de maître Godai (To) Inpo à agir dans le monde réel, il donna donc à son disciple une tâche impossible. Dans notre esprit, il est facile de conceptualiser le problème consistant à verser de l'eau sans déplacer le vase, mais dans la situation réelle de maître Nansen et de maître To Inpo, la tâche était impossible.
    Maître To Inpo répond au défi avec une action réelle. Le vase renversé d'eau froide démontre la différence qui existe entre le monde des idées et celui de la réalité.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Mar 18 Déc 2012 - 18:41

    SOIXANTE-CINQ

    Un jour, un moine fit ses adieux à maître Kiso. Celui-ci lui demanda: Où allez-vous?

    Le moine répondit: Je pars étudier les cinq saveurs de Zazen dans différents districts.

    Le maître dit: Dans mon district (cet endroit-ci) J'ai le Zazen d'un seul goût.

    Le moine demanda: Qu'est-ce que le Zazen du maître à une seule saveur?

    Le maître frappa le disciple.
    _______________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    Le moine voulait visiter plusieurs endroits différents pour étudier le Zazen aux cinq saveurs, ce qui fait référence aux cinq écoles du Zen dans la Chine qui pratiquait Zazen: Sôtô, Rinzaï, Hôgen, Igyô et Unmon. Le moine pensait sans doute que s'il voyageait et étudiait Zazen dans les différentes écoles, il en aurait un entendement plus profond.
    Maître Kiso lui répond que son Zazen à lui n'a qu'une seule saveur. Le caractère chinois pour un peut aussi se lire tout, le maître voulait donc dire que toutes les situations et circonstances étaient comprises dans son Zazen d'une seule saveur. Pour démontrer la réalité de ce Zazen d'une seule saveur, le maître accomplit une action concrète: il met une baffe au moine. C'est juste là!
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Mer 19 Déc 2012 - 20:13

    SOIXANTE-SIX

    Une nuit, maître Yakusan Igen de Reishu se retrouva sans lumière. Il prêcha à ses disciples: J'ai quelque chose à dire. Lorsqu'un excellent boeuf sera sur le point d'accoucher d'un veau, je vous le dirai.

    Ce sur quoi, un moine s'avança et dit: Un excellent boeuf a accouché d'un veau, alors, maître, pourquoi ne parlez-vous pas?

    Le maître répondit: Apportez-moi de la lumière.

    Le moine retourna à sa place parmi les disciples.
    _________________________________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    Maître Dôgen disait de l'ordre de maître Yakusan Igen que c'était un "dai sôrin" (un grand temple bouddhiste), même si les membres de cet ordre ne dépassaient pas la dizaine et qu'apparemment, ils se retrouvaient parfois sans assez d'argent pour pouvoir s'acheter de l'huile pour les lampes.
    Maître Yakusan Igen était un bouddha. Il vivait dans la réalité, et voulait en communiquer la simple nature à ses disciples. Il dit donc qu'il ne leur dirait pas ce qu'il avait à leur dire, tant qu'il n'y aurait pas un "excellent boeuf sera sur le point d'accoucher d'un veau". Le boeuf est souvent utilisé comme symbole des pratiquants bouddhistes. La naissance d'un veau symbolise une personne qui a capté la réalité. Ce que dit le maître est donc qu'il attendra qu'un des moines puisse capter la réalité avant de parler.
    Le moine qui s'avance dit que le veau est déjà né, autrement dit qu'il a déjà capté la réalité; il demande donc au maître ce qu'il voulait dire.
    La réplique du maître, "Allez me chercher de la lumière.", est une chose assez naturelle à dire dans une pièce plongée dans l'obscurité, à part le fait qu'il n'y en avait nulle part dans tout le temple. En demandant l'impossible, le maître indique un fait: il n'y a pas de lumière.
    La réalité de la situation est simple et évidente; il est inutile de tenter de l'exprimer. La réalité n'est pas un truc mystique ou abstrait; c'est une situation réelle, juste ici, juste maintenant.
    Dans l'obscurité du vieux temple, le moine reprend sa place parmi ses collègues. Il a saisi la vérité de cet enseignement sans paroles.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Jeu 20 Déc 2012 - 13:34

    SOIXANTE-SEPT

    Un jour, un moine dit à maître Joshu: Je suis un étudiant bouddhiste et c'est ma première fois au temple. J'aimerais demander son enseignement au maître.

    Le maître lui dit: Avez-vous fini votre repas?

