Zen et nous

Le zen, sa pratique, ses textes, la méditation, le bouddhisme, zazen, mu


    Le Maître dans le Zen (sôtô)

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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par fonzie le Dim 26 Juin 2011 - 19:39

    Bonsoir Yudo,

    Yudo, maître zen a écrit:... Nagârjuna applique un mode quadripartite (il insiste même en disant qu'il n'y en a pas un cinquième...
    oui et non, parce que le "cinquième" n'est pas un "composé", mais le "composant" d'un seul des 4. En tout cas, c'est ce que j'aie appris de "la scolastique européenne médiévale".


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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Dim 26 Juin 2011 - 20:29

    Yudo, maître zen a écrit:
    Kaïkan a écrit:
    Yudo, maître zen a écrit:(...)
    Je suis persuadé que si on n'applique pas l'antique mode de lecture quadripartite, redécouvert par Nishijima, à la lecture de ces textes, on ne peut pas les comprendre.
    (...)

    (...)
    Par contre, bien que Nishijima soit franchement à recommander (en anglais), on peut très bien comprendre les textes de Dõgen sans appliquer le mode spécial (je n'ai rien contre non plus) de lecture quadripartite. (...)

    Pour ma part, je constate que Nagârjuna applique un mode quadripartite (il insiste même en disant qu'il n'y en a pas un cinquième.
    Au dix-neuvième siècle, le moine Sôtô Bokuzan Nishi-Ari préconise le mode quadripartite, et aujourd'hui, Okuyama en fait de même. Quand en plus on retrouve le même mode quadripartite dans la scolastique européenne médiévale, mentionné par Dante Alighieri, je me dis qu'on se trouve en face de quelque chose qu'on aurait tort de négliger.


    [wow]custom:Gashho Tout le Monde,,N’oublions pas l’utilisation du mode de lecture quadripartite.[br](Le SOAR non ?)[br]Du (S)ubjectif à l'(O)bjectif[br]De l'(A)ction à la (R)éalité...,B9121B/t[/wow]

    On peut utiliser la structure SOAR : ça ne fait pas de mal c'est sûr... Smile
    On peut aussi étudier "le problème des contradictions" dans le Shòbògenzo et dans tous les écrits de Dôgen... Smile
    Mais il faut bien comprendre que l'étude, bien qu'indispensable, ne doit pas nous transformer en moines érudits.
    Nous devons être des moines de l’Éveil, des moines éveillés qui utilisent et développent l'intuition et qui transmettent la possibilité de la compréhension intuitive aux élèves de la Voie.
    Rien ne sert de compter le trésor des autres... Il faut ouvrir le grenier de nos propres richesses (Komyozo)  http://zen-et-nous.1fr1.net/t478-komyozo-zanmai, et Ejo (Le disciple éternel de Dõgen) avait compris cela. Il n'y eut pour Ejo que Maître Dõgen et il ne voulait pas devenir maître mais rester disciple même après la mort du maître. Cependant il a ouvert la porte de sa propre lumière, pas de celle d'un autre...
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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par tangolinos le Dim 26 Juin 2011 - 23:01

    Kaïkan a écrit: Cependant il a ouvert la porte de sa propre lumière, pas de celle d'un autre... étoile
    Oui, Kaïkan, la dernière bouée à crever... celle de son propre chemin...

    La dernière marche n'est-t-elle pas celle où les maîtres de toutes doctrines se reconnaissent au delà de toutes doctrines ?
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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Dim 26 Juin 2011 - 23:11




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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par tangolinos le Dim 26 Juin 2011 - 23:28



    Vois-tu Kaïkan, ça fait 35 ans que j'ai cette statue auprès de moi... et il est fort probable que sa simple présence ait pu m'influencer.
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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Yudo, maître zen le Dim 26 Juin 2011 - 23:42

    Kaïkan a écrit:(...)
    Mais il faut bien comprendre que l'étude, bien qu'indispensable, ne doit pas nous transformer en moines érudits.
    Nous devons être des moines de l’Éveil, des moines éveillés qui utilisent et développent l'intuition et qui transmettent la possibilité de la compréhension intuitive aux élèves de la Voie.
    Rien ne sert de compter le trésor des autres... Il faut ouvrir le grenier de nos propres richesses (Komyozo)
    Là, on est bien d'accord.
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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par lausm le Lun 27 Juin 2011 - 9:49

    Ho a écrit:
    lausm a écrit:Peut-être surtout et enfin que la distinction entre moine et laic, et entre maitre et simple disciple, doit cesser d'être entretenue, pour que la Voie existe vraiment en ce monde???

    Pas d'accord, il suffit de lire deux superbes livres : "Vertu et méditation" et "Méditation et sagesse", recueils de causeries du vénérable Ajahn Chah (éditions Sully), pour comprendre qu'un laîc n'est pas un moine et qu'un maître (un véritable maître) n'est pas un disciple.

    Je comprends, mais je me pense toujours qu'on doit viser cela à un niveau ultime.
    Il suffit de voir en ces lignes déjà combien peu sont d'accord sur ce qu'est être moine, alors si on définit laic par non moine, que cela veut-il dire???
    Et je ne parle pas de maître par rapport au disciple : quels sont les critères pour en parler?????