    Le moine lui dit: Oui, bien sûr.

    Le maître lui dit alors: En ce cas, lavez bien vos bols.

    Ce qu'entendant, l'étudiant comprit quelque chose.
    __________________________________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    La plupart des gens croient qu'étudier le Bouddhisme signifie lire des textes bouddhiques et réfléchir à la philosophie bouddhique. Et pourtant, lorsque le moine demanda à maître Joshu à recevoir sa première instruction, il se fit demander s'il avait mangé son repas et ensuite dire d'aller laver ses bols. Je me demande combien de personnes dans la même situation se seraient dit: "Ce n'est pas pour cela que je suis venu ici. Quand donc commencera-t-il à m'enseigner?"
    Mais la réalité n'existe qu'ici et maintenant dans la situation présente. Ce n'est pas quelque chose qui apparaîtra un jour à l'avenir, lorsque nous aurons fait suffisamment d'efforts héroïques. C'est en cela que le Bouddhisme est la religion, non pas de quelque domaine spirituel lointain, mais de la vie quotidienne et de l'action courante.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Ven 21 Déc 2012 - 19:27

    SOIXANTE-HUIT

    Un jour, maître Isan demanda à maître Kyôzan: D'où venez-vous?

    Maître Kyôzan répondit: J'ai été aux champs.

    Maître Isan dit: Combien de personnes y avait-il avec vous aux champs?

    Maître Kyôzan leva sa bêche et se tint avec ses mains en shashu.

    Maître Isan dit: Aujourd'hui sur le Mont Méridional, il y a un grand homme qui coupe de grands roseaux.

    Maître Kyôzan repartit sa bêche à la main.
    __________________________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    A son retour des champs, maître Kyôzan se fait demander combien de personnes l'y avaient accompagné. Il se contente alors de se tenir en shashu, sa bêche à la main.
    Cette posture d'attention concentrée et de respect montre que Kyôzan tenait en plus haute estime ce qu'il avait fait que les discours sur le nombre de personnes qui l'accompagnaient. Maître Kyôzan montre ainsi directement sa nature sincère à maître Isan, qui fait l'éloge de son attitude comme étant celle d'un grand homme.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Sam 22 Déc 2012 - 18:46

    SOIXANTE-NEUF

    Le patriarche Chin du temple Ryuko dans le district de Boku demanda à un shusai: Quelles sortes de sûtras avez-vous étudiés?

    Le shusai répondit: J'ai étudié les sûtras de la divination (Yi King)

    Le maître dit: On peut lire dans le Yi King que même si toutes sortes de gens s'en servent dans leur vie quotidienne, ils ne savent pas qu'ils s'en servent. Quelle est cette chose qu'ils ne savent pas?

    Le shusai répondit: Ils ne connaissent pas la vérité.

    Le maître dit: Qu'est-ce que la vérité?

    Le shusai ne répondit rien.

    Le maître dit: Au bout du compte, vous ne savez pas.
    ____________________________________________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    Même si toutes sortes de gens utilisent la vérité dans leur vie quotidienne, ils le font sans le savoir. Tout le monde vit dans la vérité à chaque instant. On ne peut y échapper. Même nos illusions sont contenues dans la vérité. Pourquoi ne le reconnaissons-nous pas? Nous nous identifions avec notre "je", avec notre intellect, et cela limite notre vision.
    Nous pouvons fermer les yeux par un jour ensoleillé et dire que le soleil a disparu, mais cela ne signifie pas réellement que le soleil N'y est plus. Pour voir la vérité, nous devons la vivre, et cela signifie d'abord et avant tout que nous pratiquions Zazen.
    Dans la Chine ancienne, le titre de shusai était donné à ceux qui avaient passé un certain niveau dans le système des concours administratifs. Il impliquait une connotation de grande intelligence. Lorsque le patriarche Chin (maître Bokushu Dômyô) interrogea le shusai sur la vérité, ce dernier ne répondit rien. Est-il resté silencieux parce qu'abasourdi, ou parce qu'on ne peut répondre à une telle question?
    Les mots appartiennent aux descriptions de la réalité. Cependant, cette réalité ne peut en aucun cas être captive des mots ni sue par l'intellect. C'est pour cette raison que la patriarche dit: "Au bout du compte, vous ne savez pas". Le shusai ne "savait" pas la vérité parce que la vérité n'est pas chose qu'on puisse savoir, du moins, pas au sens habituel de ce mot.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Lun 24 Déc 2012 - 16:51

    SOIXANTE-DIX

    Maître Unmon Bun-en du district de Sho demanda à maître Sôzan Honjaku: Comment un moine bouddhiste devrait-il se comporter?