    Revenant à l'histoire du moine, Tokuda en disait, à ce que j'ai lu, que le moines zen venaient la plupart du temps du Vinaya : ils étaient donc déjà conditionnés, avec une éducation!
    Mais la foultitude de préceptes à appliquer pour les moines est-elle réaliste pour notre société?? Je ne crois pas.
    Les dix préceptes 'donc avec la prise de refuge et les trois grands préceptes qui englobent les autres, résument assez une éthique qui est déjà un bon truc à pratiquer dans ce monde. Les règles du Vinaya avaient un côté très formaliste voire anecdotique et peu intéressant spîrituellement tellement c'est spécifique à un mode de vie.
    LE Vinaya n'est-il pas l'héritage de la première controverse et naissance de la névrose du bouddhisme, quand on a interrogé Ananda sur la différence entre règles majeures et mineures, ce à quoi il ne sur répondre et fut quitte pour une sacré engueulade??
    MAis si c'éait si important, pourquoi le Bouddha n'a pas mis l'accent sur cela???? On voit à ce jour que le koan reste sacrément actif! Le bouddhisme se résume-t-il à des règles, ou à la capacité de conscience qui permet de réactualiser des règles éthiques dans ce monde??? Réfléchissons-y!
    Car Mahakasyapa, tout profondémnet sage qu'il était, pratiquait ses austérités en plus du truc du Bouddha, et se mettait à part des autres. ON voit que cela a été un peu imposé comme façon de faire ultérieurement.
    Ce que je dénonce, c'est que certains quand ils sont ordonnés moines, se le jouent à mort, car ils ont un statut reconnu dans une communauté. Le problème qu'il y a dans l'AZI, notamment, c'est que c'est utilisé comme un grade, et comme si une ordination était un gage de vraie pratique. C'est dans ce sens que j'ai dit qu'il faut effacer les différences entre moine et laic, et aussi entre maître et disciple.
    PAr exemple, on confond bien trop maître avec personne qui a des pouvoirs administratifs...et aujourd'hui plein de gens disent qu'il n'y a pas de vrai maître!
    Alors qu'on devrait différencier le fait d'être maître, voire moine ou disciple laic qui a pris refuge, avec le fait d'avoir une compétence d'enseignement dans un groupe, et le fait de pouvoir conférer des ordinations. Cela clarifierais les choses pour tout le monde. En effet, il y a deux ans j'ai parlé avec une femme, toute gentille et discrète, mais quie me disait : je veux me faire ordonner, mais x, je ne le sens pas comme mon maître. Et les autres elle ne les connaît pas! DOnc je lui ai dit : considère x comme un fonctionnaire, et ton ordination, de toutes façons c'est toi qui en fera quelque chose, pas x. C'est ton voeu.
    Quant à l'éthique, passer un contrat avec 250 clauses, c'est autant de possibilités de les transgresser.
    On a bien assez avec dix préceptes, et à voulir éviter le mal, faire le bien, faire le bien pour tous les êtres.
    Avant de recevoir l'"ordination de disciple laic, on avait entendu le commentaire du Kyojujaimon de Keizan, il résumait tout ça, et c'était très clair.
    Cela dit, une seul ordination devrait suffir aujourd'hui, mais ça ferait un manque à gagner pour certains puisque c'est payant. MAis faudrait en revenir à leur sens spirituel, pas à un sens formel.

    Quand à effacer la distinction entre maître et disciple, elle ne peut se faire du fait des disciples, mais du fait de la capacité des maîtres à toujours se rappeler qu'ils sont des disciples avant tout. Ce que certains oublient.
    Car les maîtres qui s'arrangent de leur statut pour bien rappeler qui est le maître et le disciple, même sans le dire explicitement (en général ça se fait plutôt implicitement!), ne font que cultiver un dualisme qui n'a rien à voir avec ce avec quoi le bouddhisme tend.
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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par fonzie le Lun 27 Juin 2011 - 15:15

    lausm a écrit:...Et je ne parle pas de maître par rapport au disciple : quels sont les critères pour en parler?????
    ben c'est comme toi quand t'as pas ta blouse blanche et si en plus tu donnes un bocal d'urine... tout le monde peut croire que c'est pour les analyses.
    C'est comme les vieux alchimistes barbus, on n'est pas habitué à les voir en jupons...

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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Lun 27 Juin 2011 - 15:42



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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par fonzie le Lun 27 Juin 2011 - 16:33

    Kaïkan a écrit:Petit lien pour fonzie...
    http://www.pcastuces.com/pratique/securite/steganographie/page1.htm
    Qui pourrait alors se douter qu'un texte est caché dans une image ?
    et même si quelqu'un se décryptait un texte caché dans une image,
    "... la Vérité n'est pas dans les lettres." Le Sûtra de l'Avâtar du Lanka Wink
    Alors Mahâmati demanda au Béni du Ciel: Je vous en prie, dites nous combien de sortes de disciples il y a?

    Le Béni du Ciel répondit: Il y a autant de sortes de disciples qu'il y a d'individus, mais en pratique on peut les répartir en deux groupes: les disciples du lignage des Arhats, et les disciples appelés Bodhisattvas. On peut considérer les disciples du lignage des Arhats sous deux aspects: D'abord, selon le nombre de fois où ils reviendront à cette vie de la naissance-et-mort; et ensuite, selon leur progrès spirituel. Sous le premier aspect, on les peut subdiviser en trois groupes: Ceux qui sont «Entrés-dans-le-courant,» ceux qui «Reviendront-une-fois,» et ceux qui «Ne-reviendront-jamais.»

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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Lun 27 Juin 2011 - 17:23



    Attachement et non-attachement à l'objet.

    A l'époque de Dogen, il y a eu des moines qui firent l'expérience d'un long entraînement et d'une grande pratique, mais ils errent dans la mer de la vie et de la mort. Mais certaines nonnes qui étaient de jeunes femmes continuèrent leurs efforts, se concentrèrent sur zazen et pratiquèrent la Vraie Voie. Aussi sont-elles des vrais éducateurs et de vrais Maîtres sur la terre comme au ciel. Aussi ces moines qui sont des hommes sont complètement pitoyables car ils comptent seulement les grains de sable infinis dans la mer de l'académisme mais n'ont jamais vu le vrai Dharma du Bouddha, même en rêve.
    Donc, quand vous voyez l'objet, vous ne devez ni vous échapper de lui, ni courir après. Vous devez l'observer et comprendre ce qu'il est, sans y être attaché.
    S'il vous plaît, n'ayez pas peur. Si vous êtes dérangé par l'objet ou si vous vous échappez de lui, vous tomberez alors dans la pratique du Hinayana ou des Shomons. Si vous quittez l'Est et que vous vouliez vous cacher à l'Ouest, vous verrez l'objet du monde occidental. Si vous lui échappez, vous rencontrerez un autre objet à peu de distance. Ainsi l'esprit d'attachement à l'objet ne dépend pas de la proximité ou de l'éloignement. Si vous n'êtes pas détaché de l'objet, la distance augmentera de plus en plus.

    Il y a quelque chose d'amusant au Japon. C'est la "zone tabou" ou « le dojo Mahayana ». Il était interdit aux nonnes d'y entrer. Cette tradition erronée dure depuis fort longtemps et jusqu'à présent personne ne l'a remise en question. Sur ce sujet, même les gens qui connaissaient les vieilles coutumes et en avaient une profonde compréhension ne faisaient pas de commentaires. Cette tradition est appelée " l'organisation d'un homme puissant ", ou bien "la tradition héréditaire" et personne ne la remet en question. J'en ris tellement fort que mes intestins pourraient éclater.
    Qu'est-ce qu'un homme puissant ? Est-ce un sage ? Un dieu ? Un démon ? Ou les dix sages ? Ou Tokaku (quelqu'un qui a obtenu le satori) ? Ou Myokaku (quelqu'un qui a un satori mystique) ? Alors, si une vieille tradition ne peut pas être modifiée, le mauvais karma de la vie et de la mort ne peut pas non plus être changé. Qu'en pensez-vous?
    Bien plus, notre grand Sâkyamuni Bouddha a obtenu le grand satori.
    Ce n'était pas un satori mystérieux. Il avait fait l'expérience et compris tout ce qui devait être compris et expérimenté. Il a émancipé (Gedatsu) toutes les choses qui devaient être émancipées. Par conséquent, personne aujourd'hui ne peut aller au-delà de l'expérience du Bouddha, de sa dimension et de son envergure.



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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Mer 29 Juin 2011 - 21:41



          L'assemblée pure : kekkai

    A l'époque du Bouddha Shakyamuni, il y avait beaucoup de rassemblements de moines, de nonnes, de bodhisattvas, hommes et femmes, beaucoup de sortes d'assemblées, de quatre types, huit types, trente-sept types ou quatre-vingts mille (*). Ces assemblées furent établies dans l'esprit de la Sangha. Mais tous ces rassemblements ne se sont jamais faits sans qu'il y eut des moines ou des nonnes, des hommes et des femmes sur les huit parties du monde. En fait, partout, de tous temps, les moines et les femmes se sont assemblés. Le Bouddha n'a jamais fui les femmes. Bien sûr, il n'a jamais non plus couru après.