    Maître Sôzan répondit: Il doit manger les légumes qui proviennent du potager du temple.

    Maître Unmon dit: Que se passe-t-il si l'on vit ainsi?

    Maître Sôzan demanda: Avez-vous déjà élevé un animal?

    Maître Unmon répondit: Oui, j'en ai élevé un.

    Maître Sôzan demanda: Quelle sorte d'animal était-ce?

    Maître Unmon répondit: Un qui portait des vêtements et mangeait des repas, ce qui n'est guère difficile.

    Maître Sôzan dit: Vous auriez dû me dire qu'il s'agissait d'un animal couvert de poils avec des cornes sur la tête.

    Maître Unmon se prosterna aux pieds de son maître.
    __________________________________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    Maître Sôzan disait que le comportement d'un moine est de manger les légumes du potager du temple. Ceci suggère la vie simple et naturelle d'un moine. Il n'y a rien de surnaturel à être un moine.
    En général, les gens s'imaginent qu'un moine doit mener une vie très spirituelle et sainte. Maître Sôzan dit, lui, qu'un moine doit manger les légumes du potager du temple. En cela, il contre la tendance à insister sur l'aspect spirituel de la condition de moine, en accentuant l'aspect concret. Un moine mange les légumes qui poussent dans le potager du temple -- que pourrait-il y avoir de plus simple ou de plus naturel?
    Lorsque maître Unmon (maître Kyôshin, dans le texte) demande à quoi ressemble ce genre de vie simple, maître Sôzan retourne la question et la pose au sujet de la vie d'Unmon. Il demande s'il a jamais élevé un animal, mais ce qu'il demande, en réalité, c'est si Unmon s'est élevé ou entraîné en tant que moine.
    Maître Unmon répond qu'il a élevé son "animal", ou qu'il s'est entraîné en tant que moine, en portant des vêtements et en mangeant ses repas, soulignant encore une fois l'aspect ordinaire de la vie du moine, et en ajoutant que cela n'avait été en rien difficile.
    Dans sa réplique, maître Sôzan suggère que la description qu'en fait maître Unmon est trop parfaite. La vie n'est pas aussi nette que cela. Il aurait été plus approprié pour lui de se comparer à un animal couvert de poils et portant des cornes sur la tête. En se prosternant devant Sôzan, Unmon montre qu'il accepte l'observation de son maître.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Mar 25 Déc 2012 - 12:09

    SOIXANTE-ET-ONZE

    Citation:

    Maître Hoki, sur le mont Seikei, dans le district de Gaku demanda à maître Suibi: Quelle était l'intention de maître Bodhidharma en quittant l'Inde pour la Chine?

    Maître Suibi répondit: Je vous dirai la réponse quand il n'y aura personne autour.

    Après un court moment, maître Hoki dit: Il n'y a personne aux environs. Pourriez-vous me répondre, maître?

    Maître Suibi descendit sur le plancher de la salle de zazen, et guida maître Hoki jusqu'au jardin de bambous.

    Maître Hoki demanda alors encore une fois: Il n'y a personne ici, maître. Je vous en prie, dites-moi...?

    Maître Suibi, en indiquant un bambou, dit: Cette tige-ci fait telle longueur; celle-là est plus courte de tant.
    _____________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    Maître Hoki (habituellement connu sous le nom de Seihei Reijun), voulait connaître l'essence du Bouddhisme. Qu'est-ce qui avait poussé maître Bodhidharma à quitter l'Inde et à entreprendre le longue et difficile voyage vers la Chine? Maître Suibi Mugaku lui dit d'attendre qu'il n'y ait plus personne autour d'eux. Puis, il descend de l'estrade du Zendo, et indique à maître Hoki de le suivre.
    Que pouvait-il bien passer par la tête de maître Hoki, à ce moment-là? Il était là, dans le silence du zendo avec le grand maître qui lui avait promis de lui révéler le grand secret du Bouddhisme. A quoi s'attendait-il, en sortant du temple par la porte du jardin? Là, le maître lui révéla la vérité fondamentale du Bouddhisme: il lui indiqua le jardin et dit: certaines des tiges de bambou sont longues, et d'autres sont plus courtes.
    L'essence, le grand "secret" du Bouddhisme n'est rien d'autre que la réalité. Toutes choses, juste comme elles sont, prêchent la vérité ultime du Bouddhisme.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par marc le Ven 28 Déc 2012 - 18:35

    Merci Yudo pour ce recueil.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Ven 28 Déc 2012 - 19:33

    SOIXANTE-DOUZE

    Maître Tôzan Ryôkai dit: Vous devriez connaître l'affaire des bouddhas ascendants.