    (*) Durant une sesshin, beaucoup de gens d'origines différentes étaient rassemblés.
    Quand on parle de quatre types de personnes, cela fait référence aux moines, nonnes, bodhisattvas hommes et femmes. Quand on parle de huit types, on se réfère aux dieux-protecteurs du Bouddhisme : Deva, Nagan, Yaksa, Asura, Garuda, Gandharva, Kimnara, Mahoraga.
    Pendant les sermons du Bouddha, les auditeurs étaient divisés en trente-sept catégories et pratiquaient la Voie. Quant à quatre-vingts mille, cela fait référence aux innombrables bonnos de l'humanité.
    S'agissant de l'humanité, quatre-vingts mille est utilisé pour désigner un nombre illimité, On l'utilise souvent comme préfixe devant des notions telles que Kalpa, années, types d'illumination, signes de Bouddhéité.
    _____________________________________________________________________________________

    Par conséquent, nous ne devons pas souhaiter avoir des assemblées plus pures qu'à l'époque du Bouddha. Certains pensent que parce que ce monde est diabolique, il ne peut pas être celui du Bouddha. Mais le Dharma du Bouddha inclut lui-même les trois autres mondes ( Monde visible, monde invisible, au-delà du monde.) et les mille mondes du Bouddha. Il inclut le monde infini et éternel. Il n'existe. pas de monde limité ou de dimension limitée. Nous devons comprendre que si nous avons un Dharma différent, notre Sangha est différente des autres sectes.
    Par exemple : Arakan est la position la plus élevée du Hinayana. Le plus haut mérite n'est pas différent dans le Mahayana et dans l'Hinayana.
    Le plus grand est seulement un. Il n'est pas deux. Beaucoup de nonnes peuvent atteindre la position d'Arakan du Hinayana. Grâce à ces mérites, ces nonnes ne peuvent pas aller dans un monde différent de celui du Bouddha et vont au-delà du monde le plus élevé. Aussi personne ne peut déranger la pratique de ces nonnes.
    Myokaku (le satori mystérieux) est aussi la position la plus haute.
    Beaucoup de femmes peuvent l'atteindre. Et lorsque les femmes atteignent la dimension du Bouddha, leurs mérites peuvent remplir l'univers entier. Donc, quiconque veut entrer dans chaque monde ne peut déranger ces femmès. Déjà, les grands mérites de ces femmes resplendissent aux quatre coins du monde. Même si quelqu'un veut les déranger, rien ne peut les atteindre. Comment pouvez-vous imaginer que des femmes célestes ou des déesses puissent être dérangées sur la Voie du Bouddha par quoi que ce soit ?




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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Jeu 30 Juin 2011 - 7:55



    L’enseignement primordial du maître.

    Le premier enseignement qui est donné par tous les maîtres zen à tous les disciples c’est : « Tournez le regard à 180° ».

    Cela signifie : cessez de vous projetez sur les objets extérieurs et de vous identifier à eux. Il est en effet courant d’utiliser "l’autre " comme un miroir pour se regarder soi-même, et cette façon de faire est erronée. D’une part à cause de la confusion entre l’autre et soi-même qui est ainsi engendrée, et la « projection » (bien connue en psychologie) qui n’est pas toujours bien vécue par celle ou celui qui la subit.

    Par conséquent lorsque le disciple débutant interroge le maître zen, les réponses sont : "As-tu pris ton déjeuner ? Oui ? Alors va laver ton bol".
    Ou encore à celui qui demandait comment entrer dans le zen : "Entends-tu le bruit de la rivière au loin ? Oui ? Alors entre par cette porte là".

    Ces réponses (il y en a beaucoup) ont toutes comme objectif de montrer la bonne direction. Ne pas se projeter sur les autres mais retourner le regard vers l’intérieur ; construire soi-même sa propre attitude, libre et indépendante, afin de pratiquer dans les meilleures conditions.

    De la même façon dans les échanges sur le forum, il est préférable de ne pas perdre de vue que les débats sont à propos des "sujets de discussion" sans s’identifier personnellement au pour ou au contre. Ce qui est bien exprimé dans cette phrase d'Antoine de Saint-Exupéry : "L’amour ce n’est pas de se regarder l’un l’autre, mais regarder ensemble dans une même direction".



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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Invité le Jeu 30 Juin 2011 - 22:35

    Bonsoir Kaïkan,

    J'apprécie vraiment beaucoup ces lectures.

    On ne peut se détacher sans s'attacher... Une mère accepte cela sans y penser, elle s'attache naturellement à son enfant, sans se préoccuper de savoir si elle en souffrira, mais s'en détache tout aussi naturellement pour le bien-être de son enfant, pour son bonheur, pour le laisser grandir. Et cela fait sa joie. Et connaissance l'impermanence, c'est comme le lever et le coucher du soleil.. Ce serait vouloir s'attacher à l'un ou à l'autre, l'un plus que l'autre, qui fait souffrir. Il faut bien qu'il y est jour et nuit...


    S'agissant de la projection, oui c'est manquer de se connaître soi-même, prisonniers d'un aveuglement, d'une illusion.
    Sans compter que psychologiquement parlant les projections, souvent basés sur l'idéalisme, les idées préconçues et préjugés peuvent faire mal.