    Le moine demanda: Qu'est-ce que l'affaire des bouddhas ascendants?

    Maître Tôzan Ryôkai dit: Ce n'est pas des bouddhas.

    Maître Unmon dit: Cela ne peut pas être nommé. Cela ne peut pas être exprimé. C'est pourquoi le maître répondit "ne pas".

    Maître Hôgen dit: Nous les appelons bouddhas juste comme façon d'enseigner.
    ________________________________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    Maître Tôzan voulait enseigner ses disciples l'affaire des bouddhas ascendants. Cette expression renvoie au fait qu'après avoir atteint la vérité, les bouddhas poursuivent leur vie simple et ordinaire. Etre un bouddha -- la bouddhéité -- ne peut être séparé de la vie réelle. La bouddhéité n'est pas une abstraction. Elle est un fait exprimé dans nos vies quotidiennes.
    Lorsque le moine demanda à maître Tôzan de lui expliquer le principe des bouddhas ascendants, ce dernier lui répondit que ce n'est pas des bouddhas. Qu'entendait-il dire? Maître Unmon offrit cette explication: "Cela ne peut pas être nommé. Cela ne peut pas être exprimé. C'est pourquoi le maître répondit n('est) pas". La bouddhéité et la vie quotidienne sont des concepts. La réalité elle-même est inexprimable.
    Maître Hôgen dit que nous donnons à des gens le titre de bouddha essentiellement afin d'enseigner. Le concept "bouddhas" n'est pas la réalité des bouddhas. Les concepts ont pourtant leur utilité. Il est important de pouvoir expliquer ce qui peut l'être et de montrer au delà ce qui transcende explications et concepts.
    Le but ultime de la pratique bouddhique est l'état qui transcende le concept appelé "bouddhéité". Un véritable bouddha pourra ressembler davantage à une personne ordinaire que notre idée de ce qu'il devrait être. Ces bouddhas qui ne ressemblent pas à un bouddha sont appelés bouddhas ascendants.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Jeu 3 Jan 2013 - 18:36

    SOIXANTE-TREIZE

    Maître Himagan Jogu sur le mont Godaï avait un bâton fourchu. Lorsqu'il voyait venir un moine bouddhiste, il le levait et disait: Quelle sorte de démons a fait de vous un moine bouddhiste? Quelle sorte de démons vous a fait entreprendre ce pélerinage? Si vous dites quelque chose, je vous frapperai de ce bâton. Si vous ne répondez rien, je vous frapperai de ce bâton. Parlez maintenant! Parlez maintenant!
    ____________________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    Maître Himagan demandait aux moines qui l'approchaient: "Quelle sorte de démons a fait de vous un moine bouddhiste?". L'expression était assez ironique, mais elle est de celles que nous pourrions nous poser à nous-mêmes. Quelle sorte de démons nous a entraînés sur la voie bouddhiste?
    En général, nous ne voulons pas être poursuivis par des démons. Nous croyons que, si nous arrivons juste à leur échapper ou à les ignorer, notre vie serait idéale; mais on dirait que nous n'arrivons jamais vraiment nous en débarrasser. Ces problèmes, ou démons, doivent être respectés pour la part qu'ils ont eue à nous faire entreprendre la pratique bouddhique. Travailler avec nos démons donne de la force à notre pratique.
    Maître Himagan mettait les moines dans une situation logiquement impossible. Il disait qu'il les frapperait de son bâton peu importe s'ils lui répondaient ou s'ils ne lui répondaient pas. Et alors, il exigeait qu'ils lui répondent sur le champ!
    La vérité bouddhique ne peut s'exprimer en mots, mais en même temps, il est important que les moines bouddhistes tentent d'exprimer quelque chose. Il est important qu'ils montrent le chemin vers l'inexprimable.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Mer 9 Jan 2013 - 17:41

    SOIXANTE-QUATORZE

    Dans le district de Jo, un jour une vieille dame envoya un homme porter un don à maître Joshu, avec la requête pour que ce dernier récite tous les sûtras bouddhiques.