    Les amants (1928)

    René Magritte


    Enfin, bon... Le Bouddha aurait peut-être aimer Youssou N'Dour :

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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Ven 1 Juil 2011 - 17:01



    Les femmes célestes

    Naturellement les femmes-célestes n'ont pas encore coupé certaines  illusions. Elles sont encore semblables aux êtres sensibles errants qui souffrent de la vie et de la mort. Aussi commettent-elles encore des péchés. Si elles ne doivent pas en commettre, certainement n'en commettront- elles pas. Certaines femmes pèchent. Par contre certaines femelles animales ne le font pas. Toutefois qui peut déranger la Voie du ciel ou la Voie de Dieu ?
    Lorsque ces femmes se rendent aux réunions du Bouddha et qu'elles étudient dans son dojo, si d'autres personnes énoncent un enseignement différent, qui peut les croire ? Un tel enseignement est complètement idiot et trompe les gens du social. C'est plus idiot qu'un renard des champs qui, devenu tellement anxieux, révèle l'emplacement de son terrier aux hommes.
    La place des disciples du Bouddha parmi les bodhisattvas du Mahayana et les shomons (les gens du satori du Hinayana) doit être ainsi :
    1. Les moines
    2. Les nonnes
    3. Les bodhisattvas hommes
    4. Les bodhisattvas femmes.
    Cet ordre relève du bon sens sur la terre comme au ciel. C'est la règle traditionnelle depuis les temps anciens. Donc, la position hiérarchique des nonnes dépasse celle du saint roi Tenrinwo (le roi qui fait tourner la roue, Kakravarti Raja en sanscrit) (1) et du roi Tai Shaku (le protecteur du Bouddhisme) ou celle des hommes célestes. Ces nonnes doivent pouvoir aller partout. Elles sont d'un rang plus élevé que celui du roi ou du ministre d'un petit pays.
    De nos jours, la plupart des dojos sont interdits aux femmes, alors que les paysans incultes et les hommes des bois peuvent y pénétrer, plus aisément même que les hommes de la haute société, les rois et les ministres. Les cent gouverneurs et le premier ministre y entrent librement, sans crainte. Si ces nonnes et ces paysans modestes discutent
    à propos de l'étude de la Voie ou de la culture, qui gagnera, qui perdra? Surement les nonnes gagneront. Même s'ils discutent d'affaires sociales ou du Dharma du Bouddha, ces gens modestes ne peuvent pas atteindre la dimension des nonnes. Aussi, de nos jours, est-il complètement erroné d'interdire aux nonnes l'accès dans la « zone tabou» uniquement parce que sont des femmes.

    Cette règle n'est appliquée que dans un petit pays comme le Japon. C'est dommage ! Quand le premier fils du Bouddha compassion né des trois mondes visita un dojo dans le petit pays, on lui en refusa l'entrée.
    Et, à l'époque actuelle, la plupart des gens qui habitent dans ces dojos n'ont pas peur de commettre les dix péchés et de briser les dix kai.
    Par conséquent, comme ces personnes ne sont pas normales et commettent des péchés, elles sont capables de haïr ceux qui ne les commettent pas. En plus, les cinq péchés mortels (2) sont les plus graves. Mais dans ces dojos, certaines personnes commettent ces péchés graves. Aussi ces dojos démoniaques doivent-ils être détruits et supprimés. Et les personnes qui les fréquentent doivent retrouver la condition normale de la Vraie Voie du Bouddha et étudier son enseignement. Elles doivent entrer dans la communauté du vrai Bouddha. Ainsi deviendront-elles profondément reconnaissantes à l'égard de la grâce du Bouddha.
    _________________________________________________________________________________________

    (1) On parle des quatre rois qui font tourner la roue : or, argent, cuivre, fer.
    (2) Tuer son père ou sa mère, un saint ou un maître, injurier le corps du Bouddha. Créer des inimitiés entre les amis, moines ou nonnes dans le Sangha.




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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Invité le Sam 2 Juil 2011 - 9:35

    P'tit bonjour,

    Un maître serait celui qui accompagne sur la voie, et nous rend libre, les yeux ouverts ?
    Les yeux ouverts comme un lac qui voit les nuages, le ciel, l'univers... à chaque instant, sans jugement...


    Dieu donnant. Donner, c'est le non-attachement :
    simplement ne s'attacher à rien, c'est donner.

    Shunryu Suzuki





    Merci Kaïkan...
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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Sam 2 Juil 2011 - 18:53



    Comprendre kekkai

    Vieux disciples qui vous êtes trompés précédemment, comprenez-vous profondément le sens de kekkai ? Qu'est-ce qu’ un vrai Sangha ? Une vraie sesshin ? Qu'est-ce que kekkai (Le kanji kekkai signifie une assemblée, une communauté, une soirée. une réunion, un cercle, un groupe. le sangha, une sesshin.) ? Qui vous a enseigné kekkai ? Vous en a transmis le sens ? De qui en tenez-vous la certification ?

    Chaque personne qui entre dans ce lieu de réunion, ce lieu de kekkai où beaucoup de Bouddhas sont assemblés peut revenir à la merveilleuse source de la Voie de la vérité, la Voie du Dharma, de l'ordre cosmique, en s'émancipant de son esprit égoïste, de son esprit d'attachement à tous les êtres sensibles et même au Bouddha. Tous ces êtres sensibles qui avancent dans cette communauté, kekkai, peuvent recevoir les mérites de la Voie du Bouddha, couper leur mauvais karma erroné et être complètement purifiés. Dans ce kekkai, lorsqu'on est réunis et mélangés dans un seul endroit, tout le cosmos fusionne.

    En ce seul endroit, l'eau et l'esprit sont reliés. Quoi qu'il en soit, ce kekkai doit être compris, comme je l'ai déjà dit, à travers la transmission d'un vrai Maître.
    En plus, comprenez-vous ce qui suit? Au début de la cérémonie d'ouverture de kekkai, chacun doit être aspergé de doux nectar ou d'eau parfumée sur la tête par le Maître, puis faire sampai, « Kimyo Chorai ».
    Et, après la cérémonie purifiante durant laquelle on prononce les kai, le Maître chante un sutra sous forme de poème. Ce sutra dit : Kikai Hen Kokkai Mui Ketsu Shojo. Ce qui signifie: cet endroit est la communauté du Dharma, la communauté cosmique, la communauté parfaitement pure. Ainsi, vous, anciens disciples, qui dites toujours « ici, c'est
    kekkai », comprenez-vous le sens véritable de kekkai ? J'en doute car je pense que vous ne comprenez sûrement pas que le cosmos entier peut être inclus dans ce kekkai, même si l'endroit est très étroit. A l'inverse, lorsque vous êtes enivré par le saké (l'enseignement) du Hinayana, vous ne devez pas vous tromper et penser qu'une communauté minuscule est immense.

    Conclusion

    Je prie comme suit :
    S'il vous plaît, éveillez-vous de l'ivresse de toutes les illusions, de tous les péchés, de tout ce qui conduit à l'extase aussi rapidement que possible. Et s'il vous plaît, venez dans la grande et vraie communauté, la communauté cosmique, le Sangha accueillant. Sil vous plaît, entrez dans le vrai groupe de zazen, la sainte communauté des nombreux Bouddhas, et non des démons. Guidons profondément toute l'humanité.
    Puis, finalement, tous les êtres sensibles et toute l'humanité seront sauvés au plus profond de leur esprit par la vraie communauté, notre vrai Sangha.
    Telle est la vraie sesshin, le vrai kekkai. Nous devons faire raihai, sampai et vénérer profondément tous les mérites et l'éducation que tous les êtres sensibles et les êtres humains reçoivent dans cette communauté.
    A ce moment-là, chacun peut obtenir la vraie moelle du Maître, la vraie Voie du Bouddha. Tel est le vrai Rai hai toku zui.


    Ecrit la veille du solstice d'hiver 1240, au temple Koshoji à Uji.


    Un mois plus tard, la même année, Dogen écrivit le Kesa Kudoku (la transmission du kesa) et le Dene, deux volumes du Shobogenzo.



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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Invité le Dim 3 Juil 2011 - 16:35

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    Faut-il avoir un maître ? Réponse de Maître Dôgen

    Message par Kaïkan le Dim 3 Juil 2011 - 17:51


    Faut-il avoir un maître ? Réponse de Maître Dôgen

    Par Maître Dõgen
    GAKUDO YOJINSHU texte N°5 de Maître Dôgen

    Un ancien aurait dit " si votre aspiration du début disparaît, alors tous les efforts que vous mettez dans votre pratique seront vains ". Comme il disait vrai ! La profondeur de la pratique dépend essentiellement de la valeur de l’instructeur.

    Le disciple peut être comparé à une pièce de bois de qualité et le Maître à un charpentier. La beauté de cette pièce de bois ne peut apparaître sans une grande dextérité de la part du charpentier. Après tout, même un bois difforme peut trouver son utilité s’il est travaillé par des mains expertes. Cette analogie nous éclaire et nous fait comprendre qu’atteindre la réalisation dépend essentiellement du fait que l’instructeur soit dans le vrai ou le faux.

    A ce jour, dans notre pays, de tous les prétendus Maîtres, aucun ne semble être de véritable. Comment peut-on l’affirmer ? En examinant les écrits qu’ils nous ont laissés, comme on le ferait pour juger de la qualité d’une source en puisant l’eau à son aval. Nombreux sont les Maîtres qui ont écrit des ouvrages dans le but d’éduquer leurs disciples et de propager leurs enseignements au grand public, mais on n’y trouve aucune trace de maturité. N’ayant pas atteint la compréhension de l’enseignement de base, comment auraient-ils pu s’approcher du chemin de la réalisation ? Ils n’ont fait que transmettre des mots et enseigner à chanter le nom du Bouddha. Nuit et jour ils n’ont fait que l’inventaire des richesses d’autrui sans avoir eux-mêmes un piètre sou. Voilà où nous ont amenés ces anciens.

    Certains d’entre eux ont enseigné aux gens de rechercher l’Eveil hors de leur esprit et d’autres ont préconisé de désirer renaître sur une autre terre comme la Terre Pure. Par ces instructions erronées, ils ont installé la confusion et le désordre. Cela reviendrait à vous donner un médicament sans se soucier des effets secondaires nocifs. C’est comme si on vous aurait administré un poison.

    Dans notre pays, il est difficile de se débarrasser de la souffrance causée par la naissance et la maladie, car personne n’a vraiment administré de bon remède et n’a soustrait les gens aux effets secondaires. Ceci est de la responsabilité du Maître mais non du disciple.