    Maître Joshu descendit de sa chaire dans la salle de Zazen et fit une fois le tour de son siège. Puis, il déclara: Je viens de réciter l'entièreté des sûtras bouddhiques.

    L'homme retourna chez la vieille dame et lui rapporta le comportement du maître. Elle répliqua: J'ai demandé à maître Joshu de faire une récitation formelle de l'ensemble des sûtras bouddhiques. Mais là, j'ai l'impression qu'il ne les a qu'à moitié récités.
    _________________________________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    Maître Joshu exprimait le fait qu'au bout du compte, le Bouddhisme est action; c'est la réalité même. Les sûtras écrits peuvent indiquer la réalité, mais ils ne sont pas la totalité de la réalité. Lorsque la donatrice lui demande de réciter l'entièreté des sûtras, maître Joshu lui donne cette action, cette réalité. Il lui offre la vérité ultime du Bouddhisme : la réalité même.
    Le messager retourne chez la vieille dame et lui rapporte ce qui s'est passé. Quoiqu'elle fut une étudiante expérimentée du Bouddhisme, elle ne peut comprendre comment le fait de faire une fois le tour de la chaire peut représenter l'entièreté des sûtras. Elle a l'impression que le maître n'a pas accompli sa requête.
    En chinois et en japonais, les noms n'ont pas de singulier ni de pluriel, et donc la phrase "la totalité des sûtras bouddhiques" et la phrase "tout le sûtra bouddhique" se disent pareil. Maître Joshu a récité "tout le sûtra bouddhique une fois", là où la vieille dame s'attendait à ce qu'il récite "une fois l'entièreté des sûtras bouddhiques". C'est pour cette raison qu'elle a l'impression que le boulot n'a été fait qu'à moitié. Maître Joshu lui avait montré tous les sûtras bouddhiques ainsi que tout le sûtra bouddhique, en une seule fois.
    Dans le Shôbôgenzô Kankin (Lire les sûtras), maître Dôgen dit que, pour maître Joshu, marcher autour de sa chaire avait réellement représenté la totalité des sûtras bouddhiques, alors que la vieille dame était juste perdue dans sa préoccupation de ce que maître Joshu avait, ou pas, fait ce qu'elle avait demandé.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Jeu 10 Jan 2013 - 14:49

    SOIXANTE-QUINZE

    Maître Gantô Seigen de Gakushu se vit un jour demander par un moine: Lorsque les trois mondes surgissent sans cesse, comment devons-nous agir?

    Maître Gantô répondit: Contentez-vous de vous asseoir en zazen.

    Le moine dit: Je n'arrive pas à comprendre ce que vous dites, maître.

    Maître Gantô Seigen lui dit: Apportez-moi le mont Rozan ici, et je vous le dirai.
    ________________________________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    Le maître appelé ici Gantô Seigen est Gantô Zenkatsu, qui apparaît dans d'autres récits.
    Dans certaines théories bouddhiques, les trois mondes sont le monde de la volition ou de l'esprit, le monde de la matière et le monde de la non-matière ou action.
    Les gens ordinaires séparent la réalité unique en ces trois mondes différents et s'y perdent. Retranchées de la complétude de la réalité, leurs vies sont souvent misérables.
    Le moine voulait savoir comment agir lorsque nous sommes ballottés par les eaux agitées de ces trois mondes. Le maître répond: "Contentez-vous de vous asseoir."
    L'intellect ne peut nous sauver de la souffrance qui provient du fait de vivre dans le monde de l'esprit. De même que les sens ne peuvent nous sauver du tourment qui provient du fait de vivre dans le monde matérialiste des sens. L'action ne peut nous sauver si elle n'est pas fondée sur un état équilibré du corps et de l'esprit.
    En se contentant de s'asseoir (shikantaza), nous sommes en mesure de pénétrer directement dans la réalité. Nous pouvons réunir les trois mondes. Ce qui ne veut pas dire que nos problèmes disparaissent sur le champ. Pénétrer la réalité par la porte de Zazen, sur une base quotidienne, a pour effet de relâcher notre attachement aux conditions extrêmes (ou monde) dans lesquelles nous sommes pris au piège. Nos vies s'équilibrent. Nous pouvons laisser tomber nos problèmes et traiter -- agir dans -- la réalité de façon plus équilibrée.
    Pour ce moine, l'injonction de se contenter de s'asseoir lui paraissait trop simple. Il ne pouvait pas voir comment le fait de s'asseoir pourrait calmer l'agitation des trois mondes.
    Le maître lui réplique qu'il s'expliquerait lorsque le moine accomplirait la tâche impossible de lui apporter le mont Rôzan. On peut penser et parler et écrire sur Zazen jusqu'à la fin des temps, mais cela ne sera jamais pareil que de s'asseoir effectivement pour pratiquer.
    Il n'y a qu'une seule façon d'apprendre la réalité de Zazen, et c'est de le pratiquer réellement par nous-mêmes.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Yudo, maître zen le Sam 12 Jan 2013 - 14:15