    Pourquoi en est-il ainsi ? Les Maîtres ont enseigné à leurs disciples de rejeter les racines et de rechercher des bouts de brindilles. Avant d’avoir acquis une compréhension véritable, ils ont agi selon leur propre préoccupation et ont mené leurs disciples sur une mauvaise Voie. C’est désolant !

    Ces Maîtres n’ayant pas compris qu’ils étaient eux-mêmes dans l’illusion, comment leurs disciples pouvaient-ils distinguer le vrai du faux ? Comme c’est triste !

    La doctrine du Bouddha ne s’est pas encore répandue dans notre si petit pays et un véritable Maître n’est pas encore apparu. Si vous aspirez tout de même à apprendre la Suprême Voie du Bouddha, rendez donc visite à un Maître chinois en pays des Song et vous pourrez laisser loin derrière vous le sentier des discriminations mentales.

    Si vous ne trouvez pas un vrai Maître, il serait souhaitable de ne pas pratiquer du tout.
    Etre un vrai Maître ne dépend pas de l’âge, mais plutôt du fait qu’il ait pénétré le vrai Dharma et qu’il ait reçu l’authentification d’un vrai Maître.

    Pour un vrai Maître, l’importance ne se situe pas au niveau des mots ou de la compréhension intellectuelle. Il doit être à même de transcender les discriminations mentales et avoir une énergie hors du commun. Il se doit d’être libéré de ses vues égocentriques et ne pas être lié aux passions mondaines. Sa pratique reflète sa compréhension. C’est cela un vrai Maître.

    Maître Dõgen




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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Invité le Lun 4 Juil 2011 - 6:35

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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Kaïkan le Lun 4 Juil 2011 - 17:51


    COMMENTAIRES    (de M° Deshimaru)

    Raihai, Sampai

    A partir d'aujourd'hui, je vais commenter le Shobogenzo, Raihai Tokuzui.
    Raihai est identique à sampai. Sampai signifie trois prosternations, trois pais. Kyu pai : neuf pais. Ju hachi pai: 18 pais. Mais raihai n'est pas que sampai. Il n'est pas non plus semblable à l'adoration selon le Christianisme, qui est pourtant traduite par raihai dans le dictionnaire bouddhiste.
    Raihai se dit namaskara en sanscrit. De l'Inde, il s'est répandu en Chine puis au Japon.
    Dans le dictionnaire bouddhiste, trois sortes de raihai sont mentionnées:


      Rai : - l'adoration par la parole. Remercier ou saluer;- s'agenouiller à mi-hauteur, tête droite;- faire des prosternations comme les sampais, genoux fléchis, la tête posée sur le sol aux pieds du Maître.



    La tête est la partie noble du corps, les pieds sont en dessous. Donc respecter les pieds d'autrui avec notre tête est la prosternation la plus élevée, a dit Nagarajuna dans le Daichi Ron, les Commentaires du Maka Hannya Haramita Sutra.

    Les neuf méthodes de Raihai


    Dans d'autres sutras, sont décrites neuf formes de raihai


      1. Par la parole, la salutation.2. En inclinant la tête, en saluant, sans parler.3. Dans le passé, les Chinois saluaient en soulevant leurs mains et leurs bras à la hauteur de la poitrine, la main gauche tenant le coude droit et la main droite tenant le coude gauche.4. Gassho.5. La deuxième posture mentionnée par Nagarajuna, agenouillé à mi-hauteur, en gassho, comme lorsqu'on reçoit l'ordination.6. A la Japonaise, assis sur les talons, le tronc courbé vers l'avant.7. Toujours assis sur les talons, les mains sont posées sur le sol.8. On pose les mains, les pieds et la tête sur le sol. C'est l'équivalent du sampai.9. On jette au sol le corps tout entier, bras en avant.



    Au Japon, en Chine, dans le Bouddhisme, le sampai est la prosternation la plus élevée. Aux Indes, on ne faisait qu'une prosternation. Mais en Chine et au Japon, cela est passé à trois, neuf, dix-huit, parfois cent prosternations successives. A l'heure actuelle, les Chinois ne pratiquent plus raihai. Tous les esprits de la civilisation asiatique finissent par être absorbés et regroupés au Japon, les bonnes choses et les mauvaises.
    Au Japon, les prosternations, les salutations, la vénération se sont largement développées. Pas en Europe. On se dit bonjour, on s'embrasse. Les baisers sont très répandus. C'est bien, cela rend intime. J'utilise les deux. Les Japonais sont trop polis. Embrasser, c'est parfois bien.
    Les Japonais terminent leurs lettres par: « … avec cent prosternations ». En Europe, on écrit: « …avec mille, dix mille baisers! » Ce n'est pas possible! Raihai Tokuzui, c'est se prosterner. Mais en anglais, prosternation a un sens péjoratif. Il vaut mieux dire: faire sampai et parvenir à la moelle.