    SOIXANTE-SEIZE

    Un jour, maître Isan Reiyu se vit demander par un moine: Qu'est-ce que la vérité?

    Maître Isan répondit: Ne pas avoir une idée intentionnelle, telle est la vérité.

    Le moine rétorqua: Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.

    Maître Isan dit: C'est bien de savoir qu'il y a quelque chose qu'on ne puisse comprendre.

    Le moine demanda: En quel état pouvons-nous savoir qu'il y a quelque chose qu'on ne puisse comprendre?

    Maître Isan dit: Quand vous êtes juste vous-même: pas différent de vous-même.
    _____________________________________________________
    Commentaire de maître Nishijima

    Maître Isan dit que nous devrions savoir qu'il existe quelque chose qui ne peut pas être compris. Nous faisons des progrès lorsque nous captons enfin qu'il est des choses qu'on ne puisse comprendre intellectuellement.
    Nombreux sont ceux qui croient qu'il est possible de tout comprendre, choses et phénomènes. Cette idée est erronée. On peut analyser la réalité à partir des catégories et des concepts qu'on formule, mais on ne peut ainsi capter l'ensemble de la réalité. Il y a toujours quelque chose qui nous échappe.
    L'intellect, avide de concepts, ne peut pas comprendre la réalité, mais le corps-et-esprit entier, équilibré, peut faire l'expérience de cette dernière parce qu'elle n'est en rien différente de nous-mêmes. Nous-mêmes sommes la réalité. Et lorsque nous sommes juste nous-mêmes, alors pouvons-nous comprendre la réalité qui ne peut être comprise.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par bulleOcéan le Jeu 17 Jan 2013 - 21:01

    Merci Yudo

    Qui d'autres a commenté ces textes?


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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par marc le Ven 18 Jan 2013 - 17:54

    "Quand vous êtes juste vous-même: pas différent de vous-même".Tout un programme qui n'est pas philosophique.
    Merci Yudo
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Kaïkan le Ven 18 Jan 2013 - 19:28


    Bonsoir,
    Maître Isan dit: "Quand vous êtes juste vous-même: pas différent de vous-même."
    Merci M° Isan. Enfin une philosophie concrète... Very Happy
    Peut-être pas si facile que ça à mettre en œuvre... Wink


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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par lausm le Sam 19 Jan 2013 - 11:44

    Comme disait Dogen : facile à comprendre, difficile à pratiquer.
    Tout comme il disait aussi : difficile à comprendre, facile à pratiquer.
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Fred le Sam 19 Jan 2013 - 17:48

    Le moine demanda: En quel état pouvons-nous savoir qu'il y a quelque chose qu'on ne puisse comprendre?

    Maître Isan dit: Quand vous êtes juste vous-même: pas différent de vous-même.

    Le moine serait en droit de demander : quand donc sommes nous juste nous-même : pas différent de nous-même?

    C'est pourquoi, personnellement, je retrancherais le "Quand" de la réponse de Maître Isan.




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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Kaïkan le Sam 19 Jan 2013 - 18:01


    Donc à la question du moine : "En quel état pouvons-nous savoir qu'il y a quelque chose qu'on ne puisse comprendre?"

    M°Isan aurait pu répondre : "En étant juste vous-même: pas différent de vous-même."

    Ça me parait tout à fait clair...
    Je dirais même plus : c'est limpide...Very Happy





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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par Fred le Sam 19 Jan 2013 - 18:51

    Oui Kaïkan, presque aussi limpide que si le disciple et le maître n'avaient pas ouvert la bouche. Smile
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    Re: Le Shinji Shôbôgenzô de maître Dôgen (recueil des kôans)

    Message par lausm le Lun 21 Jan 2013 - 17:56

    Ah ah!

      La date/heure actuelle est Jeu 19 Oct 2017 - 3:55