    Eka et la moelle de Bodhidharma

    Souvenez-vous d'Eka et de Bodhidharma. Bodhidharma questionna ses quatre disciples :


    • - Avez-vous compris mon zen ?
      Le premier disciple donna une explication.
    • - Vous avez compris, vous avez obtenu ma peau !
      Le second disciple, qui était la fille de l'Empereur, parla à son tour.
    • - Vous avez compris, vous avez obtenu ma chair !
      Après le discours du troisième disciple, Bodhidharma dit :
    • - Vous avez compris, vous avez obtenu mes os !



    A la fin, sans un mot, Eka vint et fit sampai devant Bodhidharma. Cette tradition s'est perpétuée. Au Japon, durant les mondos, le Maître répond uniquement par un sampai. Sans parler.


      Bodhidharma dit alors à Eka :
    • - Vous avez obtenu ma moelle !



    Toku signifie obtenir. Zui : la moelle.
    Dans le Zen, sampai et gassho sont très importants. Ils sont la certification de sho, le satori; le zazen sans gassho ni sampai n'est que la moitié de la pratique. Il faut les trois.
    Dans le dojo, avant de commencer zazen, vous faites gassho devant le zafu, puis vous vous tournez par la droite et vous faites gassho face au centre, pour les autres. Ouand vous vous levez, vous faites gassho à nouveau. A la fin de kin-hin, vous vous inclinez. Après l'Hannya Shingyo, vous faites les sampais.
    Nous répétons toujours zazen et raihai. C'est la vraie pratique religieuse. C'est l'essence et le fondement de la religion. Gassho et sampai sont rai hai.





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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par fonzie le Lun 4 Juil 2011 - 23:53

    Kaïkan a écrit:...
    La tête est la partie noble du corps, les pieds sont en dessous. Donc respecter les pieds d'autrui avec notre tête est la prosternation la plus élevée, a dit Nagarajuna dans le Daichi Ron, les Commentaires du Maka Hannya Haramita Sutra.
    (...)
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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Invité le Mar 5 Juil 2011 - 12:40



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    L'esprit religieux : Raihai (Commentaires de Taisen Deshimaru)

    Message par Kaïkan le Mar 5 Juil 2011 - 15:55



    L'esprit religieux : Raihai

    Dans le Bouddhisme, on ne doit pas pratiquer raihai dans un but. A part celui de pratiquer avec les autres. Dans les écoles du Bouddhisme, on récite des poèmes ou des sutras avant raihai. Shorai signifie faire raihai ou recevoir raihai. Il s'agit soit de la manière active, soit de la manière passive. Raihai englobe ces deux attitudes. Sho et la nature deviennent ku jaku, tranquilles, paisibles, en unité. Celui qui fait raihai et celui qui reçoit raihai sont en unité. Notre propre corps et celui des autres ne sont pas séparés, ils ne font qu'un. (Muni: non deux).

    Nous espérons que tous les êtres obtiennent gedatsu, le satori et la vraie sagesse, et qu'ils reviennent au monde de la réalité. A la fin du satori, au bout de la religion, l'essentiel est raihai. Sans raihai pas de religion. Aussi toutes les méthodes de raihai se sont-elles développées en Asie. Si vous comprenez les coutumes traditionnelles et pratiquez raihai, vous connaîtrez la véritable essence. Moi seul l'ai amenée en Europe. De telles cérémonies n'y avaient jamais eu lieu. Vous bénéficiez là d'une pratique historique. Sans raihai, il n'y a pas de véritable religion.
    Les Européens n'aiment pas beaucoup les rites. Mais zazen sans raihai est pareil au yoga ou à la gymnastique. Raihai est absolument nécessaire.
    C'est ce qu'écrit Dõgen dans le huitième chapitre du Shobogenzo. En vous prosternant devant lui, vous pouvez obtenir la moelle du Maître.
    Sans le respect envers le Maître, il n'y a pas de zen. Sans ce respect, les lieux de sesshins ne seraient que des  hôtels.

    Si on ne le respecte pas, le dojo n'est plus un lieu saint, mais un endroit un peu bizarre. Certains ignorent raihai. Lorsqu'on pratique raihai, l'esprit religieux apparaît.
    Je n'avais encore jamais parlé de raihai. Cela fait quinze ans que je suis en France. Pour les débutants, c'est un peu difficile. Mais ceux qui ont un esprit religieux comprennent. C'est la fin ultime de la religion. Gassho est le commencement et la fin de la religion. Si vous ne pouvez faire zazen, gassho suffit. Dans leur lit, comme s'ils étaient dans leur cercueil, les moines mettent leurs mains en gassho.

    Raihai est très important. Dõgen écrit longuement à ce sujet. Il dit en particulier que les femmes ont l'esprit plus respectueux, plus religieux.
    Bouddha dit qu'hommes et femmes sont identiques, il est au-delà des sexes.




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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

    Message par Ho le Mar 5 Juil 2011 - 17:02

    STP Kaïkan, j'ai du mal à repérer dans tes mises en pages les transcriptions de Dogen et tes commentaires, peux-tu bien différencier ou m'expliquer les repères . Merci. Smile


    Dernière édition par Ho le Jeu 25 Aoû 2011 - 14:36, édité 2 fois

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    Re: Le Maître dans le Zen (sôtô)

